Comment le Parquet de Paris tente de sauver Bongo
République bananière : Chronique des "affaires" en cours, par Olivier Toscer du Nouvel obs
17 mars 2009
Une plainte en souffrance
La plainte pour recel de détournement de fonds publics déposée contre trois chefs d’Etats africains dont le gabonais Omar Bongo va-t-elle être jugée recevable par la justice française ?
La décision, qui appartient à la doyenne des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, Françoise Desset, devait intervenir au départ fin février.
Elle n’a pourtant toujours pas été prise.
Un retard du au Parquet de Paris.
Le Ministère public ne veut pas que cette plainte, qui risque de porter un rude coup à la Françafrique, prospère.
Les plaignants, à savoir l’ONG anti corruption Transparence Internationale France et un citoyen gabonais Gregory Ngbwa Mintsa, cherchent en effet à faire poursuivre des clans au pouvoir en Afrique qui se seraient constitués, sur fonds publics, des patrimoines immobiliers importants dans l’Hexagone.
Ils s’appuient sur une enquête effectuée en 2007 par l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) qui a mis à jours des dizaines d’hôtels particuliers et d’appartements de prestige à Paris et sur la Côte d’Azur au nom des familles Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo) ou Obiang (Guinée Equatoriale), comme l’Obs l’a détaillé en février dernier.
Bataille juridique
Une dizaine de jours après le dépôt de plainte, en décembre dernier, le procureur adjoint de Paris, Jean-Paul Aldebert avait donc envoyé à la doyenne des juges d’instruction, des premières réquisitions tendant à s’opposer à l’ouverture d’une enquête. Sans toutefois prendre la peine d'argumenter solidement sa position.
Les plaignants ont, eux, contre-attaqué en transmettant à la magistrate des analyses inverses émanant de deux éminents professeurs de droit.
Soulagement diplomatique
Ces avis juridiques inquiètent le Parquet, qui a demandé un nouveau délai pour charpenter plus solidement son argumentation pour un classement sans suite et sauver ainsi le soldat Bongo des affres de la justice française.
La décision de la doyenne des juges d’instruction a donc été repoussée sine die.
Sur un plan diplomatique, ce nouveau délai arrange les pouvoirs publics.
Le sort de la plainte ne sera en effet sans doute pas fixé quand Nicolas Sarkozy rendra visite à Denis Sassou Nguesso, au Congo, à la fin du mois.
17:34 Publié dans Affaires politico-financières | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : bongo, sassou, parquet, françafrique, plainte bma, ocrgdf
Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
BAMAKO, Mali, 6 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Nous apprenons avec surprise et consternation l’incarcération à la prison centrale de Bamako de notre camarade Nouhoum Keita. Il a été interpellé après avoir dénoncé sur l’antenne d’une radio l’existence d’un passeport falsifié à son nom et sa décision de porter plainte contre X. De victime il se retrouve ainsi coupable (lire ci-dessous un petit résumé).
SOURCE : Attac France-CADTM France-Survie
Journaliste à la radio associative Radio Kayira, membre de la Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD Mali), militant infatigable pour les droits et la justice sociale, Nouhoum Keita est bien connu de nombre de nos associations (notamment de la plate-forme Dette & Développement qui regroupe 27 associations et syndicats français) avec lesquelles il a participé aux forums sociaux, aux manifestations contre les privatisations des services publics, pour l’annulation de la dette, contre les nouveaux accords économiques et commerciaux…
Cette arrestation se situe dans un contexte général de pressions et d’intimidations contre les
mouvement sociaux au Mali. Et ce au moment même où la population malienne subit de plein fouet les conséquences des orientations libérales de son gouvernement (privatisation du chemin de fer, de la filière coton, expropriation des paysans de l’Office du Niger…).
La mobilisation sociale s’organise au Mali pour exiger sa libération avec le soutien de l’Union des journalistes du Mali. Un sitting a eu lieu hier devant le siège de la radio, une marche de protestation est prévue la semaine prochaine. Nous nous associons à ce mouvement et, avec lui, exigeons la libération immédiate et sans condition de Nouhoum Keita et l’éclaircissement rapide de cette affaire.
Santé maternelle et néonatale dans le monde :
la mort à court terme pour seul horizon
L’UNICEF publie son rapport annuel sur la santé maternelle et néonatale. Une édition 2009 axée sur La situation des enfants dans le monde. Celle-ci apparaît dramatique, puisque l’an dernier 4 millions d’enfants sont morts dans les 28 jours suivant leur naissance. Quant à la mortalité maternelle, elle a été de 400 décès pour 100 000 naissances. Pratiquement autant que les années précédentes…
Prise en charge de la femme durant la grossesse, amélioration des conditions d’accouchement, suivi médical du nourrisson… Le rapport de l’UNICEF fait le point sur les mesures pratiques à mettre en œuvre pour réduire l’hécatombe chez les plus pauvres. Notamment en Afrique et en Asie.
La situation n’est pas acceptable dénonce Marie-Claire Mutanda, responsable de la santé maternelle et néonatale d’UNICEF-Niger. Les femmes sont une force de développement pour un pays. Nous devons leur donner accès à l’éducation et aux prises de décision.
En effet, le manque d’éducation joue un rôle majeur dans cette mortalité très élevée. Le poids des traditions aussi. Il est impératif de créer un environnement social favorable insiste l’UNICEF. Ce dernier passe par la prévention des mariages précoces, l’abandon de l’excision, la lutte contre la violence et les mauvais traitements. Des mesures qui malheureusement sont connues depuis bien longtemps, mais peinent à devenir effectives sur le terrain…
Sierra Leone : des anciens rebelles reconnuscoupables
Trois anciens dirigeants du groupe rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF) ont été reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis durant les 10 années de guerre civile

FREETOWN, Sierra Leone, 27 février 2009/African Press Organization (APO)/ — Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 26 février 2009
Hier à Freetown, trois anciens dirigeants du groupe rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF) ont été reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis durant les 10 années de guerre civile en Sierra Leone.
L’ancien chef intérimaire du RUF, Issa Hassan Sesay, et le Commandant du RUF, Morris Kallon, ont chacun été reconnus coupables de 16 chefs d’accusation sur un total de 18. L’ancien chef de la sécurité du RUF, Augustine Gbao, a été reconnu coupable de 14 chefs d’accusation.
Tous les trois ont été reconnus coupables de mariages forcés, et pour la première fois dans l’histoire, ils ont été condamnés pour des crimes de guerre liés aux attaques contre des soldats de la paix. Issa Hassan Sesay et Morris Kallon ont également été reconnus coupables d’utilisation d’enfants soldats. Leur peine sera prononcée dans les semaines à venir.
SOURCE : United Nations - Office of the Spokesperson of the Secretary-General






