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Le Pangolin blog animé par Mouélé Kibaya, écrivain essayiste, pour réagir sur l'actualité de l'Afrique et du Congo, en ce qui concerne les relations internationales, la culture, l'économie, la littérature, la philosophie, les sciences sociales etc....

20 septembre 2007

L'ethnie et/ou la tribu : question idéologique?

La question du tribalisme

Pour répondre au commentaire de notre ami Djess, j’ai jugé utile de partager ma réponse avec tous les internautes.

En ce qui concerne la question de l’ethnie et/ou du tribalisme en Afrique, je suis convaincu que les africains à force de nier l’évidence et de vouloir rester dans des schèmes et schémas de pensées coloniaux font fausse route et surtout occultent les mutations  successives que ces sociétés détruites par la déportation, l’esclavage, la colonisation, la post-colonisation et les dictatures subissent.

Ce n’est pas faire langue de bois de dire que les ethnies et/ou tribus telles définies par les ethnologues et administrateurs coloniaux n’existent plus.

Sans vouloir trop  balayer du revers de la main, le problème de l’ethnicisme (qui est une pratique politique bien idéologisée à ne pas confondre avec l’ethnie et/ou tribu), je demanderais à notre Djess et Koulama de me donner la proportion des Congolais qui appartiennent de façon 100% homogène à ce qu’ils définissent d’ethnie. A ce que je sache aujourd’hui plus de la moitié des Congolais sont issus des unions appelées dangereusement de façon barbare « mixtes » et en ce qui concerne les jeunes nés à partir des années 1985 cette proportion peut atteindre les 70%. La question qui se pose est : de quelles ethnies sont les enfants issus de ces unions (qui deviennent la norme même). Quelqu’un peut-il être capable de me dire de quelle ethnie et/ou tribu est-il un enfant issu d’une union entre un Punu et un Enyellé ? Entre un kongo et un mbochi ? Entre un Téké et un vili ? Entre Beembé et un Mbéti ? Entre un Luumbu et un Ndondo ?

Dans ces conditions comment peut-on toujours parler de l’ethnie et/ou tribu comme si nous étions encore dans les années 1950. Encore faut-il pour répondre à la question que l’on définisse de façon claire et précise les termes ethnies et/ou tribu.

Mon ami Jean-Jacques Bayonne Castador dans un mémoire d’université avait relevé plus de ix définitions toutes différentes et parfois contradictoires. Il avait conclu en fin de compte que ce terme ressortait plus de l’idéologie que des sciences sociales. Pour lui ce terme ne voulait rien dire sinon mettre en place en ce qui concerne les colonies et les post-colonies une idéologie de la négation de l’humanité chez l’Africain. Les penseurs et chercheurs occidentaux rechignent à parler d’ethnie lorsqu’il s’agit des Européens, ce fut le cas pour l’Ex République Fédérale Yougoslave, et actuellement le cas pour

la Belgique.

Pour revenir à l’idéologie, cette dernière devait servir à cristalliser les énergies et passions africaines vers les questions identitaires. C’est ce qui s’est passé au Rwanda, Burundi, Côte-d’Ivoire, Nigeria, les deux Congo et qui risque de se passer au Cameroun, Gabon, Sénégal, à cause tout simplement de la non prise en compte effective des préoccupations matérielles et spirituelles des populations diversement riches culturellement, cela par des oligarchies autochtones. Tant venant de l’opposition que des pouvoirs dictatoriaux.

C’est pourquoi pour ma part je crois que la pseudo question de l’ethnie et/ou tribalisme est un faux problème. La vraie question qui doit nous préoccuper est celle de savoir comment restituer et/ou restaurer les valeurs de la liberté, de l’autonomie de soi vis-à-vis de la collectivité, de la liberté et de l’idéal démocratique chez l’Africain (en l’occurrence le Congolais) de façon à susciter la tolérance, l’ouverture vers l’autre (en dépit des différences apparentes), le respect à tout prix de la vie, de voir en tout Etre vivant la sublimation de la vie et le besoin viscérale de prendre en compte l’expression de ces aspirations chez l’autre même si ce dernier crée l’altérité. Ce dont tout Etre Humain en a besoin.

En ce qui concerne le fédéralisme, ce dernier ne saurait être la réponse efficace au problème congolais, si il prend comme postulat l’ethnie et/ou la tribu. Le fédéralisme doit toujours correspondre à un idéal démocratique celui de la liberté qui implique Egalité, Citoyenneté et Justice.

