Quand un deputé UMP défend l'Afrique
Dimanche 26 Octobre 2008 Par Nicolas PRISSETTE Le Journal du Dimanche
La scène se joue dans la nuit de mercredi. Dans un hémicycle quasiment désert, mais en présence de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et d'Eric Woerth, ministre du Budget, le député UMP Frédéric Lefebvre défend un amendement créant une réduction d'impôt pour les particuliers et entreprises qui investissent dans les pays en développement "et plus particulièrement en Afrique". Quatre pages techniques signées de son seul nom et rédigées à Bercy, instaurant un régime fiscal avantageux et inédit.
Les députés de la Commission des finances, emmenés par le rapporteur du Budget Gilles Carrez, sont furieux. Ils ont découvert l'amendement la veille, en réunion de Commission, et l'ont rejeté. Non seulement ils s'opposent à certains aspects du projet, mais ils s'offusquent aussi d'être mis devant un fait accompli. Frédéric Lefebvre, inlassable, a tenté de leur faire changer d'avis. Ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, il leur indique que le président de la République lui a donné son feu vert pour créer cette nouvelle "niche" fiscale. L'amendement surprend d'autant ses collègues que le gouvernement s'est engagé à limiter les avantages fiscaux et à mieux contrôler leur coût pour l'Etat. "Les débats ont été assez pénibles, je ne suis pas sûr que tout le monde à l'Elysée soit vraiment au courant", déplore un député UMP qui requiert l'anonymat. "Nous n'avions jamais entendu parler de cette initiative", rappelle Hervé Mariton.
Certains suggèrent que l'amendement Lefebvre est un amendement Boli
Dans l'hémicycle, mercredi soir, Frédéric Lefebvre défend donc la création d'une nouvelle forme de société d'investissement et de développement (Sofidev) destinée à rassembler les fonds à investir en Afrique. Passer par ces sociétés garantira la réduction d'impôt. Il insiste pour que ces nouvelles structures juridiques soient reconnues par l'Etat dès le 1er novembre, avant donc la promulgation de la loi en discussion, attendue en toute fin d'année. "J'ai besoin de savoir si les premières applications pourraient commencer immédiatement, afin que le mouvement s'enclenche sans perdre de temps."
Gilles Carrez réitère son objection formelle de la veille: pas question de faire appliquer une loi fiscale de cette sorte avant qu'elle n'entre dûment en vigueur. Mais Christine Lagarde intervient. "Le gouvernement est très favorable à cet amendement !" lance la ministre de l'Economie qui explique qu'elle donnera son agrément aux Sofidev par anticipation. "C'est la Françafrique!" s'exclame soudain le socialiste Jérôme Cahuzac avant d'interroger: "Qui, à ce jour, a procédé ces investissements en Afrique, où, et pour combien? Et qui demande au Parlement de défiscaliser ces investissements?" L'amendement est adopté. "On ne pouvait faire perdre la face à personne", s'excuse un député UMP dépité.
Dans les couloirs de l'Assemblée, certains suggèrent que l'amendement Lefebvre est un amendement Boli. Le héros de l'OM version 1993 est devenu il y a un an secrétaire national de l'UMP en charge du codéveloppement. "Cela fait plusieurs mois qu'il fait pression pour faire passer une mesure de ce type. Le nouvel avantage fiscal est un moyen de limiter les dégâts pour ceux qui perdent de l'argent en investissant en Afrique", dit un fervent sarkozyste.
"C'est un mauvais procès, rétorque Frédéric Lefebvre. Cela fait plusieurs années que je m'intéresse à ce sujet. J'ai travaillé avec Basile Boli et avec des associations et j'avais avancé sur le dossier bien auparavant. Ce qui compte, c'est de favoriser les investissements directs entre particuliers et entre les entreprises. Car l'aide publique au développement n'arrive, hélas, pas toujours à l'endroit que l'on souhaite."
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L’infrastructure est indispensable au développement de l’Afrique / Il faut aborder le problème à l’échelle nationale et continen

WASHINGTON, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Le développement de l’infrastructure est un pilier essentiel du développement et de la croissance économique à long terme de l’Afrique, et cet objectif sera atteint plus facilement par des actions régionales et continentales.
Telle a été l’idée dominante exprimée par divers spécialistes et experts qui ont participé à la Conférence de 2008 sur l’infrastructure africaine qui s’est tenue du 6 au 8 octobre à Washington sous le parrainage du Corporate Council on Africa.
Le vice-ministre américain des transports, M. Thomas Barrett, et un ancien général des Marines, M. Anthony Zinni, qui a travaillé dans plus de 70 pays du monde, se sont adressés à la conférence.
Si l’Afrique est un continent au fort potentiel, « libérer ce potentiel demeure une entreprise compliquée et qui implique de nombreux défis à relever », a dit M. Barrett.
« Afin d’exploiter le mieux possible les nombreuses possibilités qui s’offrent à elle, l’Afrique va devoir, je le dis franchement, se montrer beaucoup plus énergique. Il va falloir remédier à l’inefficacité et à l’insuffisance de l’infrastructure des transports si l’on veut que l’Afrique réalise son potentiel. » À cette fin, le ministère américain des transports ouvre, tant aux États-Unis qu’en Afrique, à la création de partenariats efficaces dans ce domaine.
Lors du récent Forum de l’AGOA sur les transports qui s’est tenu au Cap (Afrique du Sud), a ajouré M. Barrett, des représentants du gouvernement et des milieux d’affaires « ont renouvelé leur engagement envers la croissance » et se sont mis d’accord sur une série de principes d’aide au développement de réseaux intégrés de transports.
L’intégration des réseaux est en effet importante, a-t-il souligné, et il suffit pour s’en convaincre d’évoquer les insuffisances infrastructurelles au niveau des ports africains. En effet, il ne s’agit pas seulement d’amener les marchandises à quai. Il faut ensuite pouvoir les distribuer dans l’intérieur des pays, que ce soit par voie ferroviaire ou routière.
Il a ensuite félicité les gouvernements africains d’avoir pris conscience de l’importance du rôle que jouaient les transports dans le développement économique. « Prenez l’histoire des États-Unis. Depuis leur fondation, ils ne cessent de construire des canaux, des voies ferrées et des réseaux d’autoroutes. Nous pensons que ce genre d’activité est essentielle, et qu’elle constitue un précurseur de la croissance. »
Aux États-Unis, a-t-il affirmé, des partenariats entre les secteurs public et privé contribuent à étoffer l’infrastructure. M. Barrett s’est engagé à aider l’Afrique à adopter une approche semblable. Si les capitaux d’investissement manquent souvent dans le secteur public, c’est rarement le cas dans le secteur privé. Ce dernier peut donc servir à aider l’Afrique à améliorer ses réseaux de transports.
Le rôle du gouvernement, a-t-il précisé, consiste à créer les conditions du succès des investissements des partenaires du secteur privé. Les investisseurs souhaitent en effet des conditions fiables, notamment au niveau du respect des contrats et du respect de la règle de droit.
Il est également avantageux d’envisager une approche régionale et des alliances afin de minimiser les coûts et de maximiser les avantages et la sécurité.
M. Zinni a pour sa part identifié quatre facteurs clés du développement de l’infrastructure africaine :
1) Une réelle conception stratégique fondée sur une base régionale afin de créer des couloirs commerciaux qui non seulement permettront de transporter des marchandises, mais aussi de fournir les petites entreprises et de stimuler la croissance économique tout le long du réseau. « Il est important de mobiliser les organisations sous-régionales afin de régler le problème de l’infrastructure des transports. »
2) Renforcer les compétences locales afin de développer les capacités. « La capacité de planifier, de former, d’éduquer et de déployer » une main-d’ouvre locale est essentielle. Les populations locales doivent être impliquées dans ces projets.
3) Rassembler les ressources et encourager les investisseurs à construire en visant le long terme, de façon que les réseaux de transports profitent à la fois aux investisseurs et à la population locale.
4) Créer un climat favorable aux investisseurs, notamment par une gestion efficace des affaires publiques, la sécurité et la coopération régionale. À ce niveau, tout le monde a un rôle à jouer, des gouvernements africains aux investisseurs en passant par les donateurs, pour s’assurer que les projets envisagés sont justifiés, que les risques sont acceptables et que les réseaux de transports sont durables.
SOURCE : US Department of State
Assemblée générale de l’ONU / Les pays africains craignent l’impact des crises actuelles sur les acquis du NEPAD

Assemblée générale de l’ONU / Les pays africains craignent l’impact des crises actuelles sur les acquis du NEPAD
NEW YORK, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Moins d’un mois à peine après les Réunions de haut niveau sur le développement de l’Afrique, ce continent était à nouveau à l’honneur aujourd’hui à l’Assemblée générale, où les pays africains ont dit craindre l’impact des crise alimentaire, énergétique et financière sur les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Outre le NEPAD, la quarantaine d’orateurs qui se sont succédé à la tribune ont évalué les progrès et les lacunes dans la lutte contre le paludisme et le rétablissement de la paix en Afrique.
Comme l’a dit le représentant du Nigéria, à l’origine du NEPAD aux côtés de l’Afrique du Sud, de l’Algérie et du Sénégal, le Nouveau Partenariat a permis des avancées dans de nombreux secteurs dont ceux des infrastructures, de l’agriculture, de la santé ou encore de l’éducation. Son homologue du Sénégal a cité l’édification de la Grande muraille verte et la mise en place d’une connexion des états africains par réseau haut débit. Celui de la Zambie s’est attardé sur un projet d’électrification couvrant l’Afrique australe et l’Afrique orientale. Les pays africains se sont aussi enorgueillis du Mécanisme d’examen par les pairs (MAEP) auquel ont adhéré 29 pays, à ce jour.
Mais ces acquis, ont-ils prévenu, pourraient être compromis par les crises financière, alimentaire et énergétique. En conséquence, à la veille des Réunions d’Accra sur l’efficacité de l’aide et de Doha sur le financement du développement, les délégations ont salué la proposition du Secrétaire général de mettre sur pied un mécanisme novateur pour coordonner les actions des donateurs dans les domaines de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. De nombreux orateurs ont insisté pour que l’Assemblée générale se prononce à sa soixante-cinquième session.
Le représentant de la Tunisie a, par exemple, averti que si la tendance actuelle se poursuit, le G-8 ne mettra pas entièrement en œuvre les engagements pris au Sommet de Gleneagles visant à doubler l’aide à l’Afrique d’ici à 2010, pour la porter à 50 milliards de dollars par an. Or, a-t-il précisé, la pleine réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique (OMD) d’ici à 2015 nécessitera une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars.
Une réponse est venue du représentant du Canada qui a spécifié que son pays doublera son aide à l’Afrique, ce qui se traduira, cette année, par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars. Au nom de l’Union européenne (UE), son homologue de la France a rappelé que 62% des aides bilatérales de l’UE vont à l’Afrique. Rien qu’en 2005-2007, l’Union a transféré un montant total de 250 millions d’euros à l’appui de l’architecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions d’euros supplémentaires pour la période 2008-2010.
Le rôle prééminent de l’Union africaine dans le règlement des conflits a été justement salué, en particulier l’action de son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant de l’Algérie a saisi cette occasion pour revenir sur la récente demande d’inculpation du Président du Soudan émise par la Cour pénale internationale (CPI). Une demande, a-t-il dit, « qui risque de mettre à mal les efforts de paix menés au Sud-Soudan et au Darfour ». Il a donc appelé le Conseil de sécurité à invoquer l’article 16 du Statut de Rome pour geler cette procédure pendant un an.
Pour sa part, le représentant du Canada a dit craindre que la reprise des affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) réduise « presque à néant » les espoirs de paix dans la région. Il a exhorté les parties à respecter les accords signés.
Quels que soient les efforts entrepris sur le front des conflits, le développement de l’Afrique se heurtera toujours à l’obstacle du paludisme, si rien n’est fait, ont alerté les pays africains. Quelque 800 000 personnes meurent toujours chaque année dont 91% en Afrique, ont rappelé les délégations. Le représentant de l’Inde a plaidé pour un changement « radical » du régime des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) alors que son homologue du Sénégal a vu dans la démultiplication du projet « Villages du Millénaire » une « contribution décisive ».
L’Assemblée générale poursuivra ce débat lundi, 20 octobre à partir de 10 heures.
SIXIÈME RAPPORT COMPLET DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES PROGRÈS DE LA MISE EN ŒUVRE ET L’APPUI INTERNATIONAL AU NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE (NEPAD) (A/63/212)
D’emblée, indique le rapport, dans le contexte actuel, où le ralentissement de l’économie mondiale se conjugue avec les prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole, la mise en œuvre concrète du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne sera possible qu’avec l’engagement ferme et la volonté politique claire des pays africains mais aussi des partenaires internationaux de développement.
Le rapport ne nie pas les progrès réalisés par les pays africains dans la mise en œuvre des priorités sectorielles du NEPAD, mais appelle à l’adoption urgente de mesures pour atténuer l’impact socioéconomique du prix élevé et croissant des denrées alimentaires au moyen d’une révolution verte africaine menée dans le cadre du Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique.
Les pays africains devraient également allouer des ressources plus importantes et adopter des réformes appropriées en vue d’encourager davantage le secteur privé à participer aux projets du NEPAD. De leur côté, les partenaires de développement devraient renforcer l’aide au développement et la rendre plus efficace afin que les Objectifs soient remplis dans les délais prescrits.
Si la communauté internationale et les pays africains ne prennent pas des mesures politiques appropriées, l’amélioration des conditions de vie de millions d’Africains se verra remise en question. Des infrastructures modernes et efficientes -axes routiers, équipements dans le domaine de l’eau, de la technologie de l’information et des communications, par exemple- sont indispensables pour assurer une croissance économique soutenue et un secteur privé productif, souligne le rapport.
