• Contacter l'auteur
  • Envoyer à un ami
le pangolin
Derniers messages
  • Jackson 5 I Want You Back 1970
  • Jackson 5 I Want You Back 1970
  • Jackson 5 I Want You Back 1970
  • Téléjournal - Changer de teint au péril de sa vie
  • Voyage : Ils ont découvert l'Afrique à leur façon : propre et humaine
  • Mali : Teriya Bugu, village modèle
  • Paradis fiscaux : une liste biaisée
  • Comment le Parquet de Paris tente de sauver Bongo
  • Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
  • Santé maternelle et néonatale dans le monde :
Derniers commentaires
  • slt sur la photo "image004" de l'album "Voyage dans le Mayombe au Congo"
  • Je viens de passer 5 semaines en RC dont 15jours sur la photo "Arrivée à la Gare CFCO Les Saras (nom donné en mémoire des Saras déportés du Tchad pour la construction du chemin de fer Congo Océan)" de l'album "Voyage dans le Mayombe au Congo"
  • J´ai recu du courrier á propos de commentaire... sur Voyage : Ils ont découvert l'Afrique à leur façon : propre et humaine
  • I have been visiting various blogs for my term sur Comment le Parquet de Paris tente de sauver Bongo
  • I have been visiting various blogs for my term sur CORRUPTION : PLAINTE AU GABON
  • Testo sur CORRUPTION : PLAINTE AU GABON
  • Il est temps d´arrêter cette aberration de l´aide, grand temps. sur Voyage : Ils ont découvert l'Afrique à leur façon : propre et humaine
  • Hi sur Jackson 5 I Want You Back 1970
  • mauvais exemple sur L'ethnie et/ou la tribu : question idéologique?
  • MPLA DE CONACRY ET A LEUR POSTÉRITÉ sur La question du tribalisme et/ou de l'ethnie doit-elle être au centre des questions politiques en Afrique?
RSSFlux RSS des messages
RSSFlux RSS des commentaires
Newsletter
« mai 2012 
dimlunmarmerjeuvensam
  1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31   
le pangolin
>
Catégories
>

Panafricanisme

14 mars 2008

Les Etats-Unis d'Afrique ou les Ânes Unis d'Afrique?

Pour alimenter le debat sur le panafricnisme je viens vous donner à lire un texte pertinent qui soulève plus de problèmes que de solutions, pas pour créer des obstacles mais pour accélerer selon ce panafricanisme que nous appelons tous de nos voeux. je vous demande de bien comprendre laz subtilité et la pertinence de ce texte.

N'hesitez pas à réagir  comme d'habitude.

LES ETATS-UNIS D’AFRIQUE   OU LES ANES UNIS D’AFRIQUE ?

Par Ayayi Togoata  APEDO-AMAH

ébut juillet 2007, le gang des dictateurs africains a organisé son traditionnel sommet annuel de l’Union Africaine à Accra au Ghana. Point essentiel de l’ordre du jour : la création des Etats-Unis d’Afrique. De l’extraordinaire tohu-bohu, nous avons retenu l’affrontement de deux camps irréconciliables : l’union tout de suite contre l’union par étape à partir des regroupements régionaux existants

Les Etats-Unis d’Afrique ici et maintenant est la plus grande ânerie politique qui m’ait été donnée à entendre depuis des décennies. Qui en sont les principaux bonimenteurs ? Kaddafi, le Libyen, et le bouffon du Sénégal, Abdoulaye Wade. Deux personnages pas sérieux pour un sou et qui, à la pratique, se révèlent comme les pires ennemis de l’Afrique. Il  s’agit d’une dangereuse opération de diversion visant à assouvir les délires mégalomaniaques de deux tyrans démagogues. Pauvres Togolais ! Les imagine-t-on se taper Wade et Kaddafi après avoir subi les Gnassingbe père et fils pendant quarante ans ? Ce serait du masochisme.

Pour mieux comprendre les enjeux mesquins et criminels que les ratés qui dirigent l’Afrique cachent à leurs concitoyens, il suffit de faire l’état des lieux de notre pauvre continent au cours de la première décennie du XXIe siècle, plus exactement en l’an 2007. Les maux de l’Afrique ont pour noms le refus du développement et la dictature néocoloniale

DU REFUS DU DEVELOPPEMENT  PAR LES DIRIGEANTS  POLITIQUES

Le bilan africain des pseudo- indépendances est affligeant : une gestion calamiteuse du bien commun par des prédateurs en col blanc ou en treillis militaire. La kleptocratie civile et militaire post –« indépendance » n’a accédé au pouvoir , à la suite des colons européens pillards, violeurs, menteurs fieffés , racistes et génocidaires, que pour s’accaparer de leurs privilèges crapuleux et criminels d’occupants ennemis.

Les conséquences de cette nouvelle occupation de l’Afrique par cette nouvelle race  de colons nationaux et parasitaires, se sont vite fait sentir : désillusion, naissance d’un lumpen- prolétariat, exode rural massif de paysans sans qualification vers des villes dépourvues d’infrastructures dignes de ce nom pour les accueillir, injustice sociale,  discriminations en tous genres, division des couches de la population dans le but de conserver un pouvoir illégitime, consolidation du concept de tribu au détriment du concept de nation ( Les fruits du travail collectif ne profitent majoritairement qu’à la tribu du chef de l’Etat cleptomane et bête comme ses pieds ), mouvements centrifuges des groupes d’intérêt ostracisés qui perçoivent le pseudo Etat néocolonial comme leur ennemi, sabotage passif des fonctionnaires, chômage, corruption à haute dose et faillite économique consacrée par les multiples programmes d’ajustement structurels à rallonge, vote des jeunes africains avec leurs pieds qui fuient vers les mirages de l’Occident en transformant la Méditerranée en cimetière marin, inflations et dévaluations en cascade, haine de l’armée « nationale » perçue par le peuple comme une armée d’occupation étrangère(parfois tribale et tribaliste)…

Cette kyrielle de maux, qui est loin d’être exhaustive, est symptomatique d’un gangstérisme politique dont l’unique objectif réel est l’enrichissement crapuleux des lampeurs de soupe qui se cooptent autour de la mangeoire que représente le pouvoir politique. Nous avons toujours pensé et continuons de penser qu’une véritable étude scientifique de la perception du pouvoir politique en Afrique par les populations serait une véritable mine de renseignements pour la réflexion sur la politique dans nos pays africains

Des sondages sommaires, dépourvus de caractère scientifique, que nous avons eu à effectuer au cours de nos réflexions sur la politique, tendent à confirmer l’idée selon laquelle dans l’imaginaire collectif, le pouvoir politique est considéré comme une source d’enrichissement personnelle pour l’individu qui y accède et sa famille voire son clan ou  son ethnie. Là où le bât blesse, c’est que cette conception crapuleuse de la politique semble aller de soi au sein de nos populations à telle enseigne que celui qui a une fois accédé au pouvoir et qui ne s’est pas enrichi, est souvent un objet de commisération  ou de la risée publique. Se servir du pouvoir pour s’enrichir semble faire partie de la norme sociale.

Le fondement de cette conception patrimoniale de la chose publique est l’impunité. Cette conception scélérate a été parfaitement illustrée par le tyran congolais Denis Sassou Nguesso sur Radio France Internationale lors de son séjour à Paris début juillet 2007. Sommé de s’expliquer concernant la plainte déposée contre lui et son compère gabonais Omar Bongo pour détournement de biens publics au sujet des appartements luxueux et des châteaux qu’ils possèdent en France, il donna une réponse à la fois naïve et cynique en forme d’aveu. Il s’étonna de cette plainte en se justifiant au prétexte que tous les dirigeants du monde possèdent des immeubles à Paris, notamment ceux du Golfe arabique. Il conclut en dénonçant le relent de racisme et de néocolonialisme de la plainte du collectif des ONG congolaises et françaises à son encontre.

Pas un mot du kleptocrate sur l’origine du magot qui lui a permis de s’offrir des châteaux sur le dos du malheureux  peuple congolais. A bas les jaloux !

Plus les cliques dirigeantes au pouvoir s’enrichissent, plus les peuples qui les subissent se clochardisent au point de mourir de faim. Au Togo, après la mort du dictateur Gnassingbe Eyadema, le magazine américain Forbes a évalué  la fortune amassée durant son interminable règne à 4,5 milliards de dollars soit environ 2500 milliards FCFA ! Cette information reprise par un journal togolais  n’a suscité aucun démenti officiel.

La faillite économique de l’Afrique est un constat  aveuglant. Les politiciens n’ayant d’autres ambitions que le vol, le pillage à l’instar des colons prédateurs qu’ils ont remplacés et qui continuent à leur servir de modèles, ne peuvent concevoir le développement de l’Afrique. C’est la raison pour laquelle ils se contentent de gérer le néocolonialisme pour le compte  des puissances coloniales  déguisées en « partenaires privilégiés » et en bailleurs de fonds. Gérer le néocolonialisme, c’est gérer le développement du sous-développement en bradant les ressources du continent aux prédateurs occidentaux et autres. Tel est le prix que ces dirigeants indignes doivent payer pour conserver leurs postes.

L’économie africaine, basée essentiellement sur la culture de rente, est complètement dévastée. Elle demeure aussi archaïque qu’à l’époque de l’invention de l’agriculture, il y a de cela dix ou quinze mille ans. Le paysan reste courbé, comme ses ancêtres primitifs, sur sa houe rudimentaire  à gratter le sol sous le chaud soleil. Le rendement à l’hectare est dérisoire. Pas d’irrigation, pas de tracteurs !

Les cultures de rente imposées naguère par les colons pour leurs besoins, ont même pris plus d’importance aujourd’hui que les cultures vivrières au détriment de l’alimentation de la population. Le Ghana et la Côte d’Ivoire sont en compétition pour occuper la première place

de producteur de cacao et se livrent pieds et mains liés au caprices des fluctuations du marché manipulé par les spéculateurs esclavagistes de Londres, Paris, New York, Tokyo…

Au début des années 1990, un planteur ivoirien de cacao pouvait s’acheter une Peugeot 404 bâchée avec la récolte de dix hectares ; au début des années 2000, avec la même superficie, il peut tout juste s’offrir les roues du même véhicule !

Contrairement aux discours méprisants et racistes des colonialistes occidentaux, qui qualifient les Africains de paresseux, ceux-ci sont de gros travailleurs. Mais ils vivent un paradoxe dramatique. Plus ils s’échinent à bosser dur, plus les fruits de leur labeur s’amenuisent ! Le tra vail qui appauvrit l’homme au lieu de l’enrichir, s’apparente à de l’esclavage ! Aussi sommes-nous fondé à parler du nouveau visage de l’esclavage en Afrique. A l’image du colonialisme qui a entrepris sa mue en Afrique sous les oripeaux du néocolonialisme, l’esclavage a lui aussi  revêtu un nouveau boubou puant de misère.

A l’image des pays, les universités sont devenues des îlots de contestation pour des étudiants souvent réduits à la mendicité et des enseignants-chercheurs sous-payés et exploités mais qui font souvent le jeu du pouvoir oppressif et illégitime par leur penchant maladif au carriérisme politico-administratif,  synonyme de prostitution, d’adhésion au réseaux mafieux d’influence fasciste ou néocolonialiste. Pour faire carrière, certains sont obligés de vendre leur âme au diable parce qu’ils aiment le confort et l’argent facile des postes pour lesquels ils sont cooptés et qui leur permet de voler le peuple ou de se faire octroyer des prébendes juteuses. Tous lorgnent en direction des strapontins ministériels. Quand ils atteignent leur but, quels ministricules minables ils font !

Le paradoxe de l’université africaine, c’est que contrairement aux universités des pays développés, elle n’est pas un outil de développement, mais une usine à fabriquer des chômeurs. Cela ne peut surprendre dans la mesure où elle n’est pas le fruit d’une réflexion d’un projet mûri de développement des pays africains. Faute d’être une locomotive, elle est un wagon, pire un chariot déglingué de fumier puant qu’il faut pousser à bout de bras avec des ahans terribles pour en dégager les roues engluées dans la gadoue de la cancrerie et des obscénités intellectuelles anti-universitaires.

Nos universités sont pleines d’universitaires mais elles sont désertées par l’esprit universitaire, celle qui justement permet d’émettre des réflexions sur l’outil de formation et de recherche qu’elle est par rapport à son environnement, par rapport aux grands axes de développement des pays. L’absence de vision prospective est la principale caractéristique des staffs universitaires généralement cooptés par la machine à magouilles des régimes en place. Au sein de cette racaille diplômée, l’on ne recherche pas l’excellence, mais le larbinisme, le mensonge, le maquignonnage et l’obscurantisme qui sont les ennemis mortels de la vérité et de la science ! Dire la vérité, c’est prendre le risque de perdre son poste avec les privilèges qui y sont attachés. Les dirigeants des universités sont-ils téméraires avec la vérité ? Que nenni ! Un mensonge pour un royaume !

Revêtus de la toge de la souillure, de la vanité insolente des médiocres et de la singerie, les mercenaires universitaires qui assassinent l’esprit universitaire dans sa dimension populaire, laïque et intellectuelle, peuvent s’enorgueillir d’avoir rabaissé nos universités au niveau de grands lycées ! Un double ban pour ces doctes sires ! Le refus de faire de nos universités des laboratoires consacrés à la réflexion sur le présent et l’avenir de nos Etats est symptomatique d’un monde universitaire qui souffre d’un vertigineux déficit de vrais intellectuels. En Afrique, le confusionnisme à la mode consiste à se proclamer intellectuel dès que l’on a décroché un diplôme  de l’enseignement supérieur ! C’est comique, mais c’est la réalité. Il n’est pas rare non plus de voir des enseignants-chercheurs cacher l’extrême indigence de leur pensée derrière leurs grades universitaires surtout lorsqu’ils sont revêtus de robes de cérémonie comme des femmes avec sur leurs crânes crépus ou tondus des toques de cuisinier ! Mais de quelle cuisine s’agit-il ? La cuisine infecte de l’opportunisme, du plagiat et de l’ignorantisme. Les affreux marmitons !

Comment s’étonner dans ces conditions que l’université africaine soit un  solide bastion du fascisme ? Elle est fasciste dans son esprit, dans sa pédagogie archaïque qui rappelle la scolastique médiévale dont se gaussait l’écrivain de la Renaissance, François Rabelais, à cause des maîtres qui obligeaient les élèves à réciter par cœur leurs cours à l’endroit et à l’envers sans omettre la moindre virgule, car leur savoir devait refléter la voix du maître et non leur jugeote. Elle est fasciste à travers ses dirigeants qui sont souvent des délateurs et des militants zélés des ex-partis uniques qui les ont recyclés pour tenir l’université sous haute surveillance. Elle est fasciste parce que les régimes fascistes en font un instrument de dressage et de manipulation des étudiants. Elle est fasciste parce qu’elle est un lieu de discriminations ethniques, politiques, religieuses et autres. Elle est fasciste enfin parce qu’elle est transformée en camp retranché par les ennemis de la pensée qui ne respectent pas les franchises universitaires.

Les universités francophones sont littéralement prises en otage par la France dont les diktats font office de lois à travers, notamment le Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (  CAMES ), un épouvantail répressif qui contrôle, oriente et promeut les carrières des enseignants-chercheurs, impose le cursus des étudiants. Même si les promotions sont politiquement douteuses au vu du profil de certains bénéficiaires fort médiocres qui, une fois promus, se croient sortis de la cuisse de Jupiter malgré le fait qu’ils sont la risée de leurs collègues et des étudiants qui ne les connaissent que trop bien. Le contrôle du CAMES est de règle tant sur le plan scientifique que sur le plan académique. Il s’agit d’un flicage systématique et éhonté qui permet à la France de faire piller et plagier les travaux des chercheurs africains par quelques pseudo africanistes français, crapuleux et plagiaires fieffés, qui s’attribuent les bénéfices  de leurs recherches en modifiant la ponctuation et les titres.

Le droit de vie et de mort, véritable pouvoir régalien du CAMES, qui participe des instruments de domestication de la francophonie – véritable réseau mafieux de l’impérialisme français en Afrique – oblige hélas ! nombre d’universitaires africains à se mettre au garde-à-vous devant cette institution néocolonialiste, réactionnaire et foncièrement anti-universitaire. Les « camesiens », nouvelle race de mutants régressifs,  n’ont qu’une formule au bec lorsqu’ils argumentent : « Le CAMES a dit ! ». Cette formule, bien entendu, de leur point de vue d’universitaires complexés et avides de la caution des réseaux mafieux, a valeur d’ordre à exécuter sans broncher comme un dahir de sultan chérifien.

Il est rare que les ministres de l’Education et de l’Enseignement Supérieur soient choisis en dehors de l’université en Afrique. L’énergumène coopté, généralement un gnasse alimentaire et opportuniste, sans ambition pour l’université et son pays, a ordre de fermer sa grande gueule, de s’enrichir frauduleusement, de gérer la domestication, par l’étranger, de notre système universitaire afin de faire perdurer notre dépendance économique, culturelle et intellectuelle. Qui se souvient que Trouduc ou Machin-Chouette fut ministre de l’Education et de l’Enseignement Supérieur dans son pays ? L’échec de l’université africaine, cornaquée par de vulgaires commis aux écritures portant titre de chercheur, est assourdissant. Cela mérite examen de conscience, mais encore faut-il que les dignitaires indignes soient dotés d’une conscience et d’une moralité pour faire cet examen qui est devenu une curiosité dans nos sociétés malades atteintes d’une grave crise morale.

Malgré l’instrumentalisation fascisante et fasciste de l’université, il existe des enseignants antifascistes qui résistent et qui créent, à travers leurs réflexions intellectuelles iconoclastes, des espaces pour la pensée libre et débridée, en marge d’un ordre du discours fondé sur l’hypocrisie, le mensonge et les mythes abrutissants. Là où la pensée est à l’œuvre, la lumière fait toujours reculer les ténèbres de l’esprit au profit du progrès de l’humanité. L’éducation ne saurait s’apparenter à un vulgaire dressage pavlovien d’une jeunesse appelée à relever de fantastiques défis au nom de la survie de l’humanité en Afrique. Bien que la tendance insensée et anti-universitaire actuelle soit au mimétisme - pire à la singerie – le bon sens finira  par prévaloir sur le crétinisme ambiant  lorsque le système et les cancres qui l’incarnent auront changé.

L’une des faces hideuses de ce crétinisme est la façon dont les universités du pré carré francophone, à la botte de la France colonialiste et amie des dictateurs africains demi lettrés ou semi- analphabètes, plagient bêtement le système LMD (Licence-Master-Doctorat) des universités occidentales sans faire la moindre réflexion sur le rôle de l’enseignement supérieur dans les pays africains sous-développés. Dans le rôle humiliant de simple consommatrice écervelée de savoir que lui font jouer l’Etat et les savantasses incultes de sa direction, l’université africaine sans budget de recherche, sans bibliothèques, sans laboratoires, sans locaux suffisants, sans revues et éditions scientifiques, sans bourses et voyages d’études, avec des enseignants clochardisés, ne sera véritablement capable de renverser la vapeur de l’obscurantisme et de la régression, en devenant à son tour exportatrice de savoir, qu’à la condition que les peuples d’Afrique balayent impitoyablement tous les régimes néocolonialistes et scélérats qui complotent à leur régression de connivence avec les puissances impérialistes et esclavagistes qui pompent  et pompent inlassablement la sueur et le sang du nègre comme ils pompent le pétrole, sans état d’âme.

