le pangolin

Le Pangolin blog animé par Mouélé Kibaya, écrivain essayiste, pour réagir sur l'actualité de l'Afrique et du Congo, en ce qui concerne les relations internationales, la culture, l'économie, la littérature, la philosophie, les sciences sociales etc....

15 avril 2009

Voyage : Ils ont découvert l'Afrique à leur façon : propre et humaine

Source : Midilibre.com  Édition du lundi 13 avril 2009

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Photo : DR

CARNET DE ROUTE
Baptisée "Bilan carbone neutre", l'expédition de Fabien  et Nathalie a duré dix-neuf mois Après un périple de 62 593 km à travers dix-sept pays africains, Fabien Perrot, 32 ans, et Nathalie Lanier, 33 ans, sont de retour en France.

Ce couple dynamique et à l'enthousiasme contagieux était installé à Palavas avant de se lancer dans l'aventure. « Cela faisait longtemps qu'on voulait voyager plus que seulement trois semaines, pour mieux apprécier et s'immerger », explique Fabien.

Pour le coup, c'est réussi. Dix-neuf mois pour traverser le Maroc, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazzaville, la Namibie, l'Angola, la Zambie, le Malawi, le Mozambique, l'Afrique du Sud et Madagascar, avec un

petit saut à La Réunion. Un sacré voyage. « Nous avons découvert plein de choses en nous, une capacité à surmonter des obstacles et une richesse humaine insoupçonnée qui se traduit notamment par l'engagement humanitaire », poursuit Fabien.

En effet, à part l'envergure hors norme du trajet, celui-ci était doublé de plusieurs objectifs. « Le fil conducteur était la promotion des énergies renouvelables, rappelle Nathalie : limiter nos émissions de gaz à effet de serre (GES) en vivant au rythme africain. Pour cela, il fallait voyager le plus possible grâce aux transports en commun, notamment les taxis-brousse et les bus et éviter de prendre l'avion. » Ce qu'ils ont néanmoins dû faire pour revenir de Madagascar. « Au final, on a émis deux fois plus de GES que ce qu'on avait prévu et que la planète peut naturellement recycler. Mais c'est quand même deux fois moins que les émissions d'un Français moyen. » Parallèlement, le but était de « rencontrer les acteurs du développement énergétique, en premier lieu des ONG, et de recueillir leurs expériences afin de créer un réseau. Avec la mise en place de Riseal, le Réseau d'informations sur les solutions énergétiques africaines locales (lire aussi ci-contre) , nous voulions contribuer au développement énergétique propre de ce continent » , développe Fabien. « Dans beaucoup d'associations, nous étions les premières personnes de l'extérieur à poser des questions. Tout un tas de barrières tombent à ce moment-là. Quand on leur disait qu'on n'avait pas d'argent et qu'on n'était pas là pour leur dire ce qu'ils avaient à faire, ils étaient contents de nous recevoir », se rappelle-t-il.

Alors qu'ils pensaient, au début, entrer en contact avec une soixantaine d'associations, ils en ont rencontré 229. « Il s'agissait de montrer ce qui avait marché dans des pays voisins , remarque Fabien. Ce qui nous a vraiment marqués, c'est l'hypocrisie de l'aide au développement institutionnalisée. Par exemple, dans le cas de la France, une majeure partie de cette aide ne part jamais ou elle revient en métropole. Par ailleurs, on ignore trop souvent l'importance d'impliquer les gens sur place. Cela aboutit souvent à une mentalité d'assisté. C'est malsain et très dur, ensuite, d'inverser la tendance. » Un voyage aux mille et une facettes, dont le souvenir est toujours envoûtant pour Nathalie. « Nous avons vécu les choses à fond. Maintenant, nous restituons tout ça à travers des expositions photos, des conférences, bref, de la sensibilisation en France. » Et à Fabien d'ajouter : « Nous sommes aussi en train de chercher des financements pour mettre en place des antennes dans les divers pays. Ce voyage n'était pas vain... d'autant qu'il n'est pas fini. En fait, ce n'est que le début ! »

Textes : David FABER

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03 avril 2009

Paradis fiscaux : une liste biaisée

Le CCFD-Terre Solidaire estime que le problème reste entier pour les pays du Sud

Pour le CCFD-Terre Solidaire, qui demande de longue date une liste exhaustive des paradis fiscaux, les listes de l’OCDE publiées à l’issue du G20 relèvent plus du compromis diplomatique que de l’évaluation objective. Pour Antoine Malafosse, délégué général du CCFD-Terre Solidaire, « cet exercice ne résout en rien le fléau que représentent les paradis fiscaux pour les pays pauvres, qui sont les grands oubliés de ce G20 ».

L’OCDE a publié hier soir, à l’issue du G20, 4 listes de territoires : noire, gris foncé, gris clair et blanche[1]. Pour le CCFD-Terre Solidaire, le principe même de dresser plusieurs listes est bienvenu, car les paradis fiscaux n’ont pas tous la même dangerosité. Ces différentes listes peuvent encourager chaque territoire à améliorer ses pratiques pourvu qu’elles s’accompagnent de mesures graduelles de sanction. Mais les listes publiées hier présentent plusieurs problèmes :

·         Les pays pauvres laissés pour compte

Pour figurer sur la liste blanche de l’OCDE, qui regroupe 30 pays riches, il suffit de signer des conventions fiscales d’échange d’information avec 12 pays. Autrement dit, une fois que la France , l’Allemagne et les principaux pays riches auront obtenu les informations qu’ils veulent, les paradis fiscaux seront considérés comme fréquentables ! Les pays en développement, qui voient chaque année 900 milliards de dollars s’envoler illicitement vers les paradis fiscaux, peuvent toujours attendre.

