25 juillet 2007
La liberté n'a pas de prix, la dignité ne peut se marchander
CONGO BRAZZAVILLE
La liberté n’a pas de prix, la dignité ne peut se marchander.
La conjoncture politique actuelle du Congo Brazzaville, qui se caractérise par un affaiblissement continu du pouvoir de Brazzaville, interroge tout congolais. Les affres publiques de ce régime despotique et corrompu constituent-elles des augures de sa fin probable ou s’agit-il simplement de soubresauts mineurs d’un régime, certes impopulaire, mais toujours préférable à l’anarchie ou à la nouveauté sociale de l’alternance ?
Lors de la conférence internationale des intellectuels et hommes de culture d’Afrique et de la diaspora, de Mai 1996, à Dakar au Sénégal, dont le thème s’intitulait « la place de L’Afrique au 21° siècle », les Conférenciers identifièrent, à la lumière des expertises et des données statistiques, les deux causes fondamentales du sous développement du continent. Il s’agit, d’une part, de l’absence d’implication, active et démocratique, de toutes les composantes sociales, économiques et politiques, aux différentes initiatives de développement politique et économique ou aux politiques publiques ; et, d’autre part, la réelle rareté des hommes d’Etat, dignes de ce nom, et éventuellement charismatiques.
Dans cet horizon, le Congo Brazzaville, dont la courte expérience démocratique (1992-1997) fut brutalement interrompue en octobre 1997, en est aujourd’hui la dramatique illustration. C’est ainsi que sa descente aux enfers actuels s’explique, pour une large part, par la conjonction de ces deux paramètres.
D’abord à travers la figure exemplaire du Général Denis SASSOU NGUESSO. C’est un personnage politique dont le déficit de légitimité reste chronique dans la mesure où, en permanence, il privilégie les registres de la violence et de l’arbitraire. Il ne possède aucune vision stratégique et programmatique sur le futur désirable de son pays puisqu’il se satisfait d’un catalogue de recettes et de projets empiriques, sans cohérence d’ensemble, « La nouvelle Espérance », applaudi par les épigones et raillé par les critiques. Enfin, il est dépourvu des attributs propres aux hommes d’Etat d’envergure, en effet, il agit souvent de manière partisane, il ne corrige jamais les dérives et les extravagances, il se moque de l’intérêt général et du bien public et il est le promoteur premier de la corruption.
Devant ces handicaps objectifs, on comprend pourquoi ce Général s’échine à imposer depuis à notre peuple un modèle politique despotique, qui s’apparente à la fameuse <<épicerie familiale>>, assisté par une clientèle politique hétéroclite.
Ce système, né de la violence, l’imposture, le cynisme et la corruption, atteint aujourd’hui ses limites objectives. C’est une dictature, en bonne et due forme. Et comme toute dictature, elle ne peut se reformer, elle se désintègrera de l’intérieur ou alors elle sera décapitée par le peuple souverain. Néanmoins, en attendant cette fin inéluctable, ce système despotique s’acharne à survivre malgré sa nature anachronique : il veut absolument apparaître démocratique, il prétend défendre les libertés formelles, etc. Toujours dans cette optique de survie, il lui arrive de jeter des bouées salvatrices quand les conjonctures deviennent difficiles. Hier, il s’agissait du spectaculaire ralliement de Bernard BAKANA KOLELAS, l’éternel allié masochiste de Denis SASSOU NGUESSO. Demain, à qui le tour ?
Notre peuple a compris la nature politique de ces expédients, qui n’amusent et n’intéressent que leurs auteurs et leurs complices, toujours les mêmes acolytes. Ces ralliements n’étonnent plus. Seule l’alternance politique anime toute l’énergie de notre peuple.
La communauté nationale en est consciente, pour preuve le refus de Madame Rama YADE, Secrétaire d’Etat français aux affaires étrangères et aux droits de l’homme de rencontrer le Général SASSOU NGUESSO ; les forces démocratiques et patriotiques sont prêtes à relever ce défi. L’enjeu, en effet, correspond à la question suivante : Denis SASSOU NGUESSO et ses thuriféraires, visibles, c’est-à-dire le PCT et ses alliés, mais surtout masqués, les plus perfides, souvent il s’agit de présumés opposants, constituent-ils les ressorts du progrès social et politique ? La réponse de notre peuple, le souverain primaire est clair et limpide, et il l’a exprimé en de nombreuses occasions.