DE LA DICTATURE NEOCOLONIALE BETE ET MECHANTE 

L’Afrique précoloniale unie et idyllique est un conte de fée pour débiles mentaux profonds. Elle était éclatée et des Etats rivaux s’y disputaient la suprématie, ce qui a d’ailleurs facilité la traite négrière. Après la défaite, les colons ont charcuté le continent à leur guise pour s’octroyer des espaces avec des peuples serfs  taillables et corvéables à merci. Comme si la balkanisation coloniale et le crime contre l’humanité de l’acte de colonisation et de christianisation ne suffisaient pas, les dirigeants africains n’ont eu de cesse de diviser et diviser encore et encore, inlassablement, méthodiquement l’Afrique avant et après l’indépendance. Le laquais de la France, Léopold Sédar Senghor, sur ordre de ses maîtres, a rayé de la carte de l’Afrique la Fédération du Soudan (Sénégal et Mali ) d’un trait de plume. Le traître Félix Houphouet-Boigny, en 1958, avec l’aval de la France, s’empressa de jeter dehors, comme des malpropres, les ressortissants togolais et dahoméens de son pays, la Côte d’Ivoire. Après les indépendances factices, la xénophobie des gouvernements a servi et sert encore à offrir des boucs émissaires à leurs peuples naïfs afin de cacher leur incompétence et leur gabegie. A ce niveau de la bêtise criminelle, il y a beaucoup d’émulation. Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire de l’idéologie nazie de l’ivoirité, le Gabon, les deux Congo, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Maroc et la Libye n’ont rien à envier à la France du Hongrois Nicolas Sarkozy Nagy. Au Togo, le régime militaire du clan Gnassingbe recourt à la xénophobie en livrant les Ibo du Nigeria, en pâture à la population, comme boucs émissaires pour évacuer sa responsabilité au niveau de l’extraordinaire climat d’insécurité qui prévaut au Togo et du trafic de drogue dont le pays est devenu une plaque tournante régionale.

Mais le champion du monde toutes catégories en la matière est le tyran libyen, le petit Mouammar Kadhafi. A la moindre mésentente avec un chef d’Etat africain, il jette dehors, comme on jette des ordures à la poubelle, les ressortissants de ce chef d’Etat pour se venger. Le comble, c’est que ces émigrés, bien souvent en règle avec les services de l’immigration, sont expulsés quasiment tout nu puisqu’ils ne sont pas, bien souvent, autorisés à emporter leurs biens. Ces biens sont pillés par la police et les voisins nationaux. Ceux des expulsés dont les épouses et les filles ne sont pas violées s’estiment heureux. Le racisme et la haine du noir qui caractérisent l’Afrique du nord, sont exacerbés en Libye de Kadhafi. Et dire que c’est ce xénophobe narcissique qui se métamorphose en champion des Etats-Unis d’Afrique ! Cela fait sourire – quand on connaît le bonhomme – et pitié quand on se rend compte qu’il existe des gens naïfs de bonne foi pour le croire et le suivre dans ses chimères.

Et que dire des régimes génocidaires du Rwanda et du Burundi, et du Soudan au Darfour, le malheureux Pays des Four ? Et des monstrueux esclavagistes qui sévissent encore en toute légalité en Mauritanie, au Soudan et au Niger ? Les guerres civiles et les conflits armés qui n’en finissent pas d’ensanglanter l’Afrique sont une terrible tragédie que vivent les peuples de Côte d’Ivoire, d’Angola, du Mozambique, des deux Congo, de Centrafrique, du Liberia, de Sierra Leone, du Sénégal en Casamance, de Somalie, du Tchad, du Soudan, d’Ethiopie, d’Erythrée, du Sahara Occidental…Presque partout, les forces centrifuges prennent le pas sur les forces centripètes à même de consolider l’Etat et de favoriser l’émergence de la nation. Les élites dirigeantes sont les plus grands communs diviseurs de l’Afrique.

En vue de conserver des pouvoirs usurpés et illégitimes, les gouvernements s’arc-boutent sur l’armée et le tribalisme, la corruption et une stratégie de la terreur. L’organisation d’élections dites « à la togolaise » inventées et peaufinées par Eyadema fait partie du scénario. C’est un produit d’exportation très prisé par les gouvernements africains. C’est le clan Gnassingbe qui a accompli le coup de force de transformer la République en monarchie héréditaire et bananière de droit divin au Togo, à travers le dictateur de sinistre mémoire, Gnassingbe Eyadema, et son rejeton, Faure Gnassingbe. Les élections systématiquement truquées avec l’aval de vieux croulants séniles de Cours constitutionnelles aux ordres, parce que corrompus, sont précédées et suivies par de sanglantes répressions et des ratonnades contre les opposants, les démocrates, les défenseurs des droits de l’Homme voire les militaires et gendarmes qui ont manqué de zèle au cours des tueries antidémocratiques.

En Afrique, le pouvoir est au bout du fusil ou des élections frauduleuses. Telle est la norme politique qui conforte le constat d’une crise morale dès lors que les premiers responsables politiques des pays ne sont pas capables de se présenter à leurs administrés comme des modèles incarnant des valeurs positives, bref des éducateurs de la nation. Bien au contraire, ils sont perçus comme des voleurs, des assassins et des minables par le peuple qui leur voue haine et mépris.

La conséquence désastreuse de cette situation, qui relève du gangstérisme politique, est que les tenants du pouvoir politique et l’armée sont considérés par les peuples d’Afrique comme des ennemis, des prédateurs sans foi ni loi. Pire : au niveau de la gouvernance et de l’édification de l’Etat et de la nation, le divorce entre le pouvoir et le savoir semble consommé pour longtemps. Y eut –il jamais union entre le savoir et le pouvoir après les « indépendances » ? Il est permis d’en douter, sinon nous n’en serions pas là aujourd’hui.

La rupture entre savoir et pouvoir vient, pensons-nous, du malentendu des « indépendances ». Une véritable indépendance est toujours une révolution, une rupture avec un état antérieur de la société. Or il se fait qu’en Afrique, cette indépendance n’a été qu’une ruse des colons avec la complicité des élites politiques et intellectuelles de l’époque. Une indépendance octroyée consacre le passage du statut de pays colonisé à celui plus complexe de pays  néo-colonisé. Habilement, le colon, en octroyant une pseudo indépendance, visait à empêcher la révolution. En quoi devait constituer la révolution ? A associer les politiques et l’intelligentsia pour dessiner les grands linéaments de l’édifice des futurs Etats à partir d’un projet de développement, c’est-à-dire de libération et de rupture avec l’ordre colonial abhorré. Le nouveau statut néocolonial s’assimilait à la substitution physique des colons par des Africains trop contents de cette promotion pour contester le nouvel ordre de domination qui voyait les colonisés eux-mêmes gérer leur propre asservissement pour le compte des Etats colonialistes européens. Lorsque l’on se substitue aux colons, il est tout à fait normal de se comporter en colon vis-à-vis de son propre peuple. Telle a été la démarche régressive des élites africaines. C’est ainsi que sont apparus les colons noirs et arabes dans le paysage politique africain.

Devant cette analyse qui crève les yeux, il faut s’attendre aux objections des esprits chagrins et nostalgiques d’un passé qu’il ont mythifié pour se bercer d’illusions à la façon des bambins qui demandent, tous les soirs, avant de se coucher, à leur maman, de leur lire un conte de fée avant de s’endormir. En Afrique noire, ils citeront immanquablement les cas de ceux qu’ils qualifient pompeusement de nationalistes : Ahmed Sekou Toure pour la Guinée (Konakry) et Sylvanus Olympio pour le Togo. A ces esprits lents, nous rétorquerons ceci : depuis quand se libère-t-on du colonialisme par des élections ? Les colons se sont-ils installés par la voie démocratique d’un référendum ou par la force des fusils et des canons ? La France, par exemple, avait-elle besoin d’un référendum pour quitter ses colonies ? Avait-elle besoin de l’autorisation des colonisés qu’elle torturait, chicotait et volait avant de renoncer à ses conquêtes coloniales ? Entre l’indépendance tout de suite et l’indépendance différée de deux ou trois ans, qu’elle différence sinon celle de la ruse qui a servi à diviser les colonisés ? Dans tous les cas, il s’est agi d’une indépendance octroyée par le colon ; et le bilan de la gouvernance des faux nationalistes qui ont trahi leurs peuples, qui eux, étaient  sincères dans leur nationalisme, est aussi catastrophique que celui des béni-oui-oui. Mêmes Etats mendiants économiquement sinistrés, mêmes dictatures obscurantistes, mêmes cultures de l’impunité et du mensonge, mêmes violations systématiques des droits de l’Homme accompagnées de traitements inhumains, cruels et dégradants. La France en a voulu à Sekou Toure et Sylvanus Olympio parce qu’ils voulaient changer de maîtres – l’Union Soviétique pour la Guinée et l’Allemagne, le premier colonisateur, pour le Togo – et non parce qu’ils voulaient être indépendants. Quand l’esclave change de maître, il n’abolit pas pour autant l’esclavage !

Deuxième objection : les pays devenus indépendants après une lutte armée. Cas de l’Algérie, des pays d’Afrique du Nord en générale, et des colonies portugaises (Mozambique, Angola, Guinée Bissau et Cap Vert). Les longues et meurtrières guerres de libération menées par certains pays d’Afrique n’ont eu pour objectif principal, pour les dirigeants et stratèges de cette lutte, que le départ du colon afin de les remplacer par une bourgeoisie politico -administrative. Au lieu de toucher au système colonial d’exploitation de l’homme  africain asservi, les nouveaux dirigeants ont préféré le simple changement d’hommes pour se substituer aux colons afin de jouir des mêmes privilèges crapuleux qu’eux sur le dos du peuple. La désillusion a été terrible pour tous les peuples des pays libérés par les armes. Des dictatures obscurantistes, se cachant sous des  doctrines politiques de pacotille, prétendument révolutionnaires, aussi sonores que des tonneaux vides, ont servi d’écran de fumée, de mystification pour justifier la confiscation du pouvoir par les anciens combattants, et leur pillage du pays. L’ancienne légitimité acquise de haute lutte sur les champs de bataille s’est muée en usurpation, en méthodes de voyous. La tragédie pour ces peuples, a été le fait d’assister impuissants au retour triomphal des colons par la fenêtre ! Le cas algérien est symptomatique. Pendant la guerre, nombreuses étaient les femmes moudjahiddines, les combattantes. Certaines même commandaient des hommes voire des wilayas avec un courage et une efficacité exemplaires. Une fois la guerre finie, les hommes qui ont combattu sous leur commandement, les ont reléguées à la cuisine et leur ont imposé le voile sous la menace de la violence physique et de la charia islamique archaïque. Malgré le départ des colons, rien n’avait changé pour les femmes ! Pire, celles qui avaient été violées par l’armée française ont été répudiées par leurs maris dès leur retour du maquis !

Ces différents exemples nous ont montré qu’un pouvoir coupé du savoir est un pouvoir voué au crétinisme, à l’aventurisme et à la régression. Dans le cas de l’Afrique, où le seul modèle de gouvernance pour les nouvelles équipes dirigeantes est celui des occupants européens asservisseurs et esclavagistes, les politiques n’ont pas été capables d’inventer un nouveau mode de gouvernance qui prenne en compte les aspirations légitimes des peuples au mieux-être, au développement. La rupture avec le colonialisme n’a pas été possible, car la trahison est passée par là. Des compatriotes ont pris la place de l’ennemi avec cynisme et cruauté. Les choses sont telles de nos jours que ce sont les aveugles qui conduisent les borgnes pour le plus grand malheur des peuples martyrs. Le développement est un mode d’organisation de la société considérée comme un tout. Il est humain, matériel, spirituel, culturel, artistique et obéit à une rationalité dans la mesure où il est pensé, organisé, dans le cadre d’une politique globale, nationale, prenant en compte les données internes et externes et l’environnement géopolitique.

Lorsque nous évoquions, tout à l’heure, le cas de l’université en Afrique, c’était déjà une façon d’illustrer la rupture radicale entre le pouvoir et le savoir. L’université qui comporte en son sein une frange non négligeable de l’élite intellectuelle nationale, est une institution dépendante, traînée comme un wagon de queue par des organismes étrangers africanisés comme le CAMES pour donner l’illusion d’une autonomie. La grande menace est celle-ci : « Vos diplômes doivent nécessairement être reconnus en Occident, sinon ils ne vaudront rien ». L’Afrique forme-t-elle ses diplômés pour l’Occident ou pour elle-même ? Est-ce sa mise sous tutelle par l’impérialisme qui assure la qualité de son enseignement et de sa recherche ? Cette allégeance indigne n’est que l’expression d’une aliénation à l’image de la société néocoloniale. Une université sans autonomie est incapable de jouer le rôle de locomotive au niveau de la recherche, du développement et de la réflexion intellectuelle sur le plan national. L’hétéronomie qui consacre l’obsolescence  de notre enseignement supérieur est l’expression du complot contre l’émancipation des peuples africains dont les agents les plus dangereux sont des Africains à la solde de l’étranger et de ses réseaux mafieux. Nos universitaires adorent les prébendes et les perdis et donc la prostitution au nom du carriérisme et de l’opportunisme. Dans ces conditions, même si le pouvoir le voulait – ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent – l’université ne serait pas capable de lui apporter le savoir dont il a besoin pour jeter les bases du développement et de la libération de l’Afrique.

L’hétéronomie, c’est le discours de l’autre et le rapport complexé du sujet avec l’autre comme nous les ont révélé les spécialistes de l’inconscient  que sont Freud et Lacan. L’université africaine est non seulement aliénée, mais aussi aliénante. Elle  constitue, de par sa situation d’hétéronomie, un grave facteur d’aliénation, de complexe d’infériorité pour ses enseignants et étudiants. En affinant l’analyse du savoir, nous débouchons inévitablement sur le couple savoir et vouloir en nous appuyant sur le psychanalyste Cornélius Castoriadis :

« Le régime social empêche précisément la population de savoir et de vouloir. (…)Tout embryon de ce savoir et de ce vouloir qui peut se manifester en un endroit de la société est constamment entravé, combattu, à la limite écrasé par les institutions existantes. (…) Le savoir et le vouloir ne sont pas pure affaire de savoir et de vouloir. (…) Ce n’est pas seulement que la situation sociale est « étudiée pour » instiller dès avant la naissance, passivité, respect de l’autorité, etc. C’est que les institutions sont là, dans la longue lutte que représente chaque vie, pour mettre à tout instant des butées et des obstacles, pousser les eaux dans une direction, finalement sévir contre tout ce qui pourrait se manifester comme autonomie. C’est pourquoi celui qui dit vouloir l’autonomie et refuse la révolution des institutions ne sait ni ce qu’il dit ni ce qu’il veut (souligné par nous). L’imaginaire individuel (…) trouve sa correspondance dans un imaginaire social incarné dans les institutions, mais cette incarnation existe comme telle et c’est aussi comme telle qu’elle doit être attaquée » (1)

Dès lors que l’on adhère à cette analyse, l’université comme institution aliénante en Afrique doit être révolutionnée à double titre : d’abord comme espace de création et de transmission du savoir et ensuite comme objet d’aliénation de la société. Une société est toujours aliénée par rapport à ses propres institutions que le philosophe Louis Althusser nomme les « appareils idéologiques d’Etat » (AIE).

La lutte pour la libération de l’Afrique de la double emprise impérialiste et fasciste est une lutte pour l’autonomie des individus et de la société, étant donné que l’une est impossible sans l’autre. L’autonomie individuelle est conditionnée par l’autonomie sociale. C’est une relation de solidarité entre l’ipséité et l’altérité. Que peut-on attendre des régimes analphabètes qui s’opposent à la volonté de libération des peuples d’Afrique ? Rien ! Il faut les balayer et

refonder  toutes les institutions par rapport à l’autonomie (soi) recherchée contre la domination impérialiste (l’autre) qui a revêtu le manteau de la mondialisation esclavagiste.

____________________

1) Cornélius CASTORIADIS, L’Institution imaginaire de la société, Paris, Seuil, Coll. Point Essais, 1975, pp.162-3

Les Africains doivent  comprendre que leurs ennemis possèdent en leur sein une cinquième colonne qu’ils doivent identifier et combattre dans un esprit offensif plutôt que d’adopter en guise de stratégie la fuite hors du continent pour aller jouir des fruits du développement imaginé et conçu par d’autres. Il s’agit d’un esprit de facilité et de défaitisme qui conforte les tyrannies dans la mesure où ceux qui savent et sont en mesure de vouloir les combattre désertent le terrain. Cette mentalité de chacun pour soi à laquelle l’on assiste en voyant des grappes humaines prendre d’assaut les consulats des pays occidentaux pour l’obtention problématique d’un visa, véritable sésame pour l’Eldorado, retarde la lutte et démobilise la jeunesse par l’effet de diversion des départs à l’aventure et sans visas qui conduisent une partie non négligeable de nos forces vives à aller perdre la vie dans la mer, entre deux continents, sur de misérables radeaux de fortune. Le paradis rêvé se transforme tragiquement en enfer pour de pauvres hères qui n’ont pour toute sépulture que le sable et les algues des fonds marins et le ventre vorace des poissons. Le slogan à la mode au Sénégal, au sein de la jeunesse désoeuvrée et clochardisée, est « Barça ou barsa », c’est-à-dire Barcelone (Barça), ville espagnole, ou la mort (barsa) en langue wolof.

L’Afrique aussi a la capacité de se développer en un temps record. Cela suppose un leadership clairvoyant pour organiser le travail avec discipline par rapport à des objectifs précis et un Etat fort. Mais le préalable incontournable consiste à bouleverser les institutions de la domination aliénante et de l’obscurantisme pour impulser le mouvement à la société toute entière.

Confrontés à des idéologies importées des puissances hégémoniques ennemies, les peuples africains, par manque de repères au sein de la culture nationale et de la société néocoloniale, eu égard aux enjeux de la modernité, se livrent, presque en désespoir de cause, pieds et poings liés aux marchands d’illusions qui leur promettent le paradis sur terre et la guérison par la prière ! Il en va de même pour les cadres avec les réseaux d’influence étrangers qui leur font miroiter une ascension sociale et professionnelle voire des strapontins politiques. Ces réseaux mafieux qui sont des instruments d’aliénation, d’intimidation et de domination néocolonialiste des Africains, sont les sectes islamistes, chrétiennes et maçonniques, le papisme, la francophonie, le CAMES, les clochers politiques européens comme la social-démocratie, le libéralisme, tous les fascismes de gauche et de droite…

Figés dans une posture pathétique, qui leur a été imposée, les peuples d’Afrique sont réifiés en tant que peuples dominés et conditionnés psychologiquement pour servir de machines à consommer les produits occidentaux. Cette attitude qui frise l’addiction  psycho-somatique les empêche de devenir producteurs des biens qu’ils consomment et créateurs. Que les hymnes nationaux des pays africains soient des marches militaires à l’instar de La Marseillaise de la France, pour les francophones et des cantiques religieux pour les anglophones sur le modèle du God save the King britannique, n’est pas le fruit du hasard mais d’un mimétisme de nouveaux Etats sans autonomie.

