le pangolin

Le Pangolin blog animé par Mouélé Kibaya, écrivain essayiste, pour réagir sur l'actualité de l'Afrique et du Congo, en ce qui concerne les relations internationales, la culture, l'économie, la littérature, la philosophie, les sciences sociales etc....

20 octobre 2008

Présidentielle américaine :Barack Obama reçoit le soutien de Colin Powell

Au moment où sa campagne annonce avoir récolté la somme record de 150 millions de dollars en septembre et à 16 jours de l’élection présidentielle américaine, Barack Obama reçoit le soutien de poids de Colin Powell.

Barack Obama reçoit le soutien de Colin Powell

Ces deux événements semblaient de nature à stimuler les démocrates dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle alors que les sondages accordent en moyenne 5 points d’avance à M. Obama au niveau national.

L’ancien chef d’état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe, a loué sur la chaîne NBC le "caractère réformateur" du candidat démocrate et sa campagne "fédératrice".

Une présidence Obama "provoquerait l’enthousiasme du pays et du monde", a assuré le général à la retraite. "Obama a démontré de la fermeté. Il a démontré de la vigueur intellectuelle. Il a une façon de gérer ses affaires qui nous sera profitable", a-t-il estimé.

Un soutien qui tombe a pic

Son soutien tombe à pic pour M. Obama alors que l’équipe de campagne du candidat républicain l’accuse de se situer à l’extrême gauche de l’échiquier politique américain et met en doute sa capacité à rassembler les Américains au-delà de son camp. "J’ai toujours admiré et respecté le général Powell. Nous sommes amis de longue date. Ce n’est pas une surprise", a réagi avec dépit M. McCain.

Au cours du même entretien, M. McCain a publiquement évoqué la possibilité d’une défaite. "Je ne m’apesantis pas la-dessus. Mais, j’ai eu une vie merveilleuse. Je peux retourner vivre en Arizona, et représenter (mes administrés) au Sénat", a-t-il dit.

M. Powell est le premier poids lourd de l’administration Bush à apporter son soutien officiel au candidat démocrate. L’équipe de campagne de M. Obama a fait savoir que le sénateur de l’Illinois avait appelé M. Powell pour le remercier de son appui. "M. Obama est impatient de recevoir ses conseils au cours des deux prochaines semaines et, si possible, au cours des quatre prochaines années", a dit Robert Gibbs, directeur de la communication du candidat démocrate.

Un Homme très respecté aux USA

Secrétaire d’Etat durant le premier mandat de George W. Bush (2001-2005), avocat de la guerre en Irak à l’ONU avant de dénoncer les "mensonges" qui ont entraîné les Etats-Unis dans cette guerre, M. Powell n’a cessé de prendre ses distances avec l’administration républicaine tout en refusant de rompre les ponts avec sa famille politique.

M. Powell était républicain et demeure républicain. Il est ami avec John McCain et garde des liens avec de nombreuses personnalités de l’époque où George Bush père était président, notamment le ministre de la Défense d’alors et actuel vice-président Dick Cheney.

Au cours de sa longue carrière, M. Powell, 71 ans, a été conseiller pour la sécurité nationale de Ronald Reagan. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, il a été chef d’état-major interarmée de 1989 à 1993 et s’est illustré notamment durant l’opération "Tempête du désert" après l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein en 1991. En 1996, il avait brièvement envisagé d’être candidat à la Maison Blanche contre le démocrate Bill Clinton.

150 millions de dollars en septembre

Juste avant l’intervention de M. Powell, l’équipe de campagne de M. Obama a annoncé que le sénateur avait engrangé 150 millions de dollars en septembre. Jamais M. Obama n’avait récolté autant d’argent en un seul mois. Depuis le lancement de sa campagne, M. Obama a récolté 605 millions de dollars.

Cet afflux d’argent devrait permettre à M. Obama de mener une campagne agressive dans plusieurs Etats clefs notamment dans plusieurs Etats considérés comme des fiefs républicains comme la Virginie et la Caroline du Nord.

