30 avril 2008
LETTRE OUVERTE AUX AUTORITES DE LA VILLE DE POINTE-NOIRE
A
Monsieur Alexandre Honoré PAKA, Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur Roland BOUITI-VIAUDO, Député-maire de la ville de Pointe-Noire ;
Monsieur Valentin TCHIBOTA-GOMA, Administrateur-maire de l’arrondissement 2 « Mvou-Mvou » ;
Madame Marie-Catherine DEKAMBI-MAVOUNGOU, Administrateur-maire de l’arrondissement 4 « Loandjili ».
Madame, Messieurs,
Les usagers de l’Avenue Jacques OPANGAULT sise dans les arrondissements 2 et 4 de la ville de Pointe-Noire tiennent à porter à votre attention la situation plus que préoccupante du pont par lequel ladite avenue franchit la rivière « Songolo ». Cet ouvrage à voie unique a été longtemps interdit aux véhicules de plus de 17 Tonnes. Le panneau indiquant cette interdiction a disparu depuis des années. Les balises permettant de limiter la largeur des convois pouvant franchir l’ouvrage ont été vandalisées. La conséquence la plus évidente est la destruction totale des rambardes ouest du pont et les profondes blessures du tablier où, par endroits, les armatures ont été elles aussi détruites.
L’état de vétusté de l’ouvrage inquiète les usagers qui en craignent l’effondrement.
A l’attention toute particulière de Monsieur l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 2, gestionnaire de la moitié sud du pont et Directeur Général de la Cellule antipollution du Ministère des Hydrocarbures.
Plusieurs oléoducs font partie intégrante de cet ouvrage. En cas d’effondrement, ils ne manqueront pas d’être rompus. Il faudra alors régler le problème d’une pollution majeure. Peut-être même d’un incendie d’hydrocarbures en zone urbaine. Nous vous rappelons qu’une intervention d’urgence a du être réalisée en Février 2008 pour colmater une fuite de gaz toxiques provenant de ces oléoducs. Ce signe prémonitoire ne semble pas vous avoir alertés.
Monsieur Le Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur le député-maire de la Ville de Pointe-Noire ;
Monsieur l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 2 de Pointe-Noire ;
Madame l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 4 de Pointe-Noire ;
Une mesure de fermeture de l’ouvrage s’impose avant que ne survienne une catastrophe. Les usagers sont conscients de l’impopularité que provoquera une telle mesure ; ils sont aussi conscients que si vous ne la prenez pas et que survient l’irréparable, ils vous en tiendront pour responsables devant toute juridiction se déclarant compétente.
Quel que soit le cas de figure, ils vous considèrent comme coupables de la négligence qui, depuis toujours, a été la vôtre dans la gestion de cet ouvrage.
Nous, usagers de cette avenue, vous exhortons de sortir de votre mutisme en vous impliquant au premier chef dans ce qui apparaît comme un danger imminent.
Fait à Pointe-Noire, le 27 Avril 2008
Armand Henri-Gelase BOUCKETHY, Habitant Songolo et Wilfrid Olivier-Gentil SATHOUD Candidats Indépendants aux Elections municipales 2008
Ampliation :
-Les destinataires ;
- L’ensemble de la presse nationale tant écrite, audiovisuelle que cyberpresse ;
- Les medias étrangers présents sur le territoire national ;
- Tous les moyens en notre possession pour assurer la plus large diffusion possible à ce document.
01 janvier 2008
Total et Pnud : quelle action pour les Congolais ?
A la lecture d’un mail d’un compatriote qui relayait l’information concernant des accords signés en mai 2007 entre le Congo et le PNUD et la société pétrolière française Total pour soulager la souffrance des populations fragiles du Congo, je m’étais donné le doit de formuler une réaction. Entre temps le site www.congopage.com a aussi publié l’information.
Ce compatriote avant publication sur le site cité ci-dessus avait eu le réflexe de diffuser ma réaction vers sa liste mail, mais seulement en partie. Ce qui est normal, car Monsieur prend ce qui correspond à son opinion.
Et pour garder la cohérence de mon propos je me fais le devoir de le publier sur mon blog.
Et aux compatriotes congolais, voici donc l’intégralité de ma réaction et aux autres internautes, je vous le donne à lire. D’avance merci.
Total et le PNUD (un autre machin de la soumission et de spoliation des Africains) veulent se donner bonne conscience, il n'y a pas lieu de se tromper comme vous le dites et surtout de relayer de telles informations.
Ce n'est pas le premier accord du genre qui est signé au Congo.
Il ne faut pas se leurrer, Total n'encouragera pas l'initiative privé, car si le budget du Congo venait à dépendre d'autres ressources autre que pétrole, la capacité de nuisance voire de destruction de la nation congolaise par Total et ENI se verrait diminuer et la politique congolaise changerait de face.
Rappelez vous que ELF avait signé de tels accords au Gabon et au Congo (au temps de Sassou avant 1992) à propos de l'agriculture, qui des Congolais peut-il évaluer l'impact de l'action d'Agri-Congo au Congo et au Gabon près de 15 ans après? Est-ce que l'agriculture du Congo ou du Gabon arrivent à nourrir ces populations? Quelle est la part de ces agricultures dans la formation du PIB de ces pays? Pour le Congo cette part est de 4,7% en 2005 et au Gabon de 4,9% contre 23,4% pour le Nigéria autre pays pétrolier africain.
Au temps du régime de Lissouba, le PNUD, ElF et Agip avaient signé de tels accords pour la médecine ambulante et ce que le gouvernement de Lissouba appelait PID pour encourager l’investissement du secteur privé.
Où sont les résultats de ces accords ?
Le PNUD (organisme de l'ONU) qui oeuvre au Congo depuis 50 ans a quel bilan en Afrique?
Lisons ensemble les derniers chiffres de la Banque Mondiale voir lien : http://go.worldbank.org/2D4YN00HH0
L'espérance de vie au Congo ne cesse de se dégrader 52,8ans contre 74,4 ans en Libye 63,5 an au Sâo Tomé et Principe ),
la mortalité infantile ne cesse d'augmenter (81 pour 1000 habitants, contre 10 pour 1000 habitants en Libye),
le nombre de décès à cause de la tuberculose ne cesse d’augmenter (367 pour 100 000 habitants contre 18 en Libye) le nombre de personnes tuées par le paludisme ne cesse d'augmenter (78 pour 100 000 habitants contre 22 pour le Cap Vert),
le nombre de femmes qui meurent au cours de l'accouchement ne cesse d'augmenter 510 pour 100 000habitans contre 24 en Ile Maurice, 97 en Libye, (car le savoir traditionnel disparaît en même temps que leurs détentrices, et les hôpitaux dits modernes manquent de personnel et d'équipement, accoucher au Congo devient un acte héroïque qui relève presque du suicide diraient certaines personnes sans pour autant être extrémistes).