Certains africains, hypnotisés par l’image et le discours mystificateur de l’Europe conquérante et triomphante, en viennent à magnifier la colonisation comme un « bienfait de l’humanité » au profit des misérables nègres, pauvres hères, qui auraient régressé dans l’animalité et seraient définitivement perdus pour l’humanité de l’homo sapiens sapiens sans la main tendue charitable du blanc. Le fameux « fardeau de l’homme blanc » ! A l’instar des écrivains togolais de la coloniale mystifiés tels que Félix Dossa Couchoro et David Kuessan Ananou, le pioupiou congolais, le « général » Denis Sassou Nguesso, s’est, lui, permis de dépasser le discours d’allégeance et d’admiration naïve de l’esclave envers le maître. Son zèle d’esclave est allé jusqu’à détourner les maigres ressources d’un pays ruiné par une guerre tribale qu’il a lui-même provoquée, avec le soutien de ses maîtres français, pour ériger puis inaugurer, le 3 octobre 2006, un mausolée de marbre blanc de 10 milliards FCFA à la gloire du sinistre et criminel petit colon aventurier Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905). Cet Italo-français, responsable du génocide colonial infligé aux peuples du Congo, est l’objet d’une admiration bébête sans limite du petit soldat dictateur. Sassou ne connaît pas un seul résistant anticolonialiste congolais qui aurait mérité ce monument funéraire destiné à un assassin raciste dont il a fait exhumer les cendres en France pour les ensevelir sur une rive du fleuve Congo?  Quelle insulte à l’intelligence et à la dignité du peuple congolais !

De la même façon, l’élite politico-administrative congolaise est incapable de débaptiser le nom de la capitale Brazzaville, du nom du colon fasciste, pour lui redonner son ancien nom Mfoua. Bongo, au Gabon, considère comme un honneur insigne, digne d’un nègre banania, de faire appeler son patelin natal Franceville ! Quand on est ressortissant de Franceville, n’est-on pas un peu français sur les bords et un peu plus « civilisé » que les autres Gabonais par la seule magie du nom ? Un double ban pour Bongo ! Bongo oyé !

Les organisations régionales mises en place sur tout le continent sont malades de maladies qui s’appellent irresponsabilité, refus de cotisation, non respect des textes signés, népotisme, corruption, sabotage, querelles de chiffonniers pour des vétilles,  ingérences déstabilisatrices des grandes puissances, etc. L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) (1961-2003) a été globalement un échec. Les guerres interétatiques, les guerres civiles, les génocides, les massacres tribalistes, les sécessions,  les coups d’Etat des sergents-présidents, les élections truquées « à la togolaise », c’est-à-dire à la machette ; la famine, la misère, la fuite des cerveaux, la médiocratie, le parti unique, la dictature, les violations massives des droits humains sont le bilan peu enviable de l’organisation panafricaine sans moyens parce que sans ambitions. L’OUA a été d’autant plus inefficace qu’elle s’est constituée en syndicat de dictateurs contre l’intérêt des peuples dont elle était censée défendre la cause. L’Union Africaine (UA) qui a pris sa succession ne vaut guère mieux.

En Afrique de l’Ouest, la CEDEAO est un machin où l’on ratifie des traités que personne ou presque n’applique. La libre circulation des personnes et des biens est une réalité sur le papier depuis de longues années et pourtant, il est impossible de circuler librement non seulement à l’intérieur d’un Etat mais encore entre deux Etats. Les flics, la maréchaussée, les gabelous et les pioupious veillent au grain pour racketter le pauvre voyageur et le molester au besoin, s’il proteste, sûr de son bon droit.

L’Union Economique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) ne vaut guère mieux puisqu’elle demeure un instrument entre les mains de la France supposée garantir le franc CFA. La mise sous tutelle de la monnaie des Etats francophones par Paris montre à quel point les indépendances sont une fiction en Afrique noire. Les Africains se souviennent encore avec rage et amertume de la dévaluation du franc CFA décidée arbitrairement par l’impérialisme français. Ce triste épisode de notre histoire récente s’est déroulé, en 1994, à Dakar, au Sénégal, chez le grand (par la taille) président Abdou Diouf, surnommé par ses compatriotes La Girafe. A cette occasion, tous les petits présidents de la zone CFA furent sommés par le président français François Mitterrand – ex-nazillon décoré de la médaille de la Francisque pour collaboration avec l’ennemi allemand sous le règne fasciste du traître maréchal Pétain -de se présenter à Dakar, toutes affaires cessantes, pour écouter les ordres de la Métropole. Ils s’y présentèrent tous en rang d’oignon et eurent l’humiliation de se retrouver, non pas devant leur paire français, mais devant un petit premier ministre, fils d’immigré arménien, originaire de la ville d’Izmir, en Turquie, du nom d’Edouard Balladur, version francisée de son patronyme arménien Balladurian. Houphouet, Eyadema, Biya, Compaoré, Hissen Habré, Diouf, Kountché, tous dictateurs médiocres qui jouaient aux importants dans leur pays respectif, furent mis au garde-à-vous pour entendre la sentence de la France prononcée par la bouche du fils d’immigré des rives du Bosphore : la dévaluation du franc CFA de 50%. Rompez les rangs ! Exécution ! La France venait d’affamer un peu plus ses esclaves d’Afrique pour mieux garnir le panier de la ménagère française. Les nègres transpireront un peu plus pour voir les fruits de leur labeur divisés par deux ! Il y allait de la grandeur de la grande France, fille aînée de l’Eglise et pays des droits de l’Homme. Après tout, les nègres n’ont-ils pas l’habitude de la misère ? Un peu plus ou un peu moins de misère, qu’elle importance, ont dû se dire les pompes la sueur français.

Le CFA est fabriqué en France. S’est-on jamais posé la question suivante ? Si, par exemple, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) commandait à la Banque de France 1000 milliards FCFA et que celle-ci en fabriquait 3000 milliards en conservant par devers elle 2000 milliards frauduleusement pour inonder la zone CFA de vrais faux billets et pousser à l’inflation et à la dévaluation ? Comment peut-on comprendre que 15 Etats réunis sont incapables de battre une monnaie commune et de la garantir à partir de leurs économies et matières premières qui sont loin d’être négligeables. Lors même que des dirigeants indignes ne sont pas capables de défendre les intérêts particuliers de leur pays respectifs, il faut comprendre  que la défense de l’intérêt  général d’un grand ensemble est au-dessus de leurs forces. Les chimériques Etats-Unis d’Afrique que proposent sur le champ les plus farfelus d’entre eux, sont voués à être pilotés par les grandes puissances hégémoniques occidentales et le nouvel ogre économique chinois.

La preuve, les mystificateurs de l’Afrique unie n’ont, à aucun moment, posé le problème des bases militaires étrangères en terre africaine. Djibouti, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Centre Afrique, le Tchad, le Kenya, le Sénégal, le Togo…sont des pays qui offrent des bases militaires à la France principalement et dans une moindre mesure aux Etats-Unis d’Amérique dans le cas de Djibouti et du Kenya. Les accords de défense passés avec ces pays sont tout simplement une occupation militaire déguisée parce que les forces étrangères ennemies pré positionnées possèdent une puissance de feu sans commune mesure avec celle des armées d’opérette néocoloniales dont le niveau technologique se situe au niveau de l’âge de la pierre taillée. La Côte d’Ivoire en a administré  la preuve lorsque l’armée du tribaliste Laurent Gbagbo a osé attaquer un détachement de l’armée française près de Bouake, au cours de la guerre civile allumée par la France pour l’affaiblir. Les représailles furent terribles : toute l’aviation ivoirienne fut réduite en fumée. Gbagbo n’osa même pas demander le départ de l’armée française de son pays. La France l’aurait renversé au profit d’une marionnette plus docile. Il n’est pas indifférent de savoir que lorsque le FPI, le parti de Gbagbo, était dans l’opposition, il exigeait la fermeture de la base militaire française. Dès l’accession frauduleuse de Gbagbo au pouvoir, il oublia cette exigence au nom des intérêts de la Françafrique. Voilà comment de soi-disant opposants « démocrates » trahissent leur peuple lorsqu’ils prennent le pouvoir.

Gbagbo, d’une certaine façon, a fait le malheur des Togolais. En voyant ses positions menacées en Côte d’Ivoire, la France a redéployé ses forces, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est dans l’optique de cette stratégie que l’impérialisme français a transformé le territoire togolais en base militaire d’occupation, annihilant de la sorte, toute fiction d’indépendance du Togo sous la botte cruelle et archaïque du clan Gnassingbe

Il va donc sans dire que la prétendue union, que de vils individus en mission commandée – le président sénégalais Abdoulaye Wade en est un exemple – pour le compte des ennemis jurés de l’Afrique, est un piège grotesque dont l’objectif vise à pousser les Africains eux-mêmes à unir leur domination pour faciliter la tâche aux colons qui n’auront plus à disperser leurs forces et avoir autant de politiques qu’il y a d’Etats sur le continent. L’évidence crève les yeux puisque rien n’est fait par les gouvernements fantoches pour l’autonomie de nos pays et de l’Afrique. Rien ne changera en dehors du mode de domination qui sera davantage centralisé pour un pillage plus systématique. Le procédé que proposaient les tyranneaux  n’est pas indifférent non plus, car il s’agit d’un véritable coup de force faisant fi de la souveraineté des peuples et des règles démocratiques puisque tout allait se faire sans référendum et sans débat politique préalable.

Par rapport à la situation actuelle que vit l’Afrique sous domination étrangère, il y a lieu de parler des Afriques. L’Afrique au singulier est en réalité un mythe. Nous n’utilisons le singulier que par commodité de langage, car l’Afrique est fragmentée et diverse. Un séjour à Berlin, en Allemagne, en août 2004, à l’occasion d’un séminaire international de la Commission Internationale de Juristes (CIJ) consacré aux lois liberticides prises par certains Etats dans le cadre de la lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 d’Al Qaeda contre les Etats-Unis d’Amérique, a montré aux Africains présents à cette assise qu’ils n’avaient pas tous forcément le même sentiment d’unité de leur continent. Lors de la composition des groupes de travail, conçus sur un critère géographique, je fus étonné de voir les organisateurs mettre l’Egypte, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie dans le groupe régional du Moyen Orient. Je levai la main pour signaler l’erreur puis me ravisai en constatant que les séminaristes maghrébins eux-mêmes n’y trouvaient rien à redire ; ils trouvaient cela tout à fait normal. Je me tus donc puisque je ne pouvais pas être plus royaliste que le roi. Lorsqu’un Sud-saharien débarque en Afrique du Nord, il n’est pas rare que ses hôtes lui demandent des nouvelles de l’Afrique, à son grand étonnement, comme s’il avait débarqué sur un autre continent !

Le fait pour les dirigeants africains de toujours mal copier ce qui se fait bien et qui réussit ailleurs atteste de leur mauvaise foi dans la mesure où leurs actions ne s’inscrivent pas dans une logique de progrès et d’indépendance. Le modèle qu’ils veulent copier est l’Union Européenne (UE). Par souci de cohérence, l’UE exige de tous ses adhérents d’avoir le même système politique, la démocratie. Comment faire cohabiter l’Ile Maurice, l’un des rares pays à peu près démocratiques du continent, avec les dictatures militaires primitives du Togo, de la Guinée Konakry, d’Algérie, du Soudan ou des monarchies déguisées comme au Cameroun, au Gabon, en Egypte, en Libye et au Zimbabwe ?

Quand on choisit librement d’habiter la même chambre, il faut nécessairement un certain nombre de critères incontournables : la compatibilité d’humeur, une certaine discipline et des points communs. Dans la plupart des Etats, le dissensus est la norme du fait de la trahison des élites politiques, intellectuelles, traditionnelles, administratives, etc. Même élus démocratiquement – dans de rares circonstances -  les tenants du pouvoir politique sont illégitimes dès lors que leur véritable mission consiste à gérer le néocolonialisme au profit des puissances étrangères qui dominent l’Afrique. Dans  le cas des élections démocratiques qui se déroulent dans des Etats sous tutelle comme le Bénin, le Mali ou le Ghana, la démocratie est dévoyée parce qu’il s’agit d’un système politique qui, pour exister, exige un degré certain d’autonomie, à la fois des citoyens et de l’Etat. En l’absence de cette autonomie, la démocratie « néocoloniale » doit être considérée comme une escroquerie politique, un marché de dupes. Il s’agit de faire croire aux électeurs qu’ils élisent librement leurs dirigeants alors que ceux-ci sont d’abord cooptés par l’oppresseur étranger. Paris, Londres, Washington, Bruxelles, Moscou, Lisbonne, Madrid sont  les points de passage obligés pour tous ceux qui gouvernent ou aspirent à gouverner – quand ils sont dans l’opposition – car là s’obtient la caution politique des faiseurs de rois africains. C’est pourquoi la classe politique africaine est profondément aliénée. Dans ces circonstances, il lui est quasi impossible d’élaborer une politique d’indépendance guidée par un souci d’autonomie. La classe politique, n’ayant qu’une vision alimentaire de la chose publique, est incapable d’inscrire son action dans une perspective patriotique et donc la durée. Et pourtant, les évènements tragiques susceptibles de provoquer un sursaut patriotique abondent à telle enseigne que la question que se pose à présent l’analyste est de savoir jusqu’à quelle limite le peuple, éclairé par ses élites conscientes, va supporter l’intolérable de ses dirigeants, c’est-à-dire sa mise à mort programmée.

Malheureusement, les cadres intellectuels qui, naturellement, sont appelés à prendre la tête de la révolution, sont trop portés sur l’opportunisme et la corruption. Le pouvoir, conscient du danger qu’ils représentent, recourt à la corruption et autres formes de séduction à haute dose pour les domestiquer. Ils ne disposent pas de repères au sein de la culture nationale pour donner l’assaut final aux régimes fantoches. Minés par une aliénation qui les a conditionnés, comme le chien de Pavlov, ils se mettent au garde-à-vous devant les intérêts des colons qui leur servent de repères et de modèles. Ils restent à décoloniser mentalement! Leur allégeance inconditionnelle aux réseaux mafieux colonialistes s’explique par un complexe d’infériorité devant le Blanc et un esprit de prostitution trop sensible aux prébendes.Une certaine complaisance sociale empêche de dire la vérité pour ne pas froisser autrui, surtout quand on lui accorde une certaine importance dans la société. Cette attitude est dommageable dans une société où les notables – qui ont vocation à servir de modèles – font partie de la racaille et se comportent objectivement comme des ennemis du peuple.

Le refus du développement affiché par les dirigeants politiques africains disqualifie toute velléité de créer des Etats-Unis d’Afrique ici et maintenant. L’aliénation des élites intellectuelles, à la remorque de l’Occident et manquant outrageusement de patriotisme, renvoie ce projet politique, pourtant indispensable à la survie de l’Afrique, aux calendes grecques. Pour l’heure, il s’agit d’une énorme supercherie visant à unifier la domination de l’Afrique pour faciliter la tâche aux ennemis mortels des peuples africains. L’union proposée par des racistes, des tribalistes et autres génocidaires fascistes n’est qu’une vulgaire politique spectacle visant à faire diversion aux yeux des peuples dominés que l’on s’apprête à conduire à l’abattoir de la mondialisation impérialiste et esclavagiste. Les despotes ont eu le courage de reconnaître, au sommet d’Accra, l’échec lamentable du NEPAD, un pseudo plan imbécile de développement de l’Afrique basé sur la mendicité. La libération et l’indépendance exigent la nécessité d’une pensée stratégique pour sortir l’Afrique de ce qui semble être une fatalité de l’échec. L’urgence de la pensée s’impose d’autant plus que les rapports de force sont en faveur des forces d’inertie et des forces négatives. La crise est la conséquence d’une terrible décente aux enfers qui risque de provoquer dans les prochaines décennies la disparition des peuples africains. La crise est totale : économique, sociale, identitaire, morale, sécuritaire (sécurité humaine), institutionnelle. Il faut une révolution pour sauver l’Afrique.  Par Ayayi Togoata  APEDO-AMAH

Posté par lepangolin à 23:25 - Panafricanisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


05 mars 2008

Que vive le panafricanisme! résistants de toutes les dictatures des pays d'Afrique Unissez-vous!

Les événements de ces derniers mois  au Kenya, Tchad, et au Cameroun remettent au goût du jour le panafricanisme.  Depuis là on ne cesse de vanter les éventuels bénéfices que les Africains auraient à tirer du panafricanisme.

Autant ces tragiques événements ont révélé l'unicité culturelle, économique (avec les discussions sur les accords d APE entre l'Afrique et l'UE) et politique, autant ils ont mis à jour les insuffisances stratégiques de différentes oppositions et résistances africaines.

De ce fait, on arrive à admettre de plus en plus de façon évidente que la solution à toutes ces tragédies humaines devient panafricaine. 

Essayons de sérier les avantages que les africains peuvent-ils tirer du panafricanisme notamment sur le plan politique et économique voire culturel pour ne citer que ces trois grandes catégories.

Sur le plan politique,

En matière politique, les évènements au Tchad et au Cameroun, du fait de l'ingérence néfaste de la France, nous interpellent et confortent plus que jamais l’idée que les Africains doivent adopter la voie du panafricanisme, non seulement pour éviter que d'autres Etats africains servent de base arrière à d'éventuels "rebellions militaires", mais aussi que des pays étrangers au continent puisse s'immiscer sans crainte et surtout avec arrogance dans les affaires africaines.

La  lutte pour la démocratie et l’Etat de droit sera efficace que si tous les Africains se mettaient ensemble car les dictateurs eux sont unis entre eux et ont fait allégeance à l’Etranger (Occident ou l’Asie), il nous faut unir la diaspora comme au temps de la FEANF en ce qui concerne l’Afrique francophone par exemple sous colonisation française.

Il leur faut s’associer dans le combat pour installer l’Etat de droit. Imaginez un seul instant quel impact, aurait une manifestation qui se déroulerait au même moment à Paris, à Bruxelles, à Berlin, Lisbonne, Madrid, New York et dans toutes les capitales africaines, de façon simultanée de tous les Africains de l'Afrique centrale contre Biya, ou Deby, ou Bongo, ou Bozizé, ou Sassou ?

Cela ne peut se faire que si les Camerounais, les Tchadiens, les Gabonais, les Centrafricains, et les Congolais ont une vision panafricaine des problèmes, car l'UE (les Européens ) et les USA sont solidaires de ce qu’ils font en Afrique. La France a bien obtenu de l’ONU la force de l’EUFOR et une déclaration pour s’ingérer de plus belle dans les affaires tchadiennes ? Alors pourquoi les Africains ne s’ingérent-ils pas dans ce qui est de leur pays ?

Quel est le pays européen qui a critiqué l'affaire de l'arche de Zoé?

Malheureusement au niveau africain les opposants raisonnent de façon étriqués et continuent à manifester de la loyauté à leurs faux territoires crées de toutes pièces par les Occidentaux.

Par exemple, le Congo ou le Tchad actuels n'existaient pas avant le referendum de De Gaulle de 1958 ( referendum au passage qui prévoyait des indépendances sans division des fédérations) c'était l'AEF et Barthélemy Boganda de la Centrafrique qui incarnait un mode de lutte et de pensée panafricain a été tué pour cette vision des choses.