Les gouvernements africains devraient donc continuer d’appliquer des réformes institutionnelles propres à attirer les capitaux privés et développer les partenariats entre secteur public et secteur privé pour financer des projets d’équipement. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, par exemple, ils pourraient encourager les pays producteurs de pétrole à investir leurs fonds souverains dans l’infrastructure, recommande le Secrétaire général.
En outre, poursuit-il, maintenant que 7 pays ont fait l’objet d’un examen par les pairs et que 29 participent au processus du Mécanisme d’évaluation intra-africaine, il est essentiel que les gouvernements mettent en œuvre les recommandations formulées par le Mécanisme dans ses rapports de pays, et que le processus d’examen s’accélère de façon que la proportion de pays ayant déjà lancé le processus augmente rapidement.
Pour tenir leur engagement d’accroître, d’ici à 2010, leur aide de 50 milliards de dollars, dont la moitié au bénéfice de l’Afrique, les pays du G-8 devraient de leur côté intensifier leur aide publique au développement (APD) et améliorer l’efficacité de cette aide, préconise également le rapport. Les gouvernements africains et les partenaires de développement devraient conclure des pactes formels définissant les rôles et les responsabilités de chacun de telle sorte que les engagements financiers soient tenus et alignés sur les systèmes nationaux.
Alors que des partenaires de développement nouveaux et émergents renforcent sensiblement leur engagement à l’égard de l’Afrique, il est essentiel que tous les donateurs, tant traditionnels que nouveaux, mettent sur pied un mécanisme novateur pour coordonner leurs actions dans les domaines de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. Le troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui se tiendra prochainement à Accra au Ghana sera l’occasion de se pencher sur les nouvelles dimensions de l’harmonisation de l’aide et de la collaboration des donateurs, estime le rapport.
L’allégement de la dette a stimulé les investissements dans la santé et l’éducation de base, rappelle le Secrétaire général. Toutefois, les effets conjoints de la hausse brutale des prix du pétrole et des denrées alimentaires risquent de faire obstacle à des niveaux d’investissement soutenus dans ces secteurs sociaux. Aussi, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud efficace, on pourrait envisager de créer un mécanisme par lequel les pays tirant des revenus exceptionnels de leurs exportations de pétrole verseraient une contribution aux pays africains les plus vulnérables, ajoute en conclusion le rapport.
APPLICATION DES RECOMMANDATIONS CONTENUES DANS LE RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE (A/63/212)
Dans un premier temps, ce rapport passe en revue les progrès accomplis dans l’application des recommandations contenues dans le rapport (A/52/871-S/1998/318) du Secrétaire général. Il offre ensuite un bref aperçu des faits nouveaux survenus en Afrique au cours de l’année écoulée en matière de paix et de sécurité, s’attardant sur les graves problèmes que l’Afrique et la communauté internationale cherchent à résoudre pour rétablir et préserver la paix et relever les pays dévastés par un conflit.
Un chapitre consacré au maintien de la paix examine la situation au Sahara occidental, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie et en Érythrée, au Libéria et en République démocratique du Congo, ainsi que dans la région du Darfour, au Tchad et en République centrafricaine et en Somalie. Le rapport se penche également sur la consolidation de la paix au Burundi, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau et en République centrafricaine.
Le rapport traite aussi des progrès accomplis s’agissant des mesures supplémentaires à court terme proposées dans le rapport de l’an dernier pour aider à éliminer les conflits en Afrique, et ce dans l’attente d’un examen systématique de l’impact des nouveaux problèmes et des nouvelles menaces contre la paix et le développement durables à long terme.
Le rapport indique que la communauté internationale doit continuer à aller de l’avant et appuyer les efforts des organisations régionales et sous-régionales africaines, afin d’assurer une paix et un développement durables. Il souligne également l’importance de réduire la prolifération de petites armes, de mettre un terme au climat de violence et de favoriser la création d’emplois dans les pays sortant d’un conflit.
NOTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA DÉCENNIE 2001-2010: POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE (A/63/219)
Le présent rapport souligne que les fonds et les principaux produits visant à prévenir et soigner le paludisme ont commencé dès 2005 et surtout en 2006 à être de plus en plus disponibles en Afrique. Ainsi, un total de 688 millions de dollars a été consacré en 2006 à la lutte antipaludique en Afrique, mais comme seul 26 pays sur 45 ont présenté des données financières, ce chiffre est probablement en deçà de la réalité, relève le rapport.
Par ailleurs, depuis 2006, entre un quart et un tiers des personnes exposées au paludisme dans les ménages ont accès à des moustiquaires imprégnées d’insecticide, un taux cependant bien plus faible que l’objectif d’au moins 80%. L’utilisation de ces moustiquaires par les enfants et les femmes enceintes prend du retard. Certains ménages sont pourvus de moustiquaires, qui ne sont pas utilisées par les enfants et les femmes enceintes pourtant les plus exposés au risque, précise le rapport.
En moyenne, seul 3% des enfants atteints de fièvre ont reçu une polythérapie à base d’artémisinine. Les doses acheminées vers les pays ont été insuffisantes mais l’épuisement des stocks au niveau des établissements sanitaires et le manque d’accès aux points de distribution sont aussi probablement en cause. Le rapport note que l’administration de deux doses de traitement préventif intermittent aux femmes enceintes reste également très faible (18%), comparée à l’objectif d’au moins 80%.
À l’échelle de la région OMS de l’Afrique, rien n’indique que les cas de paludisme et les décès imputés à cette maladie aient baissé à partir de 2006, note le Secrétaire général. Mais les pays et régions qui sont le théâtre d’interventions énergiques accusent une baisse sensible des cas et des décès dus au paludisme; c’est le cas de l’Érythrée, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe et de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie). En outre, dans au moins 22 pays ou régions du monde, les cas de paludisme ont baissé de 50% au cours de la période 2000-2006, tandis qu’au moins 29 pays seraient en voie d’atteindre les objectifs d’allégement du fardeau du paludisme d’ici à 2010.
Dans ce contexte, il faut davantage de fonds et de moustiquaires imprégnées d’insecticide, de polythérapies et de pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide, afin que l’objectif du recul du paludisme et que les Objectifs du Millénaire pour le développement puissent être atteints en 2010 et 2015 respectivement. En outre, le Secrétaire général recommande aux pays et aux partenaires de renforcer les systèmes d’information sanitaire pour que l’impact et les données en matière de logistique soient surveillés en permanence à l’échelon du pays et du district, ainsi que dans les centres de soins.
Les partenaires de la lutte contre le paludisme devraient également résoudre les problèmes actuels de financement et de délais de livraison.
Débat conjoint
M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, a appelé, en pleine crise économique, à renforcer les efforts pour protéger l’Afrique d’un recul de l’aide au développement du continent. Il a déclaré que sa préoccupation s’aggrave, au fur et à mesure que la crise financière s’approfondit. Nous devons nous rappeler que la planète est notre demeure et que les Africains sont nos frères et sœurs, a-t-il souligné. Même s’il est impopulaire pour les politiciens de dire des choses pareilles, a ajouté M. d’Escoto, le temps est venu de se serrer la ceinture. Selon lui, des sacrifices douloureux sont nécessaires et ils doivent être partagés par tous, sans exception. Le Président de l’Assemblée générale a rappelé la Réunion de haut niveau organisée pendant le débat général sur le développement de l’Afrique. Il s’est déclaré encouragé par les déclarations des dirigeants du monde qui ont appelé avec passion à maintenir les engagements pris, en dépit de l’horizon qui s’obscurcit. Avant la Conférence internationale de Doha sur le financement du développement, M. d’Escoto a appelé les États Membres à renouveler leur solidarité et leur détermination à affronter ensemble la tempête.
M. GEORGE O. OWUOR (Kenya), intervenant au nom du Groupe africain, s’est félicité de l’adoption, le 22 septembre dernier, de la Déclaration politique des chefs d’État et de Gouvernement sur les besoins de l’Afrique en matière de développement. Il a estimé qu’il importe d’examiner la question du développement en Afrique en prenant en compte « l’affaiblissement » de l’économie mondiale, une conséquence, selon lui, des crises énergétique, alimentaire et financière. Signalant ensuite que les prévisions indiquent que la croissance de l’Afrique devrait ralentir en 2008, le représentant a estimé que la communauté internationale devait appuyer les objectifs du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique en matière d’amélioration des infrastructures économiques et de création d’un environnement propice à l’investissement et à la croissance. Il a également déclaré qu’en Afrique, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront atteint qu’en adoptant des mesures proactives qui permettront d’accélérer les progrès de façon « substantielle ».
Rappelant que l’Union africaine s’était engagée à trouver, d’ici à 2010, une solution à l’instabilité politique et aux conflits qui sévissent en Afrique, le représentant kényen a passé en revue les diverses initiatives lancées par cette institution à cette fin. Il a également remercié les partenaires du développement pour leur contribution à la lutte contre le paludisme. Avant de conclure, le représentant kényen a engagé les Nations Unies à créer, d’ici la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, un mécanisme de suivi destiné à examiner la mise en œuvre de tous les engagements ayant trait au développement en Afrique, afin de s’assurer que les États Membres demeurent saisis de la question des besoins spécifiques du continent en matière de développement.
S’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), M. PHILIPPE DELACROIX (France) a salué les progrès réalisés par l’Afrique, tant dans son organisation avec le développement de l’Union africaine (UA) que dans le domaine économique. Pour autant, les défis que le continent doit relever demeurent particulièrement importants. « Le NEPAD, dont l’ambition est de donner une feuille de route vers la renaissance de l’Afrique, constitue à cet égard un outil important et nous nous sommes tous engagés à contribuer activement à sa mise en œuvre », a assuré le représentant.
Saluant le rythme des revues du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), l’Union européenne a souligné la nécessité pour ce Mécanisme de figurer au cœur du Partenariat UE-UA sur la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. M. Lacroix a déclaré que l’Union européenne soutenait les efforts en cours pour renforcer les liens entre le NEPAD et l’UA et salue à cet égard l’action engagée en ce sens en juin dernier par M. Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union africaine. Les crises actuelles rendent particulièrement nécessaire cette cohérence d’action entre le NEPAD et l’Union africaine, a estimé M. Delacroix.
Le représentant français a ensuite réitéré l’engagement de l’UE aux côtés du continent africain, comme en témoigne le fait que celle-ci est son premier partenariat de développement: 62% des aides bilatérales allouées sur le plan régional par l’Union européenne sont allées à l’Afrique et elle a réaffirmé qu’elle tiendrait ses engagements. En outre, en 2005-2007, l’UE a transféré un montant total de 250 millions d’euros à l’appui de l’architecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions d’euros supplémentaires pour la période 2008-2010. Elle est également présente par son opération EUFOR, a précisé M. Delacroix.
Abordant la question du paludisme, il a rappelé que cette maladie touchait encore 40% de la population mondiale et précisé que, sur les 105 pays concernés par ce fardeau, 45 se situent en Afrique. Cette tragédie humaine fait chaque année 800 000 victimes, dont 91% sur le continent, constituant ainsi la principale cause de mortalité des jeunes enfants africains et un grave handicap au développement et à l’équilibre africains, a ajouté le représentant. Consciente des obstacles logistiques, mais surtout économiques, auxquels sont souvent confrontés les pays lorsqu’ils mettent en œuvre les mesures antipaludiques, l’Union européenne soutient les actions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et UNITAID, qui ont permis des progrès considérables en matière d’accès aux moustiquaires imprégnées de longue durée et aux traitements ACT. Les pays membres de l’UE et la Commission européenne représentent 60% des ressources du Fonds mondial, a précisé M. Delacroix.
En conclusion, le représentant a insisté sur le fait que l’Union européenne était pleinement engagée contre le paludisme. Les résultats observés dans certains pays démontrent que l’éradication de la pandémie est à notre portée, a-t-il affirmé, avant de se dire convaincu qu’il était possible d’atteindre l’Objectif no 6 du Millénaire. Pour cela, a-t-il cependant prévenu, la mobilisation doit être globale et rassembler les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile.
M. DON PRAMUDWINAI (Thaïlande), intervenant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a estimé que le succès du développement en Afrique sera un succès « pour nous tous ». Il a souhaité que la communauté internationale mette l’accent sur l’élaboration et le renforcement de partenariats à bénéfice mutuel plutôt que sur la création de systèmes de dépendance. Il a indiqué que l’ANASE appuyait le NEPAD car il renforce la coopération entre organisations régionales. Le représentant a ensuite engagé la communauté internationale à maintenir l’élan créé lors du Débat de haut niveau sur le développement en Afrique.
Après avoir passé en revue diverses initiatives lancées par l’Asie pour aider l’Afrique, le représentant a estimé que l’ANASE et l’Union africaine devaient avoir plus d’interaction. Il a ensuite expliqué que de nombreux experts des pays membres de l’ANASE travaillaient sur le continent africain dans les domaines du développement des ressources humaines, du renforcement des capacités, de la santé publique, des maladies infectieuses, de la sécurité alimentaire ou encore du développement agricole et de la pêche. M. Pramudwinai a également suggéré d’établir des partenariats « trilatéraux » qui permettraient d’encourager le potentiel « synergétique » entre l’ANASE, l’Afrique et les pays donateurs. Rappelant que le développement de tout pays exige un environnement international favorable, le représentant a également engagé les parties concernées à mettre fin à la crise financière, exhortant notamment les donateurs à ne pas laisser la crise actuelle enfreindre leur engagement à inverser le déclin des contributions à l’APD.
M. GEORGE TALBOT (Guyana), qui s’est exprimé au nom de la Communauté et du Marché commun des Caraïbes, a dit la solidarité des pays des Caraïbes avec l’Afrique. Il a souligné les nombreuses mesures prises par l’Afrique et ses partenaires pour assurer l’application de plans de développement régionaux et subrégionaux. Il a cependant rappelé les nombreux défis qui subsistent dans le continent et a plaidé pour des investissements plus importants dans le domaine des infrastructures, de l’industrie et des capacités humaines et institutionnelles. Le représentant du Guyana a aussi prévenu que l’Afrique allait subir les conséquences de la crise financière actuelle, d’autant plus que la menace d’une réduction de l’aide publique constitue désormais une perspective réelle, étant donné que les pays développés se battent pour sauvegarder leurs systèmes financier et bancaire.