M. McCain a accepté de recevoir de l’argent public et est soumis à un plafond de dépense de 84 millions de dollars d’ici le 4 novembre. Il peut néanmoins compter sur l’aide du parti républicain qui a engrangé 66 millions de dollars en septembre.

source :L'internationalmagazine.com, publié le 20/10/2008

Posté par lepangolin à 12:37 - Diaspora - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


24 avril 2008

Aimé Césaire : La dignité Nègre en mouvement

 

25 juin 1913 - 17 avril 2008, Aimé Césaire, l’un des piliers de la littérature négro-africaine n’est plus. Condisciple de Léopold Sédar Senghor et de Léon-Gontran Damas, il peut être considéré comme l’un des précurseurs de la Négritude. Ecrivain célèbre, il nous laisse un héritage qui nous pousse à réfléchir sur le devenir de l’homme nègre ainsi que sa place dans l’histoire culturelle et politique au moment où les Noirs ont décidé de réviser l’historiographie de leur continent longtemps réalisée par les africanistes européens avec quelques maladresses qui souvent dépassent l’entendement africain.

Après avoir découvert les lettres en Martinique au lycée de Fort de France et à Louis-le-Grand à Paris, il fonde avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas en 1939 "L’Etudiant noir" qui se présente comme une suite logique d’une autre revue de l’époque intitulée "Légitime défense". A la même année apparaît son "Cahier d’un retour au pays natal" comme pour annoncer son retour au bercail dans une langue volcanique et pleine d’agressivité et qui va s’approfondir avec une colère légitime dans "Discours sur le colonialisme". Le texte met en relief l’itinéraire du poète nègre devant son destin de colonisé dont la thématique sera le nerf directeur de l’emblématique "Discours sur le colonialisme". Dans ce cri de douleur, il ne se voit pas fils de certains royaumes africains comme le Dahomey et le Ghana. Il se veut enfant de ce pays calme et merveilleux qui était l’Afrique : "Non, nous n’avons jamais été amazones du roi du Dahomey, ni princes de Ghana (…) ni docteurs de Tombouctou (…). Nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux (…) et ce pays l’Afrique était calme, disant que l’esprit de Dieu était dans ses actes". Et Jacques Chevrier de faire la remarque suivante sur l’auteur en relation avec son œuvre : "A la différence de l’Africain également victime de la colonisation occidentale, mais dont la culture submergée n’a jamais totalement cessé d’exister, l’Antillais a été coupé de ses racines et sonné d’adhérer à la politique pratiquée par le maître blanc qui prétendait pouvoir l’assimiler dans le temps même il refusait l’égalité la plus élémentaire. Aussi privé de contre de gravité puisque voulant être Nègre, il constate qu’il est Blanc. L’Antillais fait-il figure de bâtard de l’Europe et de l’Afrique partagé entre le père qui le renie et cette mère qu’il a reniée".

Une œuvre engagée et engageante

Déjà dans ses textes qui apparaissent comme un mélange de l’expression personnelle du poète avec le déchirement de la symbiose de plusieurs cultures, s’élabore une poétique de la Négritude sur fond d’une revendication de l’identité noire. Et dans ces textes revendicatifs, se dégage un surréalisme qui empêche le message de s’ouvrir sans difficulté comme les poètes classiques. Ce qui a poussé certains critiques à dire que les textes de Césaire sont hermétiques et difficiles à "soutenir". Mais il faut plutôt voir dans ce langage fermé du poète sa capacité de jouer avec les mots dans l’univers des images qui rappellent le monde noir : "Sang Sang ! tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil / ceux qui savent la féminité de la lune au corps d’huile / l’exaltation réconciliée de l’antilope et de l’étoile / ceux dont la survie chemine en la germination de l’herbe". Aussi dans un poème dédié à Césaire, le Congolais Théophile Obenga remarque à juste titre que "les mots sont les leurs / mais le chant est nôtre". La révolte poétique de Césaire définit le futur homme politique de la Martinique. Elu député de Fort-de-France, il se fait, d’après Henri Lemaître, "porte-parole de la revendication d’indépendance avec un extrémisme qui trouve son expression la plus complète dans "Discours sur le colonialisme". Ses idées politiques le poussent à frapper à la porte du parti communiste auquel il adhère. Dans l’effervescence des idées de la Négritude et du Communisme qui se télescopent, il se sépare du parti communiste en justifiant sa décision dans sa "Lettre à Maurice Torez". Ayant compris que le langage poétique n’est pas accessible à la masse populaire, il embrasse le théâtre pour divulguer ses idées de "libéralisation et d’indépendance" du peuple noir.