Non, Denis SASSOU NGUESSO n’est pas le promoteur du progrès social et démocratique. Il en est le principal obstacle. Voilà pourquoi l’alternance, quelle qu’en soit la forme, devient le principal objectif de cette conjoncture politique.
Le bilan kleptocratique du très long règne du Général Denis SASSOU NGUESSO semble en effet édifiant. La liste de ces errances est exemplaire :
· La mise en place d’un cadre institutionnel inique, qui le consacre monarque absolu et surtout Ubu roi.
· Le minimum vital de notre peuple est comparable au quotidien paysan du Moyen Âge occidental: ni eau, ni électricité, ni éducation, ni système sanitaire.
· L’insécurité alimentaire a atteint le seuil critique correspondant aux critères objectifs de la famine. C’est donc une famine qui ne dit pas son nom.
· La faillite de l’Etat et de ses organes, qui n’assument plus depuis longtemps ses fonctions régaliennes. L’Etat devient un instrument partisan de domination politique du despote. Cette situation insécurise complètement l’ensemble de la population et l’assujettit à la loi des plus forts. La concorde nationale en lambeaux.
· Les frustrations quotidiennes du peuple face à la famille régnante, dite présidentielle, dont les frasques inondent les journaux, et sa clientèle politique, toujours arrogante et méprisante, etc.
Le cri du cœur de Monsieur KOPA Ludovic Junior correspond bien aux attentes et aux exigences de notre peuple, ce jeune compatriote qui interpelle le Général SASSOU NGUESSO en ces termes : "[...] M. SASSOU NGUESSO est un homme dépassé, un homme révolu, un homme du passé, à tel enseigne que tu ne seras jamais un vrai homme d’Etat [...]". Et il poursuit, "[...] Le Congo, ce beau pays vous a tout donné, éducation, nationalité, emploi, tout et même au-delà des espérances de vos géniteurs. Et pourtant, dans votre arrogance maladive et votre cynisme, vous ne voulez pas entendre les cris de ce peuple qui souffre. [...]". Voilà un édifiant portrait psychopathologique qui rend improbable tout espoir de prise de conscience de la part de celui qui incarne à ce point ce pouvoir autocratique, le Général Denis SASSOU NGUESSO.
Au-delà de ce bilan kleptocratique et de ce portrait psychopathologique, ce régime, en l’espace d’une année a ouvert, toujours sous ce registre de l’ubuesque, d’autres pages sombres de notre histoire. Tenez :
· La construction du mausolée Savorgnan DE BRAZZA, celui de la honte puisqu’elle érige en héros panthéonisé un colonialiste patenté, voire un bourreau. C’est un acte sans précédent historique et une insulte à la mémoire résistante de notre peuple.
· L’organisation des élections de la honte dignes de la seule Corée du nord de l’inamovible Kim JONG IL.
Poto Poto, "Mboka Monéné " du musicien Antoine MOUNDANDA, le premier quartier historique de Brazzaville en est la tragique illustration puisque le député sortant, Monsieur Nicéphore FYLLA de Saint Eudes, double fois victorieux, mais est déclaré perdant sur l’ordre du Prince de MPILA, le "Roi Soleil", au profit de son gendre, le sieur Jean de Dieu KOURISSA. Il s’agit là d’un acte sacrificiel sur l’autel du délit d’opinion, FYLLA aurait manqué de respect au "Roi Soleil ", au profit des intérêts de " l’épicerie familiale".
· Enfin, le FESPAM de la honte où mes frères pygmées de la Likouala ont été relégués au rang d’animaux de foire ou de curiosités de parcs zoologiques, en plein 21°siècle.
Cet enjeu politique inaugure une ligne de démarcation claire, notamment depuis ces pseudos élections du 24 juin 2007, à savoir, d’une part, le pouvoir de Denis SASSOU NGUESSO et sa clientèle politique, qui travaillent à la survie et à la conservation du pouvoir politique, afin de pérenniser ce système despotique ; et, de l’autre, l’aspiration de notre peuple au changement ou à l’alternance. Cette dynamique du changement doit être accompagnée et amplifiée.
Mon parti, le Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (RDD) s’inscrit dans cette logique claire de l’alternance politique radicale. Ainsi, les festivités du 15/08/2007, liées à la célébration de l’indépendance du Congo Brazzaville, à Owando, la préfecture régionale de la Cuvette centrale, ne peuvent nous concerner ni de près ni de loin. En effet, il ne s’agit jamais de fêtes nationales, ni pour l’indépendance, ni pour le FESPAM, par exemple, car à chaque fois ce sont des entreprises de propagande politique en l’honneur du Grand Timonier éclairé Denis SASSOU NGUESSO.