Pourquoi Bongo, Biya, Deby durent aussi longtemps dans leurs respectifs pays? C'est parce que les Congolais se disent que ce n'est pas leur problème, cette façon de voir est aussi valable chez les Camerounais, les Gabonais et  les Tchadiens, en ce qui concerne les problèmes du Congo.

C'est pour cela que selon moi les différentes oppositions en dépit de la loyauté à leurs respectifs territoires sont obligés de mener un combat au niveau panafricain.

Je suis convaincu que le combat d’unification et de mutualisation des luttes pour  l’instauration de l’Etat de droit, les libertés individuelles, développement économique et social, est de longue haleine ne serait pas vain.

L’aboutissement de ce combat vers le panafricanisme ouvrira des perspectives heureuses aux Africains et ces derniers se prendront en main pour la maîtrise de leur destin.

Ce qui se passe actuellement à l’Est du Congo démocratique et dans le Bas-Kongo devrait concerner tous les partis politiques et sociétés civiles qui luttent pour l‘état de droit et les libertés au Gabon, Cameroun, Angola.

C’est aussi le cas par exemple au Cameroun, de la révision de la constitution opérée  par Biya qui devrait interpeller les partis politiques congolais ou gabonais.

C'est ce qui explique pourquoi Sassou est encore au pouvoir et pour longtemps au Congo, car la France n'a pas encore en face des forces unies et en très grand nombre.

Comment peut-on expliquer les dernières rencontres Angela Merkel et Nicolas Sarkosy? On parle de réconciliation entre les deux et c’est ainsi que le projet français de l’union méditerranéenne inclut l’Europe plus particulièrement l’Allemagne.

En matière de défense territoriale et prévention des conflits

Aucun pays d’Afrique tout seul est capable de mobiliser plus d'un million de soldats en permanence et de suivre l’évolution technologique en matière d’armement et d’armée pour défendre son territoire.

Aucun pays côtier n’a la capacité de surveiller avec efficacité son territoire marin, qui est livré aux pirates européens et asiatiques, à tel point que d’ici 2050 il n’ y aurait plus de poisson dans les mers africaines.

L’Afrique est le seul continent où la pollution marine est forte du fait de l’activité des étrangers, des bateaux qui dégazent en pleine mer sans s’en inquiéter, tout comme les compagnies pétrolières qui polluent le littoral, au Nigeria on ne peut plus se baigner sur une bonne partie du delta du Niger, c’est le cas sur la côte du golfe de Guinée au Congo où le littoral est souillé par les compagnies pétrolières.

Si depuis longtemps les populations et les combattants africains avaient une vision africaine des problèmes de chacun des territoires africains dessiné par les colonisateurs occidentaux, je suis convaincu que les imposteurs comme Denis Sassou ne serait pas revenu au pouvoir au Congo par les armes, parce sans Bongo et les bases militaires françaises de Centrafrique et du Gabon, Sassou Nguesso n'aurait pas gagné sa guerre contre le balbutiant et maladroit retour à la  démocratie congolaise et les Angolais qui doivent leur existence et indépendance au prix des sacrifices des populations paysannes congolaises n'auraient pas accepté la proposition française d’intervenir en faveur de Sassou, car on dit dans les milieux informés que c'est l'armée française qui aurait porté le coup fatal au gouvernement élu de Pascal Lissouba et que l'armée angolaise serait venue pour parachever la stratégie française, en l’occurrence celle de la compagnie pétrolière Total qui s’appelait à l’époque des faits ELF

En matière économique

L’exemple de la compagnie aérienne Air Afrique créée au début des années soixante qui rendit des grands services aux Africains, doit servir de preuve convaincante. Par son activité panafricaine, elle contribua à rapprocher les pays desservis par ses vols et permit l’acquisition d’une expertise africaine dans le domaine du transport aérien.

        Imaginez dans le cas du pétrole et des autres matières premières, que l'Occident a besoin, tous les pays d'Afrique centrale étaient associés pour vendre leur richesse, je crois qu'ils tireraient un grand parti. Ces pays mettraient ensemble leur revenu pour construire les infrastructures nécessaires au développement.

Par exemple dans le domaine des transports, les ports de Douala (Cameroun), Pointe-Noire(Congo), Libreville(Gabon), Matadi (Congo Démocratique), Luanda (Angola) au lieu de se faire concurrence se mettraient ensemble dans un réseau multimodal intégré au bénéfice de tous les onze pays de la sous-région. Chaque port de cette sous-région en se spécialisant pourrait offrir plus de performances économiques dans une sorte de complémentarité.

Imaginez que les Africains d'Afrique centrale créent une compagnie maritime qui fasse du cabotage le long de la côte maritime depuis l'Angola jusqu'en Afrique de l'Ouest, quel outil formidable

Pour l'exportation des produits au Congo, par exemple pour le pétrole en se mettant sous l'autorité d'un parlement fédéral le pétrole du Congo allait échapper au dictateur maison. Ce serait pareil pour le Gabon où l’argent du pétrole ne sert pas les Gabonais.,

D'un point de vue géostratégique et des relations internationales au vu des enjeux futurs dus à la pression de plus en forte sur les matières premières,  aucun pays d’Afrique centrale, le Congo par exemple n’est viable en tant qu’entité politiquo-économique.

Aucun de ces pays ne peut satisfaire aux normes minimales d’un pays  tant du point de vue social, sanitaire( le système sanitaire de toute l’Afrique est le moins performant au monde), universitaire (l’Afrique est le seul continent qui ne possède pas de grande université de recherche), politique (les souverainetés africaines sont émasculées souvent par les puissances étrangères), économique, industriel(tous les pays africains importent leurs équipements industriels et produits), culturel (aucun pays africain a un marché du livre viable, tout comme pour celui du disque ou du cinéma, arts), agricole (tous les pays africains ne sont pas autosuffisants, une forte proportion des Africains surtout des enfants ne mangent pas à leur faim), même sportive (à ce niveau là les pays africains comptent sur les subventions des fédérations internationales et de la coopération « coloniale »).....

En matière d’éducation et de la recherche universitaire

Il en est de même pour le financement des Universités, aucune université nationale africaine ne dispose de moyens en hommes et en argent pour rivaliser avec la dernière université européenne ou d’Amérique latine, on créerait par exemple par domaine des pôles d’excellence pour la recherche et l’enseignement.

Ainsi Le brassage des étudiants dans ces entités, futurs décideurs, favorisera une dimension panafricaine de tout projet.

En matière culturelle,

Par exemple pour le cinéma, on pourrait se financer, imaginez que l’Afrique peut avoir son Bollywood avec son milliard d’Habitants. Un film distribué en Afrique unie pourrait être regardé par plus 10 millions de spectateurs.

Quel marché formidable pour le livre et la musique.

Cela ne peut être possible qu’avec un marché unique africain, des moyens de communication continentale.

Conclusion

Voilà de façon non exhaustive les raisons qui plaident pour que les sociétés civiles africaines, les gens de la connaissance et les futures élites renouvellent l’outil théorique du panafricanisme en tant que pensée et mode d’action pour l’Afrique de maintenant.

Je suis convaincu que l’unification et la mutualisation   ne seraient que bénéfiques pour l’Afrique, il y va de la survie de chaque individu africain dans ce monde où les ressources et matières premières à l’industrie mondiale se raréfient et que l’Afrique possède près de ¾ de toutes les réserves mondiales. L’Occident comme dans le passé cherchera des moyens pour s’en emparer sans contrepartie équitable, pour cela il est de plus pressé par la Chine et l’Inde, d’où les déclarations des autorités françaises ( discours de Sarkosy au Cap après celui de Bockel) à propos de la françafrique.

Selon moi, chaque Africain ne représente rien sans les autres. C'est même pour ça que la colonisation perdure.

Il est clair que pour moi le panafricanisme ne veut pas dire la fin des territoires actuels mais au contraire signifie une mise en commun des efforts et moyens tant sociaux, politiques et économiques pour lutter  contre les envahisseurs étrangers et progresser ensemble.

Posté par lepangolin à 14:08 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
03 mars 2008

Kenya et Tchad : les mêmes causes produisent les mêmes faits ?

Essayons de les rechercher et de les en analyser si possible. La liste ci-dessus n’est pas exhaustive.

Quelles sont les causes ?

Pour le Tchad.

Depuis l’indépendance, aucun changement de pouvoir ne  s’est fait sans violence.

La violence est donc la grande caractéristique de la vie socio-politique du Tchad.

Une volonté affichée de fausser le jeu démocratique par un refus de compétition loyale et honnête entre différents acteurs du personnel politique.

Des positions géostratégiques mondiales faisant intervenir dans le jeu politique interne des acteurs extérieurs notamment les  puissances coloniales et occidentales( France, Europe et Usa),

Une absence de l’Etat de droit caractérisée par l’impunité, la corruption, le népotisme et l’incompétence techno-administrative.

Une ignorance des droits et devoirs de la grande masse.

Un manque de vision et de compréhension des fondamentaux des enjeux par l’opposition

Pour le Kenya

Pour comprendre le problème Kenya qui est un modèle facilement reproductible dans toute contrée africaine, il paraît évident de souligner plusieurs facteurs et/ou éléments aggravants suivants :

Dans la liste des causes on peut évoquer

Le manque de véritable Etat de droit dans l’esprit des acteurs pour l’installer et dans la lettre en ce qui concerne son respect.

La présence de la forte corruption de tous les secteurs de la vie

La présence encore sur la scène politique des vieux de l’époque du parti unique, modèle de pouvoir par excellence liberticide et anti-démocratique.

Le faible niveau de développement économique

La mauvaise gouvernance qui est la conséquence directe de la médiocrité politique et de l’incompétence technique des gouvernants et de l’administration.

La faible représentativité sociale et économique de toute forme de société civile et élite.

Dans la liste des facteurs aggravants en premier lieu on trouve :

le phénomène dit ethnique ou tribal,

La pauvreté spirituelle, culturelle, mentale, sociale, économique des populations surtout des jeunes.

Quelle analyse peut-on en faire ? 

En dépit de la situation géostratégique de l’Afrique et le passé colonial  

Les événements qui viennent de se dérouler dans ces deux pays mettent en lumière l’échec du personnel politique africain et surtout de l’opposition qui jusqu’alors n’a pas encore su bâtir une stratégie pour installer un jeu démocratique honnête.

Ces événements montrent plutôt que la lutte pour le pouvoir central par les opposants n’est qu’une lutte pour accéder de façon individuelle  aux différentes de position de rente que génère le pouvoir 

Posté par lepangolin à 16:48 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
30 octobre 2007

Pour le fédéralisme en Afrique

Carte_AfriqueA l’heure où depuis quelques années on parle de plus en plus de fédéralisme et de panafricanisme, je me suis permis de partager avec les internautes quelques notions que je trouve essentielles pour avancer le débat.

L’idée du fédéralisme a surgi en Europe pour éviter à la longue des guerres entre nations. Le premier grand théoricien fut Emmanuel Kant dans son petit manifeste intitulé « Pour la paix perpétuelle » écrit en 1795.

L’idée du fédéralisme surgit en Afrique à l’aube des indépendances.

Le principal promoteur de cette idée fut le ghanéen Kwamé Nkrumah avec la panafricanisme. Pour lui l’Afrique devait s’unir pour résister à l’impérialisme étranger et surtout retrouver son unité spatiale, et socio-culturelle gage de réussite pour son combat vers la liberté.    Lire la suite

Posté par lepangolin à 15:40 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
30 septembre 2007

Pour le fédéralisme en Afrique

Carte_AfriqueA l’heure où depuis quelques années on parle de plus en plus de fédéralisme et de panafricanisme, je me suis permis de partager avec les internautes quelques notions que je trouve essentielles pour avancer le débat.

L’idée du fédéralisme a surgi en Europe pour éviter à la longue des guerres entre nations. Le premier grand théoricien fut Emmanuel Kant dans son petit manifeste intitulé « Pour la paix perpétuelle » écrit en 1795.

L’idée du fédéralisme surgit en Afrique à l’aube des indépendances.

Le principal promoteur de cette idée fut le ghanéen Kwamé Nkrumah avec la panafricanisme. Pour lui l’Afrique devait s’unir pour résister à l’impérialisme étranger et surtout retrouver son unité spatiale, et socio-culturelle gage de réussite pour son combat vers la liberté.

Pour lui l’alliance ou la fédération des Etats libres, souverains et égaux devait permettre aux Africains de recouvrer rapidement leur libertés individuelles bafoués par les nouveaux systèmes d’exploitations qui se sont immédiatement mis en place dès les proclamations d’indépendance.

Kwamé Nkrumah avec les Modibo Keita pensaient que l’Afrique devait se libérer totalement de sa dépendance si les Etats se mettaient en place. Ces tenants africains de la liberté, considèraient  cette dernière  comme une fin pour le citoyen africain.

Le pari était (ou est) Etre libre, même quand il s’agit de réhabiliter l’Etat national qui a fut détruit par la colonisation européenne.

Cette expérience des années soixante fut rapidement interrompue par la duplicité de l’Occident et la complicité des élites africaines, et l’installation des dictatures et des Etats unitaires opposés au fédéralisme.

Le retour en force des idées de Nkrumah

L’expérience de 1960 à 1990 des partis politiques uniques et des dictatures centralisées dans la plupart des pays africains n’a pas permis la promotion des idées de fédéralisme.

Ces Etats n’ont pas permis aux citoyens et aux entités régionales de s’émanciper vers l’autonomie sociale et culturelle.

Face aux échecs, politique, économique, sociale, sanitaire, culturelle,  psychique, et etc. constatés par une bonne partie de la jeunesse, des élites,  de la plupart des acteurs et analystes socio-politiques africains, tout le monde s’accorde de plus en plus à préconiser l’expérimentation sinon l’application sincère du fédéralisme au sein des Etats, des entités sous-régionales pour aboutir à l’Union africaine selon les vœux de Nkrumah.

C’est pourquoi on a vu au début du retour du multipartisme, beaucoup des pays de type centralisé, se diriger vers la décentralisation ce qui était un pas vers l’autonomie administrative et culturelle des régions, donc des groupes ou des communautés linguistiques car malencontreusement associés à des portions de territoires dits nationaux.

En effet les indépendances africaines du fait de la balkanisation opérée en 1885 à Berlin, ne furent pas celles des territoires ou terroirs composés uniquement d’un seul groupe ou communauté linguistique. En tant que tel aucun de ces groupes appelés à tord tribu ou ethnie ne peut revendiquer à elle seule une indépendance. Les indépendances furent accordées à des pays composés de plusieurs terroirs ou entités humaines toutes diverses. Cet handicap de départ fut mis en avant dans les premières années des indépendances pour expliquer l’échec de l’Afrique « mal partie ». A cela la réponse fut d’instaurer le parti unique pour étouffer les revendications identitaires. Cela fut une façon de s’opposer aux libertés individuelles donc à l’épanouissement des Africains. 

Du coup le parti unique et l’obsession de l’Etat centralisé cristallisèrent de plus belle les passions identitaires. C’est ce qui explique la création dans la plupart de ces pays des partis à dominance identitaire comme socle idéologique.

Les plus courageux de ces partis politiques réclamèrent l’instauration du fédéralisme comme solution aux conflits.

Car en effet les tenants du fédéralisme pense que l’individu pourra acquérir sa nature véritable, car le territoire sur lequel il devrait évoluer serait homogène du point de vue peuplement dit ethnique. Les pseudo antagonismes nés de ces difficultés identitaires ne pouvant plus s’exprimer.

Pour les tenants du fédéralisme, l’Etat est source de conflit par essence comme le définissait Hegel. L’Etat par essence par l’exclusive de la puissance et des moyens de la force et de la contrainte qu’il dispose s’opposerait aux libertés. Il a souvent tendance à restreindre les libertés individuelles au nom de l’intérêt collectif.

Si par malheur cet Etat tombe dans les mains d’un dictateur comme c’est souvent le cas en Afrique d’une façon générale, et au Congo d’une façon particulière, on constate que les libertés individuelles sont presque détruites.

Pour ma part je pense qu’un Etat démocratique, c’est celui qui doit avoir pour vocation de promouvoir la liberté, c’est ce qui explique les multiples avancées vers plus de libertés individuelles dans les pays d’Europe et d’Amérique. L’Etat aurait pour rôle de résoudre les conflits nés d’antagonismes d’intérêts individuels.

Pour la plupart des philosophes , « la relation originelle des hommes entre eux est une relation conflictuelle, mettant en jeu deux passions fondamentales : la vanité ou désir de reconnaissance (et la peur de la mort violente). Et la soumission à un maître est le phénomène d’où est sortie la vie sociale des hommes en tant que commencement des Etat. »

La démocratie directe serait issue de l’idéologie de l’idéal de  la liberté pour tout citoyen

La liberté c’est l’idéal humain. C’est ça qui le fonde. Cet idéal serait le fondement de la démocratie.

En démocratie on doit pouvoir avoir la libre participation de tous les citoyens du pays au fonctionnement des institutions politiques et sociales c’est ce que l’on appelle Liberté politique.

La démocratie dans son essence doit permettre l’expression et l’épanouissement de la vie privée sous toutes ses formes. Le citoyen doit pouvoir vivre sa vie comme il l’entend.

Mais l’Etat seul a la liberté de restreindre cette liberté individuelle pour le bien supposé du plus grand nombre de la collectivité et en son nom. D’où il faut que cet Etat ait obtenu une légitimité et une légalité lui accordant la liberté de restreindre certaines formes de libertés individuelles. La légitimité lui est accordé par les citoyens composant la société qui acceptent d’aliéner leur liberté. De cette légitimité découle la légalité qui fonde la loi.

Cette triple liberté doit produire deux effets fondamentaux pour que la démocratie fonctionne et garantisse en fin de boucle la liberté :

Ø  Gouverner et gouverné.

Ces deux catégories de mots produisent au sein des citoyens d’une même et unique société, deux types d’acteurs :

Ø  le verbe Gouverner : produit la catégorie des gouvernants

Ø  le verbe Gouverné : produit la catégorie des gouvernés

Le citoyen aurait des droits politiques et civils et  a aussi  des obligations politiques et civiles et ce serait le cas des gouvernants.

C’est pourquoi les lois doivent être les mêmes pour tous et connues de tout citoyen. La première de ces lois est la constitution qui agence l’ensemble des libertés individuelles, qui définit les droits et obligations politiques et civils.

Toutes ces lois doivent concourir à la garantie des libertés individuelles en essayant de résoudre le maximum des conflits.

Ces lois pour obtenir l’assentiment de tout citoyen car elles restreignent la plupart du temps les libertés individuelles doivent revêtir un caractère universel démocratique.

C’est pourquoi on réclame de ces lois une égalité, pour que tout le monde puisse mérite le même traitement de ses libertés individuelles.

Il est donc clair que dans un Etat centralisé, dans le cas africain où les passions identitaires sont au cœur des idéologies des partis politiques et de la grande masse conditionnée à cela par une élite incapable de promouvoir les libertés individuelles, le fédéralisme apparaît comme une source potentielle de conflit surtout à caractère identitaire. Et en deuxième point le fédéralisme s’opposerait directement à l’essence même de ces partis car en homogénéisant le territoire « entre nous », les acteurs politiques africains seraient mis à nu.

Leur incompétence notoire à produire du sens social, de l’économie et de la politique serait dévoilé face à leurs électeurs.