0,2 médecins pour 1000 habitants.
Le Congo détient le record africain en matière scolaire des classes les plus surchargées au primaire on atteint le record mondial de un enseignant pour 83 élèves.
L’accès à l’eau et à l’électricité pour les Congolais les faits parlent plus que les chiffres moins de 28% de la population congolaise a accès à l’eau quand celle-ci daigne arriver à leur robinet, à peine 22% des Congolais ont accès à l’électricité.
Pour terminer le Congo est 140 ième sur 177 pays du Monde au palmarès de l’Indice de Développement Humain. Le Gabon est 124 ième , Sao Tomé et Principe 127 ième .
Le premier pays africain est le Seychelles 47 ième et l’Ile Maurice 63 ième, Libye 64 ième.
Le premier pays au Monde étant la Norvège seul pays au Monde qui, sur les revenus pétroliers, épargne pour les futures générations.
12 octobre 2007
La liberté n'a pas de prix, la dignité ne peut se marchander
CONGO BRAZZAVILLE
La liberté n’a pas de prix, la dignité ne peut se marchander.
La conjoncture politique actuelle du Congo Brazzaville, qui se caractérise par un affaiblissement continu du pouvoir de Brazzaville, interroge tout congolais. Les affres publiques de ce régime despotique et corrompu constituent-elles des augures de sa fin probable ou s’agit-il simplement de soubresauts mineurs d’un régime, certes impopulaire, mais toujours préférable à l’anarchie ou à la nouveauté sociale de l’alternance ? Lire l'article
26 juillet 2007
André Milongo
Le Congo vient de perdre le symbole de la tolérance, et du respect de la vie humaine, en la personne de Monsieur André Milongo ancien premier de la transition démocratique de 1991-1992.Ce dernier est mort le 23 juillet à lâge de 71 ans , il aurait eu 72 ans au mois d'octobre 2007.
André Milongo aura toujours été un homme d'ouverture malgré les pressions des fanatiques de son camp.
Pour le Congo de ces seize dernières années, André Milongo aura été un homme d'ouverture malgré les pressions des fanatiques de son camp. Privilégiant la paix à la guerre.
Il aura le mérité de ne pas avoir participé à aucune des inciviles guerres ayant tué des milliers des Congolais. Dure posture à tenir dans un pays où les haines dites tribales furent portent dans les hauts sommets de l'intolérables. Jamais il a fait un appel à la violence.
Il nous faut garder de lui l'homme qui a conduit la transition vers le retour du mutipartisme et de beaucoup de libertés, même si le pouvoir actuel s'ingénue à les étouffer.
Il lui faut être réconasissant d'avoir organisé des élections transparentes et équitables en 1992.
Il a droit à notre profonde réconnaissance.
Milongo était un homme du compromis, même si en apparence on pouvait croire à la compromission de l'homme ce qui ne fut pas le cas.
Sa recherche de la rigueur et de l'excellence économique doit être comme une lampe (mwinda) pour la jeunesse congolaise.
En tant que député, même s'il pouvait se tromper, il atoujours à être près de la vérité. Prêt à mettre sa main pour trouver des solutions aux problèmes du Congo.
la mort de André Milongo doit nous faire réflechir sur la qualité de notre existence. Pour ceux qui restent, elle doit nous obliger à rendre notre existence humble comme lui.
Que la terre te soit legère mbuta muntu MILONGO
12 juillet 2007
La question du tribalisme et/ou de l'ethnie doit-elle être au centre des questions politiques en Afrique?
Ce texte fait suite à une série d’articles sur des blogs et autres sites à propos des élections au Congo notamment les législatives prévues en juin 2007 et présidentielles en 2009. Tout cela à la faveur de la nécessité de changement socio-politique, qui inexorablement, se dessine dans la société congolaise.
Ce texte voudrait plus particulièrement réagir, aux écrits de Kovalin Tchibinda et Djess Dia Moungouansi ainsi que des réactions qui s’en sont suivies sur leurs sites http://kovalin.oldiblog.com ; http://demainlecongo.oldiblog.com et www.mwinda.org .
Je ne vais pas procéder à l’exégèse de ces écrits, mais plutôt m’autoriser à poursuivre ma réaction faite sur le blog de Kovalin Tchibinda pour un approfondissement et aussi porter l’ambition d’orienter le débat vers d’autres horizons philosophiques et intellectuels.
Avant de verser proprement dans le débat, que l’on doit nécessairement dépassionner, il m’apparaît utile de faire deux mises au point essentielles.
Premièrement :
Dans l’histoire du continent africain, on doit se rendre compte que les postulats qui président à la formulation de la pensée et des idées structurantes pour nos sociétés sont loin de révéler la réalité et de la refléter. Il y a beaucoup des fausses bonnes idées qui prennent la forme d’une réalité souvent tragique, malheureusement.
Dans la plupart des cas, ces idées s’installent avec force et empêchent les hommes de regarder à travers l’épais nuage des problèmes qui minent la vie en société sur ce continent.
La vérité qui conduit inéxorablement à la liberté et à l’envol de l’humain est souvent occultée ou refoulée par des simulacres de scientisme intellectuel.
Deuxièmement :
Les analystes et acteurs politiques africains manquent réellement d’outils efficients pour garder une certaine objectivité et rigueur intellectuelle. La démarche analytique souvent empreinte des agrégats socio-psychologiques ayant traversé leur vie, permettrait très peu de recul intellectuel nécessaire à toute formulation de pensées et/ou idées structurantes.
Dans pareilles situations, il existe très peu de distance suffisante entre l’objet étudié et sa propre façon de faire dans la pratique. Et dans beaucoup des cas, ces derniers prennent leurs angoisses pour de la réalité objective et réduisent cette distance entre eux et l’objet étudié.
C’est le cas ici lorsqu’il s’agit d’analyser le phénomène que l’on qualifie de tribalisme ou d’ethnicisme en Afrique en général et au Congo en particulier dans ce qu’il a comme impacts (positifs ou négatifs) sur nos sociétés et l’évolution politique voire identitaire.