Par ailleurs, toutes les expériences précédentes l’ont démontrées, ces municipalisations dites accélérées ne sont rien d’autre que des entreprises déguisées d’enrichissements accélérés de "l’épicerie familiale" et de la clientèle politique. Aussi, tous ceux qui y participent, de manière naïve, en arguant qu’il s’agit simplement d’une fête nationale, ou en conscience et de manière cynique, ils apportent de fait leur caution à ce régime corrompu. Ils s’opposent objectivement à l’alternance politique salutaire.
Pour ma part, je fais mien cette réflexion, oh ! Combien d’actualité, de Franz FANON : "Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir". Ainsi, à tous ceux qui ont choisi l’indifférence face aux souffrances de notre peuple, ou à tous ceux qui sont tentés par la compromission, ou à tous ceux qui sont gagnés par la résignation, je leur suggère cette réflexion de Jean Marie BOCKEL Secrétaire d’Etat français de la Coopération : "Nos lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain"
Pour paraphraser le regretté MONGO MBETI, ce digne fils d’Afrique, le pouvoir n’a pas dit son dernier mot, nous non plus. En effet, le Général SASSOU NGUESSO Denis constitue l’obstacle principal du progrès social et du développement économique et politique du Congo Brazzaville. C’est le grand temps de l’alternance. Tous les Congolais doivent travailler à sa réalisation.
Guy MAFIMBA MOTOKI
Membre du comité directeur du RDD
22 mars 2006
AVOIR LA HAINE DU BLANC NE QUE FAIT RENFORCER LA PUISSANCE DE CE DERNIER SUR NOUS"
AVOIR LA HAINE DU BLANC NE QUE FAIT RENFORCER LA PUISSANCE DE CE DERNIER SUR NOUS
Par lepangolin, mercredi 22 mars 2006 à 13:28 :: Général :: #889 :: rss
Compte tenu de la longueur de la réponse que j'ai faite à Monsieur Camforever et pour permettre sa lecture j'ai preferé le diffuser en texte car peu de visiteurs lisent les commentaires. A cela je conseillerais au visiteur de lire le commentaire de Mr. Camforever et le texte sur "Afrique: les causes de la soumission volontaire"
A Camforever, merci beaucoup de vos interventions, je m'appretais à vous répondre suite à votre message que je vais diffuser pour que tout le monde puisse le lire; et aussi à la suite du message de Lylirose. Je suis ravi de vos deux derniers messages.
Pour ma part je voulais simplement vous dire en introduction avant de venir à votre message : "AVOIR LA HAINE DU BLANC NE QUE FAIT RENFORCER LA PUISSANCE DE CE DERNIER SUR NOUS"
Cela étant dit, pour tout vous dire que je n'ai jamais cherché à evacuer le rôle du blanc à l'origine de nos malheurs. C'est une réalité historique mais non suffisante. Il nous faut dépasser cette étape si l'on veut liberer notre continent. Pour ma part, ce qui m'interesse aujourd'hui c'est d'arrêter ce cycle et donc il faut une rupture même dans l'analyse, en effet le diagnostic determine la conduite du remède à prescrire, il est temps pour nous de responsabiliser nos contemporains face à leurs responsabilités car je crois que nous avons en 2006 la possibilité de briser ce cycle. Voyez-vous quand dans les années 1950 des personnages comme Um Nyobé avait vu juste pour le Cameroun, ils étaient seuls face à des sociétés destructurées par l'esclavage et les violences européennes, qui n'avaient plus de base économiques et politique solides voires culturelles. Mais à ce que je sache le Cameroun de 2006, comme d'autres pays d'Afrique ont des hommes d'intelligence et de connaissance, qui peuvent comprendre le système et l'expliquer aux autres, c'est ce que Axelle Kabou avait essayé de dire aux Africains il y a plus de 15 ans déjà, quand elle écrivait "si l'Afrique refusait le développement?" on peut aussi citer Daniel Etounga Manguelle qui réclamait la révolution mentale des Africains, dans son livre "l'Afrique a-t-elle besoin d'un programme d'ajustement culturel?"c'est ce que Achille Mbembé essaie d'expliquer dans ses livres ou même Puis dans le journal le Messager. Il est temps pour les Africains de comprendre comment fonctionnent les pouvoirs politiques en Afrique pour qu'ils ne disent pas que ce n'est pas de leur faute car ils ne savaient. La pire des choses qui puissent arriver à un homme c'est l'ignorance car c'est elle qui crée la dépendance et l'aliénation volontaire de sa propre liberté. l'ignorance est la mère de la soumission volontaire et/ou des hommes à d'autres hommes.