En effet il est plus simple à ces derniers de justifier leur incompétence en évoquant l’autre de l’autre «  ethnie ».

C’est ce qui se passe actuellement au Congo, les ressortissants du Nord majoritaire dans les sphères des institutions politiques et administratives sont accusés par les partis d’opposition en majorité issus des régions du Sud comme responsables des malheurs du Congo.

Si bien que la frange de la population ne faisant pas partie des institutions  politiques et administratives pour la plupart originaires de la partie Sud du Pays pense qu’il faut instituer un Etat fédéral pour sortir le Congo d’un pseudo conflit ethnique et permettre ainsi à chaque individu congolais de s’épanouir.

Le Congo Etat unitaire et autonome depuis 1956 connaît des conflits politiques à caractère identitaire depuis là. D’où l’idée du fédéralisme, est-ce que les Congolais sont-il capables de faire ce que les Belges (Flamands et Wallons) ont fait en 1830 pour éviter son éclatement.

Certes le Congo ne court pas le risque d’éclatement mais simplement le risque de dissolution totale au profit des puissances étrangères comme la France ou la Chine qui débarquerait en force pour remplacer les Français) ?

Si on regarde l’histoire des autres pays d’Afrique, très peu on un statut fédéral, c’est ce qui expliquerait en partie la réticence que les gouvernants politiques africains ont à l’idée panafricaine. C’est pourquoi ils freinent l’unité africaine, car ils ont peur de l’appliquer un jour chez eux.

En effet l’Etat fédéral doit consentir à transférer aux institutions politiques locales ou régionales des compétences faisant partie de l’épanouissement ou non des libertés individuelles. Il s’agit de gérer au plus près des populations les besoins fondamentaux ( santé, éducation, logement, culture et besoin social) et voire économiques.

Toutes ces compétences transférées au niveau local risquent d’affaiblir le pouvoir central, car en ce moment les pouvoirs locaux rentreraient en compétition avec lui. Or les politiciens africains ont besoin de pouvoir central pour continuer à distribuer des prébendes  et négocier avec les anciennes puissances tutélaires des allégeances.

Pour ma part je pense que pour que le fédéralisme réussisse il faut qu’il sorte d’un compromis démocratique. Il faut que les acteurs politiques et la population appréhendent le fédéralisme comme une forme avancée de la démocratie.   

En cas de contrainte autocratique, il échoue sans conteste, c’est le cas de la Yougoslavie qui a fini d’éclater ou encore de la République Fédéral du Cameroun à cause des passions identitaires.

Dans le cas des pays unitaires, souvent les revendications identitaires conduisent à la rupture et à la violence si cette volonté n’est pas acceptée de façon libre et démocratique.

C’est ce qui explique par exemple que l’opposant anglophone John Fru Ndi n’ait pas réussi à gagner les élections au Cameroun face à Biya contesté,  au début du multipartisme dans les années 1990.

Ou quelque fois le spectre de la sécession empêche les partis politiques à adhérer aux idées du fédéralisme, c’est le cas des pays ayant connu de longues périodes de guerre, c’est le cas du Tchad, de l’Angola, de l’Afrique du Sud et du Congo rive gauche(RDC).

Face à ses oppositions que l’on peut comprendre, les tenants de la liberté pensent que seule l’organisation fédérale de nos pays nous conduirait vers la paix et le progrès pouvant assurer l’envol de l’Africain.

A l’avantage du fédéralisme, les panafricanismes soutiennent que si l’Afrique malgré les guerres et les difficultés, avait été un seul pays aux mains d’un seul gouvernant, et si par malheur les 53 Etats étaient dirigés par un dictateur, on aurait pas eu les avancées constatées dans certains  territoires. C’est pourquoi les vrais panafricanistes défendent l’idée fédérale ou confédérale pour l’Afrique.

Pour eux il n’est pas question d’unifier les territoires, au contraire ils souhaitent que chaque pays se dotent d’une organisation fédérale afin de libérer au plus près des territoires la démocratie directe. Cela pour ainsi couper court aux pseudo problèmes dit ethniques ou tribaux.

Pour cela ils se réfèrent sur l’organisation des anciens grands empires et royaumes de l’Afrique pré-esclavage. Les Etats du Songhai ou du Kongo ont fait la preuve de leur développement en ces époques.

Plus près de nous, on peut citer les exemples des pays performants qui sont en train de nous dominer. En tête de ces pays il y a les Etats Unis d’Amérique (USA)  qui par sa constitution tient en trois principes fondamentaux garantissant la liberté des individus. Les trois premiers articles de la constitution consacre la séparation des pouvoirs

Ø 1- le législatif (Congrès et la chambre des représentants)

Ø 2- l’Exécutif le président des USA

Ø 3- le judiciaire la cour suprême.

A partir de ces trois axes, les USA organisent le fédéralisme par l’article 6 « les constitutions et les lois des Etats fédérés doivent respecter la constitution et les lois fédérales »

Ainsi les organes de l’Etat fédéral américain se composent de :

   Ø 1- la chambre des représentants élus à la proportionnelle de la population.

            Ø 2- le sénat comprend 2 élus de chaque Etat quelle que soit sa taille.

On peut aussi évoquer le cas de la confédération helvétique, qui est née en 1921 du pacte liant 3 petites communautés des montagnes suisses.

C’est la concordance suisse qui organise cette variante du fédéralisme. La Suisse se distingue par son degré élevé  de démocratie semi-directe par la possibilité des referendums (il suffit de 50000 citoyens).

La constitution suisse est très détaillées porte sur des points très divers.

Comme pour les Etats –Unis, la représentation est proportionnelle pour le parlement.

Par contre les Suisses ont institué une représentation proportionnelle pour le gouvernement.

Les bases institutionnelles suisses sont :

          La suprématie fédérale et le canton.

          La fédération repose sur l’assemblée fédérale, son bureau est formé  de la réunion des bureaux des 2 chambres 

          Le congrès désigne les conseillers fédéraux.

Un autre pays performant fédéraliste c’est l’Allemagne, où le pouvoir est partagé entre les deux grands partis.

La fédération s’organise autour du Bundestag (parlement fédéral) et des Bundesrat (parlements des Etats ou des régions (Landers).

Un autre pays fédéral est le Canada.

Pour tous ces pays  la fédération s’appuie sur les 3 points essentiels suivants :

Ø 1-La souveraineté garanti par la constitution fédérale

Ø 2-La liberté  des citoyens et des territoires garantie par deux constitutions (fédéral et locales)

Ø 3-L’égalité pour tous les citoyens garantie la libre circulation des citoyens d’un Etat ou région à un autre ou une autre sans restriction, et la suprématie de la constitution fédérale sur toutes les autres lois.

En Allemagne en matière économique et sociale, les régions ont le droit de substituer à l’Etat fédéral en cas de défaillance de ce dernier.

Dans tous ces pays les Etats ou Landers ou Cantons ou régions ont la possibilité de conduire des politiques économiques, sociales, culturelles voire cultuelles. Ce qui fait qu’en étant au plus près des populations, la démocratie qui requiert l’implication  des citoyens devient efficace et source de paix. La compétition pour le pouvoir central paraît donc secondaire pour les tenants des fameuses « éthnies ».

L’excuse des analystes et de certains acteurs africains qui pensent que les « ethnies ou tribus » sont un frein au développement et source des conflits ne peut être évoquée.

On peut donc le voir que le fédéralisme apparaît comme un rempart à l’obscurantisme et au mal sous-developpement. Il a le mérite de mettre au défi les élites africaines.

C’est pourquoi que je pense que le fédéralisme reste le seul chemin que l’Afrique tout entière doit emprunter si elle veut assurer les libertés et l’envol de ses habitants.


La question du tribalisme

Pour répondre au commentaire de notre ami Djess, j’ai jugé utile de partager ma réponse avec tous les internautes.

En ce qui concerne la question de l’ethnie et/ou du tribalisme en Afrique, je suis convaincu que les africains à force de nier l’évidence et de vouloir rester dans des schèmes et schémas de pensées coloniaux font fausse route et surtout occultent les mutations  successives que ces sociétés détruites par la déportation, l’esclavage, la colonisation, la post-colonisation et les dictatures subissent.

Ce n’est pas faire langue de bois de dire que les ethnies et/ou tribus telles définies par les ethnologues et administrateurs coloniaux n’existent plus.

Sans vouloir trop  balayer du revers de la main, le problème de l’ethnicisme (qui est une pratique politique bien idéologisée à ne pas confondre avec l’ethnie et/ou tribu), je demanderais à notre Djess et Koulama de me donner la proportion des Congolais qui appartiennent de façon 100% homogène à ce qu’ils définissent d’ethnie. A ce que je sache aujourd’hui plus de la moitié des Congolais sont issus des unions appelées dangereusement de façon barbare « mixtes » et en ce qui concerne les jeunes nés à partir des années 1985 cette proportion peut atteindre les 70%. La question qui se pose est : de quelles ethnies sont les enfants issus de ces unions (qui deviennent la norme même). Quelqu’un peut-il être capable de me dire de quelle ethnie et/ou tribu est-il un enfant issu d’une union entre un Punu et un Enyellé ? Entre un kongo et un mbochi ? Entre un Téké et un vili ? Entre Beembé et un Mbéti ? Entre un Luumbu et un Ndondo ?

Dans ces conditions comment peut-on toujours parler de l’ethnie et/ou tribu comme si nous étions encore dans les années 1950. Encore faut-il pour répondre à la question que l’on définisse de façon claire et précise les termes ethnies et/ou tribu.

Mon ami Jean-Jacques Bayonne Castador dans un mémoire d’université avait relevé plus de ix définitions toutes différentes et parfois contradictoires. Il avait conclu en fin de compte que ce terme ressortait plus de l’idéologie que des sciences sociales. Pour lui ce terme ne voulait rien dire sinon mettre en place en ce qui concerne les colonies et les post-colonies une idéologie de la négation de l’humanité chez l’Africain. Les penseurs et chercheurs occidentaux rechignent à parler d’ethnie lorsqu’il s’agit des Européens, ce fut le cas pour l’Ex République Fédérale Yougoslave, et actuellement le cas pour la Belgique.

Pour revenir à l’idéologie, cette dernière devait servir à cristalliser les énergies et passions africaines vers les questions identitaires. C’est ce qui s’est passé au Rwanda, Burundi, Côte-d’Ivoire, Nigeria, les deux Congo et qui risque de se passer au Cameroun, Gabon, Sénégal, à cause tout simplement de la non prise en compte effective des préoccupations matérielles et spirituelles des populations diversement riches culturellement, cela par des oligarchies autochtones. Tant venant de l’opposition que des pouvoirs dictatoriaux.

C’est pourquoi pour ma part je crois que la pseudo question de l’ethnie et/ou tribalisme est un faux problème. La vraie question qui doit nous préoccuper est celle de savoir comment restituer et/ou restaurer les valeurs de la liberté, de l’autonomie de soi vis-à-vis de la collectivité, de la liberté et de l’idéal démocratique chez l’Africain (en l’occurrence le Congolais) de façon à susciter la tolérance, l’ouverture vers l’autre (en dépit des différences apparentes), le respect à tout prix de la vie, de voir en tout Etre vivant la sublimation de la vie et le besoin viscérale de prendre en compte l’expression de ces aspirations chez l’autre même si ce dernier crée l’altérité. Ce dont tout Etre Humain en a besoin.

En ce qui concerne le fédéralisme, ce dernier ne saurait être la réponse efficace au problème congolais, si il prend comme postulat l’ethnie et/ou la tribu. Le fédéralisme doit toujours correspondre à un idéal démocratique celui de la liberté qui implique Egalité, Citoyenneté et Justice.

Le fédéralisme est une forme avancée de la limitation du pouvoir absolu qui est l’essence même de la démocratie. On juge le degré de démocratie d’un pays à la qualité des moyens mis en œuvre pour limiter le pouvoir.

Posté par lepangolin à 15:35 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
16 février 2007

Manifeste pour "L'organisation des Etats Généraux de l'Afrique pour la création des Etats-Unis d'Afrique"

Comme à mon habitude je viens vous livrer un commentaire que j'ai trouvé interessant à partager avec vous.

Je l'abstiens toujours de porter de jugement de valeur cela pour permettre un débat autour du commentaire.

je vous invite donc à la lecture et vous oblige presque à réagir plus nous serons nombreux à véhiculer cette idée dans chacun de nos pays, meiux nous réussirons dans cette voie que je considère que le seule et véritable issue pour l'Afrique. Je rappelle que tous les pays d'Afrique ont les même problèmes car ayant un même fond culturel et surtout une unique histoire douloureuse.

Pour ma part je suis convaincu depuis longtemps de la viabilité et de la faisabilité des ETATS UNIS D'AFRIQUE pour notre cher continent.

Titre du commentaire : L'organisation des Etats Généraux de l'Afrique pour la création des Etats-Unis d'Afrique

Commentaire :
Voici notre contribution pour la création des Etats-Unis d'Afrique.

Ce document avait été adressé au Président de la Commission de l'Union Africaine, le Professeur Alpha Omar Konaré en mars 2004. Bonne lecture.

Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF) AFRIQIYAH Paris le 21 septembre 2003 Le Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF) s'est expressément réuni à Paris en date du 21 septembre 2003 pour mener une réflexion sur la question éminemment urgente, des récentes évolutions que vit notre continent.

Le présent document vise à contribuer et enrichir par quelques propositions le débat au sein des commissions de la nouvelle Union Africaine. Celui-ci est sûrement ouvert et associe sans nul doute toutes les élites sociales, économiques et politiques panafricaines.

Car lélaboration d'un projet de société d'échelle continentale passe nécessairement par-là. L'objectif est de susciter au sein du Conseil Exécutif de l'Union Africaine, l'organisation des ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE.

Les nouvelles mutations du contexte international et la situation politique, économique et sociale de l'Afrique ont constitué les facteurs clés à la base de notre démarche. Il convient, avant d'aller plus loin, de revenir un tant soit peu sur les principaux traits. Depuis l'effondrement du mur de Berlin et la fin des rivalités Est-Ouest symbolisées par l'opposition Etats-Unis - Union soviétique, le monde se dirige irrémédiablement vers un bloc monolithique : celui d'une mondialisation dont les seuls architectes demeurent à l'heure actuelle les Etats-Unis d'Amérique. Dans ce nouveau panorama politique et économique, la première puissance du monde cherche à peser de tout son poids sur les relations internationales afin de continuer à jouer le rôle de leadership, malheureusement en exerçant une domination de type impérialiste à l'échelle planétaire, au mépris souvent des règles du droit international et du droit à l'émancipation et l'autogestion des autres peuples. Mais on constate que malgré leur puissance économique et militaire, les Etats-Unis ont toujours eu besoin de s'unir à d'autres Etats du même continent. Ils ont créé avec le Canada (un autre Etat d'Amérique du Nord) et le Mexique (un Etat d'Amérique latine) un espace économique commun connu sous le sigle de l'ALENA . Pour leur part, certains pays d'Amérique latine ont entrepris de se dégager progressivement de la tutelle impérialiste nord-américaine, notamment depuis la fin de la guerre froide.

Leurs efforts se sont traduits concrètement par la mise sur pied d'un marché commun : le MERCOSUR. Craignant de voir cette partie du monde échapper à son contrôle, le Président George W. Bush avait aussitôt convoqué à l'époque, un « sommet des Amériques » réunissant tous les Etats d'Amérique du Nord, des Caraïbes et du Sud, à l'exception de Cuba. Mais, il est parfaitement clair que le but de celui-ci n'était autre que de garder une mainmise permanente sur cette région du monde que Washington a toujours considéré comme sa chasse gardée. Or, à l'heure actuelle, les peuples de ces Etats, mus par des idéaux de justice et d?émancipation, y compris certains des dirigeants d?Amérique latine dont la nouvelle génération actuellement au pouvoir, s'organisent très activement pour trouver des voies et moyens authentiques leur permettant d'atteindre leurs objectifs et affirmer ainsi leur « personnalité ». Les changements politiques survenus au Venezuela, au brésil, et plus récemment en Argentine (pour ne citer que ces cas là) le prouvent suffisamment.

En Asie, le Japon et les « quatre dragons » constituent un autre pôle économique, capable depuis bien des années de rivaliser avec la puissance nord-américaine partout dans le monde.

La République Populaire de Chine de son côté, a déjà entrepris de grandes réformes pour rattraper son retard économique. Dans quelques années elle sera assurément une grande puissance économique avec laquelle il faudra compter « dans la bataille des marchés » dans le monde au cours de ce XXIème siècle. Il y a peu elle s'est d'ailleurs rapprochée de l'Inde, l'autre puissance démographique asiatique détentrice elle aussi de l'arme atomique. Tous ces événements renforcent notre détermination et l'impérieuse urgence de mettre tout à profit pour concrétiser au plus vite le « réveil » de notre continent et l'unité des peuples et des Etats.

Plus près de chez nous, dans un continent pourtant moins riche mais beaucoup plus développé que le nôtre, les pays européens sont en train de parachever leur unité économique. Les premiers signes palpables de cette union ont été l'adoption de l'Euro comme monnaie unique européenne à partir de janvier 2002 et son élargissement aux pays de l'Est où l'adhésion d'anciens Etats du bloc « communiste » aura à long ou moyen termes, des retombées positives. Il semble tout à fait clair que les dirigeants européens ont très tôt compris que sans l'unité de leur continent, l'Europe ne pourra jamais faire face à la puissance financière et monétaire des Etats-Unis.

Quant à notre continent, le bilan est négatif sur toute la ligne et la situation économique plus que jamais catastrophique. L'Afrique présente à l'heure actuelle les traits caractéristiques d'un continent sous-développé où règnent : la misère, la famine, l'analphabétisme, l'illettrisme, les maladies telles le sida, la lèpre, la tuberculose, le paludisme etc. Les interminables guerres civiles observées sur le continent africain au Soudan, en République Démocratique du Congo, au Burundi et au Libéria contribuent au malheur des populations civiles africaines, les obligeant à quitter leurs terres ancestrales pour trouver refuge dans les territoires voisins.

D'autres conflits frontaliers ont par le passé, opposé certains pays africains (Ethiopie-Erythrée par exemple). On peut également signaler l'éternelle crise du Sahara occidental qui oppose en effet, depuis des décennies, l'armée marocaine contre le peuple frère sahraoui ; voici pour certains théâtres d'opérations militaires actuels en Afrique. On en déduit que tous ces événements constituent un danger réel pour la stabilité économique et sociale de notre continent. Ils sont aussi la preuve concrète du malaise politique que traverse l'Afrique depuis la fin de la colonisation.

Ces conflits sont pour la plupart issus de manoeuvres de déstabilisation orchestrées depuis l'extérieur par les puissances impérialistes et certaines de leurs multinationales ayant trouvé là un autre moyen habile et beaucoup plus aisé pour exploiter et piller à qui mieux-mieux l'Afrique.

C'est par rapport à toutes ces situations que le colonel Muammar Kadhafi avait, lors du sommet extraordinaire de l'Organisation de l'Unité Africaine tenu à Syrte en septembre 1999, pris l'initiative courageuse de proposer, non seulement aux dirigeants, mais aussi aux peuples africains un nouveau projet fédéral : les ETATS-UNIS D'AFRIQUE.