Cette crise démontre notre interdépendance, a-t-il dit. Dans la foulée de la crise alimentaire et de la hausse des prix du pétrole, la crise financière nous rappelle que les politiques de pays importants ont de sérieuses implications sur les autres nations, notamment en Afrique. Selon le représentant, les pays développés portent une responsabilité particulière. Ils doivent s’assurer que leurs politiques intérieure et extérieure contribuent à la paix, la stabilité et la prospérité dans le monde. En conséquence, ils doivent faire preuve d’une plus grande cohérence, notamment dans leurs politiques financières, commerciales, de développement et environnementales. La CARICOM, a dit le représentant, soutient la déclaration de la Réunion de haut niveau du 22 septembre, appelant au respect de tous les engagements pris pour le développement de l’Afrique, a-t-il dit.
M. Talbot a aussi regretté que les pays du G-8 n’aient pas tenu leurs engagements de doubler leur aide au développement de l’Afrique d’ici à 2010. Le soutien au continent doit être augmenté de manière substantielle et doit être plus effectif, a-t-il déclaré. Des progrès considérables sont possibles si la communauté internationale s’engage, a-t-il insisté, avant de demander que le commerce soit soutenu en Afrique, par une plus grande intégration régionale et internationale. En outre, compte tenu de l’importance de l’agriculture dans le développement du continent et de la crise alimentaire, les pays africains doivent s’efforcer d’atteindre l’objectif de la Déclaration de Maputo, de consacrer 10% des dépenses publiques au secteur agricole. Le représentant du Guyana a également apporté son soutien aux efforts de l’Afrique pour améliorer la gouvernance politique et économique et renforcer les mécanismes de participation et d’inclusion de tous les secteurs de la population.
M. LESLIE K. CHRISTIAN (Ghana) a estimé que les efforts de l’Afrique en matière de développement se voyaient enfreints par la crise financière, l’impasse des pourparlers de Doha, et « l’absence générale » d’un environnement économique international « favorable ». Relevant que peu de pays africains avaient réussi à consacrer 15% de leurs dépenses publiques à la santé, le représentant a expliqué que les limites financières et institutionnelles « chroniques » que connaissent les pays africains avaient été aggravées par la fuite des cerveaux. Passant à l’éducation, il a déclaré que son pays estime « inacceptable » que plus de 1,4 million d’enfants ghanéens ne soient pas scolarisés, indiquant ensuite que son pays avait lancé un programme universel de scolarisation gratuite allant de la maternelle au cycle secondaire. Un accent particulier est placé sur l’éducation des filles, a-t-il précisé, relevant toutefois que certaines contraintes économiques et culturelles constituaient des facteurs de résistance.
Le Ghana espère atteindre les OMD dans le domaine de la santé, a-t-il poursuivi. Il a expliqué que son gouvernement avait l’intention d’augmenter l’accès aux services de santé et d’améliorer la qualité des soins et d’augmenter le nombre de programmes de prévention. Le Ghana a réussi à fournir des soins médicaux gratuits aux femmes enceintes, s’est-il félicité. Il a cependant averti que son pays ne parviendrait pas à réduire la mortalité infantile d’ici à 2015 à cause des problèmes de rétention du personnel médical, entre autres. Le représentant a également expliqué que le paludisme était responsable de la mort de 22% des enfants ghanéens de moins de cinq ans. M. Christian s’est ensuite félicité de l’engagement du Secrétaire général à enrayer le paludisme d’ici à 2010, estimant que cela ôterait « un obstacle important » au développement économique, et impulserait un élan à la réalisation d’au moins quatre des huit OMD.
M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que le développement socioéconomique de l’Afrique était indispensable. Nous sommes attachés à la mise en œuvre du NEPAD, qui constitue selon le représentant la voie principale pour permettre à l’Afrique de réaliser les OMD. La Déclaration politique adoptée lors de la Réunion ministérielle de septembre dernier ne fait qu’encourager l’élan de la communauté internationale en faveur de l’Afrique, a-t-il souligné. Il a ensuite salué la dynamique positive observée sur le continent pour faciliter l’accès des enfants d’Afrique subsaharienne aux écoles, mais a regretté l’expansion de la pandémie de VIH/sida. Il a ensuite rappelé que son pays avait apporté une aide concrète à plusieurs pays africains, qui ont réalisé depuis des progrès significatifs vers leur développement. Nous avons parallèlement augmenté nos contributions aux programmes nationaux d’aide au développement et versé à ce jour près de 40 millions de dollars au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.
Plusieurs compagnies russes, a poursuivi le représentant, ont de leur côté réalisé des investissements conséquents dans l’amélioration des infrastructures physiques de divers pays africains, a encore précisé M. Churkin. Quant au problème de la faim et de l’approvisionnement alimentaire qui continue de se poser douloureusement en Afrique, il rend plus que jamais nécessaire, a-t-il prévenu, l’utilisation d’engrais pour renforcer la productivité agricole. S’agissant des conflits armés, le représentant a salué la mise en place plus fréquente de systèmes d’alerte rapide. La Fédération de Russie apporte en outre son concours à l’élaboration de cadres stratégiques dans la région, a-t-il indiqué. Afin de renforcer le potentiel du maintien de la paix, le Gouvernement russe a pris la décision de verser 2 millions de dollars au Fonds pour la consolidation de la paix, a conclu M. Churkin.
M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé que la Réunion de haut niveau du 22 septembre dernier sur le développement de l’Afrique est intervenue à point nommé. Elle a permis à la communauté internationale, notamment les pays développés, de renouveler leur engagement à apporter le soutien nécessaire au développement du continent. La Réunion a également permis de signaler que, au rythme où vont les choses actuellement, si rien de fondamental n’est entrepris d’ici là, la plupart des pays africains n’atteindront pas les OMD d’ici à 2015. Il a aussi rappelé que le débat intervient dans un contexte international marqué par une crise mondiale multiforme. Selon lui, l’Afrique est pénalisée à double titre. D’une part, elle est moins préparée à y faire face, et d’autre part, elle risque de subir les répercussions négatives de la crise sur le niveau de l’aide au développement.
Le représentant algérien a souligné l’importance du cadre novateur du NEPAD et la donne nouvelle qu’il introduit dans les relations du continent avec ses partenaires étrangers. Créé et voulu par les pays africains eux-mêmes, le NEPAD leur permet d’attirer l’attention de leurs partenaires de développement sur les grands sujets de préoccupation du continent. Il repose d’abord sur les potentialités nationales et régionales africaines et répond à une nécessité et des besoins que les pays du continent ont eux-mêmes définis. M. Benmehidi a souligné la nécessité d’une plus grande implication et d’une plus grande générosité de la communauté internationale envers le NEPAD qui a permis des progrès considérables dans les secteurs des infrastructures, de la santé ou de l’éducation, a-t-il assuré.
Le représentant algérien a salué la contribution de nombreux pays partenaires dont l’engament et l’action couplée à celle des pays africains eux-mêmes ont fait la différence sur le terrain, notamment par l’allègement de la dette des pays en développement les plus lourdement endettés. Selon lui, le taux d’endettement des pays africains est passé de 212% à 23,1% de la fin des années 90 à la fin 2007. En revanche, il a regretté que l’aide publique au développement (APD) soit encore loin d’atteindre 0,7% du PIB des pays donateurs. La tendance à la baisse s’est confirmée en 2007 où l’APD à l’Afrique a subi une chute de 20%, a-t-il affirmé.
Le représentant algérien a aussi rappelé que la part de l’Afrique dans le commerce international n’a cessé de diminuer ces dernières années pour se situer à moins de 2% aujourd’hui. S’il dénote la faiblesse des économies africaines, ce faible taux est aussi la conséquence des importantes subventions agricoles accordées par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à leurs exportations agricoles, a-t-il déploré. Selon lui, les pays africains ont non seulement besoin d’un accroissement de l’APD mais aussi de mesures concrètes pour que les exportations africaines, composées principalement de produits agricoles, puissent accéder dans des conditions normales aux marchés des pays développés. Il a aussi regretté que les investissements étrangers directs (IED) en Afrique demeurent largement en deçà des besoins.
M. Benmehidi a plaidé pour une paix viable et durable sur le continent. Nulle action de développement ne peut réellement être menée sans un environnement de paix et de stabilité. L’Afrique, a-t-il dit, a confirmé sa détermination à assurer sa part dans la prise en charge des processus de règlement des conflits sur le continent. Il est cependant essentiel que la communauté internationale et le Conseil de sécurité continuent de jouer pleinement leur rôle en la matière. Cette action demeure incomplète si elle n’est pas suivie systématiquement d’actions visant la construction de la paix, a-t-il souligné. Le représentant a conclu sur la récente demande d’inculpation du Président du Soudan introduite par la Cour pénale internationale (CPI). Outre son caractère « surprenant et inédit », dans la mesure où elle vise un chef d’État en exercice, a-t-il dit, cette procédure risque d’avoir d’un impact négatif réel sur la stabilité de cette région de l’Afrique et de soumettre à rude épreuve les efforts de paix menés actuellement dans le Sud-Soudan et dans le Darfour. Il a donc appelé le Conseil de sécurité à mettre en œuvre l’article 16 du Statut de Rome pour le gel, pendant un an, de la procédure lancée par la demande du Procureur de la CPI.
M. HABIB MANSOUR (Tunisie) a estimé que le Débat de haut niveau sur les besoins de développement de l’Afrique avait permis de dresser l’état des lieux de la situation africaine et a mis l’accent sur deux principaux constats. Premièrement, a-t-il dit, les besoins, les contraintes, les priorités et les objectifs africains sont bien connus et le problème se situe au niveau de la mise en œuvre des engagements pris. Il a demandé la mise en place d’un mécanisme de suivi de cette mise en œuvre. Deuxièmement, l’Afrique est à la fois le seul continent dont les progrès restent en deçà du niveau requis pour la réalisation des OMD et l’un des plus sévèrement affectés par les crises alimentaire et énergétique. Par conséquent, a relevé le représentant, l’Afrique est confrontée à un double handicap, ce qui menace de compromettre les avancées accomplies.
M. Mansour a ensuite noté que le rapport du Secrétaire général préconisait de mettre en place un mécanisme novateur de coordination des actions entreprises dans le domaine de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. Il est à craindre, a-t-il dit, que si la tendance actuelle se confirme, le G-8 ne soit pas en mesure de mettre entièrement en œuvre les engagements contractés au Sommet de Gleneagles visant à doubler l’aide à l’Afrique d’ici à 2010, soit à hauteur de 50 milliards de dollars par an. Or, le Groupe de pilotage a conclu que la pleine réalisation des OMD en Afrique d’ici à 2015 nécessiterait une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars, a souligné le représentant. Il a déclaré que la Conférence internationale de suivi de Doha constituera une phase importante, voire un véritable tournant, pour consolider les acquis et lancer une nouvelle dynamique en matière de financement du développement.
Il a ensuite estimé que l’objectif « Horizon 2010: une Afrique sans conflit » que le Secrétaire général a formulé, reste conditionné à un certain niveau de croissance économique, de développement humain et de stabilité politique, que de nombreux pays africains ne seront pas en mesure d’atteindre sans l’engagement de tous les partenaires de développement. Le représentant a salué à cet égard les efforts de l’Union africaine et en particulier de son Conseil de paix et de sécurité. Il a aussi salué le travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP).
M. SHIGEKI SUMI (Japon) a estimé que la question du développement en Afrique était une des priorités les plus urgentes pour la communauté internationale. Estimant qu’il était maintenant temps de répondre aux préoccupations de ce continent, le représentant a indiqué que le Japon s’était engagé, au cours des cinq prochaines années, à doubler son aide publique au développement destiné à l’Afrique et à fournir jusqu’à 4 milliards de dollars en prêts à des conditions libérales. Son pays œuvrera également pour doubler les investissements japonais privés en Afrique, a-t-il signalé. M. Sumi a également précisé que le Japon s’alignait sur les priorités établies par le NEPAD, notamment en ce qui concerne les infrastructures, le Plan d’action à court terme (PACT) et le Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique.
Convaincu de l’importance de prendre en compte les besoins en matière de sécurité humaine du continent africain lors de la mise en œuvre des diverses politiques en matière de développement, le représentant japonais a signalé que son pays s’était engagé à appuyer les pays postconflit du continent. M. Sumi s’est ensuite félicité du recul du paludisme dans plusieurs pays africains. Il s’est cependant inquiété du fait que le rapport du Secrétaire général sur cette question indique que seulement 3% des enfants africains ont accès à une polythérapie à base d’artémisine. Enfin, le représentant a rappelé les initiatives lancées lors du Sommet du G-8 à Hokkaido. Le Cadre d’action de Toyako énumère les actions à prendre dans le domaine de la santé, dont la mise en place d’un mécanisme de suivi pour évaluer les progrès. Il a aussi rappelé que le G-8 s’est engagé à financer la fourniture de 100 millions de moustiquaires imprégnés d’ici à 2010.