Si aujourd'hui comme vous dites les Africains devenaient rigoureux avec eux-mêmes d'abord je suis sûr que les dictateurs-maisons que nous avons en Afrique trembleraient et reflechiraient à plusieurs fois avant de se lancer dans leurs aventures, c'est parce qu'ils sont surs d'avoir des auxiliaires zelés qu'ils agissent ainsi et comme c'est un système, cela s'alimente facilement.
Voyez-vous un pays comme le Cameroun à fort potentiel culturel, démographique, économique est depuis 1982 dirigé par un destructeur avec l'assentiment de sa fameuse élite, alors comment comprendre cette faillite collective? On me répondra que c'est à cause des blancs! Entre nous, même si à l'origine les comportements déviants des instruits camerounais sont bel bien une conséquence de la colonisation, il est malhônnete d'expliquer cela par l'exclusivité coloniale, en regardant de près on se rend compte que parmi eux il y a des personnes qui se démarquent et dénoncent cette situation, tout comme il y a des gens qui sont conscients de ce qui se passent et adherent de façon volontaire. C'est en observant le Cameroun que Bayart avait écrit "la politique du ventre en Afrique".
Donc voyez-vous nous avons notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive et mon obsession est de pousser les Africains à le reconnaître, je ne suis pas pour l'autoflagelation, mais pour une rupture nette et assumée dans leur pratique sociale avec ce que l'Occident a fait de nous : des "soumis". Il nous faut se servir des exemples des autres peuples sur les autres continent. Nous avons le devoir de changer de comportement, justement vous parlez de la diaspora, cette dernière doit concentrer ses efforts pour modifier la situation socio-économique et culturelle du Continent. C'est facile d'accuser "le blanc" de la source de nos malheurs, mais que faisons-nous? Tenez par exemple je vais prendre l'exemple du livre, combien d'Africains achètent des auteurs africains? Je parie que les livres de Achille Mbembé sont plus lus par des non-africains que nous. La musique nous preferons des copies.
Les femmes africaines lisent à longueur de journée des magazines destinés aux "blanches" d'où poursuite d'acculturation. Les quelques rares magazines destinés aux femmes noires sont remplies des publicités de produits éclaircissants de la peau, des produits tout à fait dangereux car cancérigènes, dans ces magazines on vante la peau claire une autre tare de l'esclavage et de la colonisation; Et si ces dernières se ruinent dans l'achat de ces produits c'est parce que nos instruits et l'ensemble de nos hommes sont d'accord avec ses pratiques. Cela revele de manière implicite comme le disait Franz Fanon une autre pathologie de l'homme noir dû à son complexe d'infériorité "le rêve de la femme blanche".
Dans nos villes africaines, les instruits preferent de manière ostentatoire afficher leurs valeurs occidentales inversées que celles de leurs propres cultures, combien de ces gens enseignent leurs langues maternelles ou paternelles à leurs progénitures histoire de dire qu'ils sont évolués donc "blancs" dans ces conditions comment voulez-vous qu'ils opèrent une rupture mentale?
Allez dans la majorité des foyers des Africains en France et demandez si leurs enfants parlent les langues africaines? Ils vous répondront que c'est pour qu'ils s'adaptent facilement à la culture française et réussissent à l'ecole. La réalité est que tous les africains de la trempe de Alain Mabanckou, Achille Mbémbe, Axelle Kabou, Modibo Keita ont d'abord appris les fondements de la vie dans leurs langues maternelles, tandis que la plupart des enfants africains nés en France réussissent difficilement à l'Ecole, quand les enfants asiatiques qui parlent leurs langues et en sont fiers, sont plus nombreux à réussir car les parents de ces derniers enseignent leur culture à leur enfants. L'attitude des Africains vis-à-vis de leurs langues est un indicateur qui montre leur dégré d'attachement à leur culture, pour le Français dans le cas d'espèce-ci cela lui revele que l'Africain a été mentalement convaincu de la supériorité de la langue française sur la sienne. Et dans pareille situation comment voulez-vous qu'il respecte l'Africain, pour s'en rendre compte, le francais manifeste de l'inquiètude lorsqu'il entend des Africains parler leur langues et s'arrange à les en dissuader, pour cela il se met à l'imiter (histoire de lui montrer que sa langue sonne mal). Un Homme comme Yannick Noah l'avait bien compris et en retour les tourne en ridicule en caricaturant l'accent camerounais car le but des Français était de le separer du Cameroun. Merci Noah tu seras toujours le numero 1 camerounais de tous les temps, même si les Français te le refusent à cause de leur haine Alors que les enfants français qui naissent et grandissent en Afrique rare sont ceux qui parlent Douala, Wolof, Lingala, Bambara, Dioula en dehors des prêtres car pour eux connaître la langue c'est connaître les ressorts de la pensée d'un peuple. Dans leur grande majorité ils se REFUSENT A PARLER LES LANGUES LOCALES.