·         Une liste blanche trop remplie

Les tractations ont duré toute la journée hier. Pour Jean Merckaert, spécialiste des paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire, « Cette liste est le fruit d’un compromis diplomatique, car chaque pays du G20 a veillé à protéger ses dépendances. C’est toujours mieux que les 3 noms qui restaient sur l’ancienne liste de l’OCDE, mais le fait de mettre Jersey, la Barbade ou l’île Maurice sur la liste blanche et d’épargner Hong-Kong, la City de Londres ou l’Etat du Delaware aux Etats-Unis enlève toute crédibilité à l’exercice ».

·         Une approche tronquée des paradis fiscaux

Il existe des paradis fiscaux, des paradis judiciaires et des paradis règlementaires. Chaque catégorie a fait l’objet d’une liste, par le passé, par des institutions distinctes (respectivement, l’OCDE, le GAFI et le Forum de stabilité financière). Or, ces différents cercles se regroupent largement et les ministres des Finances du G20 avaient ouvert la porte à une approche globale du problème. Pour Jean Merckaert, « en confiant la liste à l’OCDE, le G20 reconduit une approche tronquée des paradis fiscaux. On leur demande de coopérer avec le fisc étranger, mais pas avec la justice ! »

·         Les critères de l’OCDE sont incomplets

Les critères de coopération fiscale de l’OCDE sont incomplets. Ils focalisent sur le secret bancaire, qui est un vrai problème, mais oublient que l’opacité peut prendre d’autres formes (trusts, fondations…). Ils exigent l’échange d’information « à la demande », et non de façon automatique (comme le prévoit la directive européenne sur l’épargne). Ce modèle est peu efficace : liée aux Etats-Unis par ce type de convention depuis 2005, Jersey n’a accepté de renseigner l’administration fiscale américaine que dans 4 cas, qui étaient déjà de notoriété publique.

Contact : Véronique de La Martinière  -  01 44 82 80 64 – 06 07 77 05 80

Première ONG française de développement, avec 40 millions d’euros de budget et plus de 500 initiatives soutenues chaque année dans 80 pays du sud et de l’est, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) a acquis depuis près de 50 ans un savoir faire et de nombreuses références dans le dialogue avec les sociétés civiles de ces pays. Cette expertise est utilisée aujourd’hui dans de nombreuses activités de communication, de plaidoyer et d’éducation au développement en direction du public français et européen, grâce à un réseau de 15 000 bénévoles militants.


[1] Cf. http://www.oecd. org/dataoecd/ 38/14/42497950

02 mars 2009

Santé maternelle et néonatale dans le monde :

la mort à court terme pour seul horizon

L’UNICEF publie son rapport annuel sur la santé maternelle et néonatale. Une édition 2009 axée sur La situation des enfants dans le monde. Celle-ci apparaît dramatique, puisque l’an dernier 4 millions d’enfants sont morts dans les 28 jours suivant leur naissance. Quant à la mortalité maternelle, elle a été de 400 décès pour 100 000 naissances. Pratiquement autant que les années précédentes…

Prise en charge de la femme durant la grossesse, amélioration des conditions d’accouchement, suivi médical du nourrisson… Le rapport de l’UNICEF fait le point sur les mesures pratiques à mettre en œuvre pour réduire l’hécatombe chez les plus pauvres. Notamment en Afrique et en Asie.

La situation n’est pas acceptable dénonce Marie-Claire Mutanda, responsable de la santé maternelle et néonatale d’UNICEF-Niger. Les femmes sont une force de développement pour un pays. Nous devons leur donner accès à l’éducation et aux prises de décision.

En effet, le manque d’éducation joue un rôle majeur dans cette mortalité très élevée. Le poids des traditions aussi. Il est impératif de créer un environnement social favorable insiste l’UNICEF. Ce dernier passe par la prévention des mariages précoces, l’abandon de l’excision, la lutte contre la violence et les mauvais traitements.  Des mesures qui malheureusement sont connues depuis bien longtemps, mais peinent à devenir effectives sur le terrain…

www.destinationsant e.com

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12 décembre 2008

La guerre froide refait surface en Afrique à la faveur des rivalités économiques Occident-Orient

Je ne sais pas si vous rappelez des info que je vous avais fait lire ces derniers notamment sur la guerre au Congo (RDC) où un journal en ligne sénégalais faisait un rapprochement entre le déclenchement de la guerre dans l'Est de la RDC quelques mois seulement après la signature d'un contrat entre la Chine et le Congo (RDC). Beaucoup pensent que la guerre au Congo est dû essentiellement aux convoitises occidentales sur les matières premières de cet immense pays. http://lepangolin.afrikblog.com/archives/2008/12/08/11669762.html

Dans la sphère francophone surtout en Afrique centrale, les enjeux seraient les mêmes, car comment comprendre l'acharnement des occidentaux sur Mugabe et leur réticence à voler au secours des populations du Kivu au Congo. Ces derniers ont refusé d'envoyer un contingent militaire, préférant laisser su le terrain un contingent militaire inefficace car formé par deux armées ennemies, issues des pays pauvres : L'Inde et le Pakistan qui menaceraient l'équilibre géostratégique mondial.

