Hier 20 novembre 2006 comme chaque année le monde entier a célébré la journée de l’enfance.

Cette célébration décidée par les instances des Nations Unies bénéficie de l’écho médiatique mondial au même titre que la journée de la femme.

Pour ma part je pense que c’est un autre gadget inventé par les puissants pour endormir les faibles de la planète et aussi se donner bonne conscience. C’est ainsi que dans tous les pays on fait le bilan de ce qui a été fait en faveur des enfants et aussi de ce qui doit être fait.

En Afrique avec les taux de mortalité records que l’on connaît, les gouvernements de la plupart de ces pays ayant signé la charte des droits de l’enfant, se sont tous gargarisés de prétendues évolutions faites en direction de l’enfance pour certains et pour d’autres ils ont déployés de trésors d’imagination pour refuser la réalité des choses qui leur incombe en matière de responsabilité.                      

Le Tiers-Monde dans la mondialisation (LES CHIFFRES DE LA DETTE 2005)

source CADTM www.cadtm.org [Abréviations : M = millions, Mds = milliards]

1.1Population et richesse

Tiers-Monde

Ex-bloc soviétique

Pays riches

Monde

Population en 2003

80 %

6 %

14 %

6,3 Mds habitants

PIB en 2003

19 %

3 %

78 %

36 000 Mds $

PIB par habitant

1 410 $

2 950 $

31.000 $

5 800 $

Source cadtm 

                         

1.2 Les inégalités dans le monde

Part de la population la plus pauvre dont le revenu est égal à celui des 1 % les plus riches : 57 % 

Rapport entre le revenu des 5 % les plus riches et des 5 % les plus pauvres : 114

Nombre de personnes vivant avec moins de 2$ par jour : 2,8 milliards

Nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour : 1,2 milliard

(Population africaine en 2000 : 770 millions)

1990

2000

2015 (prév.)

nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour en Afrique

242 millions

300 millions

345 millions

Source cadtm 

C’est ainsi que le gouvernement du Niger a fait parler de lui en refusant de diffuser les chiffres du rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à propos de l’indice de développement et du traitement des enfants. Cette attitude anachronique appelle  à quelle analyse de notre part ?

Les lacunes du développement humain (Rapport PNUD 2003)

Nombre de personnes souffrant de la faim dans les PED : 799 millions.

Nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le primaire mais n’allant pas à l’école : 115 millions (sur un total de 680 millions), dont 3/5 sont des filles

Nombre d’adultes illettrés dans le monde : 876 millions, dont 2/3 sont des femmes

Nombre d’enfants morts chaque jour de maladies facilement curables : 30.000.

Nombre de femmes mourant chaque année de complications liées à une grossesse : 500.000

Nombre d’individus infectés par le virus du sida : 42 millions dont 70% en Afrique subsaharienne

Espérance de vie au Botswana : 65 ans en 2000 ; 31 ans en 2005

Espérance de vie au Zimbabwe : 53 ans en 2000 ; 27 ans en 2005

Nombre de décès annuels à cause du paludisme : 1 million, dont 900 000 en Afrique

Nombre de décès annuels à cause de la tuberculose : 2 millions

Nombre de décès annuels d’enfants de moins de 5 ans à cause du paludisme : 700.000.

Nombre de personnes n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés : 1,1 milliard

Nombre de personnes privées d’infrastructures sanitaires correctes : 2,4 milliards

Nombre de décès annuels à cause de diarrhées : 2,2 millions

Les riches sont de plus en plus riches

Nombre de milliardaires en dollars en 2005 : 793

Leur patrimoine cumulé : 2 600 milliards de dollars

En 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays les moins avancés, où vivent 650 millions d’individus 


Pour ma part je crois qu’elle est logique, car la quasi majorité des gouvernements africains ont fait le choix de soumettre leurs populations aux diktats du Fonds Monétaire International (FMI) et des autres institutions financières du grand capital qui se cachent sous le vocable de la communauté internationale.