Beaucoup d’entre eux analysant la situation particulière du Congo, où Denis Sassou Nguesso arrivé par coup d’Etat en 1997, après avoir légitimé son pouvoir en 2002 par un vote s’apprête, selon ses opposants et certains observateurs à « faire un hold up électoral total en 2007 et 2009 afin de garder le pouvoir cela en dépit que les derniers rapports des institutions internationales classaient le Congo au 154ème sur 173 de rang mondial pour le PIB et surtout de la gestion chaotique voire mafieuse (selon les opposants) de la chose publique (la res publica).
D’autres chiffres montrent que près de 70% des Congolais, sinon plus, vivent sous le seuil de pauvreté ; quand d’une manière générale dans toute l’Afrique ce sont les tenants du pouvoir en dépit de leurs médiocres résultats dans tous les domaines (social, sanitaire, économique, culturel, politique, et autres…) conservent le pouvoir.
Il semblerait donc que le Congo risquerait de ne pas échapper à cette règle régressive.
A quoi est donc est due cette situation, s’interrogent les analystes et intervenants de ce débat ?
A cela plusieurs raisons sont évoquées. L’élément important qui revient souvent c’est celui du choix des électeurs dans le cas où il y aurait transparence et équité et aussi de la résignation.
Beaucoup de ces auteurs soupçonnent les populations africaines de voter selon un choix tribal ou ethnique.
D'autres se demandent à juste titre si finalement la classe politique n’est–elle pas médiocre, car souvent les oppositions seraient faites sur des bases ethniques, c’est de moins en moins le cas comme on le voit au Zimbabwe ou bien au Sénégal.
Dans le cas du Congo, à côté du bras de fer qui oppose les tenants du pouvoir et ceux qui sont de l’autre côté(opposition ou résistance) en ce qui concerne la mise en place d’une commission indépendante garantissant une transparence et équité, à propos de futures élections législatives en 2007 et présidentielles en 2009, le débat fait rage entre les fameux intellectuels à propos du boycott et surtout du poids du tribalisme et/ou de l’ethnicisme dans la vie politique congolaise.
D’un côté se trouvent les tenants d’une participation et de l’autre ceux du boycott. Chacune des parties ayant des arguments à faire valoir. Un argument commun et récurrent qui revient comme cause de cette incapacité à une maturité politique est : le tribalisme ou l’ethnicisme (l’un de deux ou les deux à la fois selon les auteurs).Bien entendu, ces mêmes auteurs ne manquent pas d’ajouter d’autres causes tout aussi structurelles que conjoncturelles.
C’est pourquoi vouloir affirmer que l’action politique au Congo ne peut se dérouler sans fondement ethnique, c’est refuser d’admettre la médiocrité des instruits et des alphabétisés au français congolais, et d’explorer d’autres pistes au demeurant aussi intéressantes et denses.
De même, vouloir affirmer de plus que le vote de 1992 était un vote ethnique c’est faire preuve d’une méconnaissance de l’histoire du Congo et surtout d’un mépris envers les Congolais. C’est aussi accepter de s’inscrire de façon volontaire dans la stratégie de soumission mise en place par les tenants du pouvoir dictatorial actuel et des prédateurs du Congo, aidée par l’incohérence de l’opposition et/ou de la résistance ainsi que de prétendues sociétés civiles.
Afin de mieux réfuter ces thèses, c’est pourquoi il est toujours utile de procéder à un bref rappel de l’histoire politique, pour mieux restituer la réalité des faits, car dans l’histoire du Congo, plusieurs exemples de vote démocratique et d’adhésion sont légion.
Bien avant l’indépendance, les Congolais avaient choisi le centrafricain Bartélémy Boganda pour diriger l’AEF contre un originaire du Moyen-Congo. Tout comme ils avaient choisi d’envoyer au parlement de France, Jean-Félix Tchicaya comme député du Moyen-Congo à la suite de la loi cadre de Gaston Deferre en 1956.
A cette même époque, Ngoura originaire de Sibiti fut élu maire de Loubomo (Dolisie) sur une liste de l’UDDIA (Union pour la Démocratie et la Défense des Intérêts Africains) de l’Abbé Fulbert Youlou et pourtant on disait de cette région, acquise au PPC (Parti Progressiste Congolais) de Jean-Félix Tchicaya originaire du Kouilou-Niari allié du MSA (Mouvement Socialiste Africain) de Jacques Opangault originaire de Boundji dans la cuvette actuelle.
En 1992 Pascal Lissouba a reçu un vote d’adhésion à son discours et projet de faire du Congo une « petite Suisse ». En effet Pointe-Noire avec près de 69% de sa population non originaire du Kouilou, avait voté à 56% pour Bernard Kolélas au second tour de l’élection, quand, à Boko, Pascal Lissouba frôlait le chiffre de 73%.
Bien avant ce vote historique, l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale), le parti de Pascal Lissouba, avait raflé la mise dans toutes les régions du Congo aux élections locales. Dans le Pool il était second tout comme à Brazzaville. Dans le Nord du Congo l’UPADS est arrivée en tête dans la majorité des cas. Ce qui a fait que l’UPADS avait la majorité absolue au sénat, la chambre des régions.
Une réalité importante doit être soulignée, les populations des pays du Niari (Bouenza, Lékoumou et Niari ) à elles seules ne peuvent jamais élire un président de la République, surtout que les plus grandes agglomérations du Congo sont localisées hors de ces régions. Cette réalité objective est aussi vraie pour toutes les autres régions du Congo, et doit donc être évoquée de manière scientifique. Elle s’est vérifiée au cours des élections de 1992.
C’est pour cela que l’on peut dire que Pascal Lissouba qui avait recueilli près de 61% des suffrages des Congolais au deuxième tour de l’élection présidentielle de août 1992 avait bel et bien fait l’objet d’un vote d’adhésion et non ethnique comme semble l’affirmer Kovalin Tchibinda http://kovalin.oldiblog.com, et beaucoup d’internautes sur Mwinda Press www.mwinda.org .
En effet, Pascal Lissouba avait obtenu près de 36% des votes au premier tour, ayant fait le plein des voix des Pays du Niari, au second tour il est passé à 61% soit un gain de 61%-36% = 25% soit une augmentation de près de 70%. Il est toujours utile de rappeler que Denis Sassou Nguesso avait recueilli 18% et occupé le troisième rang en tant que président de la république sortant après 13 ans de pouvoir.