Cette idée du leader de la Jamahiriya libyenne reprenait un projet si cher à l'Osagyefo Kwameh N'krumah, dont l'objectif principal était de proposer au continent africain un nouveau cadre politique et économique permettant aux forces vives de relever avec succès et dignité, les différents défis qui se pointaient déjà à l'horizon tant sur le plan économique que technologique. Cette proposition panafricaine, revue et améliorée, est à la fois prometteuse et révolutionnaire ; elle a déjà reçu l'adhésion des masses populaires africaines, suscitant un véritable espoir : celui de voir désormais les Africains prendre leurs destinées en main pour le décollage économique de leur continent.

Cependant, entre la rencontre de Syrte (Libye) en septembre 1999 et les trois derniers sommets de l'OUA tenus à Lomé (Togo) en 2000, à Lusaka (Zambie) en 2001, à Durban (Afrique du Sud) en 2002, et tout récemment à Maputo (Mozambique), quatre années se sont écoulées sans aucune concrétisation politique palpable, en vue de matérialiser cette volonté des peuples africains à s'unir et s'investir dans le destin commun. Les institutions politiques (le parlement africain par exemple) et économiques promises n'ont toujours pas vu le jour ! De nombreux citoyens africains avaient émis divers avis, très enrichissants et encourageants sur l'unité africaine dans divers journaux dont Jeune Afrique.

La lecture des différents messages adressés à cet organe de presse africain, avaient permis de répartir leurs auteurs en deux camps. Un camp optimiste et majoritaire à notre avis, favorable à l'unité de l'Afrique et reconnaissant au colonel Kadhafi pour son courage. Un autre camp, pessimiste, minoritaire, constitué d'individus résidant en France, loin des réalités africaines et, préoccupés par les problèmes de l'Afrique, manifestant une hostilité marquante contre l'unité du continent en brandissant des arguments pauvres et puérils tels : l'absence de démocratie sur le continent, non-respect des droits de l'homme, le tribalisme, le régionalisme, pour justifier leur position.

Nous devons rappeler ici que lorsque les Etats-Unis d'Amérique - reconnus aujourd'hui comme la plus grande puissance du monde - se sont constitués, il n'y avait aucune démocratie dans ce pays. L'Europe qui se construit sous le regard d'Africains éduqués à l'européenne et tenants de l'idéologie « afro-pessimiste » ne saurait non plus, être un exemple de démocratie ni de respect des droits de l'homme. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler des traitements parfois infligés à certains ressortissants étrangers vivant en Europe. Mais, dans ces deux cas, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, où les peuples vivent dans le cadre d'une politique de « liberté surveillée », l'unité a été possible parce que des femmes et des hommes courageux et responsables l'ont voulu. L'Afrique dispose d'atouts essentiels pouvant faire de cette partie du monde une puissance économique, politique, voire militaire.

Ses immenses ressources naturelles en font le continent le plus riche de la planète. Avec une superficie de 30,5 millions de km2 (presque deux fois la Russie, deux fois et demi les Etats-Unis, trois fois la Chine populaire et six fois l'Europe !) et une population estimée à plus de 850 millions d'habitants ; elle constitue aussi la troisième puissance démographique du monde.

Les ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE que nous souhaitons pourraient se tenir très rapidement en Afrique, eu égard à l'efficacité des trois commissions : Affaires politiques ; Affaires économiques ; Affaires sociales et culturelles.

Nous estimons qu'ils requièrent naturellement la participation très active de toutes les élites compétentes du continent africain : décideurs politiques et économiques, potentiels et expérimentés ; universitaires et chercheurs africains travaillant sur le continent ou à l'étranger ; étudiants africains dont l'intérêt est affirmé pour l'Afrique ; chefs d'entreprises, hommes d'affaires, etc. Nous sommes convaincus qu'une telle initiative permettra de maintenir les rapports d'un nouveau type jusque-là inconnus entre tous ces acteurs qu'ils auront créés. Car on ne saurait parler aujourd'hui d'unité ou de développement de l'Afrique si à la base, toutes les idées philosophiques, contributions économiques et politiques ne convergent pas : sans elles il n'y aura pas de projet de société capable de propulser le continent vers un avenir meilleur. L'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord se sont certes développées grâce à la volonté de leurs dirigeants politiques, mais aussi la prise en compte de résultats positifs de cette évolution au crédit du génie scientifique de leurs Hommes.

L'Afrique compte aujourd'hui un grand nombre d'intellectuels et de cadres dont les compétences s'expriment encore malheureusement en dehors de notre continent : en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et en Europe. Certains parmi ces brillants intellectuels dont le nombre est évalué à 100 000 (chiffres de la Banque Mondiale), n'aspirent pourtant qu'à mettre leurs connaissances scientifiques au service de l'Afrique.

L'Union Africaine (UA) est née, vive l'Afrique ! Mais, pour que le rêve des peuples africains devienne réalité et pour éviter les erreurs récurrentes de la défunte Organisation de l'Unité Africaine, la nouvelle structure panafricaine doit procéder à la mise en place rapide d'institutions efficaces.

PROPOSITION D'ORGANISATION DES ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE

Pour une meilleure organisation des Etats Généraux, et afin de leur garantir un plus grand succès, nous avons concentré notre attention sur quelques axes :

1/Commission des Affaires politiques ;

2/Commission des Affaires économiques ;

3/Commission des Affaires sociales et culturelles.

I/ COMMISSION DES AFFAIRES POLITIQUES

Cette commission est à juste titre une des plus importantes car il lui incombe de redéfinir les grandes lignes politiques de l'Afrique et de mettre en place ses institutions définitives.

A) Politique intérieure L'Union Africaine (UA) dans sa forme actuelle est une structure provisoire assurant la transition avant la création des Etats-Unis d'Afrique. Car, la formule actuelle est en grande partie inspirée du modèle de l'Union Européenne (UE) et reste le choix d'un groupe de dirigeants africains refusant d'abandonner leur « souveraineté nationale » au profit des intérêts généraux de tout un continent.

Les peuples africains quant à eux, aspirent déjà à l'unité totale du continent avec un Exécutif fédéral.

1°) Le siège de l'Union Africaine Addis Abeba fut pour des raisons historiques et symboliques tenant au passé de toute l'Afrique, la capitale politique de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).

Ce choix se justifiait déjà à l'époque par les objectifs que s'était fixés la première organisation panafricaine, dont la libération du continent de la domination étrangère et son émancipation à tous les niveaux.

Est-il besoin de rappeler ici que le peuple éthiopien a vaillamment résisté contre les troupes italiennes, constituant ainsi avec le peuple du Libéria, les deux exceptions non colonisés du continent ?

L'OUA est devenue l'UA avec des objectifs fort différents, certes, mais la désignation de la capitale africaine ne devrait poser aucun problème. Le critère primordial pour abriter les futures institutions panafricaines doit être la stabilité économique et politique du pays d'accueil. Or, il se trouve qu'actuellement seuls deux pays remplissent cette condition : l'Afrique du Sud et la Libye. Il serait donc souhaitable que l'une des capitales ou grande ville de ces Etats abrite les institutions politiques et l'autre, les institutions économiques de l'Union Africaine.

2°) Les institutions panafricaines

Ainsi le calendrier pourrait être le suivant :

1 - Mise en place à partir de 2004 du Parlement africain ;

2 - Elaboration d'une justice fédérale à travers la création de tribunaux fédéraux ;

3 - Adoption imminente d'un drapeau africain portant un sigle symbolisant l'unité africaine, flottant aux côtés de tous les drapeaux nationaux ;

4 -Création au sein de chaque Etat du continent d'une représentation locale de l'Union Africaine ;

5 - Création dès l'année 2004 d'un passeport africain et trois à cinq ans plus tard, d'une carte d'identité nationale africaine donnant droit de résidence dans tout Etat africain ;

6 - Suppression dès 2004 des visas et cartes de séjour entre pays africains et signature par tous les chefs d'Etats d'Afrique ou de gouvernement d'une charte facilitant la libre circulation des personnes et des biens, le droit de résidence et l'accès à la propriété privée dans chaque Etat.

Cette étape étant déterminante à l'adhésion et l'engouement des populations africaines, nous souhaitons que le calendrier soit écourté le plus possible.

3°) Indépendance et souveraineté africaines

Aucun pays digne de ce nom, quelle que soit l'ampleur de ses richesses ou la compétence de ses Hommes ne peut aspirer à un développement économique approprié s'il ne peut décider en toute liberté de ses choix politiques et de ses orientations économiques. Alors que tous les Etats du continent ont adhéré à l'Organisation des Nations Unies ;

leur souveraineté étant par conséquent été reconnue ; on constate malheureusement que depuis l'accession à la souveraineté internationale, les relations avec les anciennes métropoles coloniales n'ont pas véritablement évolué. Ceci a fait dire à beaucoup que les indépendances n'ont été qu'un semblant de transfert de compétence car la plupart des Etats africains n'assument pas clairement et librement cette responsabilité. Cest pourquoi l'une des missions primordiales de l'UA devrait être de créer les conditions indispensables à l'émancipation politique et économique de notre continent et surtout veiller à leur application. Nous préconisons à cet effet :

1-L'abrogation de certains accords politiques, économiques et militaires signés au moment des indépendances entre certains Etats africains et les anciennes puissances coloniales, désavantageant les Africains en les plaçant par exemple de fait en situation de dépendance ;

2 - Le démantèlement progressif et définitif des bases militaires non africaines ;

3 - La signature d'un protocole par tous les Etats membres de l'UA prohibant le renouvellement de tout accord militaire encourageant l'interventionnisme non africain.

4 -Le rôle de la Force de Paix Africaine doit par conséquent être renforcé par la formation adéquate de ses cadres dans les meilleures unités de formation militaire d'Afrique et du monde ;

5 -L'implication totale de l'UA dans la signature des accords de paix (conflits des Grands Lacs, Libéria, Sahara occidental, Côte-d'Ivoire).

4°) Communication

Il est impératif que l'Union Africaine se dote très rapidement de puissants moyens de communications, modernes et aptes à informer instantanément, non seulement tous les Africains (y compris ceux de la diaspora) mais également le reste du monde, de ses activités internes, les problèmes et l'évolution du continent. Il ne fait pas de doute que cette infrastructure aura pour effet de : contrebalancer l'influence propagandiste des médias occidentaux entretenant généralement l'afro pessimisme ; rétablir l'image de l'Afrique dans le monde et aux yeux de ses ressortissants ; susciter un intérêt patriotique aux Africains de la diaspora, et du coup, lutter contre le défaitisme et l'illusion de certains Africains de mieux assurer leur avenir en dehors du continent. C'est là une tâche urgente et prometteuse.

L'UA devra donc dès 2004 promouvoir :

1 -Les échanges radio (programmes et personnels) et téléphoniques à moindre coût entre les Etats africains ;

2 -La création d'une chaîne de télévision émettant par câble et satellite, traitant des actualités politiques, économiques, sociales et culturelles de l?ensemble du continent ;

3 -Encourager l'engagement de personnels africains hautement qualifiés (journalistes, cadres et techniciens) à la station de radio internationale Africa n° 1 ;

4 -La création d'un grand quotidien panafricain édité en plusieurs langues.

Pour leur crédibilité chaque média devra disposer de correspondants permanents sur le plan local et à l'étranger.

B) Politique étrangère

Permettre à l'Afrique de s'affirmer sur le plan international équivaut à :

1 - La création dans l'immédiat d'un poste de responsable de la diplomatie africaine afin de l'exprimer d'une seule voix et trancher définitivement avec la traditionnelle diplomatie à plusieurs vitesses ;

2 - La création dans les autres continents de missions de l'Union Africaine faisant office de représentations diplomatiques avec prérogatives spéciales sur certains dossiers de coopération.

C) Politique de défense, de sécurité intérieure et extérieure

Le Conseil de Paix et de Sécurité crée à Durban le 9 juillet 2002 a un rôle primordial dans la prévention et la gestion des crises et des conflits en Afrique. La Commission Paix et Sécurité se doit d'organiser et structurer la force de maintien de la paix africaine. C'est à cette condition qu'elle contribuera activement à l'éradication des facteurs endogènes et exogènes générateurs d'agressions, armées ou non que sont la misère, la pauvreté, la faible formation des cadres militaires, etc. Et quelques années plus tard, la CPS pourra se transformer en Commission de Défense et de Sécurité Intérieure (CDSI) apte à s'investir avec efficacité dans la politique de défense et la gestion des crises continentales, en somme, garantir la protection des populations et des ressources naturelles du continent de toute agression extérieure et impérialiste.

Il est par conséquent urgent de l'équiper de la sorte :

1 - Une Marine dotée d'un équipement moderne, établie à proximité des grands ports africains et/ou grandes villes du littoral ;

2 - Une Force armée aérienne pour la protection de l'espace aérien africain ayant des bases dans chaque site stratégique des Etats africains ;

3 - Une Armée terrestre avec des unités spéciales dont les bases devront se trouver à proximité des régions sensibles et riches ;

4 -Une Police fédérale d'intervention. Elle se devra de gérer et coordonner efficacement les différentes académies de police régionales créées au Centre, à l'Ouest, à l'Est, au Sud et au Nord du continent ;

5 - Un service africain d'espionnage et de contre-espionnage opérationnel sur le continent et en dehors de celui-ci. Ses fonctions devraient s'étendre jusqu'à la lutte contre :

-Le trafic de drogue et autres stupéfiants ;

- Les faussaires ;

-L'esclavage sous toutes ses formes ;

-Le proxénétisme et la pédophilie ;

-Les malversations financières et autres crimes économiques.

II/ COMMISSION DES AFFAIRES ECONOMIQUES

Il est universellement reconnu que l?élaboration d'une politique de développement et d'un projet de société doit toujours susciter l'adhésion du plus grand nombre. C'est dans ce sens que nous suggérons l'organisation d'un débat ouvert à tous les Africains, sur le NEPAD (dont les peuples africains ne saisissent pas encore la portée exacte), les relations avec le G8, et les regroupements régionaux tels que l'Alena, le Mercosur et l'UE. Dans cet ordre d'idées, la récente invitation du NEPAD par le Japon est opportune pour l'instauration d'une véritable coopération multilatérale. Il convient de rappeler que l'échec du dernier sommet de Cancun au Mexique est une victoire des paysans africains.

A/ Quelques grandes lignes

Nous sommes convaincus que c'est en encourageant l'émergence d'une bourgeoisie locale africaine par une politique originale et adaptée de financement, que les projets de création de Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de Petites et Moyennes Industries (PMI) survivront et prospéreront sur notre continent. Assurer à tout Africain l'accès au capital des petites et grandes entreprises africaines pourrait être une voie nouvelle originale les associant concrètement et intimement aux affaires et à la destinée du continent.

1°) Agriculture et environnement

Même si elle occupe 70% de la population active, l'agriculture demeure un des secteurs les plus négligés en Afrique. Alors qu'elle n'assure que 25% des revenus, l'UA doit s'atteler à promouvoir le développement agricole du continent de façon à atteindre dans une ou deux décennies au moins 50% des revenus. La finalité n'est plus à évoquer : l'autosuffisance alimentaire. Encourager dans ce cas les échanges de techniciens et de pratiques culturales régionales nous semblent original et adapté aux faibles revenus des paysans africains. Au regard des fluctuations du marché, la création d'un Institut Africain du Coton (IAC) s'avère urgente .

Pour ce qui concerne le volet de l'autosuffisance alimentaire, l'Union Africaine doit rapidement se joindre au « plan mondial contre la faim » du Président du Brésil, si nécessaire en l'adaptant et l'améliorant de manière à en tirer le maximum de bénéfices pour les populations africaines, notamment les régions de « sous-production alimentaire » . Les succès agricoles reposent sans aucun doute sur la mise en place d'une politique de protection de l'environnement à travers des mesures de protection des espèces animales et végétales menacées. Le programme doit évidemment comporter la lutte contre le braconnage et l'exploitation sauvage, veiller aux ressources en eau et prévenir la sécheresse et la désertification.

Les résolutions prises au Brésil du 3 au 14 juin 1992 lors du premier sommet de la Terre sous l'égide de l'ONU doivent constituer les bases d'une politique responsable de l'environnement : préservation de tous les types de forêts ; effet de serre occasionnant entre autres, la remontée des eaux par la fonte des glaciers dont les conséquences se répercutent sur l'écosystème côtier africain ; etc. Il est important de rappeler qu'il faut à tout prix ne pas « répéter les fautes des pays riches du Nord » commises durant leur révolution industrielle. A ce titre, les pays du Sud  dont notre continent, l'Afrique se sont encore une fois, engagés à lutter contre la pauvreté, le pire ennemi de l'environnement.

L'urgence revient donc à d'abord nourrir et éduquer les populations pour améliorer leur sort. La signature de « l'Appel de Heidelberg » qui s'insurge contre « l'écologisme qui gomme l'homme » souligne à nos yeux cette légitime volonté et dénonce « une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès économique et industriel ». Sans pour autant tomber dans l'industrialisation à outrance, nous estimons qu'un équilibre peut être trouvé avec le concours de tous les Africains. Le « Forum des peuples » ou « Sommet des pauvres » qui s'est tenu du 31 mai au 3 juin à Siby au Mali présuppose qu'il est possible d'instaurer une « journée ou semaine Panafricaine de la Terre » durant laquelle les Africains seront encouragés à consommer les produits locaux fournis par leur terroir.

2°) Politique bancaire

Toute économie repose sur les capacités d'autofinancement. Dans le contexte actuel, redéfinir les objectifs de la Banque Africaine de Développement (BAD), et en crée d'autres à vocation régionale (crédits réservés à des petites unités), seraient des garanties nécessaires. L'Union Africaine devra à ce propos créer, à l'instar du dollar ou de l'euro, une monnaie unique en remplacement de la multitude de monnaies actuelles, résurgence des blocages du commerce interafricain.

3°) Commerce et industrie

Ce sont là, avec l'agriculture, deux autres secteurs clés de toute économie mais qui, en Afrique, n'ont malheureusement pas encore bénéficié de toute l'attention nécessaire. Les économies des Etats africains, extraverties, s'appuyaient bien avant les indépendances sur des projets trop souvent élaborés hors du continent pour satisfaire les marchés occidentaux. Les bases en étaient fondamentalement viciées, altérant dès lors toutes leurs chances de réussite.

A l'aube du IIIème millénaire l'industrialisation en Afrique a pris un grand retard. Elle doit donc désormais occuper une place prépondérante dans les projets de « dynamique d'auto développement » de l'UA. Il ne fait pas de doute que, d'une part, les atouts et d'autre part, les possibilités de réguler un taux de croissance annuel permettant un relèvement du niveau de vie et un contrôle du taux de chômage sont des opportunités à saisir très rapidement. Il semble tout à fait honorable d?accorder la priorité aux secteurs traditionnels du décollage économique (agriculture, élevage, pêche, extraction des ressources pétrolières et minières).

Les produits devront être transformés sur place et les efforts d'expansion portés rapidement à d'autres types d'industries (automobiles, navales, informatiques, pharmaceutiques, etc.). Tous ces secteurs, encore inexistants ou très peu développés en Afrique nécessiteront une étroite collaboration entre l'Afrique et les pays industrialisés d?Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et du Sud, d'Asie (Chine populaire, Japon, Corée du Sud) et de l'Union Européenne.