Et je vous invite aussi à analyser sous ce même prisme les deux informations suivantes dont les coïncidences paraissent un peu curieuses. Comment comprendre, à l'occasion de la célébration du soixantième anniversaire de la déclaration des droits de l'Homme à Paris, le double discours du président français Nicolas Sarkosy, lorsqu'il dit que Robert Mugabe doit partir, quand au même moment au Congo le pouvoir de Brazzaville de Denis Sassou Nguesso, emprisonne des opposants politiques (http://lepangolin.afrikblog.com/archives/2008/12/05/11634225.html ) après avoir truqué des élections en 2007 et 2008. Nous Africains devons-nous le croire faut-il réellement?

En effet, s'agissant par exemple du Congo, il y a quelques jours le club de Paris a décidé d'alléger la dette du Congo, faisant fi des conditionnalités de bonne gouvernance démocratique. lire le Lien http://lepangolin.afrikblog.com/archives/2008/12/12/11721231.html

Est-ce à cause des intérêts économiques colossaux ou des profits à faire. Sinon comment interpréter le fait de passer sous silence l'information de l'attribution de la gestion du port à conteneur de Pointe-Noire à la société Bolloré (grand ami du président français Sarkosy, rappelez-vous c'est Bolloré qui avait prêté son yacht à SarKosy quelques jours après son élection l'année dernière). Lire le lien : http://lepangolin.afrikblog.com/archives/p36-6.html

Ainsi Bolloré à cause de son lobby aurait la gestion de la plupart des ports maritimes d'Afrique centrale. Quand en Afrique de l'Ouest, des gouvernements plus démocratiques (Ghana, Sénégal, par exemple) avaient préféré d'autres investisseurs. Le Sénégal par exemple avait porté son choix sur les investissements des émirs du Moyen Orient. Des émirs qui n'hésitent pas à moderniser ces ports restés non performants. Le port de Dakar en est un exemple du bon choix. Ce n'est donc pas un hasard si le constat fait de l'Afrique centrale une zone économique malgré ses potentialités naturelles et humaines une zone de non performance économique. Sur onze pays (Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Congo Démocratique, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Sao-Tomé et Principe, Rwanda) que compte cette zone la quasi majorité de ce pays vont connaître une faible croissance économique (hors pétrole). Beaucoup d'analystes pensent que cela est le fait de la mauvaise gouvernance, surtout de l'absence de régimes démocratiques.

Dans la plupart de ces pays les systèmes politiques sont verrouillés et ressemblent plutôt à des patronarchies. La plupart de ces pays n'ont pas connu d'alternance politique et changement des gouvernants depuis plus de trente ans, ces pays sont tous presque dirigés par des dictateurs c'est le cas de l'Angola (Dos Santos est au pouvoir depuis, du Cameroun (Biya est au pouvoir depuis 1982), du Congo Sassou est au pouvoir depuis 1979), du Gabon (Bongo est au pouvoir depuis 1967), Tchad (Idriss Deby est au pouvoir depuis 1989) Rwanda (Kagamé est au pouvoir depuis 1994), Guinée Equatoriale (Obiang Nguéma est au pouvoir depuis) soit sept pays sur onze.

Quand autres ils font l'objet d'une instabilité chronique, la RDC depuis la chute du dictateur Mobutu est théâtre de guerres récurrentes ayant fait au moins 6 millions de morts, la Centrafrique connaît aussi des rebellions et coups d'Etat, le Burundi est toujours en proie à des violences politiques.

Seul Sao Tomé et Principe semble connaître un semblant de démocratie et de gouvernance en effet ce petit pays présente au niveau humain des meilleurs indicateurs que ses voisins riches.

Face donc aux percées Chinoise et des Emirats Arabes en Afrique, le continent refait l'objet d'une guerre froide entre l'Occident et l'Orient et à son détriment. L'Occident pour faire face à ces percées économiques est retombé à ses anciennes habitudes : soutenir les dictateurs et potentats locaux.

26 octobre 2008

Quand un deputé UMP défend l'Afrique

Dimanche 26 Octobre 2008   Par Nicolas PRISSETTE  Le Journal du Dimanche

La scène se joue dans la nuit de mercredi. Dans un hémicycle quasiment désert, mais en présence de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et d'Eric Woerth, ministre du Budget, le député UMP Frédéric Lefebvre défend un amendement créant une réduction d'impôt pour les particuliers et entreprises qui investissent dans les pays en développement "et plus particulièrement en Afrique". Quatre pages techniques signées de son seul nom et rédigées à Bercy, instaurant un régime fiscal avantageux et inédit.

Les députés de la Commission des finances, emmenés par le rapporteur du Budget Gilles Carrez, sont furieux. Ils ont découvert l'amendement la veille, en réunion de Commission, et l'ont rejeté. Non seulement ils s'opposent à certains aspects du projet, mais ils s'offusquent aussi d'être mis devant un fait accompli. Frédéric Lefebvre, inlassable, a tenté de leur faire changer d'avis. Ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, il leur indique que le président de la République lui a donné son feu vert pour créer cette nouvelle "niche" fiscale. L'amendement surprend d'autant ses collègues que le gouvernement s'est engagé à limiter les avantages fiscaux et à mieux contrôler leur coût pour l'Etat. "Les débats ont été assez pénibles, je ne suis pas sûr que tout le monde à l'Elysée soit vraiment au courant", déplore un député UMP qui requiert l'anonymat. "Nous n'avions jamais entendu parler de cette initiative", rappelle Hervé Mariton.