La littérature mensongère de l’époque, venant surtout de l’ancien parti unique PCT (Parti Congolais du Travail), affirmait que Denis Sassou Nguesso a fait élire Pascal Lissouba, ce qui est faux[1].
Les Congolais avaient librement choisi Pascal Lissouba, surtout les populations du Nord et une partie des populations du Pool. Pour celles du Nord elles avaient peur du discours de Bernard Kolélas qui leur apparaissait menaçant et de type revanchard.
Les populations du Pool voyaient en Pascal Lissouba, le souvenir de son passage au gouvernement de Alphonse Massamba Débat qui a fait la différence, c’est-à-dire le technocrate.
Dans ce cas, on ne peut pas parler de tribalisme ou encore de ces mots barbares (ethnie, ethnicisme) qui tendent à masquer la réalité politique au Congo qui est d’un côté, l’exigence pour les gouvernants de satisfaire les besoins fondamentaux des populations congolaises ainsi que le respect de leurs droits aux libertés individuelles et collectives et de l’autre rendre compte de leurs actes.
Ce qui nous apparaît actuellement comme vote ethnique n’est que pure illusion savamment manipulée par les médias à la solde de l’oligarchie, qui depuis quarante cinq années, confisque la souveraineté du peuple congolais.
Dans des conditions normales de libertés, de discours, de transparence et de probité intellectuelle, les populations voteront pour celui ou celle qui a du charisme , une idéologie claire et un projet de société qui parle au peuple, cherchant à résoudre leur problèmes fondamentaux quotidiens (santé, éducation, nourriture, culture, libertés individuels).
Mais en l’absence d’idéologie forte, de tout discours et attitudes cohérents, prenant en compte leurs besoins fondamentaux, le peuple comme tous les peuples du monde se rabat sur les repères culturels et de proximité, histoire de se rassurer face à l’incertitude et vide.
Les populations congolaises comme celles du monde votent d’abord pour un homme ou une femme en qui elles ont confiance et surtout qui les fait rêver. Et c’est normal qu’elles fassent confiance en quelqu’un qui est proche d’elles culturellement, qui parle le même langage qu’elles, surtout que l’action politique au Congo se déroule en français.
Le rêve d’indépendance nationale des années 1960 était porté par toutes les communautés congolaises, même s’il fut récupéré[2] par des imposteurs et opportunistes de tous ordres. En effet, cette période fut marquée par une absence des antagonismes dit ethniques.
Cela se lit dans les compositions des assemblées et des gouvernements de cette période. La création de l’orchestre « les Bantous de la capitale » en 1959, s’inscrivait dans cette culture.
Les différences étaient d’ordre idéologiques les uns voulaient le communisme et les autres le capitalisme, mais tous d’accord pour enterrer le multipartisme. C’est ainsi que naquit le MNR (Mouvement National de la Révolution) en son temps avait galvanisé le peuple congolais.
Massamba Débat parlait « un seul peuple, un seul combat, un seul parti » comme slogan pour imposer le parti unique pour un socialisme bantou.
Le PCT (Parti Congolais du Travail) qui succéda au MNR en 1968, avec une idéologie forte « le socialisme scientifique » d’obédience marxisme léninisme a fait adhérer les Congolais et surtout fait accepter à ces dernier le régime totalitaire de type stalinien qui n’offusquait personne malgré qu’il détruisait chaque jour l’excellent travail économico-administratif du tandem Massamba Débat – Lissouba, travail soit-dit qui faisait la fierté du Congo.
Le conditionnement idéologique du PCT avait convaincu tous les Congolais à près de 95%. Si bien que les assassins de Marien Ngouabi furent obligés de se déclarer fidèles continuateurs de la révolution. Ce fut encore le cas quand il s’agissait de destituer Jacques Joachim Yhombi-Opango que l’on accusa de déviationnisme de droite.
A partir de 1985 la désillusion politique (due aux assassinats, aux purges, népotisme, laxisme…) et les piètres performances économiques du PCT commencèrent à faire réfléchir les Congolais qui s’interrogeaient de plus en plus sur la réalité du socialisme scientifique pour leur pays. La chute du mur de Berlin finit par accélérer le démantèlement idéologique des Congolais, d’où à partir de 1990, ils réclamèrent le multipartisme.
A partir de 1991, après la conférence nationale, le retour du multipartisme s’est fait dans un contexte socio-psychologique fortement modifié depuis 1968, par l’enculturation idéologique totalitaire (régime de la peur et de la distribution des prébendes pour ceux ayant fait allégeance au pouvoir) du PCT.
Avant cela, ce parti au cours de dernières années pour essayer de garder le pouvoir s’était resserré autour du noyau ethnique (bureau politique).
Ce qui furent exclus du bureau politique s’organisèrent sans distinction d’appartenance ethnique. Ce qui provoqua la fissure, le PCT ayant lamentablement échoué dans la redistribution équitables des richesses se trouva acculé par son propre camp. Bokamba Yangouma originaire de Mossaka, Clément Miérassa, Jean-Pierre Tchistère Tchicaya furent parmi les membres du PCT qui réclamèrent le changement et l’ouverture en 1990. Ce mouvement conjugué à d’autres conduirent à la conférence nationale souveraine de 1991.
Les perdants des élections de 1992 n’ayant pas de discours et d’idéologie forte à contre-proposer aux Congolais ne pouvaient que réactiver le discours ethnique. C’est ce qui explique l’apparition des pratiques des techniques weberiennes mises en place par Sassou et ses alliés.
Il fallait recréer l’ethnie pour constituer le groupe, pour cela l’on inventa un ennemi commun pour souder le groupe. Première étape séparer les Bakongos c’est-à-dire les gens du Sud. C’est ce qui explique pourquoi Kolélas va être armé et s’attaquer aux ressortissants des pays du Niari installés depuis des générations dans Bacongo, Makélékélé, Diata, Mfouilou,Moutabala.Le piège a fonctionné, les pays du Niari et le Pool ont fait scission, pour le malheur du Congo. Car depuis l’origine du Congo, ces populations ont toujours vécu ensemble et surtout constitué le socle majeur de stabilité et de progrès économique du Congo.
