A l’heure où les grandes entreprises françaises cotées à la bourse de paris dans le CAC 40, publient tour à tour leur résultas records pour l’année 2006, une vive polémique vient d’être soulevée à propos des bénéfices de Total.

La compagnie Total qui extrait l’essentiel de son pétrole dans le golfe de guinée se place en tête avec un bénéfice nette de 12,585 milliards d’Euros, loin devant ses poursuivants immédiats comme le groupe bancaire BNP Paribas avec une estimation de 7,381  milliards d’Euros, le groupe pharmaceutique et chimique Sanofi-Aventis 7,040 milliards d’Euros.

Il est à souligner que les bénéfices de la compagnie Total sont en augmentation de  près de 5%

Compte tenu  de la pression économique et le chômage, la pauvreté grandissante en France et dans des proportions énormes en Afrique, on devait s’attendre à ce que ce genre de bénéfice suscite une polémique en pleine campagne électorale et débat sur le dérèglement climatique.

Les candidats à l’élection ont été obligés de se positionner pour faire écho aux clameurs des consommateurs français qui pensent que ce bénéfice record s’est fait sur le dos du fait de l’augmentation du prix des carburants, en effet le super sans plomb a bondi de 20,1%, le fioul de 51,6% entre janvier 2004 et janvier 2007.

Le candidat José Bové serait le seul à introduire dans cette polémique une dimension internationale en relevant que ces bénéfices se  feraient sur la spoliation des Africains. Faisant du débat économique de redistribution franco-française un problème Nord-Sud d’équité et de démocratie.

C’est pourquoi il importe d’analyser cette polémique sur deux niveaux de compréhension, c’est-à-dire au niveau français et celui des relations internationales.

Au niveau français le débat serait plus culturel. Tout d’abord on voit resurgir le fantasme de l’élite française qui aurait un problème avec l’argent et l’entreprise. Ce sont les réminiscences de la religion catholique qui a toujours vu d’un mauvais l’argent.

Aux  Etats-Unis de tels bénéfices auraient été salué par l’ensemble de la presse et de l’élite politico-économique.

En France du fait de la culture, on supporte mal de tels bénéfices car l’idéologie de l’Etat providence persiste fortement chez l’élite et les politiques français.

Curieusement la population vote pour l’ultralibéralisme, donc moins d’Etat dans les affaires économiques et que la fonction redistributive des richesses serait remplie par le marché et la bourse et non par l’Etat. C’est pourquoi il est important de rappeler que la société Elf que Total avait avalé il y a quelques années avait été auparavant une société d’Etat, créée par le général De Gaulle pour assurer l’indépendance pétrolière de la France qui venait de perdre sa principale grande source  d’approvisionnement avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Il fallait trouver d’autres sources d’où le redéploiement de la France dans les pays du golfe de Guinée (Cameroun, Congo et Gabon).

Si cette société était restée publique , ces bénéfices auraient alimenté les caisses de l’Etat Français qui enregistre un déficit public record de près de 65 milliard d’Euros . Avec une progression de 5% par an de telles bénéfices en moins de 5 ans pouvaient rembourser la dette française . ( Trêve de réflexion , ce n’est qu’une supposition) les dirigeants de Total ont évidemment répliqué en évoquant des raisons  de compétitivité , soit-disant que total ne serait plus compétitifs ce que réfutent les partisans d’une taxation de 1 milliard d’euros pour financer des programmes prédestinés à déduire la dépendance pétrolière de France .

L’institut COE- Rexecode quant à lui en montrant que les « bénéfices proviennent pour plus des 50% de l’étranger »  et explique  que les entreprises française champions du CAC 40 s’empêchent à publier les résultats par pays avec leurs activités , car dans le cas pétrolier selon  Jean-Louis Schilansky de l’union française des industries pétrolières « l’extraction ne concerne que les pays producteurs » et d’expliquer dans l’article publié dans le quotidien gratuit métro du jeudi 15 février 2007 que la taxation des profits pétroliers entraînerait le départ de ses sociétés de la France .Ce qui démontre que Total bien qu’étant privé se comporte comme une société national s’impliquant dans la stratégie énergétique de la France , d’où les soutiens dont il bénéficie de la part de l’Etat français qui lui accorde des libertés d’action dans les pays où il extrait le pétrole .

Ce qui nous amène à examiner l’autre niveau , celui des pays pétroliers .Comme Total  ne publie pas les résultats de son activité par pays . On peut supposer que comme plus de 50% de ses profits proviennent de l’étranger et que cela concerne l’extraction , cela laisser donc penser pour Total qui à l’essentiel de sa production dans le Golfe de Guinée notamment les pays suivants Angola, Congo, Gabon ou comprend aisément pourquoi cette compagnie prête mains fortes et armes aux dictateurs de ces trois pays . Il y a lieu de s’interroger sur le double discours des occidentaux, de CHIRAC  notamment  qui avoue par le pillage de l’Afrique , à propos de ces bénéfices qui se font au détriment du sang des africains .

Pendant que Total qui détient plus de 65%de la production pétrolières d’un pays comme le Congo (à peu près dans les mêmes proportions au Gabon) ou a du mal à comprendre et admettre que les peuples de ces pays acceptent un tel Etat des choses , qui leur impose des dictateurs et les confirme de plus en plus à la misère.

Certains esprits se demandent même comment sont les Africains et n’hésitent pas à parler de malédiction.

Les profits de Total qui profiteront aux retraités américaines et trésors français ( par le biais de l’impôt , par le biais des fonds de pensions qui détiennent près de 40% des actions Total) , devraient inciter les élites et les vrais acteurs congolais à mettre en accusation Total et réclamer de cette compagnie beaucoup de respect et de dignité .

En effet comment ne pas s’indigner quand les congolais vivent dans la misère.      

70% des congolais vivent avec moins de 1 dollars soit 0 ,77 euros . Or il suffirait seulement que Total donne 150 millions d’euros par an soit (150x650) de F CFA pour que les enfants congolais puisent se soigner , aller à l’école et manger à leur faim. Vous remarquerez que 150 million d’euro ne représentent que 1% des bénéfices de Total .

La société civile congolaise à le devoir impérieuse   de réclamer une taxation de 1% des bénéfices de Total pour financer le social et l’économie pour les jeunes (filles et garçons ) les travailleurs congolais de cette société ont un devoir de solidarité avec leurs compatriotes .