Mais les Africains vont se dépenser en energie pour justifier une telle attitude jusqu'à vouloir imiter l'accent parisien plus que le blanc lui-même car le marseillais gardera pour son identité son accent du Sud pour rien au monde. Mais voyez-vous que c'est par là que commencent les mécanismes de la soumission volontaire, se sentir inferieur au blanc et à tout ce qui s'en apparente. Mécanismes qui conduisent à la surestimation du blanc donc à la résignation, elle même entraînant dans une sorte de desespoir pour ceux qui comprennent un peu les choses à la haine viscérale du blanc.
Se démarquer de cette attitude conduit à la libération car à partir de là on va retrouver l'authentique et son intégrité. Imaginez un seul instant que tous nos medecins qui sont en Occident se dépouillaient de tout le carcan mental inculqué par les pratiques coloniales et néo-coloniales actuells en investissant nos villages, nos villes avec leur foi et le sens du partage pour soigner nos frères avec une simplicité étonnante croyez-vous qu'ils vont mourir de faim? Je ne pense pas, mais pourquoi cela ne fait-il pas? C'est parce qu'ils sont bloqués mentalement et sont convaincus qu'un médecin c'est celui qui a une voiture 4X4, une grande maison et dix femmes.
C'est pourquoi qu'en Afrique la plupart d'entre eux rentrent dans les sectes (fraternité blanche, franc-maçon, rose croix, etc...) et deviennent homosexuel car il parait que cela rend riche. Lorsqu'on commence à denoncer de telles attitudes que font-ils? Ils vous sortent l'excuse "que ce sont les blancs qui nous empêchent d'évoluer" Tant que nous n'allons pas accepter de façon lucide la critique de nos comportements destructeurs, nous serons toujours dominés par les Occidentaux (on devrait dire plutot les Nordistes car ils sont bien au nord de l'Afrique pas à l'Ouest). Imaginez un seul instant que tous les Africains vivant en Europe s'organisaient de façon légale dans des fonds d'investissement, ils pourront acheter sur les bourses de Paris, Londres, Madrid, Francfort, Amsterdam, New York les sociétés qui font la pluie et le beau temps des cours de matières premières, c'est ça l'avantage du liberalisme. En devenant actionnaires ils seront capables d'orienter la politique de l'entreprise ou même avec les dividendes ils pourront investir en Afrique, ou encore defaire les dictateurs comme le font les compagnies pétrolières ou manière quand un président ne leur plaît pas. Si les Congolais, au lieu d'accuser Total et Chirac d'avoir soutenu Sassou dans sa macabre oeuvre de destruction du Congo, s'étaient organisés à acheter des actions de Total afin de devenir actionnaires majoritaires, la situation politique de leur pays aurait déjà changer, il en est de même pour les firmes de coton, de café, de cacao, de l'aluminium, de l'acier. Cela est possible. C'est de ça qu'il s'agit. Au lieu de se plaindre des cours des matières premières Oui je m'attends à un lever de bouclier de la part des Africains pour dire que ce n'est pas possible car les blancs ne voudront jamais, d'ores et déjà je peux retorquer que c'est faux il suffit d'avoir de l'argent. Je possède des actions à la bourse de Paris, tout le monde peut acheter autant d'actions qu'il veut car l'achat est anonyme il suffit d'avoir de l'argent. Avec un fond d'investissement on peut acheter n'importe quelle société cotée à la bourse.
Voilà un exemple d'action à notre portée. Nous devons agir avec intelligence,merci.