Les présidents Fulbert Youlou et Alphonse Massamba Debat ont eu des gouvernements où les originaires des pays du Niari étaient proportionnellement majoritaires. Certaines langues disent même que c’est la raison pour laquelle ces deux présidents ont perdu le pouvoir.
C’est pourquoi quand Marien Ngouabi arrive au pouvoir en 1968, il s’empresse de ne pas faire comme ses deux prédécesseurs, d’où il fait appel massivement appel à tous les ressortissants du Nord pour occuper tous les espaces politico-adminstratif et militaire. Toutes les entreprises nationales qui furent confiées à ces derniers tomberent une à une en faillite. C'est le cas de l'OFNACOM (Office national de Commerce), de l'ONCPA (Office national de Collecte de Produits Agricoles) de CHACONA (Chantiers navals du Congo), de l'Usine textile de Kinsoundi SOTEXCO, de l'Usine de Cahier, du Laboratoire national de produits pharmaceutiques, de la Cidolou (Cimenterie Domaniale de Loutété) et d'autres unités économiques toutes confiées aux ressortissants des régions du Nord, qui n'avaient pour seules compétences l'appartenance au PCT et une forte allégeance à la révolution.
Plusieurs ressortissants du Nord vont alors occuper des postes de responsabilité et de gestion en dépit d’un minimum des règles universelles de conduite d’affaire publiques et nationales. D’autres pour la plupart vont abandonner la vie civile (enseignement et santé) pour entrer dans l’armée.
Cette politique va se poursuivre pendant plusieurs décennies avec les yaka noki noki à tous les niveaux même les plus subalternes. Il fallait pour Marien Ngouabi et les siens occuper tous les postes peu importe les compétences et surtout de leur faible poids démographique au sein de la population globale du Congo.
Forcément avec un tel système la médiocrité se trouve amplifié de façon exponentielle. C’est fut le règne de l’incompétence et du laxisme, l’impunité a favorisé l’apparition des réflexes de défense, de la part de cette classe pour garder le pouvoir. Les membres de cette classe d’incompétents avaient en commun leur origine linguistique.
Partant de cette configuration le PCT avait les moyens administratifs, surtout psychologiques pour imposer aux Congolais l’idée que le pouvoir était d’essence ethnique, cela pour mieux conserver le pouvoir.
Avec les moyens de communication de l’Etat, à sa disposition, il va enculturer les populations congolaises à cette idée.
Aux originaires du Nord on leur fait croire que leur sort serait mieux s’il soutiennent sans faille le pouvoir, car ils seront les premiers servis avant les autres, ils n’ont pas d’effort particulier à faire, seulement de défendre à tout crin le pouvoir.
Aux originaires du Nord qu’ils sont différents et que ceux du Sud ne veulent le pouvoir que pour se venger et les massacrer.
Aux originaires du Sud, leur faire croire compte tenu de leur poids démographique, que la démocratie d’un homme une voix n’est pas équitable et anti-national car contraire à la protection et au respect des droits fondamentaux de la minorité du Nord. La seule issue qui leur resterait c’est de s’emparer du pouvoir par le coup de force, mais dans tous les cas cela est non-conforme aux conventions et surtout que l’armée est majoritairement aux mains des Nordistes.
Pour les politiciens originaires du Sud vouloir utiliser la force pour reconquérir c’est accepter de prendre le risque de faire plusieurs milliers des morts dans les pays du Sud. C’est ce qui explique la férocité du pouvoir actuel (PCT) en 1998 contre les populations de Bacongo.
Aux populations du Sud, on leur fait bien comprendre par des rituels d’assassinats d’innocents (le procès bidon de 1978, la mort de Barthélemy Kikadidi, le cardinal Emile Biayenda) par exemple) et les tracasseries policières et administratives que le pouvoir doit s’arracher par les armes comme l’avait bien su dire en son temps Marien Ngouabi. « le pouvoir s’arrache, il ne se donne pas »
Et sur ce point, ils sont mal lotis car en nombre insuffisant dans l’armée, ces derniers doivent exclure la possibilité d’un coup de force au risque d’être massacrés.
La seule issue c’est de s’allier avec ceux du Nord. C’est ce qui explique l’engouement d’une partie d’opposants originaires du Sud pour soutenir le général Emmanuel Ngouélondélé.
Ces derniers sans le savoir et avec un matraquage systémique de certaines thèses, appuient le discours de la séparation ethnique artificielle créée par le PCT depuis longtemps.
Il y a lieu de signaler que ce discours trouve sa force émotionnelle et obtient l’adhésion passionnée des victimes, dans l’opération de séparation physique réalisée en 1993-1994 par les évènements traumatiques de 1993-1994, dans l’incivile guerre de 1997 et plus près de nos mémoires la guerre dans le Pool et le pays du Niari de 1998-2001. Le Pool étant toujours déstructurée tant au niveau social, culturel, économique, administratif que politique.
Cette technique du traumatisme a soutenu le discours d’exclusion du PCT qui l’emploie à tout moment. Marien Ngouabi en son temps a user de même techniques, en parlant de façon permanente de paix et quiétude, tandis que dans le même temps les Congolais étaient soumis aux exactions et pressions psychologiques de la police militaire et des miliciens, qui créaient un état anxiogène de guerre civile entre les révolutionnaires qu’ils étaient eux et les réactionnaires, les valets locaux, les contre-révolutionnaires qu’étaient les autres, exclus du parti.
C’est ce qui explique que le discours de Denis Sassou Nguesso est basé sur les mots comme : la paix des cœurs, la paix opposé à la guerre, hors lui c’est le chaos absolu et la mort absolu pour les originaires du Nord, qui poursuit l’objectif essentiel de réveiller dans le tréfonds des souvenirs de chaque individu congolais, les périodes d’atrocité qui n’ont jamais été cicatrisées, ni expliquées par des séances collectives de vérité et guérison.
L’absence de prise en compte de la douleur humaine de chacun des individus congolais par la République de façon positive et historique conduit à cette impression et lecture biaisées des évènements politiques.
C’est suite, selon moi à ce constat d’échec et/ou d’impasse politique que certains préconisent le fédéralisme et réactivent la thèse absurde et mensongère des micro-nationalités. Or le fédéralisme dans les pays où il s’applique se fait sur la base d’optimisation economico-administrative des avantages et différences de chacun des territoires c’est le cas de l’Allemagne et des USA.