M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) rappelé que la réunion avait lieu au milieu de circonstances économiques exceptionnelles caractérisées par un nombre croisant de crises liées à l’alimentation, à l’énergie, aux marchés financiers internationaux et aux changements climatiques. Sans aucun doute, a-t-il assuré, les Africains seront les plus négativement touchés, alors qu’ils rencontrent déjà des difficultés pour atteindre les OMD. Le continent regroupe le plus grand nombre de pays les moins avancés (PMA) et les crises vont faire du tort à leur développement, a-t-il déclaré. Dans ces conditions, la communauté internationale, en particulier les pays développés et les institutions financières internationales, doivent agir rapidement pour répondre à ces développements exceptionnels et leurs répercussions négatives sur les pays africains. L’application de la Déclaration politique sur les besoins du développement de l’Afrique, ainsi que les propositions avancées lors de la Réunion de haut niveau sur les OMD, constituent une base très forte dans ce contexte, a-t-il affirmé. Il n’y a pas de doute, a-t-il ajouté, que le point de départ sera l’application honnête du mécanisme de suivi qu’il faudra adopter d’ici à la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale pour surveiller l’application des engagements pris.
Le représentant égyptien a rappelé que les pays africains ont pris des mesures pour appliquer les engagements pris en vertu du NEPAD, notamment dans des domaines comme l’infrastructure, la santé, l’éducation ou l’agriculture. De véritables progrès ont été accomplis par le continent dans le domaine de la gouvernance, le respect des droits de l’homme et l’approfondissement de la démocratie, s’est-il félicité. En revanche, les pays du G-8 sont à la traîne, a-t-il regretté. Ils ne tiennent pas leurs engagements de doubler leur aide à l’Afrique d’ici à 2010. En outre, la part du continent dans les investissements étrangers demeure basse et limitée à un certain nombre de pays et de secteurs, a-t-il souligné. M. Abdelaziz a aussi déploré l’échec des négociations commerciales du Cycle de Doha, à un moment où l’Afrique ne représente que 2% du commerce international.
Le représentant égyptien à appeler à renforcer le rôle de l’ONU dans le soutien du développement de l’Afrique, tout en rappelant parallèlement le rôle positif joué par l’Union africaine, les institutions et les organisations régionales. L’Égypte, a-t-il dit, soutient les mesures prises par l’ONU pendant l’année écoulée pour répondre aux conflits en Afrique, en coordination avec l’Union africaine ou au travers d’efforts diplomatiques préventifs comme la médiation ou les bons offices, qui ont permis le règlement pacifique de différends au Kenya et au Zimbabwe. M. Abdelaziz s’est félicité que l’Initiative « Roll Back Malaria », lancée lors du Sommet du Millénaire, ait permis d’élever à 93 le nombre de pays exempts de malaria. La maladie persiste cependant dans 109 pays, a-t-il ajouté, en jugeant nécessaire de continuer à soutenir les efforts pour lutter contre le paludisme. Selon lui, près de la moitié de la population mondiale est menacée par la malaria qui cause la mort de 800 000 personnes par an. Il a ainsi plaidé pour la résolution des aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC), en particulier dans le commerce des médicaments et des vaccins.
M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que le Canada apporte sa contribution aux efforts déployés par l’Afrique pour réaliser les OMD. Nous veillons en outre à doubler notre aide internationale, de sorte qu’elle atteindra 5 milliards de dollars d’ici à 2010-2011. Plus particulièrement, a-t-il dit, nous tenons l’engagement qui a été pris de doubler l’aide à l’Afrique, ce qui se traduira par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars cette année. Dans le même élan, a-t-il poursuivi, notre pays s’attache à délier l’ensemble de son aide alimentaire et souhaite également délier son aide au développement d’ici à 2012-2013, conformément à la Déclaration de Paris et au Plan d’action d’Accra. Par ailleurs, a poursuivi le représentant, nous nous sommes engagés à accroître notre aide bilatérale à l’éducation de base en Afrique, qui passera de 100 à 150 millions de dollars annuellement d’ici à 2010-2011. Toutefois, a-t-il souligné, le développement africain doit également faire des avancées dans le secteur privé. C’est pourquoi le Canada, l’un des premiers pays à montrer qu’une gestion durable des ressources naturelles procure d’importants avantages économiques, a lancé le Partenariat minier africain.
En outre, grâce à la création d’un Fonds pour les transitions démocratiques, le Canada s’emploie à mieux répondre aux crises qui touchent les jeunes démocraties. Au cours de la dernière décennie, a indiqué M. McNee, nous avons aidé à la tenue d’élections libres en République démocratique du Congo (RDC), au Ghana, au Mali, au Mozambique, au Nigéria, en Tanzanie et en Zambie. Il a cependant regretté que des ratés aient été observés au cours de certains processus électoraux. Aussi, le Canada exhorte-t-il les gouvernements africains à tenir la promesse faite à leurs citoyens lors de l’adoption, en janvier 2007, de la Charte africaine pour la démocratie, les élections et la Gouvernance.
La délégation s’est ensuite dite fière de donner suite au NEPAD et au Mécanisme africain d’examen par les pairs et s’est réjoui de l’intégration de ces dispositifs aux travaux de l’Union africaine. Premier pays à apporter une contribution au Fonds d’affectation spéciale du Mécanisme, le Canada s’est engagé à verser 5 millions de dollars additionnels sur deux ans, de 2007 à 2009, pour aider à promouvoir l’adhésion au principe de la gouvernance démocratique. Prenant ensuite acte des progrès importants réalisés afin d’améliorer la situation de la paix et de la sécurité en Afrique, le Canada a annoncé un concours financier de 10,3 millions de dollars sur trois ans pour renforcer les capacités de police du maintien de la paix en Afrique, y compris pour la mise sur pied de centres d’excellence africains dans le domaine du maintien de la paix. Face à la détérioration de la situation humanitaire au Darfour, le représentant a exhorté toutes les parties au conflit à cesser les hostilités et à protéger les civils, ainsi qu’à faciliter les opérations humanitaires et le déploiement de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). Le Canada, a-t-il précisé, a apporté une contribution de plus de 477 millions de dollars depuis 2006 à la paix au Soudan. Le représentant a souligné l’importance de la tenue d’élections libres en 2009 prévue par l’Accord de paix global.
M. John McNee a ensuite estimé que la reprise des affrontements dans l’est de la RDC réduisait presque à néant les espoirs de paix et de stabilité qu’avaient fait naître le Communiqué de Nairobi, les Accords de Goma et l’entrée en vigueur de la Conférence sur les Grands Lacs. Il a exhorté les parties à respecter la légitimité étatique et la parole donnée par suite de la signature d’accords de cessez-le-feu.
M. MARTYM. NATALEGAWA (Indonésie) a déclaré qu’en Afrique, le développement et la paix « se fusionnaient », permettant ainsi de créer des conditions propices à des progrès continus. Il a estimé que cette situation était principalement imputable au travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP), pour ensuite rappeler que depuis 1960, l’Indonésie contribue de façon « significative » au maintien de la paix en Afrique. Il a ensuite estimé que le secteur privé devait participer au financement des activités de consolidation et de maintien de la paix, en reconnaissance du fait que le commerce ne peut être prospère en situation de conflit.
Le représentant s’est ensuite félicité de « l’intensification » de l’aide internationale au développement destiné à l’Afrique, relevant cependant que l’étendue des défis auxquels le continent africain est confronté exige toujours plus d’appuis et d’engagements. Il a notamment évoqué le fléau du VIH/sida, du paludisme et de la tuberculose, ainsi que les taux élevés de mortalité infantile, la pauvreté et le manque d’infrastructures. Au vu des crises actuelles, le représentant indonésien a estimé que la communauté internationale devait fournir le même appui à l’Afrique qu’elle avait accordé à l’Europe à l’issue des deux Guerres mondiales. Il a également insisté sur l’importance de la coopération bilatérale et trilatérale ainsi que de la coopération Sud-Sud. Le représentant a ensuite expliqué que grâce au Nouveau Partenariat stratégique Asie-Afrique, l’Indonésie participait au renforcement des capacités, au transfert de technologies et à la création de nouvelles variétés de riz mieux adaptées aux conditions agricoles de l’Afrique. Notre principal objectif est de permettre à l’Afrique de réaliser les OMD, a-t-il affirmé avant de conclure.
M. DUMISANI SHADRACK KUMALO (Afrique du Sud) a souligné que la crise actuelle a un impact direct sur le continent africain, en raison des prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole et des incertitudes sur les marchés financiers. Elle constitue une menace non seulement pour les résultats du NEPAD mais aussi pour les améliorations obtenues ces dernières années sur le continent. Les prix élevés des denrées alimentaires réduisent les revenus des plus pauvres, a-t-il dit. Les gouvernements africains se trouvent également sous pression pour tenir leurs engagements dans des domaines comme la santé publique ou l’éducation. En outre, la crise financière risque d’affecter la cohérence et la consistance des systèmes financiers et de commerce qui viennent en appui au développement, a-t-il ajouté.
M. Kumalo a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour soutenir le NEPAD afin d’empêcher que le fossé entre l’Afrique et les pays développés ne s’accroisse à l’avenir. Il est important que l’impact des politiques monétaires des pays développés, leurs politiques commerciales, en particulier leurs subventions commerciales, ne fassent pas reposer sur l’Afrique un poids financier et économique supplémentaire. Plus que jamais, le continent a besoin que la communauté internationale affiche une volonté politique sans équivoque pour appliquer d’urgence tous les engagements pris à l’égard de l’Afrique. Pour que le NEPAD soit un succès, un véritable partenariat entre l’Afrique et la communauté internationale est nécessaire, a-t-il insisté. Il a ainsi souligné l’importance, pour la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, de se penche sur un mécanisme d’examen de l’application des engagements pris, comme décidé lors de la récente Réunion de haut niveau.
Le représentant sud-africain a souligné que l’Union africaine a réalisé des progrès substantiels dans la prévention de conflits sur le continent et que la communauté internationale doit maintenant s’impliquer davantage, aux côtés des organisations régionales africaines, pour assurer une paix et un développement durables face aux crises et aux défis mondiaux. Selon lui, l’UA a pris toute la responsabilité de la paix et la stabilité en Afrique. Mais le continent a besoin d’un partenariat mondial. Le rôle de la communauté internationale doit avoir pour objectif de soutenir les priorités africaines dans la prévention de conflit, la gestion de conflits et de situation de postconflit, a-t-il expliqué. Le représentant sud-africain s’est également déclaré convaincu que la lutte contre le paludisme peut être gagnée par toutes les nations, en détruisant les moustiques à l’origine de la maladie, une politique que de nombreux pays développés ont adoptée.
M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a déclaré qu’en dépit de son dynamisme et de son potentiel, l’Afrique avait besoin du soutien du système des Nations Unies et de la communauté internationale pour réaliser les OMD. Il a affirmé que la promotion d’un système commercial équitable et ouvert serait en mesure d’aider l’Afrique à réaliser son développement économique. En outre, les partenaires et les donateurs de l’Afrique doivent tenir les engagements pris lors du Sommet de Gleneagles et renforcer le niveau de l’aide publique au développement, a ajouté le représentant, qui a aussi estimé que la réduction de la dette était indispensable pour permettre à l’Afrique d’éradiquer la pauvreté et d’atteindre la croissance. Il est également déterminant, a-t-il dit, que la communauté internationale apporte à l’Afrique un soutien technique et financier dans des domaines stratégiques comme l’agriculture, le commerce, les infrastructures de développement, la santé et l’éducation. Enfin, le financement du développement doit également porter sur les politiques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.
M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a déclaré que la réaction aux besoins de l’Afrique en matière de développement était un « test de maturité » pour l’humanité entière. Il a expliqué que bien que le Bélarus ne soit pas un pays donateur, il était prêt à examiner des façons « novatrices » d’investir en Afrique dans les domaines, notamment, de l’éducation, du commerce et de la technologie ainsi que grâce à la « considérable expérience » de son pays dans le secteur agricole. Le représentant a ensuite estimé que l’ONU devait procéder à une étude approfondie sur la fixation des prix des marchandises achetées en Afrique par des compagnies transnationales puis revendues sur les marchés internationaux. De son avis, l’ONU devrait également contribuer au renforcement du rôle et des capacités de l’Union africaine, en appuyant, notamment, son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant du Bélarus a également engagé les pays africains à participer au débat thématique de l’Assemblée générale sur l’accès aux technologies propres. Il a, par ailleurs, salué la décision prise lors du Sommet de l’Union africaine d’établir un plan d’action pour enrayer la traite des êtres humains. Le représentant a conclu en appelant l’Afrique et l’ONU à mettre en place une stratégie qui, fondée sur les leçons tirées dans la mise en œuvre du NEPAD, contribuerait à la réalisation des OMD.
M. TAHA MOHAMAD (Soudan) a rappelé que l’Afrique a réalisé des progrès notables depuis la mise en œuvre du NEPAD, ce qui témoigne de l’engagement des pays de la région à mettre le continent sur la voie du développement. Il a cependant souligné que l’Afrique demeure le seul continent à souffrir d’obstacles majeurs pour lutter contre la pauvreté et pour atteindre les OMD. En conséquence, il a plaidé pour des efforts concertés avec le NEPAD. Le représentant soudanais a expliqué que la réunion de haut niveau du 22 septembre dernier a constitué une étape importante pour renforcer le NEPAD. Selon lui, la Déclaration a souligné les engagements pris par les États Membres sur les besoins particulier de l’Afrique pour son développement. En conséquence, il a appelé à traduire les engagements en actes. Il a demandé à la communauté internationale de rendre plus équitable et plus inclusif le système économique mondial, afin de renforcer la participation de l’Afrique dans les marchés internationaux.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, le représentant du Soudan a plaidé pour un élargissement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Il a aussi demandé une augmentation de l’APD, en pointant le doigt sur les pays développés qui n’avaient toujours pas tenus leurs engagements. Le manque de prévisibilité de l’aide est un problème dangereux pour l’Afrique, a-t-il prévenu. Il a aussi rappelé que la moitié de la population mondiale souffre du paludisme. Des études, a-t-il précisé, ont établi un lien entre le réchauffement climatique et la propagation des moustiques qui transmettent la maladie. Il a conclu en prévenant que le ralentissement de l’économie mondiale, la hausse des prix des denrées alimentaires et les changements climatiques peuvent entraver la lutte contre le paludisme et la mise en œuvre du NEPAD. Il a ainsi plaidé pour un leadership clair dans le domaine du développement, afin de permettre des reformes du système commercial international. Il a réitéré son appel à l’accroissement de l’APD, tout en l’adaptant au principe d’appropriation nationale.