10 mars 2006
Les causes de la soumission volontaire 5
Afrique : Les causes de la soumission volontaire par Lucien Naki
Pour trouver les causes de la soumission, je vous conseillerai de lire le livre de Ferdinand Oyono, LE NÈGRE ET LA MÉDAILLE.
À tous les MEKA et KOCUMBO qui sont complice de la tragédie africaine je leur dédie le texte du Professeur Abel Goumba, «Le rôle des élites africaines (ou le mal centrafricain)» Que chaque.«MEKA» Congolais-zairois, que chaque «MEKA »gabonais, que chaque «MEKA» ivoirien…puisse lire le texte ci-joint ,Le rôle des élites africaines, c’est un texte qui illustre les causes et les responsabilités dans la tragédie africaine.
LE VIEUX NÈGRE ET LA MÉDAILLE peut aussi aider à cette analyse « Vieux Nègre et la médaille, le (Ferdinand Oyono)* »
Ferdinand Oyono, dans Le vieux nègre et la médaille met en scène un personnage qui perd progressivement le contact avec la terre sans s'en rendre compte. Méka, le héros du roman d'Oyono, est un vieux tirailleur des deux guerres mondiales. Exemple même du "bon nègre," il a donné ses deux fils à la patrie et une partie de ses terres à la mission catholique. Pour récompenser sa générosité, les autorités coloniales décident de lui décerner une médaille lors de la fête nationale du quatorze juillet
Le roman de Ferdinand Oyono évoque les relations difficiles entre les colonisateurs et les colonisés. Lorsqu'ils sont arrivés en Afrique, les colons ont imposé leur culture et leur religion sans comprendre, ni accepter celles des autochtones. Meka prend conscience de l'hypocrisie des Blancs et des inégalités entre les deux peuples. C’est sans avoir l’air d’y toucher, par une ironie subtile, que l'auteur critique implicitement la colonisation qui cherche à détruire le plus complètement possible les coutumes, les traditions et même la mentalité des peuples africains. Il s’agit d’un livre qui invite à la réflexion sur un moment de notre Histoire, la colonisation, en montrant le point de vue des colonisés, en l’occurrence les Africains.
La perte de la dimension horizontale au profit de la dimension verticale provoque le malaise chez Koucoumbo. Le héros d'Aké Loba n'a plus "les pieds sur terre". Prise au sens idiomatique, cette _expression est bien choisie car concrètement Kocumbo n'a plus de contact avec la réalité. Il a perdu le contrôle de son être et de son corps en perdant la force de pesanteur qui l'attachait à la terre. Cette force est nécessaire à son équilibre car ce sol dont il s'éloigne est la terre natale, celle de ses ancêtres. Kocumbo est culturellement victime du malaise du déracinement. Dépouillé de son vêtement traditionnel, le vêtement moderne lui va mal. Coupé de son monde, le monde nouveau n'arrive pas à bien l'encadrer. Ainsi mal ajusté et mal adapté, Kocumbo flotte entre deux espaces diamétralement opposés; celui du haut et celui du bas; entre deux mondes incompatibles: le monde traditionnel et le monde moderne. Son malaise et son désarroi proviennent surtout de ces deux forces qui l'attirent dans deux directions antithétiques.
Le rôle des élites africaines (ou le mal centrafricain)
On a coutume de qualifier la plupart des dirigeants africains de << Révolutionnaires au bord de la Seine, mais bourgeois en Afrique >>. Cela n'est pas faux. Pour la République Centrafricaine en tout cas, c'est l'origine et la cause, en grande partie, de tout le mal dont souffre aujourd'hui le peuple mise en tutelle internationale, en fait, de notre pays.
Il ne pouvait en être autrement, si l'on se réfère à l'histoire récente du continent africain en général et du Centrafrique en particulier : << Continent marginalisé, mal parti, en état de survie, aux populations arriérées, analphabètes, ignorantes, pauvre, misérables ;
. Gouvernement des copains, incompétents, corrompus, dirigés par des roitelets, caractérisés par des abus de pouvoir, du favoritisme, du tribalisme, du régionalisme;
. Economie extravertie, encore dominée par l'économie de traite, offrant l'image de métropoles géantes aux assises fragiles, coexistant avec celle des villages affamés, aux taudis pourrissants et croulants, mondialisation de la misère et de l'incurie, etc.>>
Tels sont les quelques qualificatifs attribués couramment aux pays africains et à leurs populations.