Le fédéralisme est une forme avancée de la limitation du pouvoir absolu qui est l’essence même de la démocratie. On juge le degré de démocratie d’un pays à la qualité des moyens mis en œuvre pour limiter le pouvoir.

Posté par lepangolin à 11:26 - Ethnie, ethnicismes et république - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Identité du tribalisme: Ethnie et Nation

Pour répondre à Mouélé Kibaya,

Je respecte la fidélité à tes convictions concernant cette question épineuse, qui est l’ethnie ou la tribu, et qui me permet de vus répondre avec plaisir.

Je vais essayer de te répondre pas à pas, par rapport à de nombreuses questions qu tu as soulevées, concernant, effectivement, l’ethnie ou la tribu.

En effet, vous signalez entres autres, pour le cas de la Yougoslavie et de la Belgique, les occidentaux ont du mal à parler des ethnies. Bien, les occidentaux n’ont pas du mal à parler des ethnies, simplement, dans les cas de ces deux pays, pour être en phase avec l’histoire, il est opportun d’utiliser les mots les plus proches. Le mot utilisé pour cette espèce de cas, est le nationalisme, en dépit des mariages mixtes Wallons/Flamands ou Serbe/Bosniaque, pourquoi?

La Belgique par son histoire possède bien 2 régions, celle frontalière avec la Hollande (La Flandre) et celle frontalière avec le France (La Wallonie), il est vrai que dans ce cas, l’ethnie se confond avec la Nation Flandre ou Wallonne, d’où l’appellation la plus utilisée de nationaliste et non tribalisme dans la forme uniquement, mais dans le fond, c’est la même chose, car le tribalisme n’est qu’une forme de nationalisme.

L’Afrique possède une autre histoire, cette histoire, comme celle des européens vient de loin et à évoluer, avec son cortège de l’esclavage, de colonisation, et des indépendances. Comme je disais sur ma précédente réaction sur un autre article, mais du même sujet, chaque pays africain évolue à sa manière tant sur la question du tribalisme, que sur la question de la démocratie.

En Côte d’Ivoire, on parle par exemple des ethnies et des sous-ethnies, dans notre pays le Congo, la configuration est tout à fait différente, on ne peut pas parler des sous-ethnies, mais l’on peut considérer que certaines ethnies font partie de la même famille de langue, ce qui se remarque aussi par le vocable. Il est donc moins compréhensible de parler dans ce cas, en terme de nation ou de nationalisme, et le terme le plus approprié est l’ethnie ou l’ethnicisme . Par contre, il est compréhensible du point de vue de la compréhension, de parler en terme de Nation ou de Nationalisme, lorsqu’il s’agit, naturellement, de cet grand ensemble des ethnies de la même famille.

Pour finir avec ce point, j’ai voulu te présenter le vocabulaire le plus adapté du point de vue de la compréhension par rapport à la configuration des communautés, qui est la conséquence inéluctable des évolutions de l’histoire, de chaque communauté, mais dans le fond, j’insiste très fort la dessus, c’est exactement la même chose.

Quand à la question intéressante, dans quelle ethnie, faudra t-il classer les enfants issus de couple ethniques mixtes au Congo, au delà de tout, tu sembles justifier que l’ethnie c’est en 1950 et non à partir de 1985, suite aux mariages mixtes.

Bien, et c’est, évidemment la dessus, que cette question de l’ethnie devient complexe. Avant de continuer sur l’ethnie, je vais revenir sur la notion de la Nation. Une Nation peut être considérer comme Une sous Nation d’un vaste ensemble d’un Nation. De même une Nation peut être considérer une Région d’une vaste ensemble d’une Nation, De même l’Afrique centrale peut être considérer, comme une Région d’une partie de l’Afrique.

Autrement dit, comme dans Nation ou Ethnie (voir ci-dessus), dans le fond c’est la même chose, mais les différentes configurations rencontrées nous permettent d’utiliser telle ou telle mots qui nous paraît le plus juste à la compréhension des faits.