M. D. RAJA (Inde) a appuyé l’appel lancé, lors de la Réunion de haut niveau du 22 février dernier, par le Président de l’Union africaine, selon lequel la communauté internationale avait l’obligation morale d’assister l’Afrique dans ses efforts pour s’extraire du piège de la pauvreté. Pour sa part, l’Inde a toujours été engagée aux côté de l’Afrique, ce partenariat englobant les secteurs prioritaires des objectifs de développement. La Déclaration de Dehli et le Cadre de coopération entre l’Inde et l’Afrique, adoptés en début d’année, consacrent « notre quête commune de croissance économique et de développement durables ».
Les domaines dans lesquels l’Inde apporte en priorité son aide sont le renforcement des capacités, l’agriculture, le développement des infrastructures, la santé, la sécurité alimentaire et la coopération technologique, a indiqué le représentant. Il a annoncé l’augmentation par son pays de ses lignes de crédit pour l’Afrique, qui atteindront le montant de 5,4 milliards de dollars.
S’agissant plus précisément du renforcement des capacités, il a indiqué qu’actuellement, ce sont plus de 15 000 étudiants africains qui suivent un cursus dans une université indienne. En outre l’Inde entreprendra, au cours des cinq ou six prochaines années, de financer des projets dans les sciences, l’éducation, les technologies de l’information, l’agriculture et les énergies renouvelables. Le représentant a ensuite indiqué que lors du Sommet du Forum du partenariat entre l’Inde et l’Afrique, l’une et l’autre avaient décidé d’œuvrer ensemble à attirer l’attention de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur des questions telles que les subventions agricoles, en particulier au secteur du coton. L’Inde a fait une déclaration unilatérale de levée des droits de douane et de quotas pour les biens en provenance des 34 pays les moins avancés en Afrique, a précisé M. Raja.
Évoquant enfin la question du paludisme, il a estimé que les ressources, comme l’accès aux traitements, étaient inadéquats. En outre, a-t-il ajouté, les difficultés du monde en développement à reculer ce fléau soulignent la nécessité de changer de manière fondamentale les ADPIC, comme le souligne clairement la Déclaration de Doha. L’accès aux traitements est une partie fondamentale du droit à la santé, a-t-il lancé en conclusion.
Mme JANIL GREENAWAY (Antigua-et-Barbuda), qui s’est exprimée au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que la majorité des pays africains ne sont pas en voie d’atteindre les OMD, comme le soulignent les rapports du Secrétaire général. Ces documents nous rappellent pourtant que l’Afrique sait où elle veut aller et ce qui est nécessaire pour y arriver. La représentante a cité les propos du Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda, qui avait appelé la communauté internationale à rester concentrée sur les besoins et les défis du pays africains lors des prochaines conférences et sommets internationaux. Mme Greenway a aussi appelé la communauté internationale à ne pas détourner son attention de l’Afrique alors qu’elle est confrontée à la crise financière. Elle a souligné que les autres crises, comme les crises alimentaire et énergétique, ont un impact négatif sur le continent. Les pays africains pauvres, qui dépendent beaucoup de leurs exportations agricoles, sont les plus touchés par l’échec des négociations commerciales de l’OMC et la politique des subventions agricoles pratiquée dans les pays développés. La représentante a aussi souhaité qu’un mécanisme de surveillance des engagements des pays donateurs soit mis en place d’ici la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale.
M. UMARU B. WURIE (Sierra Leone) a tout d’abord passé en revue les divers éléments qui, de son point de vue, avaient permis de stabiliser les régions les plus volatiles d’Afrique. Il a notamment évoqué l’approche multidimensionnelle de l’ONU au maintien de la paix ainsi que la création de la Commission de consolidation de la paix et du Groupe des sages de l’Union africaine. Le continent est conscient de l’importance de renforcer la gouvernance démocratique, ainsi que le respect des droits de l’homme et de l’état de droit, a-t-il enchaîné, se félicitant ensuite des développements en Sierra Leone, dans la région des Grands Lacs, au Kenya et au Zimbabwe, tous porteurs, selon lui, des signes du relèvement socioéconomique de l’Afrique. Le représentant a ensuite espéré que les engagements pris il y a trois semaines lors des réunions de haut niveau sur le développement en Afrique se transformeraient en « actions concrètes ».
Ma délégation, a-t-il poursuivi, n’a cessé de rappeler à cette Assemblée l’importance d’appuyer et de renforcer les stratégies de prévention de conflit au lieu de participer à des opérations coûteuses de maintien de la paix. Il a demandé le renforcement de la mise en œuvre du Programme décennal de renforcement des capacités de l’Union Africaine et de l’ONU. Il a également engagé la communauté internationale à intensifier ses efforts pour limiter le commerce et le transfert d’armes en zones de conflits en appuyant, notamment, la Convention de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes. Le représentant a également estimé qu’il importe de renforcer les capacités humaines et institutionnelles de l’Afrique et de l’aider à gérer le problème de sa dette extérieure. Il a enfin mis l’accent sur la nécessité de fournir des sources de financement « prévisibles et novatrices ».
M. JASEM IBRAHIM AL-NAJEM (Koweït) a salué, entre autres, les efforts des pays africains visant à intégrer les priorités du NEPAD dans leurs politiques nationales, à établir un mécanisme institutionnel cohérent, à lutter contre la corruption et à consolider la démocratie. Il a cependant signalé que les effets négatifs des crises actuelles commençaient à se faire ressentir sur le continent africain. Le Koweït, a-t-il promis, n’épargnera aucun effort pour continuer d’appuyer les efforts de l’Afrique dans le domaine du développement. Il a indiqué que, depuis 1961, le Fonds du Koweït pour le développement économique avait financé des projets d’infrastructure dans des pays en développement à hauteur de 12 milliards de dollars. À l’instar des conclusions contenues dans le rapport du Secrétaire général, le représentant a estimé qu’au vu de l’actuelle crise alimentaire, les pays d’Afrique devaient augmenter leurs dépenses dans les domaines du développement agricole et rural et lancer une révolution verte dans le cadre du Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique. Il a également engagé les décideurs à promouvoir le commerce interafricain et l’intégration régionale.
M. Al-Najem s’est ensuite attardé sur la question de l’allégement de la dette et a indiqué que le Fonds du Koweït pour le développement économique contribuait à l’allégement de la dette extérieure de certains pays africains dans le cadre de l’Initiative PPTE. Il a ensuite estimé que le NEPAD devait être intégré aux activités de l’Union africaine. Il a également engagé les pays africains à appuyer le secteur privé et à encourager les pays donateurs à leur fournir l’appui économique et technique nécessaire pour développer ce secteur.
M. LIU ZHENMIN (Chine) a assuré que la Déclaration approuvée le 22 septembre dernier, lors de la Réunion de haut niveau, reflétait la volonté commune de tous les pays d’améliorer leur coopération et d’aider l’Afrique à réaliser son développement. Pour mettre en œuvre cette Déclaration, il est important d’écouter les voix de l’Afrique, de respecter ses points de vue, de s’adapter aux préoccupations du continent et de soutenir ses efforts de mise en œuvre de ses propres programmes, a-t-il souligné. Selon lui, le NEPAD a démontré la détermination des pays africains à se renforcer dans l’unité. Il a plaidé pour une collaboration main dans la main entre la communauté internationale et les pays africains, tout en signalant qu’il existait de nombreuses manières d’apporter de l’aide au continent.
M. Liu a appelé les pays développés à tenir leurs engagements envers l’Afrique et à élever leur aide au développement à 0,7% de leur PIB. Pour leur part, les pays en développement devraient continuer à renforcer leur coopération Sud-Sud, a-t-il déclaré. M. Liu a exprimé l’intention de la Chine de prendre des mesures efficaces pour appuyer le développement de l’Afrique et de promouvoir un nouveau type de partenariat stratégique entre elle et le continent africain. Nous continuerons, a-t-il dit, à fournir notre aide dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et de l’énergie propre. Nous continuerons aussi, a-t-il promis, d’aider l’Afrique dans la prévention et le règlement des conflits mais aussi dans la consolidation de la paix. Les Africains, a-t-il conclu, sont travailleurs et talentueux. Ils habitent un continent prometteur doté d’un énorme potentiel. La Chine, a conclu le représentant, est prête à travailler avec le reste du monde pour la paix, la prospérité et le développement de l’Afrique.
M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a déclaré que l’Afrique subirait de plein fouet les conséquences négatives des crises financière, alimentaire, énergétique et climatique actuelles. Au vu de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de Doha, a-t-il poursuivi, il importe de trouver de toute urgence les moyens de la surmonter et régler, entre autres, la question des subventions agricoles pratiquées dans les pays développés. Le représentant a également mis l’accent sur l’importance de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, avant de saluer la proposition d’étendre le Cadre de viabilité de la dette aux pays à revenu intermédiaire. M. Davide a ensuite passé en revue les principaux éléments du Communiqué ministériel du G-24 qui a été publié le 10 octobre dernier, signalant que la Banque mondiale devait accorder davantage d’attention aux besoins de l’Afrique subsaharienne. Il a également engagé les donateurs à doubler les ressources destinées à l’Afrique. Les besoins de l’Afrique en développement risquent d’être écartés voire même oubliés du fait du « complot » ourdi contre le continent par les crises actuelles, a lancé le représentant, en souhaitant que « ressources du multilatéralisme » soient exploitées pour identifier comment aller de l’avant d’une façon « claire, rationnelle et équitable ».
M. ASAD MAJEED KHAN (Pakistan) a rappelé les messages clefs envoyés par l’Assemblée générale le 22 septembre dernier, lors de sa Réunion de haut niveau sur les besoins de développement de l’Afrique. Il a cité notamment la nécessité de mener des actions intégrées, équilibrées et coordonnées pour mettre en œuvre les engagements pris en la matière par la communauté internationale. Il a aussi mentionné que, outre l’urgence qu’il y a à remplir tous les engagements pris au titre de l’APD, il faut aussi réunir d’autres ressources pour répondre aux besoins d’adaptation aux changements climatiques.
Le Secrétaire général a attiré l’attention sur les défis que rencontre la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, a noté le représentant, qui a apprécié les actions de soutien en faveur des organisations régionales et sous-régionales. Ces actions passent notamment par le renforcement des capacités de ces institutions pour mettre en œuvre le NEPAD et par une plus grande implication du secteur privé dans les projets du Partenariat. M. Khan a appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts afin de remplir les engagements pris pour mobiliser les ressources indispensables à la réalisation des OMD.
Pour le Pakistan, la meilleure façon de mettre l’Afrique sur les rails d’un développement rapide est de soutenir les investissements, d’élargir son accès aux marchés et de renforcer les capacités et les ressources humaines. Ce sont les trois piliers d’un partenariat stratégique entre l’Afrique et le reste du monde, a affirmé M. Khan. Le représentant a aussi mis l’accent sur l’importance des efforts visant à promouvoir la paix et un développement durables en Afrique, en particulier par le biais des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Le Pakistan est d’ailleurs un important pays contributeur de ces opérations en Afrique, avec 10 000 soldats déployés. Le représentant a conclu en soulignant que les échanges commerciaux entre son pays et le continent africain se chiffrent désormais à 1,8 milliard de dollars par an. En outre, le Pakistan a mis en place un programme d’assistance technique pour l’Afrique dès 1986.
M. AL-ASMARI SAAD (Arabie saoudite) a indiqué que son pays s’efforce de réaliser le développement au niveau international afin de mettre un terme aux souffrances des États concernés. Il a passé en revue les divers efforts déployés par l’Arabie saoudite dans ce domaine, notamment sa participation à la création du Fonds de la Banque islamique de développement pour résoudre le problème de la pauvreté. L’Arabie saoudite a également fait d’importantes contributions financières à la Banque africaine de développement (BAD), a précisé le représentant, ajoutant que le Royaume avait contribué à hauteur de 18 millions de dollars à des programmes de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Il a également expliqué que son pays avait annulé pour un montant de plus de 6 milliards de dollars les dettes de certains PMA. Avant de conclure, le représentant a indiqué que l’Arabie saoudite souhaite appuyer le NEPAD et honorer ses obligations internationales vis-à-vis du continent africain.
M. KAIRE MUNIONGANDA MBUENDE (Namibie) a estimé que la responsabilité du développement en Afrique incombait en premier lieu aux Africains. Il a signalé que les pays et les institutions du continent avaient fait de nombreux progrès dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, de la santé et de l’éducation. Il a également évoqué les technologies de l’information, la parité et la participation de la société civile. M. Mbuende a ensuite signalé que le rapport du Secrétaire général indique que sur les 60 millions d’euros promis au Fonds africain pour l’eau, seulement 19 millions avaient été versés tandis que l’APD destinée à l’Afrique est en déclin.
Convaincu du rôle des IED dans le développement, a-t-il poursuivi, la Namibie a créé un environnement favorable caractérisé par la bonne gouvernance et des incitations avantageuses. Le représentant a cependant signalé que des mesures supplémentaires étaient nécessaires pour garantir le transfert de technologie qui permettra de transformer les structures économiques et l’industrialisation du pays. Le développement durable est impensable sans de telles mesures, a-t-il déclaré, ajoutant par ailleurs que l’impasse des négociations commerciales dans le domaine agricole faisait perdurer le sous-développement et entravait les efforts de lutte contre la pauvreté.
Le représentant a ensuite déclaré que des mesures « audacieuses » étaient requises pour empêcher que le fardeau de la crise financière ne soit porté par l’Afrique. Il a demandé la création d’un mécanisme de financement de tous les secteurs clefs du développement. C’est la volonté politique du Plan Marshall qui a permis à l’Europe de se redresser après la Seconde Guerre mondiale, a-t-il rappelé, et nous aimerions voir le même engagement et la même passion de la part des partenaires de développement de l’Afrique.