En 1961, il écrit "La Tragédie du roi Christophe" inspirée par l’aventure historique d’un roi noir d’Haïti. Cinq après, il récidive dans la relation politique/théâtre avec "Une saison au Congo" qui se présente comme l’une des grandes fresques de l’histoire post-coloniale de l’Afrique. La trame de la pièce se situe en République démocratique du Congo, une année après son indépendance, et met en relief la disparition tragique de Patrice Emery Lumumba. On peut dire, qu’après analyse de sa dramaturgie, Césaire révèle une multitude de thèmes telle la révolte sur fond de cri de douleur qui fait penser à la revendication de la Négritude pour la libération du peuple noir. Une œuvre fournie, souvent "gardée dans l’ombre" à cause de sa violence et son agressivité fondée sur une colère légitime vis-à-vis du pouvoir (néo)colonial qu’elle a traversé. En poésie on peut citer "Cahier d’un retour au pays natal" (1939), "Les Armes miraculeuses" (1946), "Soleil cou coupé" (1950), "Ferrements" (1960), "Cadastre" (1961), "Moi, laminaire" (1982). Son théâtre se définit par quatre pièces : "Et les chiens se taisaient" (1956), "La Tragédie du roi Christophe" (1963), "Une Saison au Congo" (1967), "Une Tempête" (1969). Il a aussi élucidé sa pensée politique avec "Discours sur le colonialisme", (1956), "Lettre à Maurice Thorez" (1956), lettre dans laquelle il explique sa rupture avec le Parti communiste avant de fonder le Parti progressiste martiniquais en adoptant le programme aux besoins de ses militants, "Toussaint Louverture : la Révolution française et le problème colonial" (1960). On peut remarquer que son œuvre couvre la période (néo)coloniale, d’où son "rejet" de la part des Eurocentristes malgré sa richesse esthétique et la véracité de ses idées. Des textes qui anticipent la décolonisation de l’Afrique par la puissance de leur dimension politique. En 1981, il pense trouver l’acceptation de ses idées quand la gauche revient au pouvoir en France avec François Mitterrand. Peine perdue ! Il n’aura pas gain de cause, d’où son dernier recueil de poésie "Moi, laminaire" publié en 1982. Comme le souligne Henri Lemaître ; "Césaire apparaît non seulement comme un de grands porte-parole de la Négritude, mais aussi et peut-être surtout comme l’un de ceux qui ont su situer l’expression de l’âme noire dans des perspectives non point particularistes, mais largement humanistes".

Un héritage à fructifier

Jusqu’à la fin de sa vie, Aimé Césaire n’a pas trahi son esprit combatif pour la liberté et le respect du peuple noir. Fidèle à ses idées avant-gardistes, il a eu même à s’opposer à l’aspect positif de la colonisation que voulait "faire valoir" la France et la conception migratoire du président Nicolas Sarkozy dont la maîtrise de l’historiographie du peuple noir laisse malheureusement à désirer.
Après la disparition de tous les précurseurs de la Négritude, se ferme une page qui n’a pas séduit beaucoup d’écrivains négro-africains du XXè siècle. De la Négritude, sommes-nous peut-être passés à la Tigritude du Nobel Wolé Soyinka quand on remarque les contre-vérités ainsi que la falsification de certaines pages de l’histoire des peuples noirs par des africanistes eurocentristes. Longtemps allergiques à l’œuvre de Césaire car agressive et attaquant l’immoralité du Blanc vis-à-vis du Noir, certains Eurocentristes se dévoilent maintenant tolérants et conciliants alors qu’ils n’osaient accepter, il y a quelques années, les vérités du "Discours sur le colonialisme". Les Noirs doivent garder en eux un point positif de la Négritude, même si elle fut décriée par certains intellectuels, celui d’avoir lancé le débat sur la véritable indépendance de l’homme noir. Et Aimé Césaire est de ceux qui ont participé au mouvement malgré la connaissance on ne peut aléatoire qu’il avait sur la terre de ses ancêtres, comme il l’affirmait à Lilyan Kesteloot : "Ma connaissance de l’Afrique était livresque ; j’étais tributaire de ce qu’écrivaient les Blancs ; (…) la littérature[ sur l’Afrique] n’était pas fort abondante, et même quand elle existait, elle était certainement partiale" (Cf. Lilyan Kesteloot, Bernard Kotchy, "Aimé Césaire, l’homme et l’œuvre", Présence africaine, 1993).