L'objectif visé ici est double : le transfert et la maîtrise des innovations technologiques des Africains, d?une part, et le relèvement du niveau de vie et l'amélioration des conditions de vie, d'autre part. Il est indéniable que produire des voitures et des ordinateurs sur place permettra, non seulement de les vulgariser, mais encore et surtout, de les acquérir à moindre coût. Rappelons que près de 70% des importations de l'Afrique portent sur des produits manufacturés.

Les échanges sont la clé du commerce, lui-même vitrine du niveau économique d'un Etat ; d'où la nécessité de mettre en place une dynamique de libre-échange régional en vue de faciliter l'accès aux marchés intérieurs et d'augmenter les exportations vers les autres continents afin d'accroître la part de notre continent dans le commerce international. Car il s'agit en définitive de garantir et renforcer avant tout l'écoulement des produits de consommation locale. Le commerce extérieur du continent pourra par exemple s'organiser autour des « poids lourds » de l'économie africaine, qui du reste, disposent d'infrastructures portuaires de qualité : l'Afrique du Sud (Saldanha, Le Cap), la Côte-d'Ivoire (Abidjan), le Nigeria (Burutu, Bonny, Port Harcourt), la Libye (Zuwaytinah et Tobrouk) et l'Egypte (Alexandrie, Port Saïd et Suez). Il est impératif d'envisager la construction d'un port de grands tonnages sur la côte orientale, entre le Soudan et le Mozambique.

4°) Pétrole et mines

Pour assurer de meilleures productions et garantir le contrôle des exportations et des ventes, la création de sociétés africaines de pétrole est impérieuse. Elle permettra entre autres, de limiter les détournements et scandales (Affaire Elf). Nous suggérons que la gestion soit assurée en partenariat : 30% (investisseurs étrangers) ; 40% (Etats africains, producteurs ou non) ; et 30% (particuliers et entreprises africaines). Deux autres suggestions : la transformation des structures d'enseignement pétrolier d'Algérie en un Institut Africain du Pétrole et des Hydrocarbures (IAPH) afin d'assurer la formation des techniciens, et la création d'un Institut Africain des Mines (IAM) en Afrique du Sud ou en Angola et dont les missions seront identiques à celles de l'IAPH. En résumé, l'UA devra, conformément à sa vocation, envisager :

1 - De maîtriser et coordonner l?ensemble des activités pétrolifères du continent ;

2 - D'en fixer les conditions d'exploitation et les prix ;

3 - De financer les projets de recherches. A défaut, d'en fixer les grandes lignes, elle encouragera des initiatives du genre de l'Association des Pays Africains Producteurs de Pétrole (APPA) créée en 1987.

5°) Infrastructures de base

Nous avons mentionné plus haut l'importance du commerce et de l'économie dans la bonne marche d?un Etat. Il va de soi que des bases saines et solides leur sont indispensables.

Ce sont :

1 -Le transport routier : secteur à développer par la construction d'autoroutes permettant de relier toutes les capitales d?Etat et les villes africaines ;

2 -Le transport ferroviaire : construction d'un réseau ferroviaire adéquat désenclavant les régions rurales et consolidant les relations urbaines à une double échelle, régionale et continentale. C'est un autre point décisif pour la libre circulation des produits de consommation ;

3 Les autres infrastructures : scolaires, universitaires, sanitaires, et des logements sociaux sur l'ensemble du continent. L'urgence est de loger décemment les populations africaines. Il sera souhaitable pour l'UA d'encourager à l'échelle continentale la création de sociétés immobilières dont l'essentiel des actions sera détenu par des Africains. Ces logements socio-économiques (du type HLM) devraient avant tout être adaptés aux populations et au milieu naturel.

6°) Energie et eau L'Union Africaine doit tout faire pour permettre à tous les citoyens du continent d'accéder à l'eau potable et à l?électricité. De ce fait elle prendra toutes les dispositions et mesures nécessaires pour relever ce défi par :

1 - La création d'une Société Africaine d'Electricité. Celle-ci devra produire l'électricité à partir de différents procédés adaptés aux diverses régions (hydraulique, éolienne, thermique ou fossile) ;

2 -La création d'une Société Africaine des Eaux dont l'ambition sera de participer à plus de la moitié du capital des sociétés locales ou nationales. Comme pour les entreprises de communication et de transport, les prérogatives d'exception ou de priorité doivent lui être accordées par les Etats africains. En élaborant des études, la construction de canaux doit être rapidement envisagée afin de fournir de l'eau aux pays et régions déficitaires (du Sahel ou non). L'UA contribuera à la fourniture de l'eau dans toutes les régions du continent en procédant également à la création ou dynamisation de sociétés de production d'eau minérale. Au vu d'exigences récurrentes, des appels d'offres doivent rapidement être lancés.

B) Autres détails

L'objectif est d'harmoniser le rythme et la nature du développement, tout en réduisant les écarts encore trop flagrants en Afrique, entre les villes et les zones rurales. Il s'agit là d'un impératif. C'est pourquoi il nous importe de revenir ou nous attarder sur certains détails et généralités.

1°) L'économie rurale

L'Union Africaine mettra à la disposition des populations des zones rurales - les laisser pour compte -, un programme d'aide économique axé sur l'octroi de crédits bancaires, de projets individuels ou collectifs dans les secteurs clés (agriculture, pêche, élevage, pisciculture, artisanat) selon les réalités locales et des facilités d'exportation ou d'importation de denrées périssables africaines.

Ces initiatives devront présenter le triple avantage classique : fixer les populations, freiner l'exode rural et le chômage. Des réseaux de communication en bon état en constitueront le support.

2°) Le tourisme

Les atouts du continent ne sont plus à démontrer.

L'UA doit tout mettre en oeuvre pour faciliter le développement des activités touristiques et dynamiser ainsi l'économie de certaines zones rurales. Car de nombreux cas attestent que cette activité est un grand soutien aux activités de production traditionnelle (agriculture, pêche, artisanat). L'arrière-pays des Etats africains ne devrait pas en souffrir comme c'est le cas depuis des décennies. Une remarque toutefois : le patrimoine naturel et culturel ne sera préservé que par une prise de conscience générale de sa valeur.

3°) Politique sociale

La politique sociale sera axée sur trois secteurs fondamentaux : l'éducation, la santé et le logement.

a) L'éducation

Il s'agira de créer dans les zones rurales et « déficitaires » en la matière, les conditions favorables à « l'éclosion » intellectuelle et scientifique des jeunes autochtones. Comme pour le logement, l'UA doit s'efforcer de construire des écoles, collèges et lycées, avec la contribution des populations locales :

1 - Des crèches, garderies d'enfants et écoles maternelles afin d'alléger les tâches socioprofessionnelles des femmes et rendre du coup disponible et « mobilisable » cette partie de la population active en dégageant les énergies ;

2 Construire des établissements scolaires dans chaque village ou regroupement de villages. Chaque école sera dotée de : Salles de classe équipées de vestiaires. Une cantine scolaire. Une bibliothèque. Des laboratoires de Travaux Pratiques.  Une salle d'informatique. Des installations sportives.

3 - Des établissements d'enseignement secondaires avec pour certains des programmes d?enseignement professionnel spécialisé axé sur les besoins locaux.

Ceux-ci seront dotés de toutes les structures commodes suivantes : De salles de classe équipée de vestiaires. D'un internat. D'une bibliothèque et d'une salle d'informatique ; de laboratoires de Travaux Pratiques (histoire, géographie, sciences naturelles, physique et chimie, etc.) et de langues étrangères ; d'une vidéothèque ; De terrains de football. Des infrastructures sportives (terrains de basket-ball, de hand-ball, terrains de volley-ball, gymnase et piscine) ; D'une salle de jeux. Un des objectifs prioritaires de l'éducation doit être de favoriser sur le continent les échanges interscolaires et inter-universitaires afin d'enrichir les connaissances culturelles de la jeunesse africaine en particulier entre le nord et le sud ou encore l'est et l'ouest du continent.

L'efficacité de toutes ces initiatives ne pourra à notre sens être garantie que dans la mesure où un vaste programme d'alphabétisation obligatoire pour tous pourra être mené activement et très méticuleusement. Les innombrables enfants enrôlés dans les guerres et autres conflits constituent une hérésie des temps modernes au même titre que leur exploitation ou maltraitance (pédophilie, esclavage, drogue).

En marge de tout ceci les institutions panafricaines doivent les garder à l'abri de toute discrimination (raciale, religieuse). Bien que majoritaires en Afrique, dans une certaine mesure les modérations de protection des minorités les concernent en premier lieu.

b) Santé et logement

Chaque village ou regroupement de villages doit être doté d'un centre hospitalier et d'une maternité, équipés de tous les services adéquats. La politique de logement doit garantir à tous l'accès facile au logement. Une des mesures urgentes de l'UA sera de créer une société immobilière capable de construire des logements sociaux sur l'ensemble du continent. Dans ce cadre également les crédits doivent être accessibles au plus grand nombre et les modalités allégées. Il est important de concevoir des types de logements adaptés au milieu culturel et au paysage géographique africains.

III/ COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES ET CULTURELLES

Celle-ci est abordée en deux volets autonomes mais complémentaires : le social et le culturel.

A) Affaires sociales

Toute politique sociale a pour objectif essentiel : l'élévation du niveau de vie, puis l'amélioration par la transformation des conditions socio-économiques des populations.

1°) Politique sanitaire

S'il nous fallait résumer la politique sanitaire, elle se solderait à une absence chronique de sécurité sociale à l'échelle continentale et paupérisation. Car, la misère, l?analphabétisme et l'illettrisme, autant que les maladies telles la lèpre, la tuberculose, le paludisme et le sida bien sûr, continuent de menacer le continent. Il est urgent pour l'Union Africaine de mener en compagnie des autorités nationales des campagnes d'information et de sensibilisation auprès des populations africaines sur l'hygiène et la propreté. Procéder ensuite à la construction d'hôpitaux disposant de tous les services nécessaires selon les régions.

Il est important de rappeler que l'UA devra avoir droit de regard dans la gestion des hôpitaux quel que soit le pays. Le développement de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée doit être encouragé et un véritable programme d'assistance et d'aide médicale aux malades porteurs du virus VIH doit être maintenue. La poursuite des efforts de protection des mineurs se complètera par un programme d'assistance médicale pour les jeunes toxicomanes et d'un plan d'aide sociale de réinsertion. Et les mesures d'aide concerneront évidemment les personnes handicapées.

2°) Sécurité sociale Mise en place également d'un système de sécurité sociale garantissant la prise en charge d'une partie des soins médicaux à l'intérieur et en dehors du continent. Dans cet esprit, l'UA devra accorder une attention toute particulière aux millions de ressortissants africains expatriés vivant dans la misère. Au séjour à l'étranger devraient être en priorité réservé aux Africains exerçant ou étudiant dans des domaines non maîtrisé sur le continent, ainsi qu'aux chercheurs, aux diplomates et aux commerçants. Sur ce dernier point, des mesures d'urgences doivent être prises pour faciliter le rapatriement des familles le souhaitant dans leurs pays d'origine.

3°) Protection de l'enfance africaine

Mettre sur pied une politique de protection des mineurs des pratiques illégales et immorales, et promotion de l'éducation. L'UA devra promulguer des lois pour :

1 - Sanctionner les diplomates des Etats africains accrédités à l'étranger, dont la responsabilité est avérée dans la maltraitance des enfants ;

2 - Réprimer sur le sol africain tout individu coupable de mauvais traitements, de pratiques esclavagistes et pédophiles.

4°) Education, enseignement supérieur et recherche scientifique

Nous avons déjà mentionné l'importance de l'éducation et de la formation. Car, elles constituent la base du progrès et de l'évolution de toute société humaine. C'est pourquoi l'un des objectifs premiers de l'UA devra être la mise en place d'une politique éducative basée sur les échanges scolaires, universitaires et scientifiques afin de créer une « école nouvelle » dont le but est la formation des femmes et des hommes « nouveaux » capables d'assumer des responsabilités dans l'évolution du continent comme acteurs de la vie politique, économique et sociale.

a) Enseignement primaire et secondaire

Parmi d'autres mesures, on notera :

1 - Création d'un Conseil Scientifique Pédagogique Africain (CSPA) chargé d'élaborer et d'harmoniser les programmes d'enseignement du niveau primaire et du secondaire ;

2 'L'institution dans chaque ville du continent d'établissements d'enseignement primaires et secondaires à vocation panafricaine ;

3 - Mise en place des programmes d'enseignement adaptés aux réalités socioculturelles et aux besoins économiques et technologiques de l'Afrique. L'objectif visé est de donner la possibilité aux jeunes africains de se forger une véritable identité africaine et une personnalité consciente de ses devoirs civiques.

C'est pourquoi les programmes scolaires devraient davantage mettre l'accent sur notre environnement écologique, politique, économique et social, en accordant une priorité exclusive à l'enseignement de l'histoire, de la géographie, de la littérature, de la philosophie et de l'économie africaine.

b) Enseignement supérieur

La construction régulière et tous les cinq ans d'établissements d'enseignement supérieur (universités, instituts et instituts supérieurs spécialisés) à vocation panafricaine dans tous les Etats africains. Ceux-ci seront dotés de tous les cycles de formation de la 1ère année au doctorat. Ainsi chaque faculté pourra avoir en son sein plusieurs départements autonomes aptes à créer des filières et passerelles de formation dès la première année. On parlera par exemple de Faculté d'histoire avec des départements d'histoire politique ; économique, sociale ou de l'art.

c) Recherche scientifique et technologique

La Commission des ressources humaines, sciences et technologies devra dans l'immédiat, procéder à la mise en place d'une véritable politique de recherche scientifique et technologique. Celle-ci passe par la création d'un Institut Africain de Recherches Scientifiques et Technologiques (IAREST) ou Centre Africain de Recherches Scientifiques et Technologiques (CAREST) dont le siège sera dans un pays africain doté de structures adéquates, avec des bureaux dans chaque pays ou villes africaines dotées d'une université.

Nous pensons que sa mission pourra être la suivante :

1 - Centraliser toutes les données scientifiques et autres informations sur les travaux de recherches actuels ou anciens traitant de l'Afrique, réalisés par des chercheurs africains et étrangers ;

2  Dynamiser la recherche scientifique et technologique sur le continent ;

3 - Coordonner et harmoniser les programmes de recherches en Afrique en fonction des besoins du continent en matière de développement ;

4 -Etablir des liens de coopération scientifique entre l'Afrique et les autres pays du monde entier ;

5 - Octroyer des bourses et participer au financement des travaux de recherches des étudiants et chercheurs africains.

B) Affaires culturelles

Mise en place d'une politique de promotion des cultures africaines sur place et à l'étranger. Création dans chaque ville africaine et à travers le monde, de Centres Culturels Africains (CCA). Sur le plan continental ces centres seront le creuset de l'unité et permettront aux peuples africains d'approfondir leurs cultures.

Sur le plan international l'objectif sera d'établir les contacts entre les peuples africains et ceux du monde entier par le moyen de la culture, permettant ainsi aux jeunes de la diaspora de renouer avec leur passé culturel. Ces Centres culturels seront dotés de :

1 - Une grande bibliothèque universitaire et scientifique. Celle-ci sera constituée en priorité de tous les ouvrages publiés sur l'Afrique par les chercheurs africains et étrangers ;

2 - Une salle de lecture constituée de quotidiens africains et étrangers, de journaux économiques et politiques ; de magazines culturels et littéraires et de revues scientifiques et spécialisées universels ;

3 - Une vidéothèque constituée de films (documentaires et fictions) africains et étrangers ;

4 - Une ou plusieurs salles de cinéma dont la priorité sera accordée aux productions africaines ;

5 -Au moins une salle d'informatique équipée d'Internet utilisable pour les cours d'informatique ;

6 - Des salles de conférences, de spectacles et d?expositions d'art ;

7 - Un Institut International des Langues destiné à l'enseignement et à l'apprentissage des langues africaines et internationales ;

8 - Un café et un restaurant spécialisé dans la cuisine africaine. Il est important de souligner que comme pour les infrastructures sanitaires, l'Union Africaine aura un droit de regard sur les équipements scolaires, universitaires et culturels.

Nous espérons, Excellence, que ce document retiendra votre attention et vous sera un témoignage concret des jeunes africains qui croient en notre cher Continent, déterminés à contribuer à son essor au plus vite. Veuillez recevoir, Excellence, l'expression de notre considération distinguée.

Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF)

S/c Jean Martial MBAH

13 bis, rue Henri BARBUSSE

93130 NOISY-LE-SEC (FRANCE)

Auteur : Elangzakalindoua
Email : jmambah@hotmail.fr
Date de publication : 16/02/07 - 17:08

Posté par lepangolin à 22:20 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
27 janvier 2007

POUR LA CONSTRUCTION D’UNE INFORMATION SPÉCIALISÉE DE L’AGRICULTURE EN AFRIQUE

INTRODUCTION

Les enjeux d’une agriculture performante en Afrique depuis les années 1960 passent par une maîtrise informationnelle et veille stratégique  totalement aux mains des africains eux-mêmes.

Est-il nécessaire d’évoquer la place centrale du secteur agricole dans les économies et sociétés d’Afrique ? Et plus remarquablement la position stratégique de l’agriculture dans le commerce extérieur de ces pays ? Les analystes et spécialistes du développement ont toujours rappelé avec insistance le rôle que devrait jouer l’agriculture pour le développement économique des PVD du général des pays d’Afrique en particulier.

Est-il encore besoin d’évoquer l’ampleur de l’asservissement de l’agriculture africaine à l’économie mondiale. Cette dépendance à l’étranger est profondément exprimée par les conséquences de la chute des prix des produits agricoles africaines la concurrence sur le sol africain et paradoxalement par des produits tenants des pays industrialisés et d’Asie des instants ?

Etats des lieux

A la fin des années 1960, il était toujours difficile de trouver des Etats africains qui se seraient dotés d’un outil d’information et de formation stratégique autonome. En un mot une politique de veille agricole. C'est encore le cas aujourd'hui. Très peu de pays d’Afrique disposerait d’un tel outil.

Au contraire on observe que c’est toujours les anciennes puissances coloniales et les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, FAO, USAID, etc.…) qui produisent l’information sur l’agriculture africaine et peuvent donc de la sorte diriger l'agriculture africaine vers des destinations non souhaitées par les africains eux-mêmes. La situation pour l’Afrique francophone, est dominée par des organes français qui se disputent à outrance cet espace et font leur beurre sur l'incompétence et le manque de volonté des Africains à se prendre en charge.

En vérité la presque totalité de l’information agricole de Etats africains, quels qu’ils soient est contrôlée par les organes occidentaux, alors que l’agriculture représenterait 80% à 95% des chances de développement de ces pays, car ce dernier étant à plus de 85% des populations paysannes.

Sur le plan purement concurrentiel de la globalisation de l’économie mondiale, l’avenir de l’agriculture de ces pays ne peut se faire sans outil d'information. Une évolution dans le sens du développement de cet outil s’imposerait donc pour ces pays.

Un mouvement de création de l’outil d’information

Il est encore vrai d’observer que l’arrivée massive des outils d’information et de veille dans chacun des Etats d’Afrique n’a pas encore lieu.

Il apparaît nécessaire de plaider pour favoriser en même temps dans ces pays la création des outils d’information de veilles agricoles.

De leur accès libre dans les deux sens c’est-à-dire institution-paysans et paysans-institutions. Et pourquoi pas dans la foulée de la mise en place d’un droit à l’information spécialisée.