M. PIRAGIBE DOS SANTOS TARRAGÔ (Brésil) a souligné que tous les États Membres étaient d’accord pour lever les obstacles qui empêchent la réalisation du potentiel économique des pays africains. Il a souligné que pour son pays, le NEPAD signifie partenariat. Nous avons compris le message et nous avons établi un partenariat étroit avec de nombreux pays africains fondé sur des objectifs économiques et politiques, a-t-il ajouté, avant de souligner les différentes facettes de la coopération du Brésil avec le continent. Il a notamment cité l’exemple de la coopération dans des projets de lutte contre le VIH/sida et l’inauguration, demain au Mozambique, d’une usine de fabrication d’antirétroviraux construite avec l’aide du Brésil. Le représentant a aussi cité l’ouverture, l’an dernier au Ghana, du premier bureau à l’étranger de « EMBRAPA », un institut de recherche pour l’agriculture, notamment. Le Brésil collabore également avec l’Afrique sur des projets de production d’énergie propre, notamment dans le domaine des biocarburants, a-t-il précisé.
M. GIDEON LINTINI (Zambie) a apporté son soutien aux objectifs du NEPAD qui s’efforce de placer l’Afrique à l’ordre du jour mondial et de catalyser la participation des institutions africaines dans la mise en œuvre de ses nombreux objectifs et programmes. Il a rappelé la signature, cette année, par son pays du Programme intégré pour le développement de l’agriculture africaine. Ce dernier se concentre sur la question des coûts élevés des intrants, de l’accès limité à la nourriture en raison de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires, du détournement de la production agricole pour créer des biocarburants et des effets des changements climatiques.
Dans le cadre du NEPAD, a-t-il indiqué, la Zambie travaille avec la Tanzanie et le Kenya sur un projet électrique qui devrait faciliter et augmenter la fourniture d’électricité en Afrique australe et orientale. M. Lintini a soutenu les efforts de la communauté internationale pour lutter contre la maladie, le virus du VIH/sida, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses. Pour son gouvernement, le contrôle du paludisme est une priorité depuis l’année 2000. En conséquence, il a appliqué la stratégie « Roll Back Malaria » qui a donné des résultats « remarquables ». Le représentant a cependant reconnu la nécessité d’intensifier les efforts pour réaliser l’objectif visant à faire de la Zambie un pays exempt du paludisme en 2015. Des ressources additionnelles sont nécessaires, a-t-il dit, avant d’appeler la communauté internationale à tenir ses engagements.
Mme ILEANA BÁRBARA NÚÑEZ MORDOCHE (Cuba) a souligné que la conviction la plus internationaliste de la Révolution cubaine a été de permettre à son pays d’être toujours aux côtés de l’Afrique. Aujourd’hui dans le cadre de l’intégration régionale, Cuba soutient fermement le NEPAD et l’Union africaine, a-t-elle assuré. Comme pays observateur de l’UA, Cuba continue à promouvoir la collaboration avec le continent et pour ce faire, a signé un Mémorandum d’accord avec la Commission africaine qui, a espéré la représentante, portera ses fruits à court terme sous la forme d’un échange et d’une coopération renforcés dans divers domaines. Face aux défis auxquels est confrontée l’Afrique, le financement du développement, la représentante a estimé seule la volonté politique importe pour passer au-delà « des fausses promesses ».
Mme Núñez Mordoche a promis que son pays continuera à apporter son soutien à l’Afrique, comme par le passé. Aujourd’hui, a-t-elle indiqué, 1 900 médecins cubains travaillent dans 35 pays africains et 2 253 jeunes de 45 pays africains effectuent leurs études à Cuba. À ce jour, Cuba a formé plus de 32 000 Africains. Paraphrasant le Premier Vice-Président de Cuba, elle a conclu: « il est temps d’arrêter la rhétorique. « Le sort de l’Afrique ne s’améliorera pas avec des condoléances, des lamentations et une charité minimale, alors que des fortunes sont dépensées dans les pays du Nord sur des objets luxueux et extravagants. Il faut désormais de nouvelles relations de solidarité et de pleine coopération avec nos frères africains. » La représentante a donc jugé essentiel d’établir un nouvel ordre international, devenu d’autant plus nécessaire que l’ordre actuel a plongé 80% de la population mondiale dans la pauvreté et la faim.
M. PAUL BADJI (Sénégal) a relevé que le rapport du Secrétaire général concluait à « des progrès significatifs dans la mise en œuvre du NEPAD ». Les mesures prises par l’Afrique dans le cadre du Mécanisme d’évaluation intra-africaine, de l’édification de la grande muraille verte et de la mise en place d’une connexion des États africains par réseau haut débit sont là pour le confirmer, a-t-il ajouté.
Ainsi, s’agissant du Mécanisme d’examen par les pairs, 29 pays africains y ont à ce jour adhéré, parmi lesquels 14 sont bien avancés dans le processus d’évaluation les concernant. Concernant la grande muraille verte, il s’agit d’une barrière que le continent s’est engagé à dresser contre l’avancée du désert sur une distance de 7 000 kilomètres de Dakar à Djibouti, s’est expliqué le représentant. Le caractère novateur de ce projet du NEPAD, est que chacun des pays traversés par la muraille assume la responsabilité de sa réalisation sur son territoire en engageant ou en recherchant les ressources nécessaires à cet effet, a-t-il précisé. Enfin, le réseau à fibre optique que la Commission cyberAfrique du NEPAD s’emploie à mettre en place pour réduire la fracture numérique dont est victime l’Afrique est également, selon lui, un exemple de la bonne marche de ce Partenariat.
Toutefois, les difficultés ne manquent pas et risquent, à terme, d’hypothéquer les chances de succès du NEPAD. Du côté des pays africains, la tenue d’un Sommet en avril dernier a permis de réorienter les objectifs du Partenariat et de le mettre, « de nouveau sur les rails ». Du côté des partenaires de développement, les difficultés n’ont également pas manqué dans la mesure où les contributions effectives sont encore largement en deçà des promesses faites par les bailleurs de fonds. Le Sénégal espère que les décisions qui seront prises à Accra le mois prochain, et à Doha pendant la Conférence internationale de suivi du financement du développement permettront de conjurer cette menace, a conclu le représentant.
Cependant, le représentant du Sénégal a souligné que seule une Afrique débarrassée des pandémies comme le paludisme, qui a fait 880 000 victimes en 2006, serait en mesure de tirer pleinement parti des opportunités offertes par le NEPAD. Face à ce danger, le représentant s’est dit d’avis que la démultiplication du projet des « Villages du Millénaire » à travers tout le continent pourrait apporter une contribution décisive.
M. DESALEGN ALEMU (Éthiopie) a souscrit aux indications du Programme du NEPAD qui mettent l’accent sur l’importance de la résolution des conflits. Il a ensuite estimé que les capacités de maintien de la paix de l’Afrique devaient bénéficier de plus d’appui de la part des Nations Unies. Relevant que l’Union africaine jouait un rôle important dans la prévention des conflits et la médiation, il a prôné une plus grande coordination entre les activités de cette institution et les organes pertinents de l’ONU, notamment le Conseil de sécurité.
Le représentant a ensuite indiqué que la partie du rapport du Secrétaire général qui traite de la situation entre l’Éthiopie et l’Érythrée contient une erreur relative à la résolution 1827/2008 du Conseil de sécurité. Le texte de la résolution ne contient pas le libellé « non-respect de l’arbitrage de la Commission indépendante du tracé de la frontière », a-t-il indiqué. Il a ensuite demandé au Secrétaire général de corriger le paragraphe B (3).
Abordant ensuite le problème du paludisme, le représentant a expliqué que 52 millions d’Éthiopiens vivent dans des zones à risque, lesquelles recouvrent 75% de la superficie du pays. Il a indiqué que son pays avait notamment adopté un plan stratégique quinquennal sur 20 ans qui s’aligne sur les objectifs de 2010 et de 2015 de la campagne « Roll Back Malaria ». Le paludisme n’est pas uniquement un problème de santé mais est également un problème de développement, a-t-il déclaré, précisant ensuite que le Ministère de la santé dirigeait l’Équipe de contrôle du paludisme. L’accès aux mesures préventives est gratuit dans les zones ciblées et le nombre d’épidémies s’est fortement réduit, a-t-il indiqué, ajoutant que le nombre de personnes à la recherche d’un traitement contre la malaria avait baissé de 67%. M. Alemu a ensuite engagé la communauté internationale à augmenter les ressources nécessaires pour lutte contre le paludisme.
M. TOMMO MONTHE (Cameroun) a rappelé que la tenue le 22 septembre dernier d’une Réunion de haut niveau sur le développement de l’Afrique a constitué la preuve des résultats mitigés des manifestations de bonnes intentions, à chaque fois renouvelées, mais très peu concrétisées. Il a également souligné que toutes les études récentes ont confirmé que l’Afrique est loin de réaliser les OMD. Il a félicité le Secrétaire général pour la mise en place d’un Groupe de pilotage sur la réalisation de ces Objectifs. Selon lui, la concrétisation des 75 milliards de dollars préconisés pour que l’Afrique puisse atteindre les OMD nécessitera la poursuite et le renforcement d’actions courageuses dans le domaine du financement du développement, qui ont connu un reflux de 20,5% entre 2006 et 2007 pour l’Afrique.
Tout en signalant que la crise financière que traverse aujourd’hui le monde peut laisser planer des incertitudes sur une éventuelle hausse des ressources allouées à l’Afrique, le représentant du Cameroun s’est dit quelque peu rassuré par la volonté des partenaires de développement de l’Afrique, à la lumière de leurs récentes déclarations. Par ailleurs, il a signalé que le soutien international au NEPAD ne saurait se confiner au volume et à la qualité de l’aide. Il implique également la mise en place d’un système commercial multilatéral plus juste et donc un changement de l’architecture du commerce international. Selon lui, l’augmentation de la part des pays africains dans les exportations mondiales pourrait en effet générer des ressources substantielles pour le développement du continent. Il a aussi plaidé pour le raffermissement des conditions propices à l’afflux de capitaux privés vers l’Afrique.
L’accroissement des investissements directs étrangers est cependant conditionné par l’impératif d’un climat de paix et de sécurité, a-t-il souligné. Il s’est félicité de la prise de responsabilité sans cesse croissante de l’Union africaine et des organisations sous-régionales dans le domaine du maintien de la paix, de la prévention et de la résolution des conflits. Il a aussi souligné le soutien apporté par l’ONU. Le représentant a cependant demandé qu’un accent particulier soit mis sur la prévention des conflits. M. Tommo Monthe a réitéré que la responsabilité première du bien-être des populations africaines incombe en premier lieu aux Africains eux-mêmes.
Il a ainsi souligné le besoin d’adopter des politiques et des programmes réalistes, d’une bonne gouvernance, de lutter contre la corruption et d’enraciner les valeurs démocratiques dans l’agenda prioritaire des gouvernements. Le représentant a finalement demandé que les prochains rapports du Secrétaire général fassent ressortir clairement les mesures prises par les fonds, programmes et institutions spécialisées. Il est aussi important, a-t-il dit, de mettre en relief les actions spécifiques entreprises par diverses institutions pour renforcer les programmes, les structures administratives et les lignes budgétaires consacrées à l’Afrique.
M. JEAN-MARIE EHOUZOU (Bénin) a salué la synergie établie entre les divers acteurs nationaux, régionaux et internationaux pour poursuivre les objectifs par des initiatives cohérentes. Il a cependant demandé que la coordination soit renforcée en vue de permettre l’accélération de la réalisation des projets d’infrastructures inscrits au titre du NEPAD. Sur le plan de la dette extérieure de l’Afrique, le représentant béninois a noté une baisse constante de son volume au cours des 10 dernières années par rapport aux recettes d’exportation et au PIB. Face aux perturbations liées aux chocs extérieurs sur les pays africains, M. Ehouzou a appelé la communauté internationale à envisager des mesures exceptionnelles pour permettre aux pays de parvenir à un niveau d’endettement viable dans la durée.
Il a aussi regretté que la part de l’Afrique soit restée insignifiante dans le volume des investissements étrangers directs. La légère hausse risque d’être aggravée par l’actuelle crise du système financier international, alors que l’Afrique a fait des efforts considérables pour réaliser les réformes nécessaires afin d’améliorer l’environnement des investissements, a-t-il déploré. Il a souhaité que des mesures volontaristes soient prises par les partenaires de développement de l’Afrique pour consolider les avancées escomptées. Le représentant a souligné l’importance de la participation de l’Afrique au commerce international. Il a appelé à l’équité dans les accords entre partenariats économiques au cours de négociations avec les différents groupes régionaux africains. Son pays, a-t-il dit, soutient les recommandations du Secrétaire général pour la promotion de la coopération Sud-Sud.
M. Ehouzou a également demandé que les donateurs parviennent à débloquer les ressources promises. Il a ainsi manifesté son inquiétude face à l’évolution des chiffres relatifs à l’APD, en soulignant qu’une baisse considérable s’était produite ces dernières années. Dans le contexte de la crise financière, des ressources énormes sont nécessaires pour sauver des banques en difficulté, a-t-il rappelé. Ce sera autant d’argent en moins pour le financement du développement, a-t-il dit craindre. L’Afrique ne devrait pas faire les frais de la crise financière. Par conséquent, il a appelé les pays riches à mettre tout en œuvre pour remplir de manière soutenue leurs engagements envers l’Afrique, tout en appliquant les mesures préconisées pour promouvoir l’efficacité de l’APD, en dépit de la crise financière.