Dans les pays où il se fait sur la base communautaire, les tensions sont énormes et souvent réactivées par les politiciens ambitieux quand la redistribution des richesses nationales sont mal réparties, c’est le cas de la Belgique, de l’ex Yougoslavie, du Canada avec le Québec.
On doit avouer que le Congo n’est pas dans les deux cas, même si la solution fédérale doit être regardée et discutée avec objectivité, pour l’avenir du Congo.
En effet, au Congo les différences culturelles et de peuplement sont minimes car plus de 70% de la population vivent dans les deux villes coloniales (Pointe-Noire et Brazzaville) et que le reste du pays est un désert humain, le rapport de densité entre la campagne et la ville avoisine 1 sur 7.
A cause de ce brassage, qui est un progrès, les politiques congolais, les vrais à mon sens devraient plutôt réfléchir à comment répartir de manière équitable les richesses nationales et satisfaire les besoins fondamentaux de Congolais.
Le tribalisme et l’ethniicisme n’existent que parce que les politiciens congolais sont très très médiocres qu’il s’agisse des tenants du pouvoir actuel et de l’opposition, car ils ne sont que des sentiments humains. Face au désespoir l’être humain se réfugie facilement dans des repères identitaires. Malheureusement pour les Congolais, ses repères identitaires sont à près de 95% non définis.
Si tous les Congolais ont de quoi satisfaire leurs besoins fondamentaux et qu’en même temps leurs droits à la vie sont respectés, je suis convaincu que le problème du tribalisme ne va plus exister. Il ressort parce que les tenants du pouvoir sont hyper incompétents et malhonnêtes à la limite des salauds et qu’ils font tout pour rester au pouvoir. Ces derniers ont une certaine idée plutôt régressive d’eux-mêmes et du pays . Cela est aussi valable pour ceux qui prétendent appartenir à l’opposition et/ou la résistance.
En conclusion toutes les thèses qui soutiennent que le problème congolais provient du tribalisme et/ou de l’ethnicisme ne font qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent le statu-quo. Ils enculturent les Congolais à admettre le tribalisme et l’ethnicisme comme la cause, tandis c’est la conséquence d’une stratégie de confiscation du pouvoir. Le tribalisme et l’ethnicisme sont des fictions sociales qui se transforment en réalité politique.
Nous devons poser les vrais problèmes du vivre ensemble, et éviter de nous divertir sur cet épiphénomène.
Si les Congolais étaient tribalistes ou tribaux, alors il n’y aurait pas eu autant de mariages interlinguistiques, au point que ce type de mariage commence à devenir majoritaire. De nos jours aucune famille congolaise peut se prétendre contenir en son sein des membres d’une seule communauté linguistique (ndinga) ou d’une seule région du Congo. Les familles sont de plus en plus mélangées. C’est ce progrès social et sociétal qui doit être mis en avant et doit être opposé à la médiocrité des politiciens congolais.
Ce travail de restitution de la vérité doit être réalisé par ceux qui détiennent la connaissance. Plus nous allons combattre la médiocrité, plus le débat sera d’un haut, plus vite l’épiphénomène tribalisme et/ou ethnicisme disparaîtra pour le bien-être à nous tous vers le progrès et notre envol.
Le travail intellectuel de restitution de la vérité, que chacun de nous est amené à faire, oblige, si nous voulons apporter de réponses durables, à sortir la question du tribalisme et/ou de l’ethnie du centre des questions politiques africaines, en général et plus particulièrement congolaises.
Mouélé Kibaya http://lepangolin.canalblog.com http://lepangolin.afrikblog.com lepangolin1@yahoo.fr
[1] On le verra plus loin pourquoi le PCT avait intérêt à tenir un tel discours
[2] Cela se repeta en 1991-1992, l’espoir d’un peuple qui croit en la démocratie et au vivre ensemble se transforma en cauchémar
14 juin 2007
Faut-il aller aux éléctions?
A l'heure où la question devient de plus subsisdiaire voir inutile de se la poser, je me permets ici de vous mettre en ligne, ce que j'avais déjà répondu sur le site www.mwinda.org/forum/reaction227/affichage1.php à l'article écrit par Bonda en date du 30 septembre 2006.
Mouele Kibaya |
dimanche 1 octobre 2006, 20:08 |
Avant de parler élections, il faut d'abord parler d'organisation, d'environnement et répondre à ses questions : | |
Mouele Kibaya |
dimanche 1 octobre 2006, 20:10 |
C'est prendre les Congolais pour des idiots que de vouloir demander une commission électorale indépendante, une chose fondamentale que les internautes débatteurs de Mwinda doivent savoir que Sassou n'organisera jamais son suicide politique et il a un égo énorme pour prendre le risque de se faire battre, il n'aime pas l'échec même si il a toujours échoué. Et puis entre nous il fait bien son boulot de gouverneur général du Congo et la France serait idiote de licencier. Surtout que tous les Congolais sont complexés des français et ne demandent qu'à l'être. | |
Mouele Kibaya |
dimanche 1 octobre 2006, 20:11 |
Le reste n'est que de la masturbation intellectuelle et du divertissement. Il faut changer les rapports de force, faire savoir à Sassou et ses auxiliaires ainsi que ses donneurs d'ordre (La France) que les choses doivent changer, sinon c'est la vraie révolution sanglante et atroce. | |
20 avril 2007
Si le pouvoir de Brazzaville adoptait la stratégie Gagnant-Gagnant à propos de futures élections ?
En parlant de système politique idéal, en contrée africaine où malheureusement prolifèrent encore beaucoup de pouvoirs asymétriques, il est toujours utile de rappeler que le seul système connu à ce jour qui garantirait une plus grande réciprocité type gagnant-gagnant de la relation qui lie les gouvernants aux gouvernés est le système démocratique. Cela se traduit. dans le fait que le gouverné peut révoquer les gouvernants à des dates précises lorsqu’il n’est pas satisfait. Il n’y a pas lieu de faire des révoltes ou des révolutions. En effet la régularité des rendez-vous électoraux donne au peuple le sentiment de détenir le pouvoir et à chacun des ambitieux l’espoir d’avoir son tour. Ce qui fait que les acteurs de cette relation s’obligent à coopérer et à surtout à ne pas créer des précédents pouvant arrêter le jeu.
Les gouvernants pour durer sont obligés d’être à l’écoute des doléances des gouvernés, en satisfaisant le minimum vital des électeurs, pour espérer avoir leur suffrage lors des rendez-vous électoraux..