Tous ses éléments devront servir au décollage de l’agriculture africaine, donc à la réduction de la pauvreté.

Des outils performants dans cette catégorie devrant obligatoirement rivaliser avec ceux des pays occidentaux afin de ne pas se laisser distancer dans la concurrence mondiale.

Aujourd’hui, s’il faut esquisser un inventaire, nous devrons reconnaître que l’Afrique subit de plein fouet les assauts de la mondialisation de l’économie mondiale. Et libération prononcée par l’organisation mondiale du commerce, ouvrirait certaines portes de développement pour l’agriculture africaine que si ce dernier( paysan africain) sont bien informés en temps et en stratégies afin d’anticiper sur les effets négatifs.

Aucune réponse efficace ne peut se faire sans outil efficace d’information.

La mise en place d’une information efficace pour l’agriculture africaine s’avère obligatoire pour plusieurs raisons, entre autre :

·        1/ informer les paysans africains de ce qui se fait pour améliorer les performances agricoles.

·        2/ abolir les barrières entre différents acteurs.

·        3/ mettre en lumière tous les arsenaux stratégiques des pays en concurrence avec l’agriculture africaine.

·        4/ révéler de nouvelles filières. etc.

·        5/ rendre les communautés paysannes visibles au près des institutions.

I-INFORMER

Aucun pays d’Afrique ne peut efficacement concurrencer sans se doter de l’outil information.

La rudesse de la concurrence internationale et des stratégies  oblige à avoir des sources sures d’information et des statistiques fiables ayant pour origine les Africains eux-mêmes.

C’est pour cela qu’il faut  mettre en place des outils de veille pour anticiper des attaques éventuelles.

La vitesse de la circulation des biens et des statistiques dans le cadres de la mondialisation, des pays occidentaux et asiatiques forcent l’Afrique à rendre performante  sa communication. 

A/ mise en place des outils d’information et de veille

N’ont pas encore compris le la nécessité de mettre en lace ses outils, si les pays Afrique, la société civile les acteurs du monde paysans depuis les indépendances ont, depuis fort longtemps compris l’importance de ces outils. D’où la création dans plusieurs pays d’Afrique notamment de l’Ouest des radio-rurales gérée par les communautés paysannes elles-même. Ces radios rurales ont montré-leur limites et semblent insuffisantes.

La création d’un organe pan-africain d’information ayant des sources en Afrique, on ose penser que cet outil va combler les insuffisances évoquées ci-haut.

Le développement de cet outil  se fera sentir dans l’avenir comme nécessité stratégique afin de rendre performante l’agriculture.

B/ UNE INFORMATION MODERNE 

Les nouveaux outils de veille et d’information pour être performant se doivent d’utiliser :

L’Internet aussi pour répondre en temps réel et atteindre tout le monde. Cette modernisation sera à la mesure de l’ambition des enjeux.

Cet outil comme toute chose débutante n’est pas encore parfait et devra tout au long de son existence s’améliorer constamment.

Nous citerons par exemple la création d’un site interactif et des radios rurales locales et continentale.

Des centres de documentation techniques centrés sur les problèmes du monde rural, de l'élévage, de l'agriculture et des problèmes de commercialisation.

D’un outil de publication en temps des flux et chiffres sur les cours des matières premières, des intrants agricoles ainsi que des cours mondiaux des monnaies.

Posté par lepangolin à 18:50 - Panafricanisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
29 juillet 2006

Pour ou contre l'intangibilté des frontières héritées de Berlin et de la colonisation? 2

Pour continuer à alimenter le debat, voici une autre réponse de notre ami Koulama.

ORGANISER LES FRONTIERES COLONIALES PAR UNE GEOPOLITIQUE SIMPLE

L'union africaine devra se bâtir sur la base d'un partenariat politique et économique très étroit, avec une monnaie unique, mais doit tenir compte des frontières actuelles, en les ramenant dans une autre approche géopolitique africaine.

Le problème que connaît l'Afrique aujourd'hui est lié en partie par des frontières coloniales, tracées par les européens, sans avoir demander démocratiquement nos avis, c’est donc une imposition pour bien contrôler le continent d’une part, et éviter des guerres entre européens dans le continent.

L’histoire du monde démontre, lorsque des communautés différentes ayant aussi des caractéristiques différentes sont imposées à vivre ensemble pour former un état, la dislocation de ce dernier est prévisible. C’est ainsi que la Yougoslavie (frontière créée par les européens sous Tito) s’est éclatée. Dans ce sens, les frontières coloniales sont en grande partie la source des conflits en Afrique, le plus souvent ethnique.

Bon nombre d’africains ou de congolais en particulier, pensent que les dirigeants divisent la population de façon ethnique pour bien régner, or, essayons d’entrer dans les analyses sociologiques et historiques :

• Sur notre base psychosocial : l’homme né et grandit dans une sphère ou il puise toute son éducation, sa culture, ses coutumes et ses enracinements, lesquels il en reproduira durant son évolution. Il ressort donc, notre base psychosociale étant tribale, que les dirigeants reproduisent naturellement ces valeurs tribales qui sont aussi les leurs, pour leurs intérêts. Ces valeurs se retrouvent aussi sur les choix économiques, en délaissant les chemins du réalisme économique au profit des régions où ils sont natifs. Ce dernier point montre que l’utilisation du tribalisme est, bien lié, aux complexes liés aux hégémonies entre communautés différentes, en extrapolant vers la définition du racisme primaire qui est « l’hégémonie d’une race envers une autre dans le but de domination »,

• Sur l’aire culturelle Kongo où les différents royaumes la composant était autonomes et indépendants, sans aucune guerre des tribus ne soit signalée dans les manuels, on peut par conséquent, approuver que cette forme d’organisation sociale détruite par les européens, devrait nous servir d’inspiration.

Or l’union africaine ou les états africains n’ont jamais pris en compte, les particularités historiques et culturelles de chaque communauté constituant les états et permettre, ainsi, de trouver un équilibre pour vivre ensemble. Autour des frontières du Congo actuel qui est le brassage de plusieurs communautés, il est nécessaire de rejeter les constitutions néo-coloniales de la CNS et du dictateur de M’pila, afin de créer celle qui approche d’avantage les différentes communautés vers leurs destins, leurs cultures et nous y donnerons un sens à ces frontières.

Dans le but de dynamiser nos forces, les intégrations régionales seront plus efficaces que l’intégration africaine, dont l’autorité sera très éloignée des peuples africains. Il nous faut garder les tracés coloniaux à condition que les peuples qui les composent s’y adhèrent pleinement et imaginer d’autres formes d’organisation en Afrique :
• Les états intégrés sous les intégrations régionales, dont le fonctionnement sera celui des véritables confédérations.
• Les intégrations régionales, intégrées elle-même sous l’intégration africaine, laquelle n’aura que pour rôle de fixer la politique commune, économique et étrangère des états africains, et aura en son sein des organismes sur la santé, l’éducation, les finances…Afin d’éviter une technocratie, le dirigeant de l’union africaine devra être élu par les africains et ses prérogatives très limités.

Le but est de sortir les états de leurs faiblesses liées aux économies et pour certaines aux constitutions mal adaptées qui poussent de loin l’existence d’une nation, d’une réelle démocratie et pour l’Afrique, la rendre plus pratique, plus opérationnelle, plus forte pour protéger le continent.

Appolinaire KOULAMA
02 juilet 2006
e-mail: a.koulama1@wanadoo.fr

Posté par Appolin. KOULAMA, 02 juillet 2006 à 22:43

Posté par lepangolin à 12:02 - Panafricanisme - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
24 juillet 2006

La RENAISSANCE PANAFRICAINE par THABO MBEKI: APPEL à LA REBELLION

Comme à l'habitude je vous donne à lire un texte envoyé par un internaute en commentaire d'un article Celui-ci nous est envoyé par René-Louis Parfait ETILE et je me fais le plaisir de le relayer vous devez en faire pareil, il s'agit du président de l'Afrique du Sud à propos de la Renaissance africaine. A vous de le commenter en apportant vos objections. Merci de votre contribution.

La Renaissance Panafricaine par Thabo Mbeki  : APPEL À LA RÉBELLION

« L’Afrique n’a nul besoin de gangsters qui usurpent le pouvoir par des élections frauduleuses ou l’achètent par la corruption » Retour sur un ancien discours de Thabo Mbeki, à l’époque futur successeur de Nelson Mandela. Aujourd’hui, il est à la tête de l’État Sud-Africain.

La République démocratique du Congo plonge à nouveau dans une guerre que ses habitants pensaient oubliée à jamais. Le silence de la paix s’est évanoui aux frontières de l’Érythrée et de l’Éthiopie parce que, pour quelques arpents de terre, les armes ont pris la place de la raison. Ceux qui ont risqué la mort en Guinée-Bissau en combattant ensemble les colonisateurs portugais se retrouvent aujourd’hui face à face, ne parlant le langage mortel des bazookas et des obus de mortier, au rythme effroyable de la mitraillette. Une guerre apparemment sans merci ravage l’Algérie, rendue plus effroyable encore par une sauvagerie qui donne l’apparence de la foi religieuse.

Les anges de la mort et les victimes de leur courroux sont tous africains, comme vous et moi. C’est pour cette raison, parce que nous sommes les mères africaines éventrées et les enfants décapités du Rwanda, que nous devons dire : ça suffit ! C’est pour ces âmes misérables, les victimes des forces destructrices, que l’Afrique a besoin d’une renaissance. L’Afrique n’a nul besoin de criminels qui accèdent au pouvoir en massacrant des innocents, comme le font les bouchers de Richmond, au Kwazulu-Natal. Elle n’a pas besoin de ceux qui, parce qu’ils n’ont pas accepté que le pouvoir soit légitime et serve les intérêts du peuple, ont mené la Somalie au gâchis et privé ses habitants d’un pays qui leur donnait le sentiment d’exister et de se construire.

L’Afrique n’a pas besoin non plus de gangsters qui gouvernent en usurpant le pouvoir par des élections frauduleuses, ou en l’achetant par des pots-de-vin et la corruption. Les voleurs et leurs complices, les corrupteurs et les corrompus sont africains comme vous et moi. Nous sommes le corrupteur et le courtisan qui agissent de concert pour avilir notre continent et nous avilir nous-mêmes. Le temps est venu de dire : ça suffit ! D’agir pour bannir la honte et d’être les hérauts de la renaissance africane.

Je suis allé à la rencontre de l’Afrique malade. J’ai vu la pauvreté d’Orlando East et la richesse de Morningside, à Johannesburg. J’ai vu les pauvres du township de Kanyama et les résidents prospères de Kabulonga, à Lusaka. J’ai vu les bidons villes de Surulere, à Lagos, et l’opulence de Victoria Island. J’ai vu les visages des pauvres de Mbari, à Harare, et la richesse paisible de Borrowdale. J’ai écouté bien des histoires. On m’a raconté comment ceux qui ont accès au pouvoir (ou à ses proches) volent et pillent. Comment, pour s’enrichir, ils violent sans scrupules les lois et les règles éthiques, toutes reliées à un fil invisible qui espèrent-ls, les aménera à Morningside, Borrowdale, Victoria Island ou Kabulonga...

Chaque jour, vous et moi, dans nos pays respectifs, en voyons apparaître de nouveaux. Leur but dans la vie est de s’enrichir par tous les moyens légaux ou illégaux. Ils mesurent leur succès à l’aune de la fortune qu’ils ont amassée et à l’ostentation dont ils font preuve pour convaincre tout le monde qu’ils ont réussi : n’ont-ils pas, visiblement les moyens ? En conséquence, ils cherchent à accéder au pouvoir (ou à ceux qui en sont proches) afin de corrompre la sphère politique pour leur profit personnel, quel qu’en soit le prix. Dans cette équation, la pauvreté des masses devient nécessaire pour l’enrichissement de quelques-uns, et la corruption du pouvoir politique, l’unique moyen d’y parvenir. C’est de ce mélange nauséabond de cupidité, de pauvreté déshumanisante, de richesse obscène et de corruption endémique, publique et privée, que sont issus la plupart des coups d’État, des guerres civiles et des situations instables en Afrique.

Le temps est venu pour nous de rompre avec cette déification de la richesse matérielle et avec les abus qui appauvrissent la population et empêchent notre continent d’accéder à un développement économique durable. L’Afrique ne pourra pas se renouveler tant que ses élites ne seront qu’un parasite du reste de la société, usant et abusant d’un pouvoir autoproclamé. Tant qu’il en sera ainsi, notre continent restera en marge de l’économie mondiale, pauvre, sous-développé et incapable de décoller. La renaissance africaine exige que nous nous purgions des parasites et que nous demeurions, en permanence, vigilants face au danger de l’enracinement dans la société africaine de ces rapaces qui voudraient nous faire croire que tout, dans la société, doit être organisé pour le plus grand profit d’une minorité.

Au moment où nous nous souvenons avec fierté de Sadi, le savant et écrivain du Moyen Age, qui maîtrisait le droit, la logique, la dialectique, la grammaire et la rhétorique, ainsi que d’autres intellectuels africains qui ont enseigné à l’Université de Tombouctou, il nous faut poser la question : où sont les intellectuels africains aujourd’hui ?

Je rêve du jour où les mathématiciens et les informaticiens africains quitteront Washington et New York, où les physiciens, ingénieurs, docteurs, managers et économistes abandonneront Londres, Manchester, Paris et Bruxelles pour se joindre aux cerveaux du continent et entreprendre de trouver des solutions aux problèmes et aux défis de l’Afrique, d’ouvrir la porte de l’Afrique au monde du savoir, d’intégrer l’Afrique dans l’univers de la recherche sur les nouvelles technologies, l’éducation et l’information. Le renouveau de l’Afrique exige que son intelligentsia s’engage totalement dans la lutte titanesque et sans merci pour éradiquer la pauvreté, l’ignorance, la maladie et l’arriération, en s’inspirant des africains d’Égypte qui étaient, dans certains domaines, deux milles ans en avance sur les Européens de Grèce, eux qui maîtrisaient la géométrie, la trigonométrie, l’algèbre et la chimie.

Pour perpétuer leur domination impériale sur les peuples d’Afrique, les colonisateurs ont cherché à réduire l’esprit africain en esclavage et à détruire l’âme africaine. Ils nous ont obligés à accepter le fait que, en tant qu’Africains, nous n’avons rien apporté à la civilisation humaine, sauf en tant que bêtes de somme. En fin de compte, ils voulaient nous amener à nous mépriser nous-mêmes. Même s’ils voulaient bien admettre que nous n’étions pas des sous-hommes, ils n’envisageaient pas que nous puissions nous comparer au maître colonial. Nous étions à leurs yeux, dépourvus de la pensée originale et de la créativité qui ont donné au monde cet inestimable trésor de chefs-d’œuvre architecturaux et artistiques. La renaissance de notre continent commence par la redécouverte de notre âme, inscrite à jamais dans de grandes créations, tels les pyramides et les sphinx d’Égypte, le bâtiment en pierre d’Axum, les ruines de Carthage et du Zimbabwe, les peintures sur le roc de San, les bronzes du Bénin et les masques africains, les sculptures makonde et shona.

Dans cette redécouverte de nous-mêmes, cette restauration de notre propre dignité, sans lesquelles nous ne deviendrons jamais les combattants de la renaissance africaine, nous devons réécouter la musique des Congolais Zao et de Franco, la poésie du Sud-Africain Mazisi Kunene, et tourner notre regard vers les peintures du Mozambicain Malangatane et les sculptures du Sud-Africain Dumile Feni.

L’appel au renouveau de l’Afrique, pour la renaissance africaine, est un appel à la rébellion. Nous devons nous rebeller contre les tyrans et les dictateurs, ceux qui cherchent à corrompre nos sociétés et à voler des richesses qui n’appartiennent qu’au peuple. Nous devons nous rebeller contre ces criminels qui, tous les jours, tuent, violent et volent en toute impunité, et mener une guerre contre la pauvreté, l’ignorance et l’arriération des enfants d’Afrique. Il faut que, du Cap au Caire et de Madagascar au Cap-Vert, des hommes politiques et des hommes d’affaires, des jeunes et des femmes, des activistes, des syndicalistes, des chefs religieux, des artistes et des professionnels, révoltés par la condition de l’Afrique dans le monde, rejoignent les rangs de la grande croisade pour le renouveau de l’Afrique. Nous n’hésitons pas à leur dire : pour être un vrai Africain, il faut être un rebelle, il faut se battre pour la cause de la renaissance africaine.

''Auteur : Thabo Mvuyelwa MBEKI''

Note : Malheureusement, la corruption dépasse largement les frontières du continent noir. A Paris, par exemple, des escrocs cupides arnaquent les ignorants et les faibles...Il faut aussi se rebeller contre eux.

Posté par lepangolin à 11:52 - Panafricanisme - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


« Accueil  1 
Albums photos
  •  la nouvelle utopie africaine quatrième de couverture
    la nouvelle utopie africaine quatrième de couverture
  • la nouvelle utopie africaine première de couverture
    la nouvelle utopie africaine première de couverture
  • les fleurs d'été
    les fleurs d'été
  • Mouélé Kibaya
    Mouélé Kibaya
  • Voyage dans le Mayombe au Congo
    Voyage dans le Mayombe au Congo
Congoplus.info!
Afrique et Diaspora
  • africdossier
  • afrik
  • Black connection
  • grioo.com
  • le Continent
  • Prisma
  • Realisance
blogs interessants
  • blog de Alain Mabanckou
  • Blog de Kovalin Tchibinda
Cameroun
  • Bonaberi
Congo
  • Congo pluriel
  • congopage
  • congoplus
  • infopagecongo
  • Kimpwanza
  • maux-en-mots
  • mwinda
  • Telema Congo
  • upads
  • UPADS.FR
economie
  • pour fabriquer du savon soi-même
information sur l'enseignement
  • congoschool
referencement et annuaire internet
  • 1 guide.net
  • actimonde
  • annuaire du web
  • annuaire francophone
  • referencement blog
  • referencement gratuit
  • referencement Team
  • refgratuit
  • vitavous
  • Zone Annonces
  • Zvoon.net
Catégories
  • Actualités africaines
  • Afrique de l'Ouest
  • biographie de l'auteur
  • Conférences et débats sur l'Afrique
  • Congo rive droite
  • Congo rive gauche
  • Diaspora
  • Ecologie
  • Economie
  • Elections
  • Ethnie, ethnicismes et république
  • fiche de lecture
  • Immigration-Emigration
  • Justice
  • la soumission volontaire
  • Livres
  • lu et approuvé
  • Panafricanisme
  • Relations Afrique-Europe
  • Santé
  • Senegal
  • TCHAD
  • Union Africaine
le pangolin
Le Pangolin blog animé par Mouélé Kibaya, écrivain essayiste, pour réagir sur l'actualité de l'Afrique et du Congo, en ce qui concerne les relations internationales, la culture, l'économie, la littérature, la philosophie, les sciences sociales etc....
  • Accueil du blog
  • Recommander ce blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Archives
  • juin 2009
  • avril 2009
  • mars 2009
  • décembre 2008
  • octobre 2008
  • septembre 2008
  • août 2008
  • juillet 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • Toutes les archives
 
Créer un blog | Blog hébergé par CanalBlog | Plan du site | Blog Actualités et Médias | Signaler un abus