Certes, des causes exogènes et endogènes sont souvent avancées pour expliquer le retard de l'Afrique Noire et le fossé qui se creuse de plus en plus entre pays développés et pays en voie de développement. Mais parmi ces causes, il convient de noter plus particulièrement le rôle néfaste joué par les élites et cadres africains dans le développement de leurs pays, notamment celui des élites et cadres centrafricains.
Pour mieux souligner l'origine et la cause du mal centrafricain, il suffit de suivre l'itinéraire politique des jeunes cadres centrafricains depuis leur entrée dans la Fonction publique locale jusqu'au pouvoir suprême de l'Etat.
Le jeune cadre national muni de son diplôme obtenu dans une université étrangère ou locale, dépose joyeusement et fièrement son parchemin, sur la table d'emploi du ministère de la fonction publique, comme une clé dont on se sert pour ouvrir une porte. Dès lors, il commence à lorgner du côté des personnalisées, de ses amis ou de ses collègues proches du pouvoir se familiariser avec les membres du Parti dirigeant. Poussé par l'appât du gain, il abandonne progressivement sa propre idéologie adoptée, développée et exposée depuis les bancs de l'université et à son entrée dans la Fonction publique, au profit de l'idéologie et des pratiques du Parti du chef de l'Etat. Il commence alors à se rapprocher des membres influents du Parti-Etat et à encenser le chef de l'Etat dès que l'occasion se présente, avec le désir secret de se faire remarquer. Il adhère au Parti-Etat, un parti qu'il avait pourtant combattu et critiqué naguère, surtout s'il s'agit d'un parti unique opposé à ses convictions démocratiques ou socialisantes.
Une fois dans le Parti au pouvoir , unique ou non, il cherche à entrer dans le comité de direction dudit parti, afin de se rapprocher des centres de décision , concernant surtout les postes ministériels, dont l'attribution est décidée par le Parti.
Par le jeu des luttes d'influence, des alliances éphémères intéressées, des magouilles et autres astuces , il finit par se hisser à la tête de l'appareil du Parti, ou à une place importante, avec l'arrière-pensée d'accéder au poste de ministère dans le futur gouvernement, fonction tant rêvée pour améliorer sensiblement son << confort digestif >> et son rang social.
Une fois parvenu au poste de ministre, notre jeune loup cherche à accéder, par le même mécanisme de luttes d'influences et autres ficelles, grâce à un réseau bien tissé de relations au poste de Premier ministre, tremplin pour l'accès aux plus hautes fonctions de l'Etat. Dès lors, la voie est ouverte et la tentation grande pour se présenter à l'élection présidentielle.
Voilà approximativement, en tout cas sûrement pour beaucoup, l'itinéraire administratico-politique de la plupart des élites et cadres centrafricains. Comme on peut le constater, cet itinéraire repose exclusivement sur la recherche obstinée du <<confort digestif >>. Car , adieu ! les principes démocratiques, adieu ! les sentiments nationalistes et patriotiques défendus naguère sue les bancs de l'université, dans la rue pendant les manifestations estudiantines, au sein des associations et corporations estudiantines dont les positions ont souvent été radicales en faveur de la démocratie, de la justice sociale, de la lutte acharnée contre la pauvreté et la misère , sous-tendue par l'intégrité, l'honnêteté, le courage pour braver les prisons et les brimades, le dévouement aux causes justes, etc.
Toutes ces belles théories, toutes ces prises de position seront et sont effectivement remplacées par ce que leurs auteurs appellent << réalités du terrain ou real-politik >>, mais qui, en réalité, n'est que la << politique du tube digestif >>, autrement dit la politique de la recherche exclusive du confort digestif, la politique des intérêts personnels et égoïstes au détriment de la démocratie, de l'intérêt général, du Bien commun.
En fait, les élites et cadres qui ont reçu les éléments d'une culture universelle les ont utilisés pour la satisfaction de leurs propres besoins personnels, abandonnent les analphabètes et les ignorants à leur sort. C'est ainsi que nos élites et nos cadres en sont arrivés à abandonner leur idéologie première et leurs sentiments d'humanisme puisés au << bord de la Seine >> pour s'installer en Afrique dans le fauteuil moelleux laissé par le colonisateur, devenant ainsi, << bourgeois en Afrique >>, pour le plus grand mal de leur pays.
