WASHINGTON, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Le développement de l’infrastructure est un pilier essentiel du développement et de la croissance économique à long terme de l’Afrique, et cet objectif sera atteint plus facilement par des actions régionales et continentales.

Telle a été l’idée dominante exprimée par divers spécialistes et experts qui ont participé à la Conférence de 2008 sur l’infrastructure africaine qui s’est tenue du 6 au 8 octobre à Washington sous le parrainage du Corporate Council on Africa.

Le vice-ministre américain des transports, M. Thomas Barrett, et un ancien général des Marines, M. Anthony Zinni, qui a travaillé dans plus de 70 pays du monde, se sont adressés à la conférence.

Si l’Afrique est un continent au fort potentiel, « libérer ce potentiel demeure une entreprise compliquée et qui implique de nombreux défis à relever », a dit M. Barrett.

« Afin d’exploiter le mieux possible les nombreuses possibilités qui s’offrent à elle, l’Afrique va devoir, je le dis franchement, se montrer beaucoup plus énergique. Il va falloir remédier à l’inefficacité et à l’insuffisance de l’infrastructure des transports si l’on veut que l’Afrique réalise son potentiel. » À cette fin, le ministère américain des transports ouvre, tant aux États-Unis qu’en Afrique, à la création de partenariats efficaces dans ce domaine.

Lors du récent Forum de l’AGOA sur les transports qui s’est tenu au Cap (Afrique du Sud), a ajouré M. Barrett, des représentants du gouvernement et des milieux d’affaires « ont renouvelé leur engagement envers la croissance » et se sont mis d’accord sur une série de principes d’aide au développement de réseaux intégrés de transports.

L’intégration des réseaux est en effet importante, a-t-il souligné, et il suffit pour s’en convaincre d’évoquer les insuffisances infrastructurelles au niveau des ports africains. En effet, il ne s’agit pas seulement d’amener les marchandises à quai. Il faut ensuite pouvoir les distribuer dans l’intérieur des pays, que ce soit par voie ferroviaire ou routière.

Il a ensuite félicité les gouvernements africains d’avoir pris conscience de l’importance du rôle que jouaient les transports dans le développement économique. « Prenez l’histoire des États-Unis. Depuis leur fondation, ils ne cessent de construire des canaux, des voies ferrées et des réseaux d’autoroutes. Nous pensons que ce genre d’activité est essentielle, et qu’elle constitue un précurseur de la croissance. »

Aux États-Unis, a-t-il affirmé, des partenariats entre les secteurs public et privé contribuent à étoffer l’infrastructure. M. Barrett s’est engagé à aider l’Afrique à adopter une approche semblable. Si les capitaux d’investissement manquent souvent dans le secteur public, c’est rarement le cas dans le secteur privé. Ce dernier peut donc servir à aider l’Afrique à améliorer ses réseaux de transports.

Le rôle du gouvernement, a-t-il précisé, consiste à créer les conditions du succès des investissements des partenaires du secteur privé. Les investisseurs souhaitent en effet des conditions fiables, notamment au niveau du respect des contrats et du respect de la règle de droit.

Il est également avantageux d’envisager une approche régionale et des alliances afin de minimiser les coûts et de maximiser les avantages et la sécurité.

M. Zinni a pour sa part identifié quatre facteurs clés du développement de l’infrastructure africaine :

1) Une réelle conception stratégique fondée sur une base régionale afin de créer des couloirs commerciaux qui non seulement permettront de transporter des marchandises, mais aussi de fournir les petites entreprises et de stimuler la croissance économique tout le long du réseau. « Il est important de mobiliser les organisations sous-régionales afin de régler le problème de l’infrastructure des transports. »

2) Renforcer les compétences locales afin de développer les capacités. « La capacité de planifier, de former, d’éduquer et de déployer » une main-d’ouvre locale est essentielle. Les populations locales doivent être impliquées dans ces projets.

3) Rassembler les ressources et encourager les investisseurs à construire en visant le long terme, de façon que les réseaux de transports profitent à la fois aux investisseurs et à la population locale.

4) Créer un climat favorable aux investisseurs, notamment par une gestion efficace des affaires publiques, la sécurité et la coopération régionale. À ce niveau, tout le monde a un rôle à jouer, des gouvernements africains aux investisseurs en passant par les donateurs, pour s’assurer que les projets envisagés sont justifiés, que les risques sont acceptables et que les réseaux de transports sont durables.

SOURCE : US Department of State