Pour conclure

Aimé Césaire est un chantre de la "dignité nègre" que l’élite intellectuelle et politique du continent doit immortaliser en récrivant notre histoire longtemps déformée et falsifiée à des fins impérialistes ; et cela pour décourager les Africains dans la prise de conscience d’une partie de la responsabilité du Blanc dans leurs souffrances actuelles à travers la traite négrière qui écuma une grande partie du continent. Aimé Césaire, un alchimiste de la langue française qui devrait rappeler les tenants de la Francophonie que l’agressivité et la colère qui se traduisent en langue française du côté des Noirs n’est autre qu’une façon d’assumer leur identité longtemps malmenée et falsifiée par le (néo)colonialisme. Aussi "Cahier d’un retour au pays natal" et "Discours sur le colonialisme" peuvent être considérés comme deux armes miraculeuses qui doivent être des livres de chevet pour la jeunesse africain qui se cherchent encore. Une jeunesse qui doit les brandir comme des boucliers et des lances au moment où l’on constate l’émergence de certains réflexes néocoloniaux du côté de certains Blancs. "Anti raciste, anticolonial, altermondialiste avant l’heure, Aimé Césaire est le témoin téméraire du XXIè siècle" constate agréablement Yves Ekoué Amaïzo dans son éditorial sur www.afrology.com. Aujourd’hui la Négritude césairienne est un héritage qui n’appartient plus à la seule Martinique mais à tous les Nègres quel que soit le lieu où ils se trouvent en se confrontant paradoxalement à l’inhumanisme de la mondialisation prônée par les Eurocentristes. Aimé Césaire, un prototype de la dignité humaine qui doit servir d’exemple à la nouvelle classe politique africaine qui lutte contre la "désinvolture" eurocentriste.

Noël KODIA

Posté par lepangolin à 12:29 - Diaspora - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2008

Aime Cesaire : Deuil de trois jours au Benin

Bénin – Césaire - Décès

APA - Cotonou (Bénin) Le gouvernement béninois a décrété un deuil national de trois jours à compter du vendredi 18 avril pour rendre un hommage au poète martiniquais, Aimé Césaire, décédé jeudi matin à l'âge de 94 ans , a appris APA de source officielle.

Selon un communiqué du conseil extraordinaire publié jeudi soir à Cotonou, le peuple béninois à travers son gouvernement exprime sa grande compassion à la famille de l'illustre disparue et à tout le peuple Martiniquais.

"Durant les trois jours de deuil, tout le peuple béninois s'incline devant la mémoire du grand poète Aimé Césaire", indique la même source

Né le 26 juin 1913, à Basse Pointe en Martinique, Aimé Césaire a commencé par écrire en 1936 et s'est rendu célèbre avec des œuvres littéraires majeures comme, Cahier d'un retour au pays natal (Poésie 1939),

La Tragédie

du roi Christophe (théâtre 1963), publiés chez Présence Africaine.

Il s'est engagé en politique dans les rangs du Parti communiste français qu'il quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM).

En 1945 il devient maire de Fort-de-France et député de

la Martinique.

Son Discours sur le colonialisme (1950) va montrer sous la forme du pamphlet toute son hostilité au colonialisme européen.

La politique, la poésie mais aussi le théâtre. Césaire est, également, dramaturge. Sa pensée se trouve au carrefour de trois influences: la philosophie des Lumières, le panafricanisme et le marxisme.

MT/of/APA 17-04-2008

Posté par lepangolin à 09:41 - Diaspora - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2007

Afrique francophone :la question des diplômes et la fuite des cerveaux

Voici un dossier intéressant publié par le site www.telemacongo.com , je vous demande pour ceux qui cela interesse d'aller poursuivre la lecture des autres article concernant cette problématique. Ils sont tous bien faits.Merci et bonne lecture.