Professeur Abel Goumba (in Ezingo N°1, septembre 1998)
02 février 2006
Afrique : les causes de la soumission volontaire 4
Les différentes sortes de pouvoir (2)
a) le pouvoir de dissuasion
Dans d’autres pays l’asymétrie du pouvoir peut être accentué, dans le cas où l’une des parties qui a le pouvoir de structure ou de position cherche à dominer l'autre partie, à ne plus respecter le contrat, en ce moment on sort de la Démocratie. Le pouvoir devenant dictatorial est obligé de dissuader toute velléité d’opposition, de rébellion et rééquilibrage du « contrat social ».
Ce type de pouvoir est qualifié de pouvoir dissuasif. C’est celui qui caractérise plusieurs pays d’Afrique sinon tous à quelques exceptions près.
Au Congo par exemple, le pouvoir dissuasif peut être illustré par les actes de l’actuel détenant du pouvoir du fait de sa facilité à utiliser les armes pour éviter de répondre à résoudre les asymétries sociales qu’il crée. Il dissuade toute tendance pour un positionnement du pouvoir national de l'ensemble du Congo vers un consensus. Ceux qui veulent dominer les autres, comme les colons français, ont volontairement divisé le Congo en plusieurs parties non égales, par une fausse hiérarchisation des communautés la composant. Les classes sociales ici sont représentées par les groupes dit ethniques et pour maintenir le déséquilibre, le discours politique se remplit par les vocables comme celui d’unité nationale sur la base d’une vraie fiction sociale : le tribalisme ou l’ethnisme.
Le trait essentiel du pouvoir dissuasif c’est qu’il parvient au consensus par la soumission, or en droit, n’importe lequel, ainsi que dans l’ordre des choses, aucun contrat ne peut être consensuel et durable si l’une des parties du contrat se sent lésée. « Un peuple est toujours considérable » comme le dit si bien Pierre Akendengué et ne peut indéfiniment se laisser léser et spolier. Toute forme d’oppression à une fin car contraire à la vie.
L’obtention de la soumission dans une situation de pouvoir dissuasif se fait toujours par la violence explicite ou implicite. A ce niveau-là tout dépend de l’intelligence de celui qui est en position dominante, déterminant de ce fait l’échelle et le degré de violence. On a une palette de pouvoir dissuasif qui va de l’autocratie, passant par la dictature pour finir à la tyrannie.
Le pouvoir dissuasif non seulement utilise la violence physique, mais aussi la violence morale, psychologique et matérielle. Il empêche tout épanouissement de l’individu en le dissuadant d’affronter la mort. Ceux qui détiennent le pouvoir suprême en Afrique dissuadent toute velléité de liberté en brandissant le spectre de la mort à toute remise en cause du déséquilibre. La plupart des esprits se sont résignés à cause de cette peur de la mort « ne fais pas la politique, tu vas mourir ». L’impunité qui est sciemment organisée, dans la plupart des pays d’Afrique, participe à une politique de soumission de ces peuples.
Au Congo par exemple, depuis 1997 la permanence d’une guerre incivile dans la région du Pool est voulue dans le seul but de soumettre l’ensemble de tous les Congolais à l’oppression exercée par celui qui détient la position dominante du pouvoir Congolais.
Pendant longtemps ce dernier s’est arrangé à dissuader de manière implicite les Congolais à parvenir à une liberté matérielle, au prétexte que « le Congolais n’est pas compétent pour le commerce et l’industrie » seul l’étranger est travailleur, et pourtant ce sont les mêmes congolais qui exercent ailleurs. Pour appuyer cette dissuasion, la dictature sous couvert de marxisme exigeait de certificat de moralité aux candidats congolais qui voulaient ouvrir une échoppe ou un commerce. L’enquête était menée par les services secrets d’Etat, tandis que dans le même temps n’importe quel étranger ouvrait facilement une boutique ou installait une industrie. Cette dissuasion était faite pour pouvoir soumettre le Congolais, et ce n’est pas étonnant que près de cinquante ans après son indépendance que l’on ne récolte pas toujours du sel de table dans ce pays situé au bord de la mer, que l’on importe des légumes et autres aliments pour un pays bénéficiant des grâces de la nature, il pleut en moyenne dix mois sur douze et les terres sont à 98% fertiles. Le maintien de la pauvreté des Congolais contribue à leur soumission. Et ce n’est pas un hasard si tous les pays pétroliers d’Afrique ont des taux élevés de pauvreté avoisinant les 70 à 80% de leur population globale.