Certains suggèrent que l'amendement Lefebvre est un amendement Boli

Dans l'hémicycle, mercredi soir, Frédéric Lefebvre défend donc la création d'une nouvelle forme de société d'investissement et de développement (Sofidev) destinée à rassembler les fonds à investir en Afrique. Passer par ces sociétés garantira la réduction d'impôt. Il insiste pour que ces nouvelles structures juridiques soient reconnues par l'Etat dès le 1er novembre, avant donc la promulgation de la loi en discussion, attendue en toute fin d'année. "J'ai besoin de savoir si les premières applications pourraient commencer immédiatement, afin que le mouvement s'enclenche sans perdre de temps."

Gilles Carrez réitère son objection formelle de la veille: pas question de faire appliquer une loi fiscale de cette sorte avant qu'elle n'entre dûment en vigueur. Mais Christine Lagarde intervient. "Le gouvernement est très favorable à cet amendement !" lance la ministre de l'Economie qui explique qu'elle donnera son agrément aux Sofidev par anticipation. "C'est la Françafrique!" s'exclame soudain le socialiste Jérôme Cahuzac avant d'interroger: "Qui, à ce jour, a procédé ces investissements en Afrique, où, et pour combien? Et qui demande au Parlement de défiscaliser ces investissements?" L'amendement est adopté. "On ne pouvait faire perdre la face à personne", s'excuse un député UMP dépité.

Dans les couloirs de l'Assemblée, certains suggèrent que l'amendement Lefebvre est un amendement Boli. Le héros de l'OM version 1993 est devenu il y a un an secrétaire national de l'UMP en charge du codéveloppement. "Cela fait plusieurs mois qu'il fait pression pour faire passer une mesure de ce type. Le nouvel avantage fiscal est un moyen de limiter les dégâts pour ceux qui perdent de l'argent en investissant en Afrique", dit un fervent sarkozyste.

"C'est un mauvais procès, rétorque Frédéric Lefebvre. Cela fait plusieurs années que je m'intéresse à ce sujet. J'ai travaillé avec Basile Boli et avec des associations et j'avais avancé sur le dossier bien auparavant. Ce qui compte, c'est de favoriser les investissements directs entre particuliers et entre les entreprises. Car l'aide publique au développement n'arrive, hélas, pas toujours à l'endroit que l'on souhaite."

Allez plus loin et découvrez en intégralité le Journal Du Dimanche en version PDF.

22 octobre 2008

Club Millénium : Riposte d'historiens au discours de Dakar.

Communiqué de presse (22 octobre 2008)

Le 26 juillet 2007 à Dakar, le président de la République Nicolas Sarkozy à Dakar Président assénait « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire...Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. »

On saura plus tard que le discours avait été rédigé par Henri Guaino la plume du président de la République. A cela quoi de mieux qu’une riposte argumentée?
L’historienne Adama Ba Konaré a relevé le défi en lançant en septembre 2007, un appel à ses collègues pour une réponse dépassionnée.
Le résultat est à la hauteur de la polémique créée par les propos du Président de la République: Une mobilisation exceptionnelle, 25 contributions de spécialistes de notoriété internationale ou de plus jeunes chercheurs, africains et européens.

Ils abordent chacun avec rigueur et précision, un pan d’une histoire riche, complexe et trop souvent méconnue.

Une véritable leçon d’histoire pour répondre au président Sarkozy, mais également pour éclairer son entourage et plus largement nous le grand public ceci afin de changer le regard sur l’Afrique.

Cet ouvrage* n’est pas l’œuvre de militants, de noirs ou d’Africains blessés. C’est une entreprise d’historiens. On note parmi les contributeurs, Catherine Clément, Catherine Coquery-Vidrovitch, Adama Ba Konara, Elikia Mbokolo, etc.

Le CRAN, les Editions La Découverte, la LDH, le CVUH** et le CAPDIV organisent:
une conférence-débat exceptionnelle le vendredi 24 octobre 2008 à 20h au Club Millenium, 29, rue du Colisée, 75008 Paris (M° Franklin Roosevelt)

Accueil à 19h30 et débat à 20h (très précises)
Entrée libre - Inscription préalable fortement recommandée sur capdiv.sg@neuf.fr

 

En présence de Catherine Coquery-Vidrovitch (professeur émérite à l’université Paris-Diderot Paris-7, membre du CVUH), Dominique Guibert (secrétaire général adjoint de la LDH), Etienne Smith (doctorant en science politique, chargé de cours à l'IEP de Paris)
Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy ». Préface d’Elikia M’Bokolo. Postface de Catherine Clément. Editions la Découverte, 2008.
** CVUH: Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire

Source : APPA

Sarko en Afrique

/ Antoine GLASER & Stephen SMITH / Sarkozy / France / Afrique / Françafrique

PARIS, France, 21 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Communiqué de presse des Editions PLON :