Ce système malgré certains défauts et critiques a ans son ensemble, au cours de l’histoire, montré sa stabilité et une meilleure performance dans le sens du progrès, par rapport à d’autres systèmes politiques.
Le système démocratique, qui par ailleurs est essentiellement basée sur les élections, ne tient que parce qu’il offre à ses protagonistes une forte espérance en l’avenir, comme grande récompense de vivre ensemble sans violences.
C’est pourquoi les peuples africains avides de libertés vivant sous des dictatures réclament la démocratie, car ce système, à cause de ses caractéristiques, a de ce fait les fondements d’une paix perpétuelle, et d’une non-violence qui impliquent une coopération du type Gagnant-Gagnant et beaucoup de tolérance.
Les élections dans un système véritablement démocratique ne sont jamais une confrontation à somme nulle. Pour que la démocratie puisse continuer à fonctionner et empêcher des révoltes, il est donc essentiel que toutes les parties (partis politiques et autres forces politiques) aient une parcelle de pouvoir. Dans telles démocraties, notamment occidentales et asiatiques, il est mal vu qu’un seul camp détienne tous les pouvoirs (présidentiel, législatif, local, économique, administratif, culturel, sportif, etc.) qui font fonctionné un pays comme c’est encore le cas dans plusieurs pays d’Afrique.
Dans les conditions idéales de démocratie si pareille situation advenait, le risque d’insurrection, de grèves, de révoltes et de révolutions, est fortement élevé, du fait même des frustrations qu’engendrent toute privation de pouvoir et de la tendance naturelle à une hégémonie de type presque totalitaire pour celui qui détient tous les pouvoirs. C’est ce qui se passe dans la plupart des pays africains dont les pouvoirs évoluent sous les multiples formes de la dictature.
C’est pourquoi dans les démocraties où surviendrait l’asymétrie du pouvoir, le pays devenait ingouvernable. Les citoyens se sentent en danger de démocratie, descendent dans la rue, pour reprendre le pouvoir. Et souvent on a vu que pour éviter le chaos, les tenants du pouvoir convoquaient des élections anticipées. Tout cela pour apaiser le pays. De telles situations se passent souvent en Occident et en Asie.
En ce qui concerne l’Afrique, on est loin de tels schémas, qui semblent idéaux au vu de ce que nous révèle les faits historiques et la vie quotidienne.
L’Afrique tout entière avec des systèmes présidentiels, ne reposant pas sur la représentation nationale de toutes les composantes du pays, aurait plutôt des systèmes non démocratiques donc asymétriques du pouvoir. Ainsi toutes les élections sont sujettes à débats et suspicions de la part de ceux qui ne sont pas au pouvoir et de crainte énorme pour ceux détenant tous les pouvoirs.
Ce qui se passe dans la plupart des pays africains, particulièrement de l’Afrique centrale (Angola, Cameroun, Congo, Congo Kinshasa, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), les pouvoirs évoluent sous forme de dictature totalitaire, où l’opposition ne détient aucun levier de pouvoir tant politique, militaire, économique, administratif, culturel, sportif, que médiatique.
Ce qui fait que ne disposant de rien, ces oppositions espèrent prendre le pouvoir à la suite des élections, car les pouvoirs en place ayant dans le passé fait preuve de cruauté inimaginable en guise de représailles pour ceux voulant mettre fin à la mascarade de jeu démocratique qui leur impose.
C’est le cas, plus particulièrement, du Congo qui a connu un coup d’Etat sanglant en octobre 1997 suivi d’une atroce guerre incivile contre des populations civiles démunies, qui refusaient le nouvel ordre de décembre 1998 à début 2002..
En 2007, la situation post-conflit du Congo a conditionné les acteurs politiques luttant contre la dictature actuelle pour prôner une stratégie non-violente pour le retour de la vraie démocratie. Or plusieurs analystes soulignent le fait que le pouvoir actuel oblige les acteurs politiques et les populations congolaises qui souffrent à faire cette lecture. Ces derniers sont fortement convaincus que le camp de Sassou n’est pas prêt à lâcher du leste, qui plus est, il est quasi certain que seule la contrainte violente l’y obligerait. A ce niveau personne n’ose pas prendre la responsabilité historique de ce risque. C’est ce qui explique les impressions de résignation des Congolais malgré les révélations de scandales et l’étalement au grand jour de l’hyper incompétence du gouvernement et de l’administration.
Il est donc indéniable de noter que le pouvoir actuel réussit bien dans sa campagne de communication, pour soumettre les congolais, au point d’aliéner volontairement leurs libertés. Même les détracteurs et les opposants sont tétanisés par les violences extrêmes de Sassou et les siens de 1997 à 2002, refusent l’idée d’un éventuel affrontement pour changer les choses.
Dans cette situation où les rapports des forces politiques et d’autres forces (économiques, culturelles, administratives, des médias, etc.….) sont très défavorables aux opposants et aux Congolais qui croupissent dans la misère et la dictature, le dilemme de l’opposition, face aux prochaines élections législatives de juin 2007 et présidentielles de 2009, organisées de manière unilatérale, peut être assimilé comme le du dilemme du prisonnier issu de la théorie des jeux.
Pour l’opposition, le dilemme « Participer ou pas aux élections ? », se pose en termes d’avenir sociétale et/ou de changement des rapports des forces.
Dans tous les cas un examen minutieux de l’histoire africaine plus particulièrement de ce qui s’est passé au Tchad avril 2006 et au Gabon en décembre 2006, Congo démocratique en 2006, Sénégal en février 2007, d’un côté et de ce qui s’était passé à Madagascar, Bénin, Ghana, Mali, Libéria, rend difficile, une prise de position.
Néanmoins dans le contexte congolais au vu des antécédents et de l’incertitude réelle à cause des enjeux géostratégiques et économiques qui font intervenir des acteurs autres que des Congolais, l’on va essayer de faire une analyse de différentes stratégies, de l’opposition congolaise..
Pour l’heure, quel que soit le camp (pouvoir actuel ou opposition), il s’agit d’un jeu (pseudo démocratique) dans lequel le camp du pouvoir actuel peut soit coopérer (accepter les revendications de l’opposition) soit faire défection en organisant de manière non consensuelle les élections.
Cela est aussi valable pour l’opposition, elle peut soit coopérer en acceptant d’aller sans conditions aux prochaines élections organisées par le pouvoir actuel, soit faire défection en boycottant les élections.