Pour mieux saisir les enjeux de la fuite des cerveaux en Afrique francophone, il est utile de s’intéresser à la question des diplômes. Cette question peut être abordée à travers l’harmonisation internationale selon les règles établies par l’UNESCO. Le problème de fond est celui des ressources humaines suffisamment formées qui sont nécessaires pour le développement des pays africains dans le contexte actuel de la mondialisation.

L’harmonisation des diplômes.

Le système d’harmonisation des diplômes de l’enseignement supérieur tel que nous le connaissons aujourd’hui a été élaboré à la suite de la seconde guerre mondiale, plus précisément au cours de l’année 1949. Ce système de reconnaissance et d’équivalence intervient dans le cadre des accords intergouvernementaux et est régi par un ensemble de conventions qui sont devenues officielles à partir de 1953. Ces conventions ont pour objectif de créer un cadre légal pour la reconnaissance des diplômes délivrés au sein des Etats membres, de permettre et de gérer la mobilité des étudiants étrangers dans l’espace international de formation. A partir des années soixante dix, l’UNESCO a pris des initiatives au sujet de l’harmonisation des différents systèmes de formation internationale afin de permettre à l’ensemble de ces universités de se relier entre elles à travers leur mise en réseau. C’est ainsi qu’ont été élaborées des conventions régionales pour la reconnaissance des études et des titres de l’enseignement supérieur qui sont devenues effectives pour les Caraïbes à partir de 1974, en 1978 pour les Etats Arabes, l’Europe en 1979, l’Afrique à partir de l’année 1981, L’Asie et le Pacifique au cours de l’année 1983. Toutefois, certains Etats, comme ceux de l’espace européen semblent jouir de privilèges par rapport aux autres pays . Par exemple, c’est le cas des universités européennes où il existe un accord commun qui favorise la mobilité et la reconnaissance des titres universitaires des chercheurs européens. D’ailleurs, ce cadre se matérialise à travers la validation institutionnelle des projets de recherches qui sont gérés par le dispositif que l’on nomme ERASMUS.

Somme toute, depuis quelques années, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) développe des projets bilatéraux avec les pays africains. Ces projets permettent aux étudiants et aux chercheurs Africains de s’inscrire dans des projets de mobilité.
C’est par rapport à cette mobilité garantie par certaines institutions que l’on peut mieux mesurer l’importance de ce qu’on appelle la fuite des cerveaux, quand on sait que celle-ci renvoie aux choix individuels de certains cadres, c’est-à-dire de certaines compétences.

La fuite des cerveaux ou l’exode des compétences.

En Afrique francophone, le problème de la fuite de ces cerveaux concerne différents secteurs de la formation supérieure où l’on assiste à une perte massive des ressources humaines. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) estime qu’entre 1960 et 1975, ce phénomène a concerné sur 27 000 personnes. De 1975 à 1984, ce chiffre a atteint 40 000. Depuis 1990, ce sont au moins 20 000 personnes qualifiées qui quittent le continent chaque année.

Au-delà des projets de mobilité interuniversitaire qui permet aux étudiants et aux chercheurs d’améliorer leurs outils de travail en même temps qu’ils s’inscrivent dans une dynamique de recherche et d’échanges pluridisciplinaires et interculturelles, la question du maintien des ressources humaines demeure pour l’Afrique un problème crucial, car comment penser le développement et l’exploitation des richesses du continent si celui-ci n’arrive pas à mettre sur pied une politique efficace pour garder ses meilleurs cadres ?

D’autant que les Etats africains consacrent des sommes colossales à l’enseignement supérieur. Sans une réflexion sur les filières à promouvoir et la capacité d’accueil de chaque pays du continent, on continuera sans doute à assister au gaspillage et à la fuite des cerveaux africains qui ne feront que renforcer l’écart entre pays riches et pays pauvres. Dans un rapport publié par Alain Coulon et Saeed Paivandi intitulé : « Les étudiants étrangers en France : L’état des savoirs », et précisément au sujet de l’exode des compétences, il apparait que cette dernière question est l’une des plus importantes entre la France et les pays africains. Selon le résultat de l’OCDE pour l’année 2003 toujours dans ce rapport, environ 400000 spécialistes des pays du Sud rejoignent chaque année les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon.