Revenons maintenant, sur l’ethnies des enfants issus des couples ethniques mixtes, je t’invite à explorer, avant tout la question, A qui appartient la Nation ? A qui appartient la région ? ces deux questions ne peuvent prendre leurs ressources, que sur les identités. Une identité peut être Nation, Région ou Ethnie, comme je l’ai déjà, expliqué, les différentes qualifications peuvent être adaptées selon les configurations, mais dans le fond une identité est une identité. Pour être, maintenant, clair et bref sur ce point présent, la nation, la région ou l’ethnie sont des identités réelles qui se construisent dans la conscience des personnes, c’est-à-dire, le sentiment conscient d’appartenance réelle et effective, dans une Nation, une Région, une Ethnie, encore rappel, selon les configurations rencontrées. La construction peut avoir d’origines diverses ou d’influence diverses, qui contribuent, solidairement, aux différentes évolutions, pour laquelle, je ne vais pas développer ici. Comme exemple : Les autochtones de Talangaï sont des laris, qui pour certains savent ou d’autres ne savent plus qu’ils ont des origines laris, et par conséquent, se déterminent comme M’Bochis, voilà leur vrai identité ou leur vrai ethnie et certains de ses autochtones ont eu des comportements tribalistes envers d’autres communautés, au nom de nous les M’Bochis, et je ne veux réveiller, ici, les plaies sur le tribalisme qui existe réellement.

Quand à l’exemple sur Rwanda, les différentes dernières études ont expliqué l’origine des violences ethniques au Rwanda, et pourtant il ne s’agit pas d’ethnie, mais que vient faire le mot ethnie ici. La langue des Tutsy (minoritaires et nilotiques) avait disparu au profit de la langue des Houtous (majoritaires et Bantous), par conséquent les 2 peuples parlent la même langue., Si à l’origine les Tutsy étaient Nilotiques, l’évolution de l’histoire des grands lacs a fait que être Tutsy c’est d’abord une caste d’éleveur (on y retrouve des populations des deux langues) et être Houtou était devenu une caste des cultivateurs, dont le Roi incarnait l’unité.

Voici le choc des structures sociales ayant provoqué la guerre froide, contenue par la dictature, mais explosée avec l’arrivée de la démocratie, Qu’est ce qui se passe (origine de la crise) ? Le Rwanda est un petit pays où le nombre d’habitant devenait de plus en plus important, ce qui avait occasionné un choc des structures entre les cultivateurs qui avaient besoin de plus en plus de terre cultivable et les éleveurs qui avaient besoin de plus en plus de terre pour faire paître les bêtes. Les ravages des champs par les bêtes seront l’origine de la méfiance entre les 2 communautés, raison, pour laquelle, les uns, vont immigrer à l’Est du Zaïre pour nourrir les animaux, et, pour d’autres de travailler la terre (parmi eux, les Baniamoulengués)

En d’autres termes, Mouélé kibaya, on peut, aussi, poser la question de l’identité, quelle est la vrai identité d’un cultivateur qui arrête de travailler la terre (Houtou) et devient éleveur (Tutsy) ? qui est une vielle tradition rwandaise, si ce n’est que le sentiment conscient d’appartenance réelle et effective d’appartenance à une communauté, dont les influences peuvent être multiples.

Pour terminer, l’appartenance à un ethnie est une identité, l’appartenance à une région ou une nation est aussi une identité. Ce ne sont pas les ethnies qui créent des identités, mais c’est l’homme qui se crée son identité, très souvent des influences diverses, à voir quelque part, dans l’histoire du pays, de sa famille, ou de ses relations etc… Les enfants des couples ethniques mixtes n’échappent pas à la construction des identités. (certains ont une identité, d’autres peuvent en avoir deux identités). Le même cas de phénomène au Congo se retrouve dans le Monde,

• Parmi lesquels, les enfants des couples mixtes Flamands et Wallons, alors que le problème entre les 2 communautés deviennent délicates.

• Parmi lesquels, les enfants des couples mixtes Serbes et Croate, cela n’a pas empêché la guerre entre les 2 communautés, jusqu'à faire la scission du pays.


Je n’ai pas eu le temps de me relire, si certaines expressions sont reliées entre elles, et ne facilite pas à la compréhension, si, aussi, j’ai oublié de répondre à certains points que tu as soulevés sur ton texte, un petit coucou sur mon mail, et j’essayerai d’être plus clair.


Appolinaire Noël KOULAMA
http://infopagecongo.oldiblog.com

Posté par Appolin. KOULAMA, 20 septembre 2007 à 13:48

Les africains sont passés maîtres dans l’art du tribalisme.

Quoi qu’on dise, la politique Africaine s’identifie au sermon prêchi-prêcha ethnique, dont les politiques sont des fervents prophètes, mais au-delà de la compréhension de cette tare sociale, le continent nègre n’en est pas le précurseur, car les européens s’y sont aussi illustrés.
La dernière en date, est le probable éclatement de la Belgique.
Qui avait dit que l’émotion était seulement nègre ?

Ravel Thombet.

Posté par Ravel Thombet, 26 septembre 2007 à 16:14

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