Sarko en Afrique, Antoine GLASER & Stephen SMITH

Contrairement à son prédécesseur, « Chirac l’Africain », Nicolas Sarkozy n’a pas de fétiche sur son bureau à l’Elysée. Pourtant, l’homme qui avait promis la “rupture” des relations intimes, voire incestueuses avec les anciennes colonies d’Afrique, n’a cessé de se renier. Non pas pour poursuivre l’œuvre de la « Françafrique » du général de Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand mais plutôt en cédant aux chefs d’Etat qui partagent les secrets du « village » franco-africain et par peur d’un continent dont il redoute les vagues migratoires. En dix chapitres vifs, ce livre suit les tribulations d’un Sarko en Afrique qui ne sait plus quel masque porter pour ne pas se faire piéger, pour enfin poser le « fardeau » de la Ve République. Motivé par l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud où il peut vendre des Airbus et des centrales nucléaires, Nicolas Sarkozy se méfie de l’Afrique sub-saharienne et de ses chausse-trappes. De l’Arche de Zoé aux massacres du Darfour, des enquêtes judiciaires qui entravent la diplomatie française dans nombre de pays (Rwanda, Djibouti, Angola, Côte d’Ivoire, Congo, Gabon) à la renégociation des accords de défense et à l’approvisionnement énergétique de la France (pétrole, uranium), il s’est laissé acculer.

Pour orchestrer ses affaires africaines, le président a monté un jazz band improbable avec des solistes aussi dissonants que le French doctor, Bernard Kouchner et le maire de Vesoul, Alain Joyandet, Bruno Joubert, conseiller Afrique de jour et Me Robert Bourgi, homme de l’ombre de feu Foccart, conseiller Afrique de nuit, ou encore la ministre aux droits de l’homme, Rama Yade et le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux.

Stephen Smith, ancien responsable du service “Afrique” à Libération et au Monde, est journaliste indépendant depuis 2005.

Antoine Glaser a fondé et dirige La Lettre du Continent. Antoine Glaser est co-auteur avec Stephen Smith de : “Ces Messieurs Afrique Le Paris-village du continent noir” (Calmann-Lévy, 1992) “L’Afrique sans africains, le rêve blanc du continent noir” (Stock, 1995), “Ces Messieurs Afrique 2 Des réseaux aux lobbies” (Calmann-Lévy, 1997) “Comment la France a perdu l’Afrique” (Calmann-Lévy, 2005).

17 octobre 2008

L’infrastructure est indispensable au développement de l’Afrique / Il faut aborder le problème à l’échelle nationale et continen



WASHINGTON, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Le développement de l’infrastructure est un pilier essentiel du développement et de la croissance économique à long terme de l’Afrique, et cet objectif sera atteint plus facilement par des actions régionales et continentales.

Telle a été l’idée dominante exprimée par divers spécialistes et experts qui ont participé à la Conférence de 2008 sur l’infrastructure africaine qui s’est tenue du 6 au 8 octobre à Washington sous le parrainage du Corporate Council on Africa.

Le vice-ministre américain des transports, M. Thomas Barrett, et un ancien général des Marines, M. Anthony Zinni, qui a travaillé dans plus de 70 pays du monde, se sont adressés à la conférence.

Si l’Afrique est un continent au fort potentiel, « libérer ce potentiel demeure une entreprise compliquée et qui implique de nombreux défis à relever », a dit M. Barrett.

« Afin d’exploiter le mieux possible les nombreuses possibilités qui s’offrent à elle, l’Afrique va devoir, je le dis franchement, se montrer beaucoup plus énergique. Il va falloir remédier à l’inefficacité et à l’insuffisance de l’infrastructure des transports si l’on veut que l’Afrique réalise son potentiel. » À cette fin, le ministère américain des transports ouvre, tant aux États-Unis qu’en Afrique, à la création de partenariats efficaces dans ce domaine.

Lors du récent Forum de l’AGOA sur les transports qui s’est tenu au Cap (Afrique du Sud), a ajouré M. Barrett, des représentants du gouvernement et des milieux d’affaires « ont renouvelé leur engagement envers la croissance » et se sont mis d’accord sur une série de principes d’aide au développement de réseaux intégrés de transports.

L’intégration des réseaux est en effet importante, a-t-il souligné, et il suffit pour s’en convaincre d’évoquer les insuffisances infrastructurelles au niveau des ports africains. En effet, il ne s’agit pas seulement d’amener les marchandises à quai. Il faut ensuite pouvoir les distribuer dans l’intérieur des pays, que ce soit par voie ferroviaire ou routière.

Il a ensuite félicité les gouvernements africains d’avoir pris conscience de l’importance du rôle que jouaient les transports dans le développement économique. « Prenez l’histoire des États-Unis. Depuis leur fondation, ils ne cessent de construire des canaux, des voies ferrées et des réseaux d’autoroutes. Nous pensons que ce genre d’activité est essentielle, et qu’elle constitue un précurseur de la croissance. »

Aux États-Unis, a-t-il affirmé, des partenariats entre les secteurs public et privé contribuent à étoffer l’infrastructure. M. Barrett s’est engagé à aider l’Afrique à adopter une approche semblable. Si les capitaux d’investissement manquent souvent dans le secteur public, c’est rarement le cas dans le secteur privé. Ce dernier peut donc servir à aider l’Afrique à améliorer ses réseaux de transports.