À propos de la lutte contre le paludisme, il a souligné le manque de ressources pour accélérer la protection des populations contre cette pandémie. Il a cependant expliqué que son pays a fait des efforts considérables dans ce domaine, notamment en distribuant gratuitement des moustiquaires et des médicaments antipaludéens. Le représentant béninois a aussi demandé que le développement de l’Afrique soit accompagné d’une politique volontariste dans le domaine de la prévention des conflits. Son pays s’est félicité que l’ONU se soit dotée de nouvelles structures pour offrir des appuis systématiques dans le domaine de la consolidation de la paix et de la médiation. Son pays plaide également pour la poursuite résolue de mesures qui permettront de créer en Afrique les conditions d’une paix et d’un développement durables, a-t-il conclu.
M. T. D. HART (Nigéria) s’est félicité que l’Afrique ait accompli des progrès, à travers le NEPAD, dans des domaines comme l’infrastructure, l’agriculture, la santé, l’éducation ou encore l’environnement. Il s’est également déclaré encouragé par l’allégement de la dette multilatérale et bilatérale qui se poursuit dans le continent. Ses résultats modestes n’auraient pas été possibles sans le soutien de la communauté internationale des Nations Unies et des partenaires pour le développement, a-t-il déclaré.
M. Hart a également salué le fait que les efforts de maintien de la paix de l’ONU aient permis, en collaboration avec l’Union africaine, de restaurer la paix et l’ordre dans la plupart des points chauds du continent. Les efforts de médiation et de prévention ont permis à l’ONU de contribuer à empêcher des conflits de s’étendre sur le continent. Le représentant du Nigéria a regretté que les négociations commerciales du Cycle de Doha n’aient pas abouti, avant de dénoncer le fait que les économies avancées continuent d’appliquer des pratiques commerciales injustes, comme les subventions agricoles, au détriment des agriculteurs pauvres africains.
Par ailleurs, M. Hart a voulu que les programmes d’allégement de la dette ne viennent pas se substituer à l’APD. Il a aussi sollicité de la volonté politique pour réactiver les négociations du Cycle de Doha, afin de les conclure avec succès. Il a appelé à la résistance devant les pratiques commerciales injustes, dans le contexte de la crise financière actuelle et la hausse des prix des denrées alimentaires.
À propos du paludisme, il a rappelé que cette maladie provoque toujours de nombreux décès en Afrique, avec un impact sur les ressources humaines du continent. Le représentant du Nigéria s’est cependant déclaré encouragé par la réponse apportée par la communauté internationale. En conclusion, il a appelé à la coopération de toutes les parties prenantes. Il revient aux Nations Unies de mettre en place des mesures, notamment un mécanisme pour réviser régulièrement si les engagements d’aide au développement sont tenus.
M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a estimé que la pauvreté économique et le manque de développement étaient les principales causes de conflits et d’instabilité. Ma délégation est convaincue qu’en Afrique, la paix et la stabilité pourraient être maintenues si des conditions propices au développement et à la croissance sont mises en place, a-t-il déclaré, indiquant ensuite que les pays africains avaient fait des avancées notables dans ce sens. Après avoir évoqué le travail du Mécanisme d’évaluation intra-africaine, le représentant a signalé que les investissements dans le secteur clef de l’infrastructure faisaient défaut. Relevant que le rapport du Secrétaire général met l’accent sur la nécessité pour les gouvernements africains de mener des réformes institutionnelles, M. Mahiga a estimé qu’il importe également de rehausser la capacité commerciale des pays en développement et de procéder à une réforme du système commercial international.
Il s’est ensuite félicité de la création du Groupe de l’appui à la médiation et a insisté sur l’importance d’appuyer l’Union africaine et les architectures de sécurité régionales en Afrique. Il a également salué le travail de l’Équipe spéciale interinstitutions pour la région des Grands lacs. Il a aussi engagé l’ONU et les partenaires intéressés à financer des projets de reconstructions par l’intermédiaire du Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction et le développement dont le travail débutera prochainement.
Mme ISMAT JAHAN (Bangladesh) a salué l’instauration du Mécanisme d’examen par les pairs qui signale l’engagement des pays africains en faveur de la bonne gouvernance. Elle a ensuite estimé que la communauté internationale devrait corriger les disparités commerciales et élargir les opportunités de l’Afrique. Dans ce contexte, elle a appelé les pays développés à conclure le Cycle de négociations de Doha en prenant en compte les besoins des pays africains et des PMA. Mme Jahan s’est ensuite déclarée préoccupée par le fait que, depuis 2005, le ratio APD/PIB des pays développés ait décliné de 0,28%. Elle les a encouragés à renforcer de manière significative cette aide, conformément aux engagements pris à Gleneagles et à soulager les pays africains du fardeau de la dette.
S’agissant du paludisme, la communauté internationale doit continuer d’innover pour endiguer ce fléau, en particulier en mettant au point des traitements, des insecticides et des vaccins. En outre, les transferts de technologie devraient être facilités pour permettre aux pays africains d’avoir accès aux traitements dont ils ont besoin. Rappelant ensuite que près de 10 000 soldats bangladais servaient à l’heure actuelle dans les opérations de maintien de la paix, la représentante a indiqué que son pays était fermement engagé en faveur du maintien et de la consolidation de la paix en Afrique. Enfin, dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le Bangladesh a entrepris des initiatives couronnées de succès ces dernières années dans les domaines du microcrédit, de l’éducation non traditionnelle et de l’autonomisation des femmes, a-t-elle rappelé.
SOURCE : NATIONS UNIES
LA PLACE DES PAYS EN DEVELOPPEMENT DANS LA MONDIALISATION
LA PLACE DES PAYS EN DEVELOPPEMENT DANS LA MONDIALISATION : LA CNUCED PRESENTE LES DERNIERS CHIFFRES
La nouvelle édition du Manuel de statistiques[ 1], que la CNUCED rend public aujourd'hui, permet de décrypter les dernières tendances de la mondialisation dans les domaines du commerce international des biens et services, des flux financiers internationaux et des prix des produits de base.
Plus exhaustif que les versions précédentes, le nouveau Manuel intègre les premiers résultats de l'année 2006. Ces données récentes complètent les séries statistiques que la CNUCED calcule sur de longues périodes, certaines remontant à 1948. Ces séries comparables d’un pays à l’autre sont particulièrement utiles pour effectuer des analyses structurelles.
On y découvre que la valeur totale des biens échangés dans le monde en 2006 a atteint plus 12 000 milliards de dollars des Etats-Unis, ce qui représente globalement 1 850 dollars en moyenne par habitant. Les écarts restent cependant considérables d'un continent à un autre. Par exemple, les exportations par habitant sont de moins de 300 dollars en Afrique contre un peu plus de 10 000 dollars en Europe. Bien que la progression du commerce des pays en développement soit toujours plus forte que celle des pays
développés, les écarts en matière de participation au commerce mondial montrent que le fossé entre pays développés et en développement est loin d'être comblé.
Cette version du Manuel de statistiques, disponible en version imprimée ou électronique (DVD et Internet), est également plus pratique. Grâce à une présentation harmonisée, elle permet de découvrir nombreux faits en un coup d'œil ou un click :
- Forte progression en 2006 des exportations de biens (17,6%) et de services (12,9%) par les pays en développement; mais à un rythme moins soutenu qu'au cours des deux années précédentes;
Peu d’échanges interafricains
-Progression régulière de la part des échanges régionaux dans le commerce total des marchandises. Cependant, les écarts restent considérables. Ainsi, en 2005, les échanges intra-régionaux se sont élevés aux deux tiers du total des échanges de l'Union européenne, à 26% de ceux de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), à 13% pour le Marché commun sud-américain (MERCOSUR) et seulement 9% pour la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO);
- Le commerce Sud-Sud se renforce, essentiellement en raison des flux à destination ou en provenance de l'Asie, et surtout entre pays d'Asie:
- En 1995 sur un montant de 1 400 milliards de dollars d'exportations à destination des pays du Sud, 40% viennent d'autres pays en développement, dont 2% d'Afrique, 5% d'Amérique et 33% d'Asie. Dix ans plus tard, la situation est quasiment identique pour l'Afrique (3%) et inchangée pour l'Amérique (5%) alors que l'Asie assure désormais 45% des exportations vers les pays en développement.
- Le boom des exportations vers l'Asie se fait surtout dans le cadre d'échanges entre les pays de la région qui représentent 53% des exportations vers l'Asie en 2005 contre 41% en 1995, les continents africain et américain ne réussissant à occuper chacun que 2% du marché asiatique (1% en 1995), essentiellement grâce au commerce des produits de base;
- Ce sont dans les pays de l'Asie de l'Est et du Sud-est que l'évolution des termes de l'échange est la moins favorable, confirmant la tendance qui avait été analysée dans le Rapport sur le commerce et le développement 2005 de la CNUCED;
- Presque 60% des diodes, transistors, circuits intégrés et tubes cathodiques exportés viennent de pays en développement, soit une part de marché qui a augmenté de 50% par rapport à 1995;
- Les exportations des pays les moins avancés se concentrent sur une palette de produits plus restreinte, ce qui peut être un facteur de vulnérabilité;
- Près des deux tiers de la flotte marchande (en tonnes de port en lourd) arborent un pavillon qui les immatricule dans un pays en développement, soit quasiment deux fois plus qu'il y a 30 ans ; toutefois, les Bahamas, le Libéria et le Panama, qui sont des pays de libre immatriculation, représentent 58% de la flotte des pays en développement et 37% de la flotte mondiale;
- En 2005, les réserves en devises des pays en développement pouvaient financer 8 mois de leurs importations contre 5 mois trente ans plus tôt;
- En 2005, le Bangladesh et les Philippines ont reçu de leur ressortissants travaillant à l'étranger des sommes représentant 41% et 30% de leurs exportations totales de biens et services;
Balance de paiements : l’Asie tire son épingle du jeu, l’Afrique non
- Depuis une dizaine d'années, le solde du compte courant de la balance des payements des pays en développement d'Asie est positif. En 2006, il représentait 6,7% de leur Produit intérieur brut (PIB). La tendance est inverse pour les pays développés, en particulier pour les Etats-Unis dont le solde s'affiche à - 6,4% de leur PIB:
Faibles taux d’investissements directs
- Les flux d'investissement directs vers les pays en développement représentent 3% de leur PIB en 2005, soit le double des flux d'IED dans les pays développés;
- Avec 5,2% de hausse annuelle moyenne du PIB par habitant en valeur réelle de 2000 à 2006, l'Asie se détache nettement des autres pays en développement (4,0%) et du monde (1,8%);
- L'indice des prix des produits de base calculé par la CNUCED montre un doublement des prix à la fin du 1er trimestre 2007 par rapport à l'année 2000. Cet indice, calculé en fonction de la structure des exportations des pays en développement, reflète la hausse des prix des minéraux, minerais et métaux observée depuis le début de la décennie et, dans une moindre mesure, de celle des produits alimentaires et des matières premières d'origine agricole.
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Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse Panafricaine.
Envoyé par : "PRESSE PANAFRICAINE - Le Conseiller Sp" appa.org@wanadoo.fr appa_org Vendredi 13. Juillet 2007 12:10 <http://www.capefran ce.com/fr/ cape/association s/24.html> avec texte Ceci est un communiqué de presse COMMUNIQUE DE PRESSE UNCTAD/PRESS/ PR/2007/018*12 juillet 2007 Original: Français
Les inter titres en rouges sont du Pangolin
A propos des profits colossaux du pétrolier français Total et sa politique en Afrique.
A l’heure où les grandes entreprises françaises cotées à la bourse de paris dans le CAC 40, publient tour à tour leur résultas records pour l’année 2006, une vive polémique vient d’être soulevée à propos des bénéfices de Total.
La compagnie Total qui extrait l’essentiel de son pétrole dans le golfe de guinée se place en tête avec un bénéfice nette de 12,585 milliards d’Euros, loin devant ses poursuivants immédiats comme le groupe bancaire BNP Paribas avec une estimation de 7,381 milliards d’Euros, le groupe pharmaceutique et chimique Sanofi-Aventis 7,040 milliards d’Euros.
Il est à souligner que les bénéfices de la compagnie Total sont en augmentation de près de 5%
Compte tenu de la pression économique et le chômage, la pauvreté grandissante en France et dans des proportions énormes en Afrique, on devait s’attendre à ce que ce genre de bénéfice suscite une polémique en pleine campagne électorale et débat sur le dérèglement climatique.
Les candidats à l’élection ont été obligés de se positionner pour faire écho aux clameurs des consommateurs français qui pensent que ce bénéfice record s’est fait sur le dos du fait de l’augmentation du prix des carburants, en effet le super sans plomb a bondi de 20,1%, le fioul de 51,6% entre janvier 2004 et janvier 2007.
Le candidat José Bové serait le seul à introduire dans cette polémique une dimension internationale en relevant que ces bénéfices se feraient sur la spoliation des Africains. Faisant du débat économique de redistribution franco-française un problème Nord-Sud d’équité et de démocratie.
C’est pourquoi il importe d’analyser cette polémique sur deux niveaux de compréhension, c’est-à-dire au niveau français et celui des relations internationales.
Au niveau français le débat serait plus culturel. Tout d’abord on voit resurgir le fantasme de l’élite française qui aurait un problème avec l’argent et l’entreprise. Ce sont les réminiscences de la religion catholique qui a toujours vu d’un mauvais l’argent.
Aux Etats-Unis de tels bénéfices auraient été salué par l’ensemble de la presse et de l’élite politico-économique.
En France du fait de la culture, on supporte mal de tels bénéfices car l’idéologie de l’Etat providence persiste fortement chez l’élite et les politiques français.
Curieusement la population vote pour l’ultralibéralisme, donc moins d’Etat dans les affaires économiques et que la fonction redistributive des richesses serait remplie par le marché et la bourse et non par l’Etat. C’est pourquoi il est important de rappeler que la société Elf que Total avait avalé il y a quelques années avait été auparavant une société d’Etat, créée par le général De Gaulle pour assurer l’indépendance pétrolière de la France qui venait de perdre sa principale grande source d’approvisionnement avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.