Le gouvernement de Niamey s’est illustré en ce début de mois de novembre par le refus du débat sur  la pauvreté et ses causes internationales, en expulsant un militant du CADTM (Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers-Monde).

On ne comprend toujours pas pourquoi une ONG qui lutte pour l’effacement de la dette soit en désaccord avec un gouvernement africain.

Pour le comprendre , il faut remonter au début des années 1990, où certains pays du Tiers-Monde avaient menacé de ne plus payer leur dette, la grande majorité de ces pays étaient des pays de l’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Vénézuala, Bolivie ) et d’Asie (Indonésie et Inde en particulier). Cette menace était fondée sur le principe de légitimité des pouvoirs ayant contracté ces dettes. Car ce sont des dictatures militaires qui ont contracté toutes ces dettes qui mettent en esclavage les paysans et pauvres du Tiers-Monde.

A cette époque l’Amérique latine rentrait dans la démocratie, le harcèlement des guérillas militaires et les luttes des organisations syndicales commençait à avoir raison des dictatures militaires, par exemple l’Argentine, le Nicaragua, et le Panama qui avaient opté pour de véritables élections.

Et comme l’Afrique elle aussi entreprenait sa mutation vers la démocratie, les pays du Nord qui depuis lors avaient institué la dette en système de captivité et d’esclavagisme des populations du Sud, se sont inquiétés d’une situation au cas où à la suite des vraies élections, des gouvernements disposant de véritable légitimité pourraient à raison refuser de consacrer leurs efforts au service de la dette.

Nous étions dans la période des conférences nationales et de la libération du Grand Madiba Nelson Mandela en Afrique du Sud. Le Nigeria et le Ghana après des périodes de guerre optaient pour des élections comme de médiation pour conquérir le pouvoir central. Il était donc naturel qu’un débat s’ouvre sur la question du remboursement de la dette. Je crois que ce n’est pas ringard pour nous Africains de rouvrir ce débat qui fut à l’époque compte tenu des rapports de force clos à la faveur d’une acceptation servile pour le remboursement de la dette du Nord. Plusieurs analyses, publications des chiffres rapportent que le Sud a déjà payé sa dette plusieurs fois.

Les PED ont remboursé presque 10 fois ce qu’ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5.                        

Le transfert net sur la dette (différence entre prêts reçus et remboursements totaux) 

5.2.a Transfert net global 

Transfert net (en Mds $)

En 2004

1999-2004

Amérique latine

-34

-264

Afrique subsaharienne

-0,2

-21

Moyen-Orient et Afrique du Nord

-6

-42

Asie du Sud

-1

-30

Asie de l’Est

-3

-161

Ex-bloc soviétique

+25

+32

Total

-19

-486

Source cadtm 

A l’époque les élites africaines ont accepté de garantir le remboursement de la dette, ce fut le pacte de la soumission et depuis lors plus aucune voix ou parti politique ne s’élève pour soulever la question de la légitimité de ces dettes qui n’ont jamais bénéficié aux Africains.

Comme le montre ce tableau.

Comparaison de plusieurs montants entrants ou sortants des PED en 2004 

APD

+ 78 Mds $

Rapatriement des multinationales

- 104 Mds $

Envoi des migrants

+ 126 Mds $

Service de la dette

- 374 Mds $

Source cadtm

Il était donc normal que le gouvernement du Niger fasse diversion, en déclarant qu’il contestait les chiffres publiés par le PNUD, au moins il avait déjà rempli sa mission empêcher le peuple du Niger d’avoir accès aux éléments et faits qui pourraient les émanciper face aux mensonges de leurs gouvernants.

Deuxième enseignement que l’on peut tirer de ces actes que l’élite africaine et les partis dits d’opposition sont en fait d’accord pour perpétuer le système captif mis en place par ses institutions.

Je demande donc aux internautes d’aller sur le site de l’Ong CADTM www.cadtm.org afin de télécharger ce document de 8 pages qui doit les édifier  sur la spoliation et le pillage organisés de l’Afrique par la finance internationale.