Pour la démocratie congolaise, quels sont, alors, les gains, issus de différentes attitudes de deux camps en présence ,selon la participation ou non de l’opposition au jeu ?
1) Si les deux camps coopèrent, le pouvoir et l’opposition établissent un consensus sur les modalités de participation et de déroulement de tout le processus électoral, on va affecter une récompense (R ) : Démocratie et la Paix
2) Si les deux camps ne coopèrent pas, c’est-à-dire le pouvoir organise de façon unilatérale les élections, et que l’opposition les boycotte, on va affecter une perte (P) : Pas de Démocratie et de Paix
3) Si l’un des camps fait défection, quand le cas notamment où l’opposition accepte les élections sans obtenir le consensus sur la transparence et que le camp Sassou en ne coopérant pas et tricherait. L’opposition et le peuple congolais seront dupés. La répartition des gains serait pour l’opposition le salaire de dupe (S) merci ina ba ké pesa na imbua, c’est-à-dire pas de députés à peine 10 à 20 histoire de valider la posture pseudo démocratique de Sassou, et pour le camp Sassou le gain de la Tentation (T) sera grand, c’est-à-dire de faire pareil aux prochaines élections (présidentielles), car cette configuration de jeu a déjà eu lieu dans le passé en 2002. Sassou et son camp avait raflé la mise, l’opposition ayant coopéré en participant et surtout en reconnaissant les résultats de ces élections. Elle a même formé un groupe parlementaire au sein du fameux parlement.
Après avoir sérié les différentes configurations de confrontations entre l’opposition et le pouvoir, pour pouvoir donner quelques éléments de réflexion voire de réponses au dilemme de l’opposition, il est utile d’établir une classification des hiérarchies des gains obtenus par chacun des camps à l’issue de chaque jeu pseudo démocratique.
On dénombre quatre type de gains. Il s’agit de :
Gain de la tentation noté T
Gain de coopération noté G
Gain de la défection de deux camps noté P perte
Gain de la non coopération d’un camp et coopération de l’autre noté D pour celui qui a été dupé car ayant adopté la stratégie de coopération
Le gain de la tentation (T) est supérieur à tous les gains. Ensuite vient le gain de la coopération (G) qui lui est supérieur au gain de la défection (P) en dernier de cette hiérarchie se trouve le gain de la duperie (D). En résumé on a :
Tentation >Gagnant>Perte>Duperie
A partir de ces critères objectifs, on doit pouvoir analyser les éléments susceptibles de faire partie d’une stratégie gagnant-gagnant afin d’avoir des élections équitables et acceptées par tous les camps, au delà le rétablissement d’une vraie démocratie et le retour du pouvoir au peuple.
Première situation :
Les acteurs politiques congolais sont convaincus que l’avenir est certain et très important pour eux. Qu’ils ont des comptes à rendre au peuple congolais. Ils adoptent la stratégie du Gagnant/Gagnant.
Pour cela avec le temps, ce que chacun des camps gagne doit être supérieur au gain de la tentation d’être seul.
On doit souligner que cette stratégie est stable sur le long terme quand elle ne peut pas être remplacée ou écarté par la stratégie du Toujours seul contre Gagnant-Gagnant.
C’est-à-dire si l’opposition adopte Gagnant-gagnant en acceptant de participer et que le camp Sassou adopte la stratégie Toujours seul, ce dernier gagne au premier coup, c’est ce qui s’est passé en 2002. L’opposition avait accepté ces élections et ses résultats en espérant installer la confiance sur l’avenir afin d’aboutir à une situation de non-violence durable. Et éviter surtout des morts. L’opposition a été dupée donc a obtenu la gain de dupe (D), Sassou avait promis la démocratie et la paix, la situation économique, sociale et politique de 2007 nous prouve le contraire.
Ce que le pouvoir actuel n’a pas compris, car il continue à adopter la stratégie du Toujours seul qui leur a fait obtenir un gain supérieur celui de la tentation (T). Le pouvoir actuel a tous les pouvoirs et ne peut que se comporter en dictature car il n’y a pas de contrepouvoirs.
Ce qui devait être prévisible pour tout analyste, c’est que le camp Sassou n’a pas intérêt à changer de stratégie car celle adoptée en 2002 fut gagnante pour lui et il n’a pas subi de représailles de la part de l’opposition qui avait accepté de siéger tout en sachant que le pouvoir actuel avait triché. Au contraire il a reçu de récompense, les opposants les plus irréductibles à Sassou ont fini par le reconnaître et s’activent naïvement en espérant le battre aux élections, le FMI pouvait traiter avec un pouvoir « élu », au niveau international et national, le régime de Sassou se considèrerait démocratique à cause de ses élections, donc fréquentable.
L’opposition congolaise n’a pas été capable de boycotter les mascarades des sessions parlementaires.
Comme on le voit la stratégie Toujours seul est supérieur à tous les autres gains issus des autres stratégies, lorsque la relation est susceptible de ne pas se reproduire dans l’avenir.
Sassou en effet espérait refondre la configuration politique des acteurs congolais, d’où la tentative de refondation du PCT, l’accord avec Kolélas, la nouvelle loi sur les partis politiques, et la corruption généralisée pour faire exploser les autres partis notamment l’UPADS, l’UDR Mwinda, et subsidiairement le RDPS.
Donc je pense qu’en 2007 et 2009 Sassou n’a aucun intérêt à changer de stratégie, il ne peut qu’appliquer la stratégie Toujours Seul, c’est à l’opposition de se déterminer pour ne pas une fois encore délivrer un blanc seing à Sassou et son clan.
Soit elle adopte la stratégie gagnant-gagnant face à la stratégie de la tentation de Sassou et elle obtient le gain des dupes (Rien), comme ce fut le cas en 2002 et au Gabon en 2006.
Soit elle crée les rapports de force (faire savoir de manière lisible au camp Sassou et ses souteneurs occidentaux de la possibilité de fortes représailles) qui contraignent le camp Sassou à être obligé d’adopter la stratégie gagnant-gagnant.
Deuxième situation :
Adopter la stratégie Gagnant-gagnant contre Gagnant-gagnant, dans l’immédiat le gain serait moindre pour le camp Sassou et pour l’opposition, mais s’avérerait sur le long terme élevé pour les deux camps. Cette stratégie a déjà eu lieu dans le passé politique congolais. En 1991, Lissouba fut battu aux élections pour le poste d