Le rôle du gouvernement, a-t-il précisé, consiste à créer les conditions du succès des investissements des partenaires du secteur privé. Les investisseurs souhaitent en effet des conditions fiables, notamment au niveau du respect des contrats et du respect de la règle de droit.

Il est également avantageux d’envisager une approche régionale et des alliances afin de minimiser les coûts et de maximiser les avantages et la sécurité.

M. Zinni a pour sa part identifié quatre facteurs clés du développement de l’infrastructure africaine :

1) Une réelle conception stratégique fondée sur une base régionale afin de créer des couloirs commerciaux qui non seulement permettront de transporter des marchandises, mais aussi de fournir les petites entreprises et de stimuler la croissance économique tout le long du réseau. « Il est important de mobiliser les organisations sous-régionales afin de régler le problème de l’infrastructure des transports. »

2) Renforcer les compétences locales afin de développer les capacités. « La capacité de planifier, de former, d’éduquer et de déployer » une main-d’ouvre locale est essentielle. Les populations locales doivent être impliquées dans ces projets.

3) Rassembler les ressources et encourager les investisseurs à construire en visant le long terme, de façon que les réseaux de transports profitent à la fois aux investisseurs et à la population locale.

4) Créer un climat favorable aux investisseurs, notamment par une gestion efficace des affaires publiques, la sécurité et la coopération régionale. À ce niveau, tout le monde a un rôle à jouer, des gouvernements africains aux investisseurs en passant par les donateurs, pour s’assurer que les projets envisagés sont justifiés, que les risques sont acceptables et que les réseaux de transports sont durables.

SOURCE : US Department of State

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06 octobre 2008

COMPRENDRE LA DEMOCRATIE

La stèle de la Démocratie

Détail de la représentation sculptée (http://www.amb-grece.fr/grece/berceau_democratie.htm)

La démocratie, qui étymologiquement veut dire le pouvoir du peuple, c'est-à-dire un gouvernement où le peuple exerce la souveraineté, est le plus séduisant des types de gouvernement. Même s’il faut rapidement ajouter que ça dépend pour qui, le peuple ou le dépositaire de sa souveraineté. C’est d’ailleurs assez frappant d’observer cette stèle de la Grèce antique, berceau de l’aventure démocratique occidentale, où le peuple (Demos) personnifié sous les traits d’un seul homme, reçoit sa couronne d’une femme, Démocratie. Contemporain de cette époque, Périclès (homme d’Etat athénien né vers 494-décédé en 429 avant J.-C.) déclarait dans un discours rapporté par Thucydide : « Notre régime politique… a pour nom démocratie parce que, dans l’administration, les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité. ».

Il suffit d’entendre cette expression : « On vit en démocratie ! », pour déceler la caractéristique de label de qualité adossée à ce mot. Mais tout le monde ne peut pas en dire autant. Nombreux sont les gouvernements qui optent pour la prudence, et préfèrent dire de leurs sociétés qu’elles sont en voie de démocratisation. Et l’observateur de se demander : mais jusqu’à quand ou encore, jusqu’où ? Oui, jusqu’à quel point est-ce que l’on se dit enfin en démocratie. Il serait plus correct de parler du fonctionnement démocratique ou non d’un gouvernement à un moment donné de son histoire ; car toute démocratie évolue dans le temps.

Historiquement, le terme de démocratie évoque une pratique qu’on retrouve à des degrés divers un peu partout dans le monde antique. Comme nous l’apprend l’encyclopédie en ligne Wikipédia (1), en plus de la démocratie athénienne aujourd’hui classée comme ayant été une forme de démocratie directe (dans laquelle le peuple prend lui-même les décisions, en opposition à la démocratie représentative, où la volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants élus qui incarnent la volonté générale, votent la loi et éventuellement, contrôlent le gouvernement) ; mais dans l’antique Athènes, les femmes, les esclaves et les métèques (des étrangers, pas au sens péjoratif actuel), n’avaient pas de droit politique ni de citoyenneté, il y a aussi eu les Républiques de l’Inde, où l’on a trouvé l’une des plus anciennes traces de civilisation démocratique. Ainsi que la République romaine avec des élections excluant également femmes, esclaves et une bonne part de la population étrangère. Chez certaines tribus de la Confédération des Iroquois (Amérique du nord) ou chez les Bushmen australiens, la recherche du consensus au sein d’une majorité, a été observée. Et cette liste est loin d’être exhaustive.

On peut aussi égrener un chapelet d’expériences démocratiques au Moyen Age. Arrivent les fameux XVIIIe et XIXe siècles marqués par la fondation des Etats-Unis d’Amérique en 1776 et la Révolution française en 1789. C’est le moment de rappeler que du haut de leurs démocraties respectives, à l’origine, les sociétés issues de ces bouleversements historiques ne pratiquaient pas le suffrage universel (reconnaissance du droit de vote à l’ensemble des citoyens d'une nation, sans distinction de condition sociale, d'origine, de race ou de sexe) (2). Encore du fait de l’esclavage, des colonies, et des femmes : tout un monde exclu d’office de l’exercice démocratique. On en voit encore les séquelles à l’heure actuelle, avec les efforts de mise au diapason des uns par rapport aux autres ; en terme de parité pour les unes, et de démocratisation pour les autres, grands enfants.