Il fallait trouver d’autres sources d’où le redéploiement de la France dans les pays du golfe de Guinée (Cameroun, Congo et Gabon).
Si cette société était restée publique , ces bénéfices auraient alimenté les caisses de l’Etat Français qui enregistre un déficit public record de près de 65 milliard d’Euros . Avec une progression de 5% par an de telles bénéfices en moins de 5 ans pouvaient rembourser la dette française . ( Trêve de réflexion , ce n’est qu’une supposition) les dirigeants de Total ont évidemment répliqué en évoquant des raisons de compétitivité , soit-disant que total ne serait plus compétitifs ce que réfutent les partisans d’une taxation de 1 milliard d’euros pour financer des programmes prédestinés à déduire la dépendance pétrolière de France .
L’institut COE- Rexecode quant à lui en montrant que les « bénéfices proviennent pour plus des 50% de l’étranger » et explique que les entreprises française champions du CAC 40 s’empêchent à publier les résultats par pays avec leurs activités , car dans le cas pétrolier selon Jean-Louis Schilansky de l’union française des industries pétrolières « l’extraction ne concerne que les pays producteurs » et d’expliquer dans l’article publié dans le quotidien gratuit métro du jeudi 15 février 2007 que la taxation des profits pétroliers entraînerait le départ de ses sociétés de la France .Ce qui démontre que Total bien qu’étant privé se comporte comme une société national s’impliquant dans la stratégie énergétique de la France , d’où les soutiens dont il bénéficie de la part de l’Etat français qui lui accorde des libertés d’action dans les pays où il extrait le pétrole .
Ce qui nous amène à examiner l’autre niveau , celui des pays pétroliers .Comme Total ne publie pas les résultats de son activité par pays . On peut supposer que comme plus de 50% de ses profits proviennent de l’étranger et que cela concerne l’extraction , cela laisser donc penser pour Total qui à l’essentiel de sa production dans le Golfe de Guinée notamment les pays suivants Angola, Congo, Gabon ou comprend aisément pourquoi cette compagnie prête mains fortes et armes aux dictateurs de ces trois pays . Il y a lieu de s’interroger sur le double discours des occidentaux, de CHIRAC notamment qui avoue par le pillage de l’Afrique , à propos de ces bénéfices qui se font au détriment du sang des africains .
Pendant que Total qui détient plus de 65%de la production pétrolières d’un pays comme le Congo (à peu près dans les mêmes proportions au Gabon) ou a du mal à comprendre et admettre que les peuples de ces pays acceptent un tel Etat des choses , qui leur impose des dictateurs et les confirme de plus en plus à la misère.
Certains esprits se demandent même comment sont les Africains et n’hésitent pas à parler de malédiction.
Les profits de Total qui profiteront aux retraités américaines et trésors français ( par le biais de l’impôt , par le biais des fonds de pensions qui détiennent près de 40% des actions Total) , devraient inciter les élites et les vrais acteurs congolais à mettre en accusation Total et réclamer de cette compagnie beaucoup de respect et de dignité .
En effet comment ne pas s’indigner quand les congolais vivent dans la misère.
70% des congolais vivent avec moins de 1 dollars soit 0 ,77 euros . Or il suffirait seulement que Total donne 150 millions d’euros par an soit (150x650) de F CFA pour que les enfants congolais puisent se soigner , aller à l’école et manger à leur faim. Vous remarquerez que 150 million d’euro ne représentent que 1% des bénéfices de Total .
La société civile congolaise à le devoir impérieuse de réclamer une taxation de 1% des bénéfices de Total pour financer le social et l’économie pour les jeunes (filles et garçons ) les travailleurs congolais de cette société ont un devoir de solidarité avec leurs compatriotes .
20 novembre et l’Afrique journée mondiale de l'enfant?
Hier 20 novembre 2006 comme chaque année le monde entier a célébré la journée de l’enfance.
Cette célébration décidée par les instances des Nations Unies bénéficie de l’écho médiatique mondial au même titre que la journée de la femme.
Pour ma part je pense que c’est un autre gadget inventé par les puissants pour endormir les faibles de la planète et aussi se donner bonne conscience. C’est ainsi que dans tous les pays on fait le bilan de ce qui a été fait en faveur des enfants et aussi de ce qui doit être fait.
En Afrique avec les taux de mortalité records que l’on connaît, les gouvernements de la plupart de ces pays ayant signé la charte des droits de l’enfant, se sont tous gargarisés de prétendues évolutions faites en direction de l’enfance pour certains et pour d’autres ils ont déployés de trésors d’imagination pour refuser la réalité des choses qui leur incombe en matière de responsabilité.
Le Tiers-Monde dans la mondialisation (LES CHIFFRES DE LA DETTE 2005)
source CADTM www.cadtm.org [Abréviations : M = millions, Mds = milliards]
1.1Population et richesse
|
Tiers-Monde |
Ex-bloc soviétique |
Pays riches |
Monde |
Population en 2003 |
80 % |
6 % |
14 % |
6,3 Mds habitants |
PIB en 2003 |
19 % |
3 % |
78 % |
36 000 Mds $ |
PIB par habitant |
1 410 $ |
2 950 $ |
31.000 $ |
5 800 $ |
Source cadtm
1.2 Les inégalités dans le monde
Part de la population la plus pauvre dont le revenu est égal à celui des 1 % les plus riches : 57 %
Rapport entre le revenu des 5 % les plus riches et des 5 % les plus pauvres : 114
Nombre de personnes vivant avec moins de 2$ par jour : 2,8 milliards
Nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour : 1,2 milliard
(Population africaine en 2000 : 770 millions)
|
1990 |
2000 |
2015 (prév.) |
nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour en Afrique |
242 millions |
300 millions |
345 millions |
Source cadtm
C’est ainsi que le gouvernement du Niger a fait parler de lui en refusant de diffuser les chiffres du rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à propos de l’indice de développement et du traitement des enfants. Cette attitude anachronique appelle à quelle analyse de notre part ?
Les lacunes du développement humain (Rapport PNUD 2003)
Nombre de personnes souffrant de la faim dans les PED : 799 millions.
Nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le primaire mais n’allant pas à l’école : 115 millions (sur un total de 680 millions), dont 3/5 sont des filles
Nombre d’adultes illettrés dans le monde : 876 millions, dont 2/3 sont des femmes
Nombre d’enfants morts chaque jour de maladies facilement curables : 30.000.
Nombre de femmes mourant chaque année de complications liées à une grossesse : 500.000
Nombre d’individus infectés par le virus du sida : 42 millions dont 70% en Afrique subsaharienne
Espérance de vie au Botswana : 65 ans en 2000 ; 31 ans en 2005
Espérance de vie au Zimbabwe : 53 ans en 2000 ; 27 ans en 2005
Nombre de décès annuels à cause du paludisme : 1 million, dont 900 000 en Afrique
Nombre de décès annuels à cause de la tuberculose : 2 millions
Nombre de décès annuels d’enfants de moins de 5 ans à cause du paludisme : 700.000.
Nombre de personnes n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés : 1,1 milliard
Nombre de personnes privées d’infrastructures sanitaires correctes : 2,4 milliards
Nombre de décès annuels à cause de diarrhées : 2,2 millions
Les riches sont de plus en plus riches
Nombre de milliardaires en dollars en 2005 : 793
Leur patrimoine cumulé : 2 600 milliards de dollars
En 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays les moins avancés, où vivent 650 millions d’individus
Pour ma part je crois qu’elle est logique, car la quasi majorité des gouvernements africains ont fait le choix de soumettre leurs populations aux diktats du Fonds Monétaire International (FMI) et des autres institutions financières du grand capital qui se cachent sous le vocable de la communauté internationale.
Le gouvernement de Niamey s’est illustré en ce début de mois de novembre par le refus du débat sur la pauvreté et ses causes internationales, en expulsant un militant du CADTM (Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers-Monde).
On ne comprend toujours pas pourquoi une ONG qui lutte pour l’effacement de la dette soit en désaccord avec un gouvernement africain.
Pour le comprendre , il faut remonter au début des années 1990, où certains pays du Tiers-Monde avaient menacé de ne plus payer leur dette, la grande majorité de ces pays étaient des pays de l’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Vénézuala, Bolivie ) et d’Asie (Indonésie et Inde en particulier). Cette menace était fondée sur le principe de légitimité des pouvoirs ayant contracté ces dettes. Car ce sont des dictatures militaires qui ont contracté toutes ces dettes qui mettent en esclavage les paysans et pauvres du Tiers-Monde.
A cette époque l’Amérique latine rentrait dans la démocratie, le harcèlement des guérillas militaires et les luttes des organisations syndicales commençait à avoir raison des dictatures militaires, par exemple l’Argentine, le Nicaragua, et le Panama qui avaient opté pour de véritables élections.
Et comme l’Afrique elle aussi entreprenait sa mutation vers la démocratie, les pays du Nord qui depuis lors avaient institué la dette en système de captivité et d’esclavagisme des populations du Sud, se sont inquiétés d’une situation au cas où à la suite des vraies élections, des gouvernements disposant de véritable légitimité pourraient à raison refuser de consacrer leurs efforts au service de la dette.
Nous étions dans la période des conférences nationales et de la libération du Grand Madiba Nelson Mandela en Afrique du Sud. Le Nigeria et le Ghana après des périodes de guerre optaient pour des élections comme de médiation pour conquérir le pouvoir central. Il était donc naturel qu’un débat s’ouvre sur la question du remboursement de la dette. Je crois que ce n’est pas ringard pour nous Africains de rouvrir ce débat qui fut à l’époque compte tenu des rapports de force clos à la faveur d’une acceptation servile pour le remboursement de la dette du Nord. Plusieurs analyses, publications des chiffres rapportent que le Sud a déjà payé sa dette plusieurs fois.
Les PED ont remboursé presque 10 fois ce qu’ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5.
Le transfert net sur la dette (différence entre prêts reçus et remboursements totaux)
5.2.a Transfert net global
Transfert net (en Mds $) |
En 2004 |
1999-2004 |
Amérique latine |
-34 |
-264 |
Afrique subsaharienne |
-0,2 |
-21 |
Moyen-Orient et Afrique du Nord |
-6 |
-42 |
Asie du Sud |
-1 |
-30 |
Asie de l’Est |
-3 |
-161 |
Ex-bloc soviétique |
+25 |
+32 |
Total |
-19 |
-486 |
Source cadtm
A l’époque les élites africaines ont accepté de garantir le remboursement de la dette, ce fut le pacte de la soumission et depuis lors plus aucune voix ou parti politique ne s’élève pour soulever la question de la légitimité de ces dettes qui n’ont jamais bénéficié aux Africains.
Comme le montre ce tableau.
Comparaison de plusieurs montants entrants ou sortants des PED en 2004
APD |
+ 78 Mds $ |
Rapatriement des multinationales |
- 104 Mds $ |
Envoi des migrants |
+ 126 Mds $ |
Service de la dette |
- 374 Mds $ |
Source cadtm
Il était donc normal que le gouvernement du Niger fasse diversion, en déclarant qu’il contestait les chiffres publiés par le PNUD, au moins il avait déjà rempli sa mission empêcher le peuple du Niger d’avoir accès aux éléments et faits qui pourraient les émanciper face aux mensonges de leurs gouvernants.
Deuxième enseignement que l’on peut tirer de ces actes que l’élite africaine et les partis dits d’opposition sont en fait d’accord pour perpétuer le système captif mis en place par ses institutions.
Je demande donc aux internautes d’aller sur le site de l’Ong CADTM www.cadtm.org afin de télécharger ce document de 8 pages qui doit les édifier sur la spoliation et le pillage organisés de l’Afrique par la finance internationale.
ARCELOR – MITTAL STEEL suite et fin?
Le 26 juin 2006, le conseil du comité d’entreprise de la firme transnationale Arcelor donnait son feu vert pour un mariage avec l’indien de Mittal Steel. Les actionnaires de Arcelor venaient d’avoir raison de la vision de la direction et des propos méprisants des politiques occidentaux.
Ca y est après 5 mois de bataille boursière l’indien MITTAL STEEL a gagné son combat, même s’il avait des concessions pour ne pas fâcher la direction de ARCELOR cela étant dit il vaut mieux un mariage de raison que d’une guerre.
Cette fusion au plan historique dans les relations entre le monde dit « Occidental » et le reste du monde vient de prouver que le capitalisme n’a rien à voir avec la morale et la politique, même à l’intérieur des pays occidentaux. C’est le règne de l’argent facile et de l’individualisme qui prévaut. En somme ce qui a fait basculer les choses, c’est que les petits actionnaires ont accepté l’offre de l’Indien Mittal. En effet ces petits porteurs se voyaient offrir un bénéfice de près de 80% soit près de dix fois de gain que la bourse offre en temps normal. Dans ces conditions, il fallait être fou pour ne pas accepter d’apporter ces actions.
Pour mémoire avant l’offre d’achat des actions de Arcelor par Mittal, elles valaient au mois de novembre 2005 près de 18 euros (moins de 20 euros en janvier 2006) contre 36 euros en juin 2006.
Cette histoire montre que le patriotisme économique, ne tient pas un seul moment debout face au bon sens des règles élémentaires de l’économie et des finances vues au niveau de l’individu. .
Les actionnaires de ARCELOR ont préféré faire confiance à l’indien qui a réussi par la force du poignée qu’a l’oligarque russe qui s’est douloureusement enrichi sur les décombres de l’URSS .
Cette histoire nous autorise les enseignements suivants :
- Que les acteurs économiques des Pays en voie de développement ont la possibilité réelle de changer le monde, tout dépend de leur volonté.
- La politique n’a aucune influence sur la politique
- Le système de la bourse avec les petits actionnaires permet les Raids
- Que l’Occident n’est pas invincible