De ce point de vue, cette question devrait être prise en compte dans le débat actuel en France, en vue de l’élection présidentielle. On ne devrait pas en effet oublier que le thème de « l’immigration choisie » véhiculé récemment en France exprime la volonté de certaines forces politiques françaises de disposer des compétences africaines au mépris des besoins de développement du continent Noir.

Il est évident que le problème de l’exode des compétences est un problème politique et, qui ne peut trouver de solutions qu’à travers de nouveaux choix et de nouvelles pratiques de gouvernance dans les pays africains. Et c’est dans ce sens qu’une nouvelle coopération entre les pays africains et les pays industrialisés favorable à la mobilité internationale des compétences pourra être mise en œuvre sans favoriser un exode de compétences qui soit bénéfique qu’aux seuls pays du Nord. En ce sens, le dispositif de projet de formation, « Transfert of Knowledge Through Expatrial National », (Transfert de Connaissance par l’intermédiaire des Nationaux Expatriés) mis en œuvre au Mali en 1996 a permis le développement d’une coopération internationale pertinente. Afin d’éviter des pratiques dont relève le discours sur « l’immigration choisie. » et sur « la fuite des cerveaux » unilatéral, on peut prévoir la création commune de réseaux de mobilité.

Fanela Célestin   Sur www.telemacongo.com

Posté par lepangolin à 15:29 - Diaspora - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2007

Immigration africaine en Allemagne

Bonjour, comme à mon habitude, je viens vous donner à lire une série d'articles publiés par le média par internet "la gazette de berlin". Bimensuel intéressant qui parle de la vie des Africains vivant en Allemagne. Ce journal est édité en français.

Cette série d'articles nous permets de comparer la vie dans différents pays d'Europe et d'Amérique du Nord.

Vous souhaitant bonne lecture, je vous adresse mes remerciements, car vous etes de plus en plus nombreux à venir visiter mon blog.

L'Afrique à l'allemande...

    

Tout au bout de la ligne 588, après les deux petites écoles, encore derrière le point d'eau, se trouve le foyer de demandeurs d’asile de Belzig. Dans cette campagne fleurie du Brandebourg, 200 personnes de 63 nationalités attendent dans des bungalows blancs la régularisation de leur situation. Soixante d’entre elles arrivent d’Afrique : l'Asylantenheim est souvent une station obligée pour rejoindre

[Plus...]


« En Allemagne, l'immigration africaine reste très dispersée »

    Prof. Dr. Schlee dirige le département « Intégration et conflits » au sein de la chaire de recherche en anthropologie sociale de l’institut Max Planck à Halle.     1/ De quelles populations est composée l’immigration africaine en Allemagne ?   Il est très difficile de connaître réellement le profil des immigrés africains en Allemagne. D’abord parce qu’il s’agit d’un

[Plus...]


L'Afrique de part et d'autres du mur…

    Lere Shakunle ouvre sa porte chaleureusement. Dans le grand appartement où il vit avec sa femme Anja et ses quatre enfants, ce journaliste mathématicien nous accueille dans son antre. Sur les étagères, sur le bureau, par terre sont empilés des dizaines de dossiers, soigneusement rangés. Autant de vestiges de ses nombreuses activités. Avec enthousiasme, Lere montre un exemplaire des revues qu´il a 

[Plus...]


La télévision à l'africaine

    

Jeudi soir, 20h30. Comme toutes les semaines apparaît sur Spree Kanal une présentatrice noire, boubou et allemand parfaits. Bienvenue sur AfroTV, l’émission de la communauté africaine d’Allemagne.   L’image est un peu floue, comme pour le reste des programmes de la chaîne berlinoise. Mais pendant trente minutes, l’émission s’ingénie à travers reportages et plateaux à traiter de l’information

[Plus...]


Afrique à la carte !

    Où vivre l´Afrique dans la capitale allemande ? Ludovic Madou, Ivorien, chauffeur au service de l´Ambassade de son pays natal, nous a livré ses adresses préférées.   Pour goûter une cuisine conviviale, relevée et originale, l’Afro-caribbean Bar (1) saura vous combler. Au menu,  des plats savoureux accompagnés de mil, de sorgho, de maïs, de riz, d'ignames, de manioc, de bananes

[Plus...]


 

Posté par lepangolin à 14:02 - Diaspora - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1