Quelques points d’appréciation du fonctionnement démocratique d’une société humaine :

  • Le choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d'élections libres ;
  • L’existence d'une opposition politique organisée, libre, qui peut s'exprimer ;
  • L’existence d'un système judiciaire jugeant sur la loi ;
  • Le fait d’avoir connu au moins deux alternances (ce qui prouve « après coup » qu'il s'agissait d'une démocratie) ;
  • L’existence des unités de média indépendantes et libres.

« Un Homme, une voix »

Démocratie par ci, démocratie par là. Ce type de gouvernement est tellement vampirisé de nos jours, que nous avions fini par proposer ce néologisme de ‘’démoncratie’’. Il nous faudra nous décider à le présenter aux immortels de l’Académie française. Car, s’il s’agit en démocratie de la quête toujours à affiner d’un système d’organisation sociale épanouissant pour ses membres, il est des pays plus soucieux que d’autres de la poursuite de cet objectif. Le principe « un Homme, une voix »  qui a été le leitmotiv notamment d’un Nelson Mandela en butte à l’abomination de l’apartheid, peut être considéré comme le fondement théorique principal de la démocratie.

En rappel, nous détournions la formule de Périclès ("le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple") en déclarant que « la ‘’démoncratie’’ est le pouvoir du peuple, par des ‘’démons’’ contre le peuple. (Ces) démons […] (n’étant) pas forcément des individus englués dans un système socio politico-économique malsain, mais surtout des mentalités qui relèguent la morale et la valeur de la personne humaine à un matérialisme et une chosification dévastateurs. […]L’accumulation quotidienne de petites lâchetés, voilà ce qui mine la pleine prise de conscience du devoir politique des citoyens de divers pays d’Afrique. ». Gandhi formulait plus clairement : “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !” (3).

L’utopie que sous-tend la démocratie est celle de voir le peuple voter comme un seul homme qui, face à des difficultés de tout calibre, décide d’adopter un comportement approprié, en vu de remédier à ces difficultés. D’où les atouts que constituent les concepts d’alternance et de majorité, qui agissent alors comme une remise en question non plus personnelle, mais à la dimension d’une société humaine. Quand ça marche, il est difficile de trouver meilleur système de gestion de groupe. Attention toutefois aux mauvaises inspirations (diagnostic) et prescriptions, à l’heure de l’administration du traitement. Ce dernier peut tirer le patient (peuple) des difficultés ou les aggraver pour son plus grand désarroi. Il ira de nouveau, et ce, à intervalles réguliers, s’adresser à un autre grand spécialiste ou charlatan. Ce qu’il aurait moins, voire pas du tout le loisir de faire sous un régime autoritaire.

Tout ce qu’on peut souhaiter, pour nombre de pays, dont le Cameroun, c’est l’avènement de ce jour où l’opinion (ce que les gens pensent de leur état, de comment est-ce qu’ils sont gouvernés), une fois appelée à devenir élection (le vote dans des urnes à bulletin secret, sans trucage), donnera des résultats qui soient en conformité avec, ce que son état d’esprit laissait présager avant et au moment de la consultation électorale. Sous d’autres cieux, rien que l’usure du pouvoir conduit souvent à l’alternance. C’est une respiration.

Mais encore faudrait-il que le corps électoral, qui doit être assez représentatif de l’ensemble des couches de la société, effectue son devoir. En effet, le système démocratique implique deux devoirs fondamentaux qui sont d’un, que l’on se donne la peine d’exprimer son opinion (quel est ce malade qui ne sait même pas dire qu’il a mal ?), ou du moins qu’on s’informe quand on manque des éléments pour s’en forger une; et de deux, un devoir de respect de l’expression des autres opinions, même si on n’est pas obligé de les admettre par ailleurs. Dans une optique de saine émulation.

Il faudrait aussi avoir les moyens de bien sonder cette opinion, en constituant de larges échantillons de la population, en trouvant des solutions susceptibles de résoudre les problèmes de langue ou d’autres difficultés propres au contexte local. Alors on verrait que ce paysan africain, accusé à tort dans le désormais tristement célèbre « discours de Dakar », d’avoir un imaginaire « où tout recommence toujours, et où il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès », a certainement son mot à dire.

Jean Jacques Rousseau avait mis le doigt sur le grain de sable qui empêche le bon fonctionnement de la machine démocratique dans certaines sociétés humaines : « Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. ». Que de difficultés surmontables à partir de la pédagogie de cette citation. Puisque dans une démocratie, il ne peut y avoir ni maître ni esclave (4), nous devons apprendre à fonder notre autorité, le moment venu, sur la raison et non sur l’imposture. Bref, une fois que l’on a choisi le chemin de la démocratie, si l’on veut en tirer quelques fruits, il vaut mieux être vertueux et responsable. Sinon, c’est qu’on ne sait pas combien peut être exigeant ce type de gouvernement, à surveiller comme du lait sur le feu. Cette Vertu peut s’appréhender comme un souci de transparence et d’innovation dans nos faits et gestes publics. Ou alors ce n’est que perte d’énergie et de temps, obscurantisme et pédantisme de coquilles vides. 

D’autre part, c’est à loisir qu’on peut découvrir les failles du système. Avec l’historien Pierre Rosanvallon (5), « on se rend de plus en plus compte que le verdict des urnes ne peut plus être le seul étalon de la légitimité. L’élection, en effet, ne garantit pas qu’un pouvoir soit au service de l’intérêt général, ni qu’il y reste. Une appréhension élargie de la notion de volonté générale est ainsi en train d’émerger. Un pouvoir n’est désormais considéré comme pleinement démocratique que s’il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrentes et complémentaires de l’expression majoritaire. C’est à cela que correspond notamment la montée en puissance, partout dans le monde, d’institutions comme les autorités indépendantes ou les cours constitutionnelles. ». Poussé vers la sortie, à quelques mois du terme de son mandat, par son propre parti, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki ne le démentirait pas.

De plus, la majorité, en terme de maturité, est un mot qui évoque l'âge minimum requis pour voter, ce qui laisse du monde à la porte ; et dans un tout autre sens, la majorité, pendant de la minorité, est un salmigondis, un magma de volontés, de motivations et d’opinions hétéroclites, mouvantes, parfois contradictoires. Mais que dire enfin ! Nous dirons simplement avec Plutarque que « ceux qui se lancent dans toutes les tâches politiques qui se présentent… ont tôt fait de rassasier le peuple de leur personne et de se rendre insupportables, si bien que l’on jalouse leurs succès et qu’on est heureux de leurs échecs. » ; et avec Montaigne : « L'homme, cet être ondoyant et divers. ».

Serges A. Dongmo Mezatio

Sources :

1- http://fr.wikipedia.org

2- http://www.universalis.fr/encyclopedie/C030047/SUFFRAGE_UNIVERSEL.htm

3- http://www.lescasquesbleuscitoyens.com/

4- http://www.maphilo.net/sujet_democratie-264.html

5- Le Nouvel Observateur : N° 2287, du 4 au 10 septembre 2008

Encadré

L’ARCI [*] (Association pour la recherche coopérative internationale) problématise bien ce qu’est ce pouvoir du peuple :

« (...) La démocratie est un travail (…) dont le résultat essentiel est une forme d’organisation sociale qui respecte les libertés personnelles tout en garantissant ce que cette société considère comme étant juste pour la majorité. Si la démocratie est le régime où la majorité reconnaît les droits des minorités, c’est parce qu’elle accepte que la majorité d’aujourd’hui puisse devenir minorité demain. Ainsi, l’esprit démocratique est profondément dynamique (…). ‘’La démocratie est la reconnaissance du droit des individus et des collectivités à être les acteurs de leur histoire et pas seulement à être délivrés de leurs chaînes… La théorie de la démocratie n’est que la théorie des conditions politiques d’existence du sujet… J’ai défini le sujet comme l’effort d’intégration de deux faces de l’action sociale : la raison instrumentale (indispensable dans un monde de techniques et d’échanges) et la mémoire ou l’imagination créatrice’’. Ainsi, la démocratie pour Touraine apparaît comme une politique de la reconnaissance de l’autre, de la lutte de sujets, dans leur culture et dans leur liberté, contre la logique dominatrice des systèmes. La démocratie est aussi recherche de combinaisons entre la liberté privée et l’intégration sociale ou entre le sujet et la raison. Enfin, le bien-fondé de la démocratie est d’apporter les conditions institutionnelles indispensables à l’action du sujet personnel.

Les objectifs qui doivent donner sens aux activités politiques :

·         empêcher l’arbitraire et le secret;

·         répondre aux demandes de la majorité;

·         assurer la participation du plus grand nombre à la vie politique. ».

* http://base.d-p-h.info/fr/fiches/premierdph/fiche-premierdph-1936.html

(Livre - TOURAINE Alain, Qu’est-ce que la démocratie ? FAYARD, 1994 (France))

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29 septembre 2008

Paludisme : un Plan pour sauver 4 millions de vies dans le monde

Le partenariat « Faire reculer le paludisme » publie aujourd’hui son nouveau Plan de lutte » pour les années 2008-2015. Son objectif, proposer des moyens concrets aux autorités sanitaires de tous pays pour dynamiser le combat contre cette maladie qui tue près d’un million de personnes chaque année, essentiellement des enfants.

Le constat est simple : lutter contre plasmodium falciparum (le parasite à l’origine de la maladie) ne coûterait qu’une petite fraction des coûts financiers supportés actuellement par les pays d’endémie. Un argument choc mis en avant dans le rapport, chiffres à l’appui.

A elles seules, les pertes de l’Afrique sont ainsi estimées à 12 milliards de dollars par an. Encore ne s’agit-il là que des coûts directs… la perte de PIB serait en effet beaucoup plus importante. Or d’après les projections du Plan, il suffirait de 5,3 milliards de dollars en 2009, de 3,2 milliards en 2010 et 5,1 milliards en 2011 pour gagner la bataille dans « l’ensemble des pays d’endémie ». Un total de 13,6 milliards de dollars… C’est à peine plus que les pertes annuelles estimées sur le continent noir.

Le temps presse. Le paludisme menace près de la moitié de l’Humanité dans 109 pays d’Afrique, d’Asie, du continent américain, d’Europe et du Moyen Orient. « Nous estimons à plus de 4,2 millions le nombre de vies qui pourraient être sauvées d’ici 2015 grâce à la mise en œuvre du Plan », conclut le Pr Awa Marie Coll-Seck, Directeur exécutif du partenariat « Faire reculer le Paludisme ».

Source